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Journal d'une étudiante accueillie. - Chapitre 118

 


Jeudi 13 février 2020

 

-    Marie ! me chuchota Ana après être entrée dans ma chambre. Tu viens ?

-    J’arrive ! répondis-je.

De toute façon, je ne dormais pas : j’étais bien trop stressée avant ma première journée à Saint-Nicolas ! J’enfilai un gilet et suivis ma sœur. Avant que nous sortions de ma chambre, je lui demandai :

-    Tu es sûre que papa et maman dorment ?

-    Sûre ! répondit-elle. J’ai écouté à la porte. Papa ronfle comme un tracteur et maman dit des phrases incohérentes. Ils dorment profondément !

Rassurée, je suivis ma sœur au rez-de-chaussée. Nous enfilâmes nos chaussures à la hâte. Puis, Ana actionna délicatement la lourde porte d’entrée et nous sortîmes de la maison. Nous traversâmes le jardin en direction de la dépendance des domestiques. Ana fit le tour du bâtiment et récupéra un bocal rempli d’une trentaine de petites araignées noires.

-    Brrr ! dis-je en voyant le bocal. Ça file la chair de poule, ton truc !!

-    Et encore, ce n’est pas toi qui as dû aller à la cave en pleine nuit ! rétorqua Ana. Je n’ai pas eu beaucoup de mal à les capturer, mais la cave du manoir en pleine nuit fait vraiment peur ! J’ai craint de croiser la Dame Blanche ou un autre spectre de ce genre, moi !

-    Arrête, tu vas me faire encore plus flipper ! la rabrouai-je. Faisons ce que nous avons à faire et retournons nous coucher !

Nous entrâmes dans la dépendance, nous rendîmes dans la chambre de Marie-Christine qui, elle aussi, ronflait à grands bruits. Elle portait un bonnet de soie et dormait la bouche ouverte, si bien qu’un filet de bave coulait sur sa taie d’oreiller.

-    C’est dégueulasse ! commenta Ana.

Je restai sur le pas de la porte, prête à déguerpir à la moindre alerte. Ma sœur posa le bocal par terre, le dévissa et se dirigea vers la sortie, où je me trouvais. Nous refermâmes délicatement la porte de la chambre et descendîmes les escaliers pour nous retrouver au rez-de-chaussée de la dépendance. Nous nous apprêtions à sortir lorsque nous entendîmes une voix nous dire :

-    Moi non plus, je ne l’aime pas beaucoup. Mais des araignées… C’est un peu hardcore, non ?

Assa avait une tasse de thé à la main et nous observait depuis la cuisine. Pétrifiée, je ne savais quoi faire. Assa allait-elle nous dénoncer ?!

-    Com…comment vous savez que… ? bégaya Ana.

-    Je suis allée dehors tout à l’heure pour passer un coup de téléphone, répondit la cheffe des domestiques. J’ai vu le bocal. Sur le coup, j’ai été tellement surprise que j’ai failli le briser !

-    Mais vous nous avez quand même laissées faire ? s’étonna ma sœur.

-    Je pense qu’on peut laisser le vouvoiement de côté, répondit Assa. Vos parents ne sont pas là. Pour répondre à ta question Anaïs, oui, je vous ai quand même laissées faire. Je vous l’ai dit : je ne l’aime pas beaucoup non plus.

-    S’il te plaît, Assa, ne dis rien à Michael et Scarlett ! la priai-je, apeurée.

-    Hum… dit-elle pensive. Ça va bien chercher dans les vingt minutes de fessée, ça, non ? Vingt ou vingt-cinq minutes de fessée déculottée sur les genoux de votre père pour avoir lâché plusieurs dizaines d’araignées dans la chambre de votre nourrice ! Ah mais j’oubliais le fait d’être sorties de vos lits, et même de la maison, à plus de minuit… Votre mère sortirait sûrement la brosse à cheveux, pour cela ! Oui, une bonne fessée déculottée à la brosse à cheveux… Vous auriez des fesses de Schtroumpf pour le reste de la semaine ! Ah ça, c’est sûr, vous passeriez une très, très sale demi-heure… Ce serait peut-être même pire que pour votre frère et ses bêtises à l’école ! Quoique, Mayeul avait quand même fait très fort !

