Accéder au contenu principal

Un joli fantôme du passé (Chapitre 7)



Vendredi 17 janvier 2020.

Plusieurs mois se sont écoulés depuis mes dernières péripéties et pour tout vous dire, j’ai bien intégré comment fonctionnaient papa, mon frère et ma sœur. Je me tiens plus souvent à carreaux qu’au début, bien qu’il y ait de petits dérapages vite rappelés à l’ordre, de temps en temps !

Le travail au lycée me prend un temps fou. Mais papa est fier de moi car au premier trimestre, j’ai décroché 17,5 de moyenne générale. Du coup, pour me récompenser, papa a pris contact avec les parents d’Ashley et nous sommes partis deux semaines pendant les vacances de Noël à Sydney ; séjour idyllique durant lequel papa a en plus pu faire des affaires professionnelles.
Et puis… Il a fallu rentrer en France, ce qui fût un déchirement pour moi. Mais papa promit que si mes notes se maintenaient au beau fixe et que je décrochais mon code à l’auto-école, je pourrais passer un mois entier à Sydney chez Ashley cet été ; c’était une très forte motivation pour moi et papa le savait bien !

Ce matin, je n’avais pas cours à cause d’une grève dans l’éducation nationale. Je me réveillai donc tranquillement à dix heures et j’étais toute seule dans la maison.
Je jouais à Tetris (oui, je suis une fan inconditionnelle de ce jeu !) sur mon téléphone lorsqu’il sonna. Et le nom affiché me scotcha : « Maman ».
Qu’est-ce qu’elle revenait faire dans ma vie, celle-là ?! Après plus de 6 mois à ne pas m’avoir donnée de nouvelles, voilà qu’elle m’appelait ?! Et pourquoi ?!
Fébrile, je décrochai :
– Allô ?
– Zoé, c’est ta mère.
– Qu’est-ce tu veux ?
– Tu ne me demandes pas comment ça va ?!
– Non.
– Bien sûr que non, tu n’en as jamais rien eu à foutre de moi !
– Je te retourne le compliment.
– Ça va chez ton père ?
– J’ai la vie que j’aurais toujours dû avoir et que tu m’as volée en me volant mon père. Donc oui, ça va merveilleusement bien. Je grandis auprès de mon père, de mon frère et de ma sœur, je connais mes grands-parents, mes oncles et tantes, mes cousins-cousines… Papa m’a inscrite au lycée et je suis la première de ma classe.
– T’es retournée au lycée, toi ?!
– Oui, je n’ai pas eu le choix. Papa ne m’a pas laissée le choix.
– Eh bien t’as la vie rêvée, finalement, j’ai fait le bon choix en te virant !
– Exactement, et c’est bien la seule chose dans ma vie pour laquelle je te remercie.
– Et c’est quoi l’astuce ?
– Quelle astuce ?
– Tu es complètement insupportable, Zoé ! C’est quoi l’astuce pour que ton père te supporte ?!
– Il sait imposer son autorité. Ce que tu n’as jamais su faire.
– Bon, peu importe, je vais te récupérer finalement.
– PARDON ?!
– Ouais. Quand t’étais là, je touchais de la thune. Maintenant que t’es partie, je n’ai plus rien.
– Tu me fais gerber.
– Du coup, tu vas revenir vivre avec moi.
– C’est hors de question. Si tu veux de la thune, lève ton cul, lâche ta bouteille et va bosser.
– Eh, tu me parles autrem…
– La ferme. Oublie-moi. Oublie mon numéro. De toute façon, je vais te bloquer pour que tu ne puisses plus me joindre. Dès maintenant, tu vas sortir définitivement de ma vie.
– Zoé, tu m’écoutes ! Je…
– Non, c’est toi qui m’écoutes, maman ! Je suis sortie de ton utérus, ok ! Mais ça s’arrête là. Tu m’as arrachée à mon père, j’ai dû m’élever toute seule et me débrouiller jusqu’à ce que papa revienne dans ma vie. Donc je ne veux plus avoir aucun contact avec toi. Tu ne m’appelleras plus, tu ne me toucheras plus, tu ne me regarderas plus, tu ne me contacteras plus. Tu ne connaîtras jamais ton gendre, ni tes petits-enfants. Et quand tu mourras, tu mourras seule. Oublie que tu as eu une fille. Adieu maman.
Sur ce, je raccrochai et fondis en larmes.
Je pleurais sur la table de la cuisine quand papa rentra à la maison avec des viennoiseries.
