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Un joli fantôme du passé (Chapitre 11)

Mardi 21 janvier 2020

 

7h. Je me réveille doucement. Une boule d’appréhension se forme automatiquement dans mon ventre à l’idée de devoir rendre des comptes à ma famille.

                Je pris néanmoins mon courage à deux mains et descendis dans la cuisine pour tenter de grignoter quelque chose avant de partir. A ma grande surprise, j’étais seule. Je supposais que papa et Manon étaient déjà partis au travail et que Romain dormait encore. Néanmoins, j’aperçus une demi-feuille posée sur la table, avec quelque chose écrit dessus.

Ma Zoé,

Nous ne nous verrons pas ce matin car j’ai dû partir très tôt pour le travail.

Je passerai te chercher au lycée après tes cours puisque tu finis à 14h30.

Je t’emmènerai boire une boisson chaude, puis nous rentrerons à la maison.

Tu sais que nous devons discuter.

A tout à l’heure.

Je t’aime.

Papa.

Pour ne pas le laisser poireauter, j’attrapai mon téléphone et rédigeai un SMS :

Coucou papa,

Je suis réveillée et j’ai bien eu ton mot.

Oui, je sais que nous devons parler.

Hier, j’ai eu une mauvaise journée mais ça va mieux aujourd’hui.

A tout à l’heure,

Je t’aime.

Zo.

Il me répondit presque instantanément :

Ok mon cœur.

Sois sage.

 

                J’avalai des céréales et un verre de jus d’orange, puis, mon frère venant de se réveiller, il consentit à me déposer au lycée pour éviter que je prenne le bus.

                Avant que je ne sorte de la voiture, Romain n’omit pas de me préciser :

-          Je sais que tu as cours avec Jeanne, ce matin. Si tu fais des tiennes, je m’occuperai personnellement de tes fesses ! Je meurs déjà d’envie de te coller une déculottée magistrale pour nous avoir fait une peur bleue hier, alors ne me tente pas plus !

-          Je serai sage avec Jeanne. Et si ça peut te soulager, papa va déjà me punir, cette après-midi.

-          J’espère bien ! Aller file, tu vas être en retard !

Je sortis de la voiture, agacée. Si cela ne tenait qu’à Romain, je prendrais certainement une bonne fessée tous les jours ! J’espérai pour mes futurs neveux et nièces qu’ils soient des anges, ou alors que Jeanne sache peser fortement dans la balance…

 

                En passant la porte du lycée, je tombai nez à nez sur le proviseur.

-          Ah ! Zoé Duhamel ! Vous tombez bien, il faut qu’on parle !

Le proviseur m’attrapa par le bras et me traîna dans son bureau. Je protestais qu’il me faisait mal, qu’il n’avait pas le droit de m’attraper comme ça, il s’en fichait totalement.

Une fois arrivés dans son bureau, il me gronda :

-          Le comportement que vous avez eu hier est INACCEPTABLE, vous m’entendez ?! INACCEPTABLE ! Vous étiez sous ma RESPONSABILITE ! Il aurait pu vous arriver N’IMPORTE QUOI, Zoé ! N’IMPORTE QUOI ! Vous N’AVEZ PAS à vous enfuir de la sorte, c’est compris ?! Si vous RECOMMENCEZ, je vous jure que vous serez COLLEE deux heures chaque soir, jusqu’à la FIN DE L’ANNEE SCOLAIRE ! Me suis-je bien fait COMPRENDRE ?!

-          Oui, monsieur.

-          Allez en cours maintenant, et FAÎTES-VOUS OUBLIER ! Si vous étiez ma fille, vous iriez même en classe à COUPS DE PIED AUX FESSES !

-          Mon père s’en chargera, monsieur. Bonne journée, monsieur.

Blasée, je sortis du bureau et le laissai seul avec sa colère. Lassée par ce savon monumental, je me rendis en mode automatique devant ma salle de cours, attendant que Jeanne arrive. J’y retrouvai Oriane.

-          T’étais où hier ?! Pourquoi tu ne m’as pas répondu ?! Je suis ta cousine, Zoé !

-          S’il te plaît, ne me saoule pas avec ça, toi aussi. Je suis désolée, d’accord ? Vraiment désolée.

