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Le tutorat de Little Princess (séance 12)

 


Bruce Banner a laissé place à Hulk.

Dr Jekyll a laissé place à Mr Hyde.

Je disais dans les épisodes précédents que Thomas était un Pokémon qui se « transforme », passant du « pote sympa » au « tuteur intransigeant » lorsque débute l’évocation du bilan. Mais hier, c’était plus que ça. Thomas était un Avenger en colère, prêt à me fracasser.

Et ce fut le cas. La pire séance depuis que j’ai commencé la fessée, tous tuteurs confondus. J’ai littéralement pris la fessée du siècle.

 

                Sur la route, je me dis que Thomas ne va pas être content : depuis une semaine, je ne fais toujours pas mes devoirs ; et j’ai été exclue de cours mardi. Je savais qu’il serait fâché mais je n’imaginais pas à ce point-là.

 

                Je frappai à la porte, Thomas m’ouvrit. Pas de sourire ni de bonne humeur habituelle. Thomas était glacial.

-          Salut, dis-je.

-          Salut. Ça va ?

-          Bof… trente-cinq minutes de bouchons sur le périph’, j’aurais pu m’en passer !

Dès qu’il pleut, les gens n’avancent plus. Ce n’est vraiment pas le bon plan d’aller en voiture à Paris un jour de pluie !

-          Oui, c’est vrai que c’est pas cool, répondit Thomas sans émotion aucune.

Je filai aux toilettes pour vider ma vessie ; j’en profitai pour accuser le coup. Depuis le début du tutorat, je redoutais justement une séance comme celle-ci, où le « pote sympa » serait aux abonnés absents. C’était pour maintenant. Je connaissais maintenant bien mon tuteur, assez pour savoir que son degré de colère était maximal : il n’avait jamais été autant en colère. Je pris une grande respiration et retournai dans le salon.

 

                Un silence de mort s’installa dans la pièce, chose qui n’était encore jamais arrivée. Thomas bossait sur son ordi, je discutais avec des amis sur mon téléphone.

J’angoissais. Vu sa colère, allait-il pour la première fois me tirer les cheveux ? Les oreilles ? Allait-il (encore !) augmenter l’intensité des claques ? Je jetai un coup d’œil à mon sac à mains et aperçus ma brosse à cheveux : Thomas pourrait très bien s’en emparer et s’en servir pour me punir. Quelle sotte de l’avoir apportée !

 

Mon tuteur finit par briser le silence en disant :

-          Bon, Lucie. Je ne suis vraiment pas content de te revoir seulement six jours après notre dernière séance…

-          J’me doute.

-          … donc je te laisse prendre le temps de te poser car je respecte ton temps de trajet ; ensuite, nous parlerons directement du bilan.

-          Ok.

Je pris tout mon temps pour siroter mon verre d’eau, comme s’il s’était soudain transformé en verre de vin de grand cru. J’exprimai mon anxiété auprès de mes amis durant quelques minutes, puis Thomas annonça :

-          Nous allons maintenant parler du bilan, Lucie. Je t’invite à poser ton téléphone.

J’obéis, stressée.

-          Avant tout, j’ai une question : as-tu lu ton livre ?

 

Au début du semestre, les deux matières littéraires imposaient que je lise cinq livres :

Deux en littérature française : Enfance de Nathalie Sarraute, et Les Années d’Annie Ernaux.

Trois en littérature comparée : La servante écarlate de Margaret Atwood, Dolores Claiborne de Stephen King et Les jolies choses de Virginie Despentes.

Problème : je ne supporte pas que l’on m’impose une lecture. Je mis donc longtemps ces cinq livres de côté, puis fis quand même l’effort de lire Enfance. Mais les quatre autres restèrent en suspens, non lus.

La fin du semestre approchant, vient le moment où la non-lecture de ces livres devient problématique : je dois faire un exposé en littérature comparée avec deux camarades ; et en littérature française, nous commençons à étudier Annie Ernaux…

Pour la littérature comparée, j’ai pu m’arranger avec mes deux camarades pour rédiger la partie où la lecture des livres n’est pas nécessaire. Ouf.