– Mon bébé ! Je t’apporte le petit déjeuner… Qu’est-ce qu’il t’arrive ?!
– Rien, rien du tout. C’était bien Seattle ?
Papa qui, il y a encore 6 mois, faisait juste du commerce franco-allemand, fait maintenant du commerce international.
– Oui mais je t’en parlerai quand je saurai ce que tu as.
– Ma salope de mère m’a appelée.
– Surveille ton langage.
– C’est pourtant ce qu’elle est.
– Qu’est-ce qu’elle voulait ?
– Me récupérer. Parce que quand j’étais avec elle, elle touchait des aides et que maintenant elle est dans la merde. Je sais qu’elle va lancer une procédure pour que je retourne chez elle et je ne veux pas que ça fasse comme quand j’étais bébé…
Mon père posa les viennoiseries sur la table et prit ma tête entre ses mains. Il essuya mes larmes avec ses pouces et plongea ses yeux bleus dans les miens.
– Zoé. Toi et moi ne serons plus jamais séparés, tu as compris ?
– Oui.
– Aller, viens dans mes bras.
Ce fût un des meilleurs câlins du monde, un des plus réconfortants que mon père m’ait donné.
– Assieds-toi maintenant, il faut que je te parle.
– J’ai fait une bêtise ?! m’inquiétai-je.
– Non, pas du tout. Mais comme tu peux le constater, je fais beaucoup d’allers-retours aux Etats-Unis en ce moment. Mon entreprise se développe énormément là-bas.
– Oui, je suis au courant.
– Chérie, on va devoir aller s’installer à Seattle.
– Mais… le lycée ?! Et mes amis ?! Et Oriane ?!
– Tu vas finir ton année ici, puis tu entreras en Terminale au lycée français de Seattle en septembre. Et pour ce qui est de tes amis… Je sais qu’il n’y a vraiment qu’à Oriane à qui tu tiens énormément et je me suis déjà mis d’accord avec ses parents pour qu’elle passe toutes les vacances scolaires avec nous. Une fois sur deux, elle viendra. L’autre fois, nous viendrons et tu pourras voir tes autres copines.
– Euh… d’accord mais…
– Chérie, réfléchis aux bons côtés ! Avec tes merveilleux résultats scolaires, tu vas pouvoir intégrer des universités prestigieuses, peut-être même Harvard !
– Je suis nulle en anglais, papa !
– Tu as 18 de moyenne, Zo ! Et de toute façon, dans 6 mois maximum, tu seras bilingue.
– Et… Et Manon et Romain ?
– Ils viennent avec nous. Manon peut faire une équivalence avec ses études de médecine et devenir médecin là-bas ; quant à Romain, il bossera dans ma boîte après avoir eu son diplôme en juin donc…
– Et la famille ? Papy et mamie ? On va leur manquer…
– On ne les verra pas moins que maintenant, mon cœur. C’est une chance unique pour nous quatre.
– Et Jeanne ?
– Elle va venir habiter avec nous.
– PARDON ?!
– Elle enseignera le français à l’Université.
– Elle vivra avec nous ?!
– Oui, mais c’est déjà presque le cas ! Et puis au moins, elle ne sera plus ta prof…
– Si tu penses que c’est bien pour nous papa… Alors c’est d’accord, je te suis.
Mon père sauta de joie.
– J’avais tellement peur que tu réagisses mal… ! J’ai vraiment une fille merveilleuse.
– Eh mais… ça veut dire que je ne serai majeure qu’à 21 ans ?!
– Euh oui…
– Mais tu me la mets à l’envers, là ! Je me fais entuber !!!
– Oui mais tu auras ta propre voiture si tu as ton permis d’ici là…
– Bon compromis, je l’avoue.
– Le déménagement est prévu pour le 10 août. En attendant, je mets mes meilleurs avocats sur le dos de ta mère pour la dissuader d’engager quelconque procédure pour ta garde. Personne ne me prendra ma fille. Aller, mange mon amour.

Durant toute la journée, j’étais un zombie. Je n’en revenais pas : je partais vivre aux Etats-Unis ! Tout ce que je voyais dans les films et dans mes séries préférées allait devenir réalité ! Waouh. Truc de dingue.
J’étais tellement un zombie que je m’attirais des ennuis en Humanités, Littérature & Philosophie, quand la prof me surprit en train de surfer sur le site de mon futur lycée au lieu de suivre le cours. Elle me confisqua mon téléphone.