-          Bon d’accord, consentit ma cousine. Ça ne va pas ?

-          Si, mis à part que mon père va me tuer cette après-midi, que mon frère m’en veut à mort, que le proviseur vient de me passer un savon, et que je ne sais absolument pas ce qu’il en est de ma sœur… A part ça, ça va.

-          Je vois.  On va parler d’autre chose : tu l’as trouvé facile le devoir de la prof ?

-          Quel devoir ?

-          Ben le devoir de français, qu’on doit rendre !

-          Oh pu***n, j’ai zappé ! J’ai complètement zappé !

Deux heures de colle. Ma con**sse de belle-sœur m’a filé deux heures de colle, demain aprèm, pour que je fasse son pu***n de devoir à la c*n. Evidemment que je l’ai insultée pour cela, évidemment qu’elle a fait un rapport, évidemment que ça ne va servir ni mon conseil de discipline, ni mon entrevue avec mon père, ni mes retrouvailles avec mon frère.

 

                Heureusement pour moi, le reste de la journée se passa sans accroc : il valait mieux.

 

                14h30 : papa m’attendait devant le lycée. Je montai dans la voiture, l’embrassai sur la joue ; il m’embrassa sur le front en retour.

-          Ça a été la journée ?

-          Ben, Jeanne m’a…

-          Je sais. Tu règleras ça avec ton frère ; je vais déjà me concentrer sur la journée d’hier.

Cette réflexion me mit un léger coup de pression. Je n’étais pas sereine du tout ; si j’avais la capacité de m’asseoir ce soir, cela tiendrait du miracle.

 

                Papa m’emmena dans une brasserie du centre-ville. Il commanda un thé, je commandai un chocolat chaud. Une fois que nous fûmes servis, il commença :

-          Bon, il faut que tu m’expliques ce qui s’est passé dans ta tête hier. J’ai besoin de comprendre.

-          J’ai eu un ras-le-bol, papa. Jabelski m’a traitée de p*te en plein cours d’anglais ! Je ne pouvais pas le laisser faire sans réagir…

-          Pourquoi n’en as-tu pas parlé à ta prof d’anglais ?

-          Les adultes nous déçoivent toujours, et ils ne sont jamais là quand on a besoin d’eux.  On ne peut pas compter sur eux. Je ne peux compter que sur moi-même.

-          C’est ce que tu penses réellement ?

-          Oui.

-          Pourtant, je suis là moi.

-          Oui, depuis 5 mois. Mais tu n’as pas été là pendant 17 ans.

Je vis que mon père accusait le coup. Je savais que son absence n’était pas due à lui, mais il n’avait pas été là, c’était un fait.

-          Zo, je…

-          Je sais papa, coupai-je. Tu as tout fait pour me retrouver, tu aurais voulu plus que tout au monde que je sois élevée dans une famille qui respire l’amour et la joie… Mais ce n’est pas le cas et je ne peux pas oublier ça. J’ai grandi avec une mère alcoolique, loin d’être aimante, à laquelle j’inspirais du dégoût et qui me tolérait chez elle juste pour toucher des aides, pour pouvoir s’acheter encore plus de bouteilles. Je t’ai dit qu’un jour, je lui avais dit que je voulais retrouver mon père ?

-          Non, tu ne me l’as jamais raconté !

-          Je devais avoir 7 ans. Je voulais faire de la danse, alors la voisine, qui m’aimait bien, s’est fait passer pour ma mère et m’y a inscrite. Elle a payé la cotisation, tout. J’ai pratiqué la danse pendant un an, je prenais le bus toute seule pour y aller…

-          A sept ans ?!

-          Oui, à sept ans. Peut-être un peu moins, je ne sais plus.

Papa semblait dévasté.

-          Et à la fin de l’année, j’ai demandé à maman si elle était d’accord pour venir me voir à mon spectacle. Elle m’a répondu que la danse c’était de la m*rde et que de toute façon, je ne valais pas la peine d’être regardée.

-          Oh, ma puce… se lamenta papa.