Pour la littérature française, ne supportant pas l’écriture d’Annie Ernaux, je comptais faire une fiche de lecture en prenant des résumés sur internet… Mais Thomas n’était pas de cet avis :

-          Tu me lis ce livre ! ça fait partie de ton cursus et de tes devoirs ! Donc tu le lis ! Si tu le lis, je ferai l’impasse sur les trois autres que tu devais lire. En revanche, si tu ne le lis pas, on reparlera des quatre livres !

 

Venait donc maintenant la question fatidique de Thomas :

-          As-tu lu le livre ?

-          … Non, répondis-je gênée.

Thomas me fusilla du regard. Je baissai les yeux.

-          Pourquoi ?

-          Parce que je n’avais pas envie ! Et puis je n’aime pas du tout cette autrice !

-          On en avait pourtant parlé, Lucie ! Je t’avais demandé de le lire !

-          Oui, et je t’avais répondu que j’avais entendu ce que tu m’as demandé ! Je ne t’ai rien promis.

-          Dans ce cas, tu peux me rappeler ce qu’on avait dit si tu ne le lisais pas ?

-          … qu’on reparlerait des quatre…

-          Exact.

Thomas ferma son ordinateur portable en disant :

-          J’éteins l’ordinateur puisque l’on aura pas besoin du bilan. On va uniquement parler des livres. Lève-toi et va allumer la lumière, Lucie.

-          Nan mais t’es pas sérieux, là ?! protestai-je. Juste pour un livre ! Nan mais sérieux !

-          Va allumer la lumière, Lucie ! Ne m’énerve pas !

Je soupirai bruyamment d’agacement et allai allumer. Thomas finit d’installer la pièce et annonça :

-          Tu enlèves ton pantalon et ton sous-vêtement.

-          Non.

-          Tu as une minute, Lucie.

-          Tu sais très bien que je ne vais pas le faire, on perd du temps, dis-je.

Thomas ne répondit pas et laissa la minute s’écouler, minute durant laquelle je regardais le clip vidéo défilant sur son téléphone portable.

                Lorsque la sonnerie retentit annonçant la fin de la minute, Thomas se leva d’un bond, m’attrapa par le bras et me renversa à plat ventre sur le canapé.

Il n’avait encore jamais usé d’autant de force avec moi, ce qui révélait pleinement sa colère.     

                J’avais à peine atterri sur le canapé que Thomas me baissa mon pantalon et ma culotte et m’asséna de très, très, très grosses claques (sur un fessier nu et froid, je vous laisse imaginer la douleur !). Tout en espaçant les claques de quelques secondes, mon tuteur me réprimandait :

-          Pourquoi tu ne fais pas ce que je te demande, Lucie ?!

-          Aïe ! Aïe !!

-          Je t’ai posé une question !

-          Aïe ! Parce que…Aïe ! Je ne vais pas enlever moi-même…aïe ! Mes protections !

-          Tu sais trèèès bien que si tu n’obéis pas, c’est pire ! Je te le dis à chaque fois !

Et il sait très bien que n’obéis jamais quand il s’agit de me déshabiller. J’eus envie de lui dire mais j’étais bien trop concentrée sur la douleur.

-          Ce que tu fais, c’est de la provocation ! J’ai horreur de ça ! Maintenant relève-toi, Lucie !

J’obéis.

-          Enlève ton pantalon et ton sous-vêtement, maintenant !

-          Oh putain…

Le sang de Thomas ne fit qu’un tour et il me rejeta à plat ventre sur la méridienne. Je me retrouvai à nouveau cul nu et les claques fusèrent.

-          Tu parles à qui, là, Lucie ?! Hein ?! T’as cru que j’étais qui ?! Que j’étais ton pote ?! C’est ça ?! T’as cru que j’étais ton pote pour me parler ainsi ?!

Thomas avait bien retenu le fait que mon insolence n’avait pas diminuée ; mon exclusion de cours de cette semaine l’avait confirmé. Il serrait donc la vis à ce niveau-là. J’avais intérêt à me tenir à carreaux à partir de maintenant. Déjà qu’il ne laissait pas passer grand-chose, mais désormais ce grand-chose était réduit à néant.

-          Ce n’est pas à toi que je parle quand je dis ça ! me défendis-je.