A la sortie du lycée, un scénario que j’avais déjà vécu au début de l’année se répéta : papa vint me chercher à 15h30, je l’informai qu’il fallait qu’on aille chercher mon téléphone dans le bureau du CPE. Il me lança un regard qui voulait dire : « Tu vas voir tes fesses, toi ! ». Je récupérais mon téléphone, deux heures de colle, un sermon du CPE et un père furax. Dans la voiture sur le chemin de la maison, il me passa un savon :
– Je comprends que tu sois enthousiaste à l’idée de découvrir ton nouveau lycée, Zoé ! Mais il y a d’autres moments que les cours pour surfer sur le site ! Tu aurais pu le faire maintenant, mais non. Il a fallu que tu utilises ton téléphone en cours et que tu transgresses encore les règles !
– Mais papa, je…
– Il n’y a pas de « mais » ! Tu te tais ! Quand on rentre, tu auras une fessée, point final ! C’est non négociable !
Je me mis à pleurer mais mon père ne fût pas attendri pour un sou ; ou s’il le fût, je ne le remarquai pas.

En arrivant à la maison, je refusai de sortir de la voiture.
– Zoé, descends ! Nous sommes arrivés !
– Non, si je descends, je vais prendre une fessée et je n’ai pas envie…
– Je vais te sortir de la voiture de force, fais attention à toi… !
– Non !
– Un !
– Papa, je t’en supplie !
– Deux !
– Non papa…
– Tu as eu deux heures de colle et j’ai dû aller récupérer ton téléphone dans le bureau de ton CPE, tu mérites amplement la fessée que tu vas prendre ! Deux et demi !
Je pleurai mais le « Trois ! » tomba quand même. Papa ouvrit la portière, déboucla ma ceinture, me sortit de la voiture et me colla cinq claques bien appuyées sur le jean. Ensuite, il me bascula sur son épaule comme un vulgaire sac à patates, referma la portière, verrouilla la voiture et me porta ainsi jusque dans l’entrée.
– Pas la fessée, pas la fessée, papa ! suppliai-je toujours penchée sur son épaule.
– Oh que si ! Et s’il y a bien UNE chose qui ne changera pas quand on sera aux Etats-Unis, c’est bien cela ! Et je me procurerai un tape-tapis pour éviter tes excès de comportement scolaire !
– Oh non !!
– Oh si !!
Mon père se déchaussa et fit de même avec moi, puis il m’emmena tout droit dans ma chambre. Là, il me balança sur mon lit et je me retrouvai sur le dos (heureusement que mon matelas est moelleux et épais et qu’il rebondit bien !). Papa dégrafa mon jean malgré mes gestes défensifs et me retourna sur le ventre. Là, il s’allongea à moitié sur le lit, empoignant ma taille de tout son bras gauche, son bras droit pouvant claquer mes fesses à souhait.
– Ah, mademoiselle Duhamel utilise une fois de plus son téléphone en cours ?! Mademoiselle Duhamel reçoit une fessée !
Même à travers le jean, je sentais déjà bien les claques et je n’avais pas du tout envie qu’une couche de vêtement se retire. Pourtant, c’est ce qui se produisit quelques secondes plus tard. Mon père me lâcha, attrapa mon jean et le baissa d’un coup sec. Il m’ordonna ensuite :
– Tu restes comme ça. Si tu bouges d’un millimètre, tu auras du souci à te faire !
Je restai à pleurer sur mon lit, à plat ventre, les fesses brûlantes. Mon père revint quelques minutes plus tard, une cuillère en bois à la main.
– Non, papa ! Pitié !
Je ne l’avais pas encore reçue mais j’étais persuadée que ça devait faire extrêmement mal.
– C’est l’instrument que déteste le plus ta sœur, j’ose espérer qu’il te calmera assez pour que tu ne recommences pas !
La cuillère en bois s’abattit encore et encore sur ma culotte et me fit crier. Heureusement, je ne reçus pas plus d’une trentaine de coups, ce qui fût déjà vraiment pas mal. Papa s’empara ensuite du martinet et baissa ma culotte. Dix coups cinglants tombèrent. La douleur était trop grande. Alors que je pleurais à chaudes larmes, le PDG me retourna sur le dos.
– Tu ne recommenceras plus, Zoé ?!
– Non, papa, je te le jure !
– Tu me l’as pourtant déjà juré plusieurs fois et tu as recommencé !
– Oui mais là c’est vrai, je t’assure !
Mon père attrapa mes chevilles et les leva. Il me maintenu ensuite en culbuto en mettant son bras gauche au niveau de la pliure de mes genoux. Il me colla une claque venue de l’espace sur ma fesse droite, j’hurlai.
– AÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏE !!!
– Jure que tu ne recommenceras plus ! Dit-il en claquant l’autre fesse.
– Je jure que je ne recommencerai plus ! criai-je avant qu’une autre claque tombe.
– Je n’ai rien entendu !
– Je jure que je ne recommencerai plus ! (clac !)
– Je n’entends toujours pas !
– Je jure que je ne recommencerai plus !
Une série d’énormes claques s’abattit sur mes fesses et entre mes hurlements de douleur, je criai :
– Je jure que je ne recommencerai plus ! Je le jure ! Oh papa, je t’en supplie ! Pitié, pitié !!!
Il lâcha mes jambes et me retourna sur le ventre pour une ultime fessée à la main tellement forte que je ne la supportais pas. Mon père avait même du mal à me maîtriser tellement je gigotais !
Lorsque ce fût fini, mon père et moi étions transpirants de sueur tous les deux. Il me prit dans ses bras pour me consoler et m’expliqua que s’il avait été aussi sévère, c’était parce qu’il refusait d’être une nouvelle fois humilié en allant dans le bureau d’un membre du lycée à cause de mon mauvais comportement. Nous allâmes nous doucher chacun de notre côté et lorsque ce fût passé, je fis mes devoirs, bénissant mon siège de bureau d’être aussi moelleux.