-          Alors je lui ai dit que puisque c’était comme ça, poursuivis, j’allais retrouver mon père et vivre avec. Il était vingt-et-une heures, et elle m’a fichue dehors. Il faisait peut-être dix degrés, j’étais en pyjama, et elle m’a laissée dehors toute la nuit. Puisque je voulais retrouver mon père, je n’avais qu’à commencer dès maintenant ! Résultat : j’ai dormi sous un abribus.

Valentin avait les larmes aux yeux.

-          T’inquiète papa, ce n’était pas la première, ni la dernière fois que je dormais dehors. La première fois, je devais avoir trois ans… La dernière, c’était une semaine avant ma venue chez toi. J’avais trouvé une entrée d’immeuble plutôt confortable pour m’y blottir, et j’avais caché un carton sur lequel j’avais dessiné une maison et… mon papa.

Cette fois, une larme roulait sur la joue de mon père.

-          Parfois, quand il faisait trop froid, je marchais jusqu’à chez Ashley et elle m’accueillait pour la nuit. Alors oui papa, je le redis : les adultes ne sont jamais là quand on a besoin d’eux. Donc avec Jabelski, j’ai fait justice moi-même. Et s’il faut que je passe en conseil de discipline pour m’être défendue, eh bien tant pis.

Le PDG ne dit mot et continuait de m’écouter.

-          Alors quand le principal a dit qu’il allait t’appeler, j’ai tout de suite su que tu me donnerais une fessée. Et j’ai trouvé ça hyper injuste, car je n’ai fait que de me défendre, comme je me suis défendue toute ma vie. Alors je me suis sauvée, loin de ce système et de ces règles à la c*n. J’ai toujours su me débrouiller pour survivre, et là que je me défends, c’est moi qui suis punie ?! Je ne pouvais pas m’y résoudre… J’ai marché jusqu’au lac, et je me suis assise sur un banc pour réfléchir à tout ce qui s’était passé ces derniers mois. Il y a un an jour pour jour, j’étais déscolarisée et mon seul but de la journée était de veiller à ce que ma mère ne fasse pas de coma éthylique, sinon il n’y aurait plus de rentrées d’argent. Et aujourd’hui, je dois faire avec un frère, une sœur, un père, aller en cours tous les jours, ne pas faire de bêtises… Mais j’ai grandi sans la notion du bien et du mal ! Sans Ashley et ses parents, je ne saurais même pas ce qu’est une bêtise, car tout ce que j’ai fait jusqu’à ce que j’arrive chez toi, je l’ai fait par instinct de survie !

-          Ok, mon cœur. Bon, j’ai bien entendu tout ce que tu as dit et… je pense qu’il serait judicieux que je t’emmène voir une psychologue.

-          Je ne suis pas folle !

-          Les psychologues ne sont pas pour les fous. Les psychologues t’aident à traverser certaines épreuves dans ta vie. J’en ai vu une pendant 17 ans, pour apprendre à vivre avec ton absence. J’aimerais te la faire rencontrer. Tu es d’accord ?

-          Je… je choisis de te faire confiance, papa.

Valentin pris ma main et l’embrassa. Puis il me remercia de ma confiance.

Il y eut un long silence, puis je pris mon courage à deux mains et demandai :

-          Tu vas me donner une fessée en rentrant à la maison ?

Mon père ne répondit pas tout de suite. Il but une gorgée de son thé à la menthe, soupira, puis s’informa :

-          Pourquoi est-ce que je devrais t’en donner une ?

-          Parce que je vais passer en conseil de discipline, répondis-je machinalement, et parce que j’ai fait une fugue. Et ce matin, j’ai récolté un rapport avec Jeanne parce que je n’ai pas fait mes devoirs.

-          Et tu penses que tout cela mérite une fessée ?

-          Avec Jabelski, c’était de la légitime défense donc je ne crois pas. Le conseil de discipline, c’est parce que je me suis défendue donc ce serait injuste ! Pour le reste…

Je m'arrêtai là. Papa reprit une gorgée de thé et réfléchit. Puis, il déclara :

-          Pour ton conseil de discipline, je vais attendre que celui-ci ait lieu. Nous y assisterons ensemble. S’il se dénoue bien pour toi, je ne te punirai pas ; en revanche, si le dénouement est mauvais pour toi, je te flanquerai une très bonne fessée, je te le garantis !