-          Il n’y a que moi dans la pièce, Lucie ! Ne te fiche pas de moi !

Thomas me lâcha, me fis me rhabiller, puis m’annonça une nouvelle minute pour me déshabiller. Calmée et les fesses chauffées, j’obéis et me retrouvai au coin.

 

-          Viens ici, Lucie.

J’obéis.

-          On avait parlé de ces bouquins, oui ou non ?

-          Oui.

-          Je t’avais dit que si tu lisais le premier, je ferais l’impasse sur les trois autres, oui ou non ?

-          Oui.

-          Alors pourquoi est-ce que tu ne l’as pas lu ?

-          Parce que j’aime pas cette autrice…

-          Ça fait partie de tes devoirs, Lucie !

-          Je sais mais…

-          Allonge-toi sur la méridienne.

-          Oh nan, s’te plaît…

-          Tu les as lu les livres ou pas ?!

-          Non…

-          Alors allonge-toi sur la méridienne ! Dépêche-toi !

Thomas dut m’attraper par le bras pour m’y allonger. Il s’empara de la planche et m’en donna une dizaine de gros coups en me réprimandant :

-          On en a discuté Lucie ! Et toi, tu choisis de mettre toutes ces discussions à la poubelle ! Tu n’en as strictement rien à faire !

Je serrais les dents. Les coups de planche étaient forts mais supportables ; j’avais supporté plus dur que ça. Mais les choses allaient se corser pour moi : ayant fini sa réprimande, Thomas posa la planche, s’agenouilla à côté de moi sur la méridienne, et entoura ma hanche avec son bras. Lorsque je sentis la première claque s’abattre, je sus que j’allais devoir réunir toutes mes forces pour supporter cette fessée.

 

                Les claques tombaient encore et encore, sans relâche, sans pause. Thomas était en colère et déterminé et il ne lâchait rien.

-          Ça, c’est uniquement pour le premier livre !

                Cinq minutes, les claques continuent de tomber sans cesse. Je me répète : « Ne pleure pas, ne pleure pas… Aller Lucie, ça va aller ! » mais mes fesses brûlent et Thomas tape fort. C’est très compliqué de résister.

                Huit minutes, jusque-là je chouinais, mais à ce stade les premières larmes apparurent.

-          Thomas, arrête s’il te plaît ! C’est bon, j’ai compris !

-          Tu me dis ça à chaque fois, Lucie ! Et à chaque fois, tu recommences ! Comment est-ce que je pourrais te croire, cette fois-ci ?!

Il n’avait pas tort.

                Dix minutes, ça y est je pleure. Je n’en peux, plus, je veux qu’il s’arrête. Il va me faire détester les livres !

-          Thomas arrête…, priais-je entre deux larmes.

-          Encore tu n’aurais lu que quelques pages, tu aurais au moins fait un effort ! Mais là rien, que dalle ! Tu n’as même pas ouvert ce livre ! C’est ça l’attitude que tu me proposes, Lucie ?! C’est hors de question ! Je ne veux pas de ça ! Je veux que tu aies une attitude positive !

 

La fessée s’arrêta après un quart d’heure complet de claques. Thomas me renvoya au coin. Je calmai rapidement mes pleurs, me disant que cette fois-ci, ma désobéissance m’avait mise dans un pétrin extrêmement profond.

 

-          Viens ici Lucie.

J’obéis.

-          Pourquoi viens-tu d’être punie ?

-          Parce que je n’ai pas lu les livres…

J’avais envie d’ajouter : « ces putains de livres » ! ça me démangeait, même ! Mais je ne le fis pas. Pas envie d’en rajouter.

-          Cette fessée n’était que pour le premier livre. Viens te mettre debout devant le canapé, en face du mur.

-          Oh non, Thomas, s’il te plaît…

-          Dépêche-toi !

Je m’exécutai non sans mal.

Et les claques reprirent, infernales, incessantes et extrêmement douloureuses.

Cinq minutes.

-          Thomas, j’ai compris ! J’te jure que j’ai compris !

-          Je ne te crois plus, Lucie ! A chaque fois que tu me promets quelque chose, tu fais l’inverse !