-    Assa, je t’en supplie ! réitérai-je, les larmes me montant aux yeux. Par pitié, garde le silence !

-    Je ne vois pas le bocal, remarqua Assa. Cela signifie que vous l’avez laissé dans la chambre de Marie-Christine. Donc vous voulez qu’elle le trouve. Donc vous voulez qu’elle sache que ça vient de quelqu’un et que ce ne sont pas les araignées qui, tout à coup, ont eu envie de faire une assemblée générale dans sa chambre. Le problème, c’est que Marie-Christine pourrait incriminer n’importe qui, même ses propres collègues ; et je ne veux pas de zizanie dans mon équipe.

-    Pitié, Assa… réitérai-je, la voix tremblotante.

Il y eut un silence, pendant lequel mon cœur battait à cent à l’heure.

-    Bon, je vous couvre pour cette fois. Mais ce sera la seule fois ! Si vous souhaitez faire de la vie de Marie-Christine un enfer, faîtes en sorte que je le ne sache pas. Retournez vous coucher, maintenant !

Nous ne nous le fîmes pas dire deux fois. Cinq minutes plus tard, nous étions dans nos lits.

 

 

       Je me réveillai en sursaut sept heures plus tard, ayant fait un cauchemar avec des araignées tueuses qui obéissaient aveuglément à une jeune femme habillée en robe de mariée…

       Chassant ces horreurs de mon esprit, je descendis prendre mon petit déjeuner.

-    Marie chérie ! me dit ma mère en m’embrassant sur la tempe. J’ai bien cru que j’allais devoir aller te réveiller moi-même ! L’heure tourne !

Maman me donna mon médicament, que j’avalai. Je demandai alors innocemment :

-    Ce n’est pas Marie-Christine qui est censée me donner mon médicament ?

-    Si, mais figure-toi que sa chambre a été envahie par de nombreuses araignées cette nuit ! dit maman. Du coup, elle a fait une crise de panique, et Assa a appelé les pompiers. Elle est à l’hôpital.

-    Elle va bien ? me renseignai-je en pensant que ma sœur et moi y étions peut-être allées un peu fort.

-    Oui, plus de peur que de mal ! me rassura ma mère. Nous lui avons donné sa journée. Elle sera d’attaque pour le travail dès demain.

-    Coucou ma princesse ! me dit Michael en entrant dans la pièce. J’ai reçu un mail de ta mère biologique !

Il m’embrassa sur le front puis me posa son téléphone sous les yeux pour que je puisse lire le contenu du message. Ma mère m’informait que Paul, mon petit frère, avait été sélectionné pour effectuer un stage de football dans un centre de formation. Paul adore le football depuis… qu’il est dans le ventre de ma mère ! Il devait être aux anges ! Ma mère disait que le stage de football se déroulait la semaine prochaine. Or, Paul me réclamait et voulait vraiment me voir. Ma maman biologique demandait donc si je pouvais décaler ma venue d’une semaine afin de profiter pleinement d’elle, de mon beau-père et de mon petit frère. Pour compenser, si je le souhaitais, je serais la bienvenue chez eux ce week-end.

-    Tu peux lui dire que c’est ok ! déclarai-je à mon père. Je viendrai ce week-end, samedi et dimanche, et puis je viendrai du lundi au dimanche durant la deuxième semaine des vacances. Enfin, si ça ne contrarie pas trop vos plans… Peut-être aviez-vous décidé de partir en vacances ?