A la fois soulagée et anxieuse, j’accusai la décision de mon père. Il continua :

-          Pour ta fugue, je sais que ta sœur va te tomber dessus. Je sais que cette fugue fait suite à un mal-être en toi, mais ce que j’aimerais que tu n’oublies pas, c’est que Manon et Romain ont également grandi avec un mal-être. Ils ont grandi sans mère, et sans savoir où était leur petite sœur. Crois-moi, ça les a beaucoup plus affectés qu’il n’y paraît. Hier, ils ont eu l’impression de te perdre une deuxième fois et ils étaient très en colère après toi que tu décides de leur infliger ça. Manon a décidé de te punir pour cela et je pense que c’est justifié. Je vais donc la laisser faire et n’interviendrai pas.

Le soulagement fût de courte durée.

-          Quant à ton blâme de ce matin, je pense que tu sais d’ores et déjà que Romain ne laissera pas passer ça… Et que pour le coup, tu n’as aucune circonstance atténuante ; tout est entièrement de ta faute. Jeanne t’avait donné ce devoir à faire il y a plus d’une semaine…

-          Je sais papa.

-          D’ailleurs, c’est uniquement parce que je sais que Romain va te punir que je ne m’en charge pas. Parce que crois-moi, ça, Zoé, ça ne passe vraiment pas ! Et tu n’as pas intérêt à recommencer.

-          J’essaierai, papa.

-          Quand ton frère se sera occupé de ton derrière, tu n’essaieras pas : tu le feras.

La réplique de mon père me fit froid dans le dos.

-          Tu as fini ton chocolat chaud ?

-          Oui.

-          Alors, on rentre.

Papa laissa un billet de 50€ à la serveuse en lui disant de garder la monnaie (40€ de pourboires ?! S’il n’en voulait pas, je les prenais moi, les 40€ !) et nous rentrâmes à la maison.

 

                A peine la porte d’entrée eût-elle été passée que j’aperçus Manon sur le canapé en train de lire un bouquin de médecine. Son regard s'arrêta sur papa et moi ; elle posa instantanément son bouquin sur la table basse, se leva et me fonça dessus. Je reculai de quelques pas par réflexe, mais cela n’empêcha pas ma sœur de m’attraper l’oreille.

-          Tu sais comment je traite les petites fugueuses, moi ?!

Tandis que papa partit bosser dans son bureau, Manon me traîna jusqu’à la cuisine, où elle dégagea un tabouret de bar. Elle me baissa mon jeans et mon boxer, s’assit sur le tabouret et me bascula sur ses genoux, si bien que ni mes mains ni mes pieds ne touchaient terre.

-          Crois-moi, après ça, tu ne me referas plus un truc pareil ! me gronda-t-elle.

-          Je suis désolée, Manon ! priai-je.

-          Oh, mais j’espère bien que tu es désolée ! Penses-y, au fait que tu es désolée, durant cette fessée !

Ma sœur commença à me claquer le derrière avec une telle force que je me demandais bien où est-ce qu’elle la trouvait. Elle tapait sans relâche et les claques furent très vite insupportables : je gigotai dans le vide à la recherche d’une quelconque position antalgique mais impossible : Manon ne me laissait aucun répit.

Au bout de quelques minutes, elle fit une pause et me gronda :

-          Tes fesses ont une belle couleur rouge, petite sœur ! Tu penses que ça chauffe assez pour que tu retiennes la leçon ?!

-          Oui, oui, je ne le referai plus, Manon ! Je te le jure !

-          C’est bizarre, je ne te trouve pas très convaincante !

Et les claques reprirent de plus belle. Chaque claque qui tombait me faisait agiter les jambes et les larmes me montèrent petit à petit aux yeux.

Ma sœur s’arrêta de nouveau. Avant qu’elle ne dise quoique ce soit, je la priai :

-          Stop, Manon, je t’en supplie, arrête ! Je serai sage, je te le promets ! Arrête la fessée, j’ai retenu la leçon, je te le jure !