-          Mais c’est bon là… S’il te plaît, arrête !

A ce moment précis, Thomas me sortit THE argument que je déteste au plus haut point :

-          Tu obéis, toi, quand je te demande quelque chose ?! Tu le fais ?! Tu m’écoutes ?! Non, tu ne m’écoutes pas ! Alors je ne vois pas pourquoi je t’écouterais ! Tu vois, je fais exactement comme toi ! Je n’en fais qu’à ma tête !

J’étais fichue. Je n’avais strictement rien à répondre, il avait entièrement raison.

Dix minutes. Les claques tombent toujours, mes larmes aussi. Je me demande si Thomas a mal au cœur de me voir pleurer, ou si sa colère prend le dessus sur sa compassion.

Quinze minutes, fin de cette terrible fessée debout. Retour au coin, je sèche mes larmes.

-          Tes mains Lucie, elles sont où ?!

Effectivement, elles n’étaient pas sur ma tête.

-          Mais c’est bon, là ! répondis-je, énervée.

-          Comment ça « c’est bon » ?! me gronda Thomas en me collant cinq ou six bonnes claques. Tu me parles autrement, Lucie ! Tu t’es crue où, là ?!

Thomas continuait sans nul doute à resserrer la vis de mon insolence. Ajoutez cela au fait que je déteste plus que tout recevoir des claques en étant au coin, cela forma un combo qui m’obligea à me taire.

 

-          Viens ici, Lucie.

J’obéis.

-          Pourquoi est-ce que tu viens d’être punie ?

-          Parce que je n’ai pas lu les livres…

-          On en était auquel ?

-          Le deuxième.

-          Allonge-toi sur la méridienne pour le troisième.

Ce fut reparti. Cinq minutes. Huit minutes. Treize minutes. Je n’ai jamais vu un tuteur aussi endurant. Gabriel, mon précédent tuteur, m’avait donné une fessée de quarante minutes pour mon conseil de discipline il y a deux ans ; avec une pause au milieu. J’avais morflé, mais ses mains aussi ! ça ne semblait pas être le cas de Thomas. Ses mains avaient l’air d’aller parfaitement bien, même si je sentais que les claques perdaient en sévérité, heureusement pour moi.

Quinze minutes. Thomas se stoppa et m’ordonna d’aller au coin. Il m’annonça :

-          Je dois passer un coup de fil téléphonique. Tu restes au coin. Je ne t’oblige pas à mettre tes mains sur la tête mais tu les gardes devant toi.

L’appel téléphonique de Thomas dura vingt-cinq bonnes minutes, j’avais donc pris mon aise en m’appuyant contre le mur et fermant les yeux pour m’évader dans mon esprit. Ah… le merveilleux pouvoir de la pensée !


                Thomas raccrocha et vint me coller aussitôt plusieurs claques :

-          C’est comme ça qu’on se tient au coin, Lucie ?! Hein ?! C’est ton pote, le mur ?!

-          Mais ça a duré trop longtemps, là…

-          Ne te fiche pas de moi ! reprit Thomas en ponctuant de quelques claques. Depuis le début, tu te tiens comme ça !

Sa volonté de ne rien laisser passer commençait sérieusement à m’agacer !

 

-              Viens ici, Lucie.

J’obéis.

-              Pourquoi est-ce que tu viens d’être punie ?

-              Parce que je n’ai pas lu les livres…

-              On en était auquel ?

-              Le troisième.

-          Mets-toi debout face au mur, devant le canapé.

Ce fut parti pour la quatrième fessée. Avec l’appel téléphonique, mes fesses s’étaient refroidies et Thomas avait repris du poil de la bête.

 

Trois minutes. Sept minutes. Dix minutes. Douze minutes. Quinze minutes. Le coin.

 

-          Viens ici, Lucie.

J’obéis.

-              Pourquoi est-ce que tu viens d’être punie ?

-              Parce que je n’ai pas lu les livres…

-          Je ne vais pas te demander de me promettre de lire le livre, car je ne te crois plus. A chaque fois que tu me promets quelque chose, tu fais l’inverse, donc je te ne crois plus, Lucie. Je vais juste te prévenir : on a fixé un nouveau rendez-vous le mardi 18 mai. Si à cette date, tu n’as toujours pas lu ce livre, on recommencera exactement comme aujourd’hui.