-    La semaine prochaine, je suis en séminaire, répondit Michael. Donc on ne peut pas partir. Et la deuxième semaine, on a prévu d’aller passer un ou deux jours à Disneyland Paris, c’est tout.

-    N’oublie pas que Caleb et Justine nous ont demandé de garder leurs enfants le lundi et le mardi ! rappela ma mère à son mari.

-    Oui, c’est vrai ! acquiesça papa. Donc tu vois ma princesse, nous n’aurions pas bougé de toute façon. Et puis, nous partirons bientôt aux Etats-Unis ! C’est déjà un très gros voyage !

-    J’aurais bien aimé partir un peu pendant ces vacances-ci, moi… se lamenta Ana.

-    Nous avons récemment fait l’Angleterre et le Sénégal ! rappela Scarlett.

-    Marie a fait les deux voyages mais pas nous ! bouda Louise.

-    A qui la faute ? questionna papa.

 

Le petit déjeuner terminé, mes frères et sœurs et moi nous rendîmes dans nos chambres pour nous préparer pour l’école. Après m’être habillée, je me regardai dans la glace : cet uniforme m’allait bien mais il ressemblait vraiment à ce que portent les étudiantes asiatiques (sauf que ma jupe est beaucoup plus longue, arrivant au niveau du genou).

Je préparai mon sac de cours en prenant bien soin d’enlever mon carnet de liaison de mon cartable. Je cachai mon carnet entre deux tee-shirts dans mon dressing, et me préparai psychologiquement à me faire gronder et même à recevoir une potentielle fessée.

Prête, je descendis au rez-de-chaussée – toute la famille m’attendait dans le hall en s’impatientant – et dis à mes parents :

-    Papa, maman, je suis vraiment désolée…

-    Qu’est-ce qu’il y a, Marie ? me demanda ma mère.

Faisant appel à mes plus grands talents d’actrice, je réussis à me faire monter les larmes aux yeux et mentis :

-    J’ai… j’ai perdu mon carnet de liaison.

-    Oh non, Marie ! me gronda ma mère. Ce n’est pas possible !

-    Comment as-tu pu l’égarer avant même ton premier jour ?! enchaîna mon père sur le même ton.

-    Je suis désolée, dis-je en accentuant ma tristesse. Je n’ai pas fait exprès…

Une bonne claque paternelle tomba sur ma jupe. Bon. Je m’y étais préparée. Ça ne faisait pas moins mal pour autant…

-    Y’en a marre que tu ne prennes pas soin de tes affaires, Marie ! me réprimanda mon père. Grandis, un peu !

-    Bon, de toute façon, puisque tu as besoin d’un carnet pour aujourd’hui, nous t’en rachèterons un à l’école, annonça maman. Mais je te préviens : le prix du nouveau carnet sera déduit de ton argent de poche !

-    Oui maman, dis-je.

-    Aller, mettons-nous en route avant que vous arriviez en retard pour votre premier jour !

 

 

-    Ça va ? me demanda Ana alors que nous marchions du parking jusqu’à l’école, à la traîne derrière le reste de la famille. Papa t’a donné une sacrée claque !

-    Ça va, répondis-je. Je l’avais anticipée. Je me doutais bien qu’elle tomberait…

-    Comment t’as fait pour perdre ton carnet, sérieux ?!

-    Je ne l’ai pas perdu, dis-je en baissant un peu le volume de ma voix.

-    Comment ça ? demanda Ana en m’imitant.

-    J’ai besoin de deux carnets, expliquai-je à ma sœur.

-    Deux carnets ? Mais pourquoi ?

-    Il y en a un que je donnerai aux professeurs et dans lequel ils marqueront de potentiels mots. Là, j’imiterai la signature des parents. L’autre carnet, je le montrerai à papa et maman. Ainsi, nos parents verront toujours un carnet blanc comme neige qu’ils signeront chaque soir ; il ne se douteront pas une seule seconde que j’ai eu des mots !

