Accéder au contenu principal

Le tutorat de Little Princess (Séance 10)

 


-          Je t’adore Thomas, mais tu me fatigues !

-          C’est toi qui me fatigues ! me répondit-il en me raccompagnant à la porte.

Mouais… Il était du bon côté de la main, lui. Pas moi.

 

                Cela faisait trois semaines que j’avais évité un nouveau rendez-vous. Il y en avait bien un qui avait été planifié pour vendredi dernier mais devant mes efforts, Thomas l’avait annulé. Je m’étais alors sentie pousser des ailes et m’étais complètement relâchée. Mon tuteur avait rectifié le tir en me convoquant ce jeudi 15 avril.

 

                Je frappai à la porte, Thomas m’ouvrit.

-          Bonjour Madame Lucie, comment vas-tu ?

-          Ça va bien et toi ?

-          Ça va merci. Ça a été la route ?

Tout en lui répondant, j’entrai dans le salon et remarquai le canapé flambant neuf de Thomas, remplaçant l’ancien qui commençait à tomber en ruine. Thomas me proposa à boire, j’acceptai et me dirigeai vers le pipi-room comme à chaque fois que j’arrive. Les 1h15 de route ont toujours raison de ma vessie !

                En sortant des toilettes, j'entends le téléphone de Thomas sonner : appel professionnel. Chic, une opportunité pour gagner du temps ! J’en profitais pour envoyer quelques mails et échanger avec mes deux amis habituels qui connaissent les termes réels de mon tutorat.

                Thomas raccrocha et engagea la conversation en me demandant des nouvelles. Je lui répondis que ça allait puisque j’étais en vacances, Monsieur le Président Macron nous ayant offert deux semaines (oui, oui, les universités aussi ! Enfin, la mienne en tout cas ! 😊). Je lui racontai également la scène ultra-gênante que j’avais vécu en stage la semaine dernière.

 

                En stage dans une classe de CE1-CE2, ma tutrice m’avait laissé ses élèves durant toute une journée. A la récréation, une élève, Marie-Laëtitia, sept ans, vient me voir et me dit :

-          Maîtresse, mon papa et ma maman ne dorment plus ensemble car maman a dit qu’elle en avait marre de se faire remplir ! Mais ça veut dire quoi, se faire remplir ?

Après un fou-rire contenu tant bien que mal avec ma tutrice, j’expliquai à Marie-Laëtitia qu’elle n’avait pas compris ce que cela voulait dire car seuls les adultes peuvent le comprendre, il faudra donc attendre l’âge adulte pour savoir ce que ça signifiait… Je n’oubliai évidemment pas, à la sortie de l’école, d’aller voir la maman de la petite fille en lui demandant de faire attention à ce qu’elle dit devant ses enfants car Marie-Laëtitia m’avait rapportée que… La maman devint rouge pivoine et, après avoir récupéré ses sept enfants, déguerpit rapidement !

 

                Nous enchainâmes sur une discussion sur les enfants-pestes, notamment ma nièce de 3 ans ½, particulièrement insupportable, que j’avais gardé la veille. J’avais besoin de vider mon sac, mon métier de coach parentale m’ayant rendue particulièrement allergique aux enfants indisciplinés. Et dire que j’en étais une…

 

                Deuxième coup de fil professionnel pour Thomas. Décidément, le ciel était avec moi aujourd’hui ! De plus, il fallait que je parte à 17h dernier carat ; il était déjà 15h. Je gagnais du temps.

 

                Malheureusement, ce nouveau coup de fil dura à peine cinq minutes et Thomas, après avoir envoyé un mail, annonça que nous allions maintenant passer au bilan.

 

                Celui-ci était mitigé. Thomas reprit, comme à chaque fois, chaque domaine surveillé :

Le médicament que je dois prendre tous les matins : ce n’était pas catastrophique mais j’avais habitué Thomas à mieux. Il n’était donc pas forcément content.

Le régime : était plutôt bien respecté, sauf les trois jours du week-end de Pâques qui avaient eu raison de mes bonnes résolutions alimentaires.

Le sport : était pratiqué dès que mon temps me le permettait, Thomas ne me reprocha rien là-dessus.

Le couvre-feu : continuait à être tout bonnement lamentable. Je l’avais respecté durant les quatre jours suivants la très grosse rouste de la dernière fois, puis m’étais relâchée sans plus jamais le respecter, ou très rarement.

Le respect du planning quotidien : était mitigé. Il y avait des hauts et des bas…

Les devoirs : n’étaient faits qu’une fois sur trois. Thomas n’était donc pas content.