-          Quoi ?! Mais au 18 mai, j’aurai passé mon partiel, je n’aurai même plus besoin de l’avoir lu !

-          Je m’en fiche, Lucie. Je te demande quelque chose, tu le fais. Autrement, on recommence.

Je savais très bien que Thomas ne lâcherait pas. Il ne lâche jamais rien. Il allait falloir que je fasse des efforts avec cette autrice que je déteste déjà beaucoup… et que j’allais sûrement à présent haïr.

-          On va maintenant passer au bilan, annonça Thomas.

-          Quoi ?! C’est pas fini ?!

Je n’en revenais pas de l’endurance de ce gars.

-          C’est à toi de voir : soit on fait le bilan maintenant, soit tu reviens demain.

-          Demain ?

-          Oui, demain. C’est à toi de me dire. Mais décide-toi vite.

-          Ben… Ben… demain je ne suis pas disponible alors…

-          On le fait maintenant, très bien. Première chose : ton exclusion de cours.

-          Oh non…

-          Si. Je peux savoir ce qui s’est passé ?

-          Ben en fait…

-          Non, tu sais quoi ? Je m’en fiche. Je n’en ai rien à faire. Tout ce que je sais, c’est que tu as ENCORE eu un écart de comportement ! Viens t’allonger.

-          Nan mais sérieux, ce n’est vraiment pas de ma faute !

-          Je ne veux pas le savoir !

Thomas m’attrapa et me fit allonger sur la méridienne. Une bonne fessée de presque dix minutes, accompagnée de réprimandes s’en suivie.

-          Y’en a marre de tes écarts de comportement, Lucie ! Ce serait la première fois, je passerais peut-être ! Mais là, ça fait déjà trop de fois !

 

Mardi après-midi, cours d’anglais. Il y a quelques semaines, ma prof d’anglais avait insisté pour me faire passer en commission de discipline à la suite d’une insolence de ma part. La commission (composée de tous mes professeurs) m’avait plutôt donnée raison ; depuis ma prof ne peut plus me piffrer.

Tous les mardis, elle cherche un texte en anglais au hasard sur internet et nous le fait travailler, à défaut de préparer réellement ses cours. Cette fois-ci, je lui demandai :

-          Madame, est-ce qu’on peut faire un cours de grammaire anglaise, aujourd’hui ? On n’en a pas encore fait cette année et j’ai peur d’avoir tout oublié…

-          Ce n’est pas ce que j’avais prévu, me répondit-elle sèchement.

En même temps, elle n’avait strictement rien prévu. Mais bon.

-          Oui mais juste un petit rappel, car notamment en conjugaison, j’ai du mal à discerner les temps en BE + ing…

-          Ce n’est pas ce qui était prévu ! Et si mon cours ne vous intéresse pas, vous avez tout le loisir de partir !

Deux secondes plus tard, le message : « vous avez été déconnectée de cette session » s’affichait sur mon écran. Impossible de me reconnecter.

 

-          Mais ce n’était vraiment pas de ma faute, cette fois-ci ! protestais-je entre deux claques.

-          C’est drôle, ce n’est jamais ta faute, Lucie ! Et même si c’était vraiment le cas, tu payes pour toutes les fois où ça l’était !

Retour au coin après cette nouvelle tannée. Je n’en pouvais plus. J’en avais sérieusement marre ! Thomas ne lâchait rien et je n’étais pas au bout de mes peines.

 

-          Viens ici, Lucie.

J’obéis.

-          On va maintenant parler de tes devoirs. Sur les neuf derniers jours, il y a six fois où tu ne les as pas faits. Tu m’expliques ?!

-          Ben j’ai un dossier à rendre la semaine prochaine, je me concentre là-dessus…

Excuse de merde. Je n’ai même pas encore commencé ce dossier. Mais sur le moment, je ne trouvai que ça.

-          Un jour, tu m’as marqué que c’est parce que tu n’avais pas envie.

-          Aussi, avouai-je.