La soirée se déroula sans accroc, tournant bien sûr autour de notre future vie américaine. Papa nous montra les photos de notre future maison : elle était splendide et deux fois plus grande que celle que nous avions déjà ! Romain et sa copine auraient leur dépendance rien qu'à eux, quand à moi, je partagerai tout le 1er étage avec ma soeur.
Une nouvelle vie allait s'offrir à nous et nous avions hâte d'y être !
Je me couchai, des rêves plein la tête.


A suivre…

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 26)

  Mercredi.                   Pas de grasse matinée ce matin : Héloïse nous réveilla à neuf heures pour que nous puissions travailler un peu sur nos cours. J’étais grognon au possible en me réveillant, comme cela m’arrive rarement. En m’asseyant à table au petit déjeuner, je fus agacée par Anaïs, toujours pleine d’énergie et en forme le matin. Je déteste les gens du matin. Ou les gens. Ou le matin.                   Après m’être préparée et habillée pour la journée, je remontai dans ma chambre et me sentis toujours aussi grognon. Je ne savais pas encore pourquoi mais j’avais l’impression que cette journée allait être désagréable au possible. Personne n’avait intérêt à me voler dans les plumes : je m’étais levée du pied gauche !                 J’ouvris mes cahiers et commençai à travailler. Soudain, seulement quelques minutes après avoir commencé mes devoirs, j’entendis : -           Louise ! Anaïs ! Marie ! Descendez immédiatement ! Héloïse avait l’air furieuse. J’obéi

Le tutorat de Little Princess (Séance 10)

  -            Je t’adore Thomas, mais tu me fatigues ! -           C’est toi qui me fatigues ! me répondit-il en me raccompagnant à la porte. Mouais… Il était du bon côté de la main, lui. Pas moi.                   Cela faisait trois semaines que j’avais évité un nouveau rendez-vous. Il y en avait bien un qui avait été planifié pour vendredi dernier mais devant mes efforts, Thomas l’avait annulé. Je m’étais alors sentie pousser des ailes et m’étais complètement relâchée. Mon tuteur avait rectifié le tir en me convoquant ce jeudi 15 avril.                   Je frappai à la porte, Thomas m’ouvrit. -           Bonjour Madame Lucie, comment vas-tu ? -           Ça va bien et toi ? -           Ça va merci. Ça a été la route ? Tout en lui répondant, j’entrai dans le salon et remarquai le canapé flambant neuf de Thomas, remplaçant l’ancien qui commençait à tomber en ruine. Thomas me proposa à boire, j’acceptai et me dirigeai vers le pipi-room comme à chaque fois que j’ar

Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 14)

  Samedi 14 septembre               Dix heures. Comme l’avait annoncé Monsieur le Directeur, Mathilde et moi étions assises dans son bureau à rattraper les cours loupés hier à savoir la littérature, l’histoire et la philosophie. Cependant, j’allais avoir un répit que Mathilde n’aurait pas : mon cours de piano. Monsieur Alexandre n’allait pas tarder à arriver, me sauvant du travail sur lequel je bûchais avec acharnement depuis une heure et demie.   -           Tiens-toi droite Clémence, me reprit Monsieur Alexandre. -           C’est que… -           Que quoi ? -           Je… j’ai hyper mal aux fesses, avouai-je honteuse. -           Ce n’est pas mon problème. Quand on joue du piano, on se tient correctement ! Je fis un effort pour me redresser et commençai à jouer. Mon prof ferma les yeux pour mieux m’écouter, j’en profitai pour relâcher ma position. Sans mouvoir ses paupières closes, Monsieur Alexandre me gronda : -           Je sens que ta douleur aux fesses va s

L'équation féminine (Chapitre 1)

  Jeudi 1 er avril 2021 -           Simon ! Dépêche-toi de mettre tes chaussures, on va être en retard ! -           C’est cro dur, maman ! -           Je ne peux pas t’aider, j’ai ta petite sœur dans les bras… Bon, Noé, tu peux aider ton frère à mettre ses chaussures, s’il te plaît ? -           Non ! -           Comment ça, non ?! -           Non ! -           Noé de Melbourg, tu vas tout de suite aider ton frère à mettre ses chaussures sinon je vais me fâcher ! -           Non ! -           Je vais mettre tes petites sœurs dans la voiture : à mon retour, je veux que tu aies aidé ton frère ! Tu n’as vraiment pas envie que je me fâche, Noé ! Je ne suis pas d’humeur aujourd’hui… Heureusement, je n’eus pas à me fâcher : Noé aida son petit frère, les enfants montèrent dans la voiture, je vérifiai que tout le monde était bien attaché, et je filai en route pour l’école.                                 Ce n’était pas prévu du tout. Alexandre et moi n’avions absolume

Le tutorat de Little Princess (séance 11)

                  Mon cadeau biologique mensuel m’avait encore donné un répit de dix jours. Ouf. Je ne me voyais vraiment pas reprendre une séance à peine quatre jours après la précédente. Mon cadeau tombait à pic !                 Mais hélas, il ne fut pas éternel et je dus retourner chez mon tuteur ce vendredi 30 avril.                   Je toquai deux fois à la porte, personne ne répondit. De nature inquiète, je me fis plusieurs films : « Est-ce qu’il a fait une crise cardiaque ? Non quand même pas, il est jeune et en bonne santé. J’espère qu’il va bien… ». J’envoyai un texto. Ouf, quelques secondes plus tard, Thomas vint m’ouvrir. -           Salut ! -           Salut ! Ouf, j’ai eu peur, j’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose ! -           Non, non, pas du tout. Mais pourquoi tu ne sonnes pas ? -           Je trouve que la sonnerie, ça casse les oreilles, me justifiai-je. -           Ben oui mais une sonnerie sert à être utilisée… J’entrai dans le salon et p

Le tutorat de Little Princess (séance 12)

  Bruce Banner a laissé place à Hulk. Dr Jekyll a laissé place à Mr Hyde. Je disais dans les épisodes précédents que Thomas était un Pokémon qui se « transforme », passant du « pote sympa » au « tuteur intransigeant » lorsque débute l’évocation du bilan. Mais hier, c’était plus que ça. Thomas était un Avenger en colère, prêt à me fracasser. Et ce fut le cas. La pire séance depuis que j’ai commencé la fessée, tous tuteurs confondus. J’ai littéralement pris la fessée du siècle.                   Sur la route, je me dis que Thomas ne va pas être content : depuis une semaine, je ne fais toujours pas mes devoirs ; et j’ai été exclue de cours mardi. Je savais qu’il serait fâché mais je n’imaginais pas à ce point-là.                   Je frappai à la porte, Thomas m’ouvrit. Pas de sourire ni de bonne humeur habituelle. Thomas était glacial. -           Salut, dis-je. -           Salut. Ça va ? -           Bof… trente-cinq minutes de bouchons sur le périph’, j’aurais pu m’e