-    C’est un coup de génie !! s’exclama ma sœur. Je m’en veux de ne pas avoir eu l’idée !! C’est génial !!

-    En tout cas, ça va me sauver un paquet de fois, c’est certain ! confessai-je.

-    Je vais faire la même chose ! décida Ana.

-    Dans ce cas, attends un peu avant de « perdre » ton carnet, conseillai-je. Sinon papa et maman vont trouver cela suspect.

-    Dépêchez-vous, les filles ! nous appela maman.

Ana et moi pressâmes le pas.

 

       Sûrement à cause du don de mes parents, et parce que le Directeur s’attendait à ce que d’autres dons arrivent, le chef d’établissement accueillit toute la famille Webber avec un immense sourire, un ton mielleux, et des courbettes si basses qu’elles auraient pu lui faire toucher le sol du bout du nez.

       Mes parents me rachetèrent un carnet, me prévenant que si je l’égarais à nouveau, je recevrais une fessée debout. Effectivement, ce nouveau carnet coûta cinquante euros à mes parents – un prix élevé pour forcer les élèves à en prendre soin ! – et si l’argent n’était pas un problème pour eux, ils cherchaient quand même à le dépenser intelligemment. Cinquante euros, cela ferait un sacré trou dans mon argent de poche ; surtout maintenant que j’avais à nouveau le droit de sortir !

 

       Mes sœurs, mon frère et moi reçûmes un accueil chaleureux dans notre classe. Adélaïde m’avait réservé une place à côté d’elle. J’acceptai volontiers malgré le regard désapprobateur de Louise.

       Dans cette école, nous commençons tous les matins par une heure et demie de littérature française avec monsieur du Lac de Grandville, un homme d’une soixantaine d’années avec un ventre à bière, une barbe fournie et un crâne aussi lisse qu’une feuille de papier glacé. Il portait des lunettes épaisses et carrées qui lui donnaient un air sévère. Pourtant, il n’avait pas du tout l’air d’être un tyran.

       Le cours débuta, et Adélaïde m’expliqua en chuchotant le fonctionnement de ce cours. Monsieur du Lac de Grandville nous reprit une fois, puis deux. A la troisième fois, il nous demanda nos carnets et y mit un mot : « Bavardages ! ». Nous nous tûmes pour le reste du cours. En temps normal, j’aurais paniqué d’avoir un mot : mes fesses auraient trinqué ! Comme j’avais bien fait de prendre deux carnets !

 

       Après les quinze minutes de récréation durant lesquelles Adélaïde nous refila tous les bons tuyaux de l’établissement, nous eûmes une heure et demie d’histoire avec monsieur Germain, un petit homme trapu dont le visage me faisait penser à un rat. Néanmoins, monsieur Germain était puits de culture assez impressionnant !

       Je ne savais si c’était grâce au don généreux de mes parents, mais chaque professeur fut plus que bienveillant avec nous : ils nous donnèrent sur clé USB tous les cours que nous avions loupés et nous informèrent qu’ils se tenaient à notre disposition pour toute question ou information. Heureusement, en regardant le cahier de Pierre, un camarade de classe plutôt sympathique, ma fratrie et moi nous aperçûmes que le programme ne différait pas tant que ça et que nous n’aurions finalement pas grand-chose à rattraper.

 

       Mayeul, Anaïs, Louise et moi étions la nouveauté. Plusieurs élèves de notre classe vinrent s’asseoir à notre table à la cantine pour pouvoir discuter avec nous. Si Louise et Mayeul détestaient être au centre de l’attention, Anaïs et moi étions plutôt contentes d’avoir de nouvelles connaissances. Cependant, je n’en oubliais pas moins Magdalena, Marylou et toutes les autres pour autant !

 

       A treize heures, nous avions une heure et demie de grammaire avancée avec madame Lebas, une femme aux cheveux poivre et sel à la carrure de camionneuse. J’avais bien du mal à comprendre ses explications, mais Adélaïde me rassura en m’informant que c’était le cas de toute la classe.