Six bonnes fessées s’en suivirent. La première debout, les cinq autres allongées sur la méridienne parce que je commençais à avoir mal au genou. J’avais de plus gagné une fessée supplémentaire car après que Thomas m’ait demandé de m’allonger, je lui avais répondu, insolemment :

-          Oui, c’est bon là !

J’avais donc gagné une tannée à la suite de cette insolence. Aujourd’hui, Thomas ne laissait vraiment plus rien passer. Soit je filais droit, soit je ne pouvais plus m’asseoir.

 

                Retour au coin, puis Thomas me rappela :

-          Pourquoi as-tu été punie ?

-          Parce que je n’ai pas fait mes devoirs. Mais en même temps, il ne reste que deux semaines de cours…

-          Et alors ?! Raison de plus pour que tu les fasses, Lucie ! Puisque je ne crois plus en ta parole, j’attends des actes ! Il y a intérêt à ce que tu les fasses, c’est compris ?!

-          Oui.

-          D’accord. Tu as également été en retard de dix minutes. Tu m’expliques ?

-          J’ai eu du mal à me réveiller… Je me suis rendormie…

-          Tu l’as fait exprès ?

-          Non !

-          D’accord, je passe pour cette fois. Mais fais trèèès attention, Lucie ! Je ne veux pas que ça se reproduise !

-          Oui…

-          Dernière chose, le message pour le couvre-feu.

-          Mais je l’oublie à chaque fois !

-          J’attends de toi que tu mettes des choses en place pour que tu ne l’oublies pas ! C’est la dernière fois que je te le rappelle, Lucie ! Compris ?

-          Oui.

Thomas m’enlaça furtivement, je craquai dans ses bras. Je fus frustrée que l’étreinte soit aussi furtive, étant donné que cette séance fut la plus éprouvante de toutes pour moi. Mais tant pis, dans peu de temps, je pourrais serrer Hugo contre moi, et il me donnerait tout le réconfort nécessaire.

 

                La courte étreinte passée, Thomas avait décoléré mais moi j’étais encore un peu secouée. J’avais l’impression qu’il y aurait dorénavant un avant et un après cette séance. Thomas avait serré la vis niveau comportement et m’avait fait comprendre que je n’avais pas d’autre choix que de filer droit. Cela ne me plaisait guère mais si je voulais éviter d’autres tannées telles que celles que j’avais reçues aujourd’hui, je n’avais d’autre choix que de lui obéir.

 

                En rentrant à la maison et en serrant Hugo contre moi, je fus emplie d’un réconfort sans nom.

-          Ça a été compliqué ? me demanda-t-il.

-          Oui.

-          En même temps, ma chérie…Tu n’as pas assuré ces derniers jours au niveau des cours.

-          Je sais.

J’avais déjà été assez réprimandée pour qu’il en remette une couche ! Heureusement, nous passâmes vite à autre chose.

 

                Il allait falloir que je me mette à mes devoirs et à la lecture de ce satané bouquin. Plus de promesses dorénavant, mais des actes.

 

A suivre…

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  Samedi 14 septembre               Dix heures. Comme l’avait annoncé Monsieur le Directeur, Mathilde et moi étions assises dans son bureau à rattraper les cours loupés hier à savoir la littérature, l’histoire et la philosophie. Cependant, j’allais avoir un répit que Mathilde n’aurait pas : mon cours de piano. Monsieur Alexandre n’allait pas tarder à arriver, me sauvant du travail sur lequel je bûchais avec acharnement depuis une heure et demie.   -           Tiens-toi droite Clémence, me reprit Monsieur Alexandre. -           C’est que… -           Que quoi ? -           Je… j’ai hyper mal aux fesses, avouai-je honteuse. -           Ce n’est pas mon problème. Quand on joue du piano, on se tient correctement ! Je fis un effort pour me redresser et commençai à jouer. Mon prof ferma les yeux pour mieux m’écouter, j’en profitai pour relâcher ma position. Sans mouvoir ses paupières closes, Monsieur Alexandre me gronda : -           Je sens que ta douleur aux fesses va s

Le tutorat de Little Princess (séance 11)

                  Mon cadeau biologique mensuel m’avait encore donné un répit de dix jours. Ouf. Je ne me voyais vraiment pas reprendre une séance à peine quatre jours après la précédente. Mon cadeau tombait à pic !                 Mais hélas, il ne fut pas éternel et je dus retourner chez mon tuteur ce vendredi 30 avril.                   Je toquai deux fois à la porte, personne ne répondit. De nature inquiète, je me fis plusieurs films : « Est-ce qu’il a fait une crise cardiaque ? Non quand même pas, il est jeune et en bonne santé. J’espère qu’il va bien… ». J’envoyai un texto. Ouf, quelques secondes plus tard, Thomas vint m’ouvrir. -           Salut ! -           Salut ! Ouf, j’ai eu peur, j’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose ! -           Non, non, pas du tout. Mais pourquoi tu ne sonnes pas ? -           Je trouve que la sonnerie, ça casse les oreilles, me justifiai-je. -           Ben oui mais une sonnerie sert à être utilisée… J’entrai dans le salon et p

L'équation féminine (Chapitre 1)

  Jeudi 1 er avril 2021 -           Simon ! Dépêche-toi de mettre tes chaussures, on va être en retard ! -           C’est cro dur, maman ! -           Je ne peux pas t’aider, j’ai ta petite sœur dans les bras… Bon, Noé, tu peux aider ton frère à mettre ses chaussures, s’il te plaît ? -           Non ! -           Comment ça, non ?! -           Non ! -           Noé de Melbourg, tu vas tout de suite aider ton frère à mettre ses chaussures sinon je vais me fâcher ! -           Non ! -           Je vais mettre tes petites sœurs dans la voiture : à mon retour, je veux que tu aies aidé ton frère ! Tu n’as vraiment pas envie que je me fâche, Noé ! Je ne suis pas d’humeur aujourd’hui… Heureusement, je n’eus pas à me fâcher : Noé aida son petit frère, les enfants montèrent dans la voiture, je vérifiai que tout le monde était bien attaché, et je filai en route pour l’école.                                 Ce n’était pas prévu du tout. Alexandre et moi n’avions absolume

Un joli fantôme du passé (Chapitre 14)

 J'ai pris le parti de ne pas écrire les dialogues en anglais pour préserver le confort de lecture :) Peace. L.P. Lundi 25 janvier 2021                                   Six heures, mon réveil sonne. J’ouvre difficilement les yeux : la fatigue est toujours présente malgré la bonne nuit de sommeil que je viens de passer. En plus de mes devoirs au lycée, papa a engagé un professeur particulier d’anglais qui vient deux heures par jour pour m’aider à bien comprendre mes cours et rédiger correctement mes devoirs. Je dois donc travailler deux fois plus que les autres. Puisque Valentin veut le meilleur pour moi, il m’a inscrite dans une Magnet school franco-anglaise ; les Magnet schools ont la réputation d’avoir un niveau très élevé et de préparer la future élite américaine. De plus, je sais que papa dépense une somme d’argent exorbitante pour ma scolarité et je ne veux pas le décevoir ! Mon père me voit déjà intégrer l’université de Stanford l’année prochaine, pour que je puisse

Le tutorat de Little Princess (Séance 10)

  -            Je t’adore Thomas, mais tu me fatigues ! -           C’est toi qui me fatigues ! me répondit-il en me raccompagnant à la porte. Mouais… Il était du bon côté de la main, lui. Pas moi.                   Cela faisait trois semaines que j’avais évité un nouveau rendez-vous. Il y en avait bien un qui avait été planifié pour vendredi dernier mais devant mes efforts, Thomas l’avait annulé. Je m’étais alors sentie pousser des ailes et m’étais complètement relâchée. Mon tuteur avait rectifié le tir en me convoquant ce jeudi 15 avril.                   Je frappai à la porte, Thomas m’ouvrit. -           Bonjour Madame Lucie, comment vas-tu ? -           Ça va bien et toi ? -           Ça va merci. Ça a été la route ? Tout en lui répondant, j’entrai dans le salon et remarquai le canapé flambant neuf de Thomas, remplaçant l’ancien qui commençait à tomber en ruine. Thomas me proposa à boire, j’acceptai et me dirigeai vers le pipi-room comme à chaque fois que j’ar