Le tutorat de Little Princess (séance 8)

                            Mon cadeau biologique mensuel m’a donné quelques jours de répit : au lieu de devoir me rendre vendredi dernier chez Thomas, nous avons attendu aujourd’hui, ma prof de chimie étant absente (youpi !).                 Je sais que Thomas doit me faire payer pour tout le reste du bilan, notamment le catastrophique couvre-feu que je redoute énormément. Il ne doit pas y avoir loin de quarante dates, et puisque Thomas m’a punie en multipliant ces dates par deux… J’essayais de me raisonner en me disant que Thomas ne me donnerait pas quatre-vingts fessées debout, mais la vérité était qu’il en est parfaitement capable.                 J’ai berné Thomas plusieurs fois depuis notre dernière entrevue (quand il va lire ceci, je vais signer mon arrêt de mort…) : je suis censée me coucher à 22h45 du vendredi au lundi, et à 21h45 du mardi au jeudi. J’ai fait en sorte d’ajouter une heure de plus aux mardis, mercredis et jeudis soirs alors que ce n’était absolument pas la r

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 24).

  Je sais que beaucoup d'entre vous attendaient ce chapitre... Certains me le réclamaient même récemment alors qu'il était en cours d'écriture ! Le voici... C'est mon petit cadeau de Noël en avance... Régalez-vous ! Peace. L.P. Lundi.      Ce matin, mes sœurs et moi pûmes nous reposer convenablement puisque nos professeurs étaient tous les deux absents. Nos parents partirent au travail sans nous réveiller, pensant sûrement que nous étions épuisées à la suite des émotions d’hier soir.                 En m’habillant, je pris le temps d’admirer mon popotin dans le miroir : plusieurs bleus s’étaient formés sur ma lune ronde, justifiant la difficulté que j’avais éprouvé à m’asseoir dans mon lit au réveil. Tom ne m’avait pas loupée ; mais alors, vraiment pas ! J’appris par mes sœurs que Dana n’avait guère été plus gentille avec elles : les deux instruments préférés de notre mère, à savoir le martinet et le tapetapis avaient été de sortie ; ils ont paraît-il fait de belles m

Un joli fantôme du passé (Chapitre 14)

 J'ai pris le parti de ne pas écrire les dialogues en anglais pour préserver le confort de lecture :) Peace. L.P. Lundi 25 janvier 2021                                   Six heures, mon réveil sonne. J’ouvre difficilement les yeux : la fatigue est toujours présente malgré la bonne nuit de sommeil que je viens de passer. En plus de mes devoirs au lycée, papa a engagé un professeur particulier d’anglais qui vient deux heures par jour pour m’aider à bien comprendre mes cours et rédiger correctement mes devoirs. Je dois donc travailler deux fois plus que les autres. Puisque Valentin veut le meilleur pour moi, il m’a inscrite dans une Magnet school franco-anglaise ; les Magnet schools ont la réputation d’avoir un niveau très élevé et de préparer la future élite américaine. De plus, je sais que papa dépense une somme d’argent exorbitante pour ma scolarité et je ne veux pas le décevoir ! Mon père me voit déjà intégrer l’université de Stanford l’année prochaine, pour que je puisse

Journal d'une étudiante accueillie (chapitre 20)

Mardi .   Mon réveil sonne. Je déteste le mardi. Cette journée de cours est infâmement intense. Je ne supporte pas la cadence des cours, j’ai l’impression de ne plus savoir où donner de la tête !   Heureusement, la journée se déroula presque sans accroc - Juste une énième altercation entre cette peste de Cassandra et moi, mais tout ça ne donna pas suite à une bagarre, heureusement ! – mais ça, ce fût avant le dernier cours de la journée. Notre saleté de prof de littérature comparée rattrapait le cours de la semaine dernière (elle était en formation ! je me demande bien quelle formation !) et en profitait pour nous rendre nos devoirs maison. Je ne m’étais pas appliquée sur ce devoir, je me souviens très bien que le sujet, Le Décaméron de Boccace, ne me plaisait guère. Cela se ressentait sur la note.   -           1/20, Marie ! Vous auriez évidemment pu mieux faire ! -           Quoi ?! protestai-je. Mais pourquoi 1/20 ?! -           Parce que vous avez écrit correct