Ma sœur eut pitié de moi. Elle me lâcha et je pus à nouveau toucher la terre ferme. Manon me tint debout devant elle :

-          Quand tu as un problème, Zoé, tu viens en parler ! Papa, Romain et moi, ou même Jeanne ou Oriane, sommes parfaitement capables de t’écouter ! Mais tu ne t’enfuies pas dans la nature ! N’importe quel détraqué aurait pu te kidnapper et te tuer, tu y penses à ça ?!

-          Je sais me défendre…

-          Tu sais te défendre ?! Tu ne sais même pas esquiver une fessée ! Arrête de te prendre pour une warrior, Zoé ! Face à un homme d’1m85 et de 100kgs, je ne donne pas cher de ta peau ! Dans cette maison, les problèmes, on en parle ! On ne les fuie pas ! Tu m’as bien comprise ?!

J’hochai la tête en signe de compréhension.

-          Très bien. Ramasse ton jeans et ton boxer.

J’obéis sans discuter.

-          Prends ton cartable et monte dans ta chambre. Une fois là-bas, tu pourras te rhabiller et faire tes devoirs. Je viendrai ouvrir ta porte quand tu seras autorisée à sortir. File !

Je m’exécutai sans mot dire ; ma sœur était réellement en rogne. Cela me ficha vraiment la honte de traverser toute la maison en exposant mes fesses écarlates, mais je n’avais pas du tout l’intention de protester.

 

                Une heure plus tard, j’avais fini mes devoirs et Manon vint ouvrir la porte de ma chambre. J’en sortis et allai m’asseoir sur le canapé pour jouer un peu sur la tablette de la maison.

 

                Malheureusement pour moi, je ne jouai pas plus d’une heure : à dix-huit heures précises, Romain rentra. Sans rien dire, il enleva sa veste, déboutonna les manches de sa chemise et les remonta une par une jusqu’aux coudes. De quoi faire monter la pression en moi de façon spectaculaire. Lorsqu’il eut fini, il se tint debout au milieu du hall d’entrée, bras croisés et m’ordonna :

-          Viens ici, Zoé.

-          Romain, je te jure que…

-          Viens. Ici. Tout de suite.

J’éteins la tablette, la posai sur la table basse et me levai. Chaque pas qui me rapprochait de mon frère me coûtait. Arrivée devant lui, je n’osai même plus respirer.

-          Regarde-moi, ordonna-t-il.

Je levai mes yeux quinze centimètres au-dessus de moi pour atteindre le regard de mon frère. Romain me fixa en silence et plusieurs secondes s’écoulèrent ainsi. Soudain, une claque cinglante me tomba sur le jeans. Ouïe, je ne m’y attendais pas à celle-là !

-          Je ne t’avais pas demandé d’être sage avec Jeanne, ce matin en te déposant au lycée ?!

-         

Une deuxième claque tomba.

-          Je t’ai posé une question, Zoé !

-          Aïe ! Si, si ! Tu m’avais demandé d’être sage !

Je me frottai les fesses, les claques géantes de mon frère ayant réveillé la douleur de la fessée de ma sœur.

-          Enlève tes mains de tes fesses ! Je ne veux pas les y voir !

-          Mais ça brûle…

-          J’espère bien ! ENLEVE TES MAINS !

Puisque je persistai, Romain enleva sa cravate et m’attacha les mains par devant, malgré mes supplications. Il m’était désormais impossible d’atténuer la douleur de mes fesses. Je sentais que ça allait chauffer sévère...

Romain me pencha sous son bras et commença à me coller des claques aussi fortes que les deux qui venaient de tomber. Le rythme n’était pas soutenu, il se passait peut-être deux bonnes secondes entre chaque, mais j’avais déjà du mal à les supporter alors que je portais mon jeans. Cela ne m’inspirait guère confiance pour la suite… Tout en me claquant, il me grondait :

-          Non seulement tu ne fais pas tes devoirs, mais en plus tu insultes ta prof de français devant toute la classe ?! Tu passes déjà en conseil de discipline, Zoé ! ça ne te suffit pas ?! Il faut que tu ajoutes deux heures de colle et un blâme ?!

-          Romain, stop, arrête ! J’en peux plus !

-          Tu n’en peux plus, hein ?! Ce n’est que le début, sœurette ! J’en ai assez de ton comportement avec Jeanne, et si tu n’as pas compris les fois précédentes, je te garantis que là, tu vas comprendre ta douleur !

Mon frère déboutonna mon jeans, baissa ma braguette et tira le pantalon jusqu’à mes chevilles. Ça y est, les larmes coulaient. Vu le calibre des claques que je recevais déjà, je tremblais à l’idée qu’il n’y ait plus que mon boxer pour me protéger.

Romain me cala à sous nouveau sous son bras et je le suppliai autant que je le pouvais. Malgré ça, la première claque tomba et je crus que j’allais décoller du sol tellement elle était forte. A coup sûr, après cette fessée, non seulement je serais sage avec Jeanne quoiqu’il arrive, mais en plus je craindrais mon frère pour de bon !

-          Aïe ! Aïe, pitié, Romain ! Pitié…

-          Tu en as eu de la pitié pour Jeanne, toi ?!

Bim, deuxième claque. Ça fait mal, très mal.

-          Tu en as eu de de la pitié quand tu as insulté ta belle-sœur devant tous les élèves de ta classe ?!

Bim, troisième claque. J’ai l’impression que mes fesses sont dans un état lamentable. En tout cas, elles me font un mal de chien.

-          Je peux être très compréhensif, Zoé ! Mais ça, il est hors de question que je laisse passer !

Bim, quatrième claque. Je n’en peux plus.

-          Romain, je t’en supplie, arrête ! Arrête, je ferai tout ce que tu voudras !

-          Ah tu feras tout ce que je voudrais, hein ?!

Bim, cinquième claque. C’est insupportable. Je pleure toutes les larmes de mon corps.

-          Oui, oui, tout !!

-          Je voudrais que tu sois sage et obéissante au lycée, c’est possible ça ?!

-          Oui !

-          Tu ne me dis pas ça parce que je suis en train de te donner la fessée de ta vie ?!

-          Non, promis ! Je serai hyper sage !

-          C’est bizarre, je ne te crois pas !

Bim, sixième claque. Je saute sur place pour tenter d’encaisser la douleur, bien que mon frère me tienne fermement.

-          Si, Romain, je serai hyper sage !

-          J’ai vraiment du mal à te croire ! Mais bon, j’ai envie te fais confiance ! En attendant, tu as quand même semé pas mal d’ennuis au lycée, il est temps de les récolter !

Mon grand frère baissa mon boxer et le glissa jusqu’à mi-cuisses. Je tentai de gigoter dans tous les sens mais Romain me colla une salve d’une vingtaine de claques tellement forte qu’il était compliqué de ne pas hurler. Cette salve avait été très rapide et intense, l’une des pires de mon existence. Une fois celle-ci terminée, Romain me lâcha et me détacha les mains. Je pleurais à chaudes larmes, mon frère me tendit un mouchoir pour m’essuyer.

-          Va au coin, immédiatement !

Marchant maladroitement, entravée par mes vêtements, je me rendis au coin sans discuter. Je n’en avais ni l’envie, ni la force.

-          Mains sur la tête ! gronda-t-il.

J’obéis instantanément. Romain s’approcha de moi et me chuchota dans l’oreille :

-          Tu as intérêt à tenir tes promesses, petite sœur, sinon tu me trouveras en travers de ton chemin ! Tu restes au coin jusqu’au dîner ! Je ne veux pas te voir bouger d’un pouce, sinon je te redonne une bonne fessée ! Tu as compris ?!

-          Oui…

Une énorme claque tomba.

-          Oui, qui ?!

-          Oui, Romain ! pleurai-je.

Mon frère s’éloigna et me laissa ainsi.

 

                Quelle honte ressentis-je en étant ainsi au coin dans la pièce à vivre ! Surtout lorsque l’électricien passa pour un accordage, ou que mon oncle Florentin vint rendre un bouquin à son frère et qu’il resta boire un verre. Tous prenaient l’apéro dans le salon pendant que j’étais au coin les fesses écarlates, attendant le dîner pour pouvoir m’échapper.

 

                Inutile de préciser que j’eus des difficultés à m’asseoir pendant cinq longs jours, je pense ! Il en va évidemment de soi ! Une chose était sûre, je n’étais pas prête de refaire des miennes !

 

A suivre…

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