Les règles de savoir-vivre : n’avaient pas été respectées puisque j’avais été irrespectueuse envers Thomas par deux fois…

Le message du matin pour annoncer mon programme de la journée : n’était que très peu respecté. J’avouais que, le peu de fois où j’envoyais ce contraignant message, je faisais juste un copié-collé de la veille. Je savais très bien que Thomas ne regardait pas mon planning, et donc ne vérifiait pas si je disais vrai. Un copié-collé m’arrangeait donc.

Enfin, le message du soir, une heure avant le couvre-feu, pour signifier que j’éteins les écrans : avait disparu aux oubliettes, tout comme le couvre-feu lui-même.

 

-          Bien, on a fait le tour. Je vais te demander d’aller fermer la porte et allumer la lumière, s’il te plaît, Lucie.

Je répondis à mon amie sur mon téléphone.

-          Je ne te le dirai pas deux fois, me prévint Thomas.

-          C’est bon, je vais y aller ! répondis-je, agacée.

J’envoyai mon message à mon amie, lâchai mon téléphone et obéis à Thomas. Je me tins debout non loin du mur, pour pouvoir y plaquer mon derrière en cas danger imminent.

                Après avoir fermé les volets, Thomas enclencha son minuteur et annonça :

-          Je vais te demander d’enlever ton jeans et ton sous-vêtement. Tu as une minute.

-          Oh non mais putain…

-          Pardon ?! Qu’est-ce que tu as dit ?!

Thomas me fonça dessus, je reculai pour me plaquer contre le mur. Malheureusement, je ne fus pas assez rapide et Thomas m’attrapa par le bras pour m’asséner cinq ou six bonnes claques sur le jeans. Outch, ça calme. Déjà à travers le jeans, j’avais bien senti les claques : je n’osais même pas imaginer sans. Je ne savais pas si Thomas avait accentué les claques car justement j’avais mon jeans…mais je ne voulais pas le savoir !

-          Il te reste quarante secondes, annonça-t-il en me lâchant.

Non, non et non. Hors de question que je me déshabille, pour mettre mes fesses à la merci de son horrible et impitoyable main. Je tenais bien trop aux protections que constituaient mon jeans et ma culotte !

                Nous attendîmes tous les deux, en silence, que les quarante secondes s’écoulent. Durant ces quarante secondes, deux émotions montaient en puissance : la colère pour Thomas, l’angoisse pour moi. Lorsque la sonnerie retentit, Thomas gronda : « Tu te fiches de moi ?! » et m’attrapa immédiatement le bras. Il me tira jusqu’au nouveau canapé qui allait être pour la première fois socle de cette fessée, et de bien d’autres.

                Tout en me réprimandant, Thomas me colla une cinquantaine de bonnes claques sur le jeans. Je gigotais et gémissais déjà pas mal : la douleur était bien présente. Je ne me souvenais pas qu’une fessée sur le jeans faisait aussi mal ! ça en devenait même insupportable. J’étais persuadée que mes fesses rebondies de métisse franco-sénégalaise n’arboraient plus leur jolie couleur chocolat au lait : elles étaient en train de passer au rouge…

-          Lève-toi ! m’ordonna-t-il après cette salve. Enlève ton jeans !

Les premières larmes menaçant déjà de couler, je me résignai à déboucler ma ceinture, déboutonner mon skinny, ouvrir ma braguette et baisser mon jeans à mes chevilles dans l’intention de l’enlever ; mais Thomas ne m’en laissa pas le temps. Une fois le jeans à mes chevilles, il m’attrapa le bras de nouveau et me bascula en travers de sa cuisse. Il baissa ensuite ma culotte malgré mes protestations : les claques tombèrent sur mes fesses nues, et les réprimandes pour ma non-obéissance entrèrent dans mes oreilles.

-          Pourquoi est-ce que tu n’écoutes pas quand je te demande quelque chose, Lucie ?!

-          Parce que…aïe…ça fait…aïe…trop mal !

-          Oui, ça fait mal !  Parce que tu n’as pas le comportement qu’il faut ! Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même !

Oui, les claques faisaient mal, très mal sur mes fesses toutes froides. J’avais du mal à les encaisser. Thomas me maintenait fermement, ma main était complètement bloquée, j’avais impossibilité totale de lui échapper.

                Lorsque ce fut fini, il remonta ma culotte, me laissa me relever et m’ordonna de me rhabiller. J’obéis sans attendre. Puis, il remit le minuteur et dit :

-          Tu as de nouveau une minute pour enlever ton jeans et ton sous-vêtement.

-          Mais ça sert à quoi de me dire de me rhabiller alors ?! protestai-je.

Thomas ne répondit pas. Je soupirai bruyamment d’agacement mais m’exécutai à contrecœur. Je ne voulais pas reprendre une tannée comme celle que je venais de recevoir ; d’autant plus que je ne savais absolument pas combien de fessées j’allais devoir encaisser aujourd’hui. Je n’avais donc plus le choix.

-          Va au coin, mains derrière la tête.

J’obéis en m’y rendant, mais ne mis pas mes mains derrière la tête. Thomas me reprit :

-          Tes mains, Lucie !

Je soupirai d’agacement mais obéis, me tenant contre le mur. Heureusement, Thomas ne me reprit pas. Je l’entendis prendre la planche. Bon, j’allais peut-être avoir un peu de répit. Un répit douloureux mais moindre que ces insupportables claques.

 

-          Est-ce que tu peux venir, s’il te plaît, Lucie ? interrogea Thomas une ou deux minutes plus tard.

J’obéis, profitant de ce moment pour me frotter les fesses.

-          On va d’abord parler des règles de savoir-vivre. Tu sais très bien que s’il y a un truc que je ne supporte pas, c’est que tu me manques de respect ! On a déjà parlé de ça, Lucie ! Ce n’est pas la première fois ! Quand tu me cries dessus…

-          C’est bon, c’était par message, t’en sais rien si je t’ai crié dessus ou pas !

Certes, j’avais mis la ponctuation appropriée à un fort haussement de ton, mais bon…

-          Tu n’avais pas à me parler comme ça, Lucie ! De même que tes « pfff », on a déjà dit que ce n’était pas acceptable !

Thomas attrapa mon poignet, s’assit sur le canapé et me tira en travers de ses genoux. J’allai prendre une bonne déculottée à l’ancienne, calée sur les genoux de mon tuteur, avec aucun nombre de claques annoncé : je m’apprêtais à pas mal danser…

                Ce fût le cas. La main terrible de Thomas appliqua son œuvre sur mes pauvres fesses. La planche fit son entrée pour quelques coups seulement ; la main reprit vite du service. Thomas me grondait :

-          Tu sais très bien que je ne supporte pas l’insolence ! Pourquoi est-ce que tu recommences, hein ?! Pourquoi ?!

-          Parce que tu me saoules…

Qu’est-ce que je n’avais pas dit là… ! Thomas sortit de ses gonds, m’infligeant une déculottée tellement cuisante que je ne pouvais m’arrêter de gigoter et de gémir de douleur.

-          Non seulement tu es irrespectueuse envers moi, mais en plus tu te permets de me dire que je te saoule ?! me grondait-il en continuant de taper mes pauvres fesses nues. Ça te fait rire, Lucie ?! Hein ?! ça te fait rire ?!

-          Aïe…non ! Aïe ! Aïe ! Arrête, s’il te plaît…. Arrêêêête !!!

-          Tu sais très bien quand j’arrêterai, Lucie ! J’arrêterai quand toi tu arrêteras de me manquer de respect !

-          Mais…pardon ! Pardon !

-          Les excuses, j’aurais voulu les avoir directement par message après ton excès d’insolence !

-          Mais c’est bon, je m’excuse là ! Aïïe !!!

-          Tu t’excuses uniquement parce que tu es punie et que tu n’as pas le choix !

Je n’en pouvais plus. Sa main s’abattait encore et encore, sans arrêt, sans pause, sans répit pour moi. Je n’avais absolument pas réfléchi à ce que ça allait provoquer quand j’avais envoyé ces messages. Quand bien même, je ne sais pas si ça m’aurait arrêtée : je me serais dit qu’il ne m’avait pas sous la main et que je ne risquais donc rien sur le moment…

 

-          Relève-toi et va au coin !

J’obéis. J’avais laissé échapper quelques larmes.

 

-          Lucie ! Tes mains derrière la tête ! me gronda Thomas en me surprenant en train de me frotter les fesses.

Cela me valut une bonne claque sur le derrière. Je me rendais compte toute seule que j’étais plutôt récalcitrante aujourd’hui et pas du tout encline à obéir.

 

-          Viens ici Lucie.

Je m’approchai de Thomas, juste ce qu’il faut pour tenir une distance de sécurité.

-          Pourquoi est-ce que tu viens d’être punie ?

-          Parce que je n’ai pas respecté les règles de savoir-vivre et que je t’ai manqué de respect, répondis-je machinalement.

-          Et alors ?

-          Quoi alors ?

-          Ben je ne sais pas moi ! Tu comptes recommencer ?!

-          Ben non !

-          Non, quoi ?

-          Non je ne compte pas recommencer !

-          Je te fais confiance là-dessus, Lucie. Ce n’est pas la première fois qu’on en parle et je ne veux plus avoir à te reprendre là-dessus.

-          Oui, d’accord…

-          Ok. Va t’asseoir sur la chaise.

Une feuille, un stylo, l’écran d’ordinateur affichant le fameux tableau du malheur.

-          Tu écris : « Je m’excuse de ne pas avoir respecté le couvre-feu…

-          Encore ?!

-          J’y peux quelque chose, moi ?! Donc tu écris : « Je m’excuse de ne pas avoir respecté le 31 mars. ». Et tu écris toutes les dates. A partir du 9 avril, même si ça ne t’a pas dissuadée, je t’avais prévenue que ce serait triplé. Donc tu écris trois fois la phrase. Tu as dix minutes.

Je n’avais pas envie d’écrire ces maudites lignes. Je ne mis pas de cœur à l’ouvrage… Finalement, mes lignes étaient tellement moches que je crus que Thomas allait me reprendre là-dessus. Mais il ne dit rien. Il vérifia que le compte était bon et me redonna ma feuille.

 

                Le chiffre du jour était vingt-trois. Vingt-trois fessées debout qui attendaient mes fesses. Thomas me donna les deux premières, puis je le priai :

-          S’il te plaît, est-ce qu’on peut se mettre autrement que debout ? ça fait trop mal…

-          Où ça ? Au genou ?

Mon tuteur faisait référence à mon genou droit qui me fait parfois souffrir. L’arthrose avait été découverte à la fin de mon adolescence, me contraignant à stopper ma carrière d’handballeuse de très haut niveau.

-          Non…aux fesses ! répondis-je.

Je ne supportais toujours pas la fessée debout. Thomas le savait et jouait là-dessus depuis le début du tutorat.

-          Tu te fiches de moi, là ?! me gronda mon tuteur.

Thomas me colla une fessée supplémentaire pour m’être plainte et nous continuâmes la liste des dates.

Je me plaignis une nouvelle fois, m’asseyant le canapé et le suppliant :

-          Mais sérieux…ça fait trop mal !

-          Où ça ? interrogea Thomas pour s’assurer que j’allais bien.

-          Ben aux fesses !

Tout en me collant une nouvelle fessée, Thomas me grondait :

-          Je ne veux plus t’entendre te plaindre que tu as mal, sauf raison de santé ! Si tu avais obéi comme il faut et respecté le couvre-feu, tu n’aurais pas aussi mal aux fesses ! ça, ce sont toutes les fois où tu as préféré ignorer ton alarme et te coucher tard au lieu de respecter cette règle !

Thomas me lâcha de nouveau et demanda :

-          Ligne suivante !

Mon tuteur était obligé de me maintenir durant presque chaque fessée (qui délivrait entre quarante et cinquante claques à chaque fois !) car je mettais automatiquement ma main pour me protéger. Thomas me penchait alors sous sur bras, ou bien sur sa cuisse après avoir préalablement posé son pied sur le canapé.

         Ni mes jérémiades, ni mes prières ne me dispensèrent des vingt-trois fessées qui tombèrent à cause de ce maudit couvre-feu. J’en pris encore une supplémentaire à la fin car Thomas avait oublié une ligne. Il reconnut que c’était sa faute, il n’allait donc pas me la faire écrire mais il me donna quand même la fessée correspondante.

 

        Retour au coin. J’oubliai de mettre mes mains sur la tête, Thomas me reprit et je l’entendis foncer sur moi. Je mis mes mains pour me protéger mais cela ne m’empêcha pas de recevoir quelques claques appuyées. Et une fessée au coin, une ! Maudite soit ma manie de vouloir tester Thomas encore et encore alors que je sais pertinemment, au bout de cinq mois et demi, qu’il ne me laisse rien passer.

 

-          Viens ici, Lucie.

J’obéis en gardant toujours ma fameuse distance de sécurité.

-          Pourquoi viens-tu d’être punie ?

-          Pour le non-respect du couvre-feu.

-          Que comptes-tu mettre en place à l’avenir ? Qu’est-ce qui va changer ?

-          J’en sais rien, moi…

-          Donc tout à l’heure, tu vas rentrer chez toi et tu ne vas rien changer par rapport au couvre-feu ? C’est ça ?

-          Non… Je vais essayer de respecter l’alarme mise en place au lieu de la zapper directement et de continuer ce que je fais…

-          Ça veut dire quoi « essayer », Lucie ? Je ne veux pas que tu « essaies » ! Je veux que tu fasses les choses ! Le couvre-feu est là pour ta santé !

-          Oui, oui, je sais…

-          Eh bien alors ?!

-          Mais c’est bon, je vais le respecter là…

J’avais peur que Thomas me réprimande sur la façon dont je lui répondais mais heureusement pour moi, il ne dit rien.

-          Ok. Avant que tu t’en ailles, je veux que l’on discute de plusieurs choses…

-          Oh non putain…

-          Lucie !!! gronda Thomas en m’attrapant le poignet.

Quelques bonnes claques tombèrent. Il ne me lâchera décidément jamais avec ce juron !