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Journal d'une étudiante accueillie. - Chapitre 117

 


Mercredi 12 février 2020

 

-    C’était bien le badminton ? me demanda Angélique.

-    Ouais, c’était cool ! répondis-je.

Après mon cours de sport, j’étais rentrée à la maison pour prendre une douche, puis j’avais rejoint mes amis au parc. Nos parents respectifs nous laissaient sortir jusqu’à dix-neuf heures : c’était une trop grosse aubaine pour que l’on n’en profite pas !

-    Ça va faire bizarre de ne pas vous voir à l’école demain ! se lamenta Magda.

-    Tu n’as qu’à convaincre ton père de t’envoyer à Saint-Nicolas, proposai-je.

-    Tu crois que je n’ai pas déjà essayé ?! aboya mon amie. Il a refusé. Il a dit que j’étais très bien chez les Sœurs et qu’il n’allait pas me changer d’école en pleine année scolaire. Il me saoule !!

-    Il a raison, dit Clara. C’est perturbant de changer d’école en plein semestre ! D’ailleurs, pourquoi changez-vous d’établissement comme ça, sur un coup de tête ?

-    C’est à cause de moi, dit Mayeul. Nos parents ne sont plus satisfaits des Sœurs. Ils trouvent qu’elles ne sont pas assez strictes et que si elles avaient été plus vigilantes, je n’aurais pas fait toutes ces bêtises.

Je vis Ana baisser la tête. Se sentait-elle coupable des bêtises de Mayeul ? Mon frère s’était-il confié à elle ? Je décidai de ne pas poser de question.

       Marylou ayant apporté son ballon de basket, nous décidâmes de faire un match.

-    Les Webber, les Kernec et moi dans une équipe, les Chapeau, les Guillaume et Angélique dans l’autre ! décida Magdalena.

-    Et qui fait l’arbitre ? demanda Ana.

-    On s’arbitrera nous-mêmes ! dit Antonin sur le ton de l’évidence.

Alors le match débuta. J’étais épuisée après ma séance de badminton mais contente de jouer avec mes amis.

Mon équipe était sur le point de gagner le match quand un monsieur d’environ cinquante ans, habillé d’un bleu de travail nous gronda :

-    Vous n’avez pas le droit de jouer sur ce terrain !

-    Comment ça, on n’a pas le droit ?! s’exclama Jordan, ce qui stoppa le match. On est dans un parc public ! Ce terrain appartient à tout le monde !

-    Vous n’avez pas vu le panneau ?! demanda l’homme en pointant son index vers la gauche.

Nous tournâmes la tête. Une feuille blanche plastifiée était accrochée à la grille. Il y avait écrit : « Terrain interdit d’accès, travaux imminents ».

-    Non, on ne l’a pas vu, monsieur ! répondis-je honnêtement.

-    Maintenant que c’est fait, sortez d’ici ! ordonna l’homme.

-    On finit juste notre match et ensuite, on s’en va ! décida Magdalena.

-    Je pense qu’il vaudrait mieux partir tout de suite… chuchota Louise, apeurée.

-    Sortez d’ici tout de suite, ou j’appelle la police !

La grande majorité d’entre nous sortit immédiatement du terrain ; mais Axel et Jordan, les frères de Marylou, s’emportèrent :

-    Eh ben appelle la police, mon gars ! Et après ?!

Le monsieur sortit son téléphone ; Jordan lui donna une tape sur la main qui fit tomber l’objet à terre. L’écran se fissura.

-    Vous avez cassé mon téléphone ! s’exclama le monsieur.

Je tournai la tête et vis Ana qui filmait la scène.

-    Qu’est-ce que tu fais ?! lui demandai-je.

-    Au moins, si on a des problèmes, papa et maman saurons que ce n’est pas nous ! me répondit-elle.

Je trouvai sa réaction très intelligente et la remerciai intérieurement.

Mayeul, lui, a eu une réaction tout aussi intelligente : appeler papa et maman. Ils arrivèrent en même temps que la police.

Jordan et Axel furent embarqués au commissariat, nous autres fûmes priés de rentrer chez nous.

      

       En rentrant à la maison, papa et maman décrétèrent que nous n’avions plus le droit de fréquenter Axel et Jordan sans la présence d’un adulte. Cela ne me peina pas plus que ça puisque j’étais davantage attachée à Marylou qu’à ses frères. En revanche, Mayeul accusa le coup.

       Pour lui changer les idées, papa et maman décidèrent de l’emmener avec eux au supermarché pour y faire les courses. Louise, Ana et moi nous retrouvâmes seules à la maison. Avec les domestiques. Dont Marie-Christine.

 

-    J’insiste pour que vous fassiez les pages de garde de vos cahiers, mesdemoiselles ! nous dit-elle avec sa voix de crécelle.

-    On les fera pendant les vacances ! répliquai-je. On a déjà mis des étiquettes, on saura retrouver nos affaires !

-    Vous devez faire les choses correctement ! insista Ombrage.

-    Oh mais ferme-la !! s’emporta Anaïs. Laisse-nous tranquille !! Tu n’as rien de mieux à faire que de nous faire chier, là ?!

Forcément, lorsque papa et maman rentrèrent, Ana prit une bonne fessée de la part de maman. Elle dût s’excuser auprès de Marie-Christine, et nous dûmes faire nos pages de garde.

      

       Le dîner approchant, papa nous demanda à Ana et moi de mettre la table. Nous obéîmes. Je profitai de ce moment où j’étais seule avec ma sœur pour lui dire :

-    Cette Marie-Christine est une vraie plaie ! Ça va ? Tu n’as pas trop la haine ?

-    Bien sûr que si ! me chuchota Ana. Je meurs d’envie de lui faire payer !!

-    Tu ne veux quand même pas qu’on joue les enfants terribles, à lui pourrir la vie pour qu’elle décide de démissionner, quand même ?!

-    Et si c’était le cas… ? tâta Ana.

-    Si c’était le cas, répondis-je en souriant, je prendrais un malin plaisir à être ta complice !

-    Parfait ! dit gaiement ma sœur. Que la guerre commence !

 

A suivre…

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