       Nous terminâmes la journée avec monsieur Frédéric et son cours de littérature comparée. Il annonça qu’après les vacances, et jusqu’à la fin du semestre, nous étudierons les dystopies. La servante écarlate de Margaret Atwood et Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley devraient être lus pendant nos deux semaines de congés.

 

       Maman vint nous chercher à l’école et nous demanda comment s’était passée la journée. Nous en discutâmes durant tout le trajet en voiture jusqu’à la maison.

 

       En passant la porte d’entrée, Scarlett annonça :

-    Comme d’habitude : enlevez vos manteaux et vos chaussures, mettez vos chaussons et lavez-vous les mains. Et posez-moi vos carnets sur la table de la salle à manger pour que je puisse les signer.

Après m’être lavée les mains, je montai les escaliers, mon cartable sur le dos.

-    Marie ? m’interpella ma mère. Qu’est-ce que tu fais ?

-    Je vais juste mettre mon sac dans ma chambre, répondis-je.

-    D’accord mais fais vite, dit Scarlett. Et n’oublie pas de me descendre ton carnet !

En me rendant dans mon cocon, je réfléchis à une stratégie : je n’allais pas pouvoir monter tous les jours dans ma chambre pour y chercher l’autre carnet ! Il allait falloir que j’aie les deux dans mon cartable, et que j’évite de me tromper lorsqu’il me serait réclamé.

       Lorsque maman ouvrit mon carnet et vit qu’il était vierge, elle me fit un grand sourire de satisfaction et le signa. Louise et Mayeul, qui se demandaient bien pourquoi le mot qu’avait mis le prof de littérature ne s’y trouvait pas, écarquillèrent les yeux. Puis, ils comprirent. Si mon frère me lança un regard malicieux ayant l’air de me dire : « Bien joué ! », Louise me fusilla du regard. Je priai pour qu’elle ne me dénonce pas. Elle ne ferait pas ça, quand même ?!

-    Bon, j’en conclus que votre première journée s’est déroulée sans encombre ! dit maman après avoir signé nos quatre carnets. Je suis fière de vous, les enfants !

Soulagée que Louise ait fermé sa bouche, je m’assis à table avec ma fratrie pour prendre le goûter.

       Maman s’éclipsa pour aller dans le bureau commander nos livres à lire pour la rentrée. Nous nous retrouvâmes donc tous les quatre à table.

-    Marie, t’es un putain de génie ! s’exclama Mayeul. Et moi qui croyais que tu avais vraiment perdu ton carnet !

-    Le jour où tu te feras chopper, je ne donne pas cher de ta peau ! me prévint Louise.

-    Garde le secret et laisse-moi gérer, d’accord ? lui dis-je.

-    Je ne dirai rien, m’assura Loulou. Chez Tom et Dana, je t’aurais sûrement vendue, de peur d’être punie pour complicité. Mais Michael et Scarlett ne feront pas un truc pareil donc… je ne dirai rien.

 

 

Entre le coup fait à Marie-Christine, et le mot dans mon carnet, je n’aurais pas dû pouvoir m’asseoir dans mon grand et confortable lit ce soir. Pourtant, c’était le cas. Assa s’était tue, Louise aussi, et pour une fois, les plans élaborés avaient fonctionné à merveille. En me couchant, j’espérais de tout cœur que tout continue de rouler comme sur des roulettes !

 

A suivre…

Commentaires

  1. Un nouveau chapitre aujourd'hui ! Quelle bonne surprise !!!
    Marie-Christine a eu la peur de sa vie 😅 bien joué 👍
    Je sens que les filles n'ont pas dit leur dernier mot 🤔
    Bien joué pour le carnet de liaison mais ... c'est vraiment risqué !!!
    Finalement vous avez changé d'avis pour la cantine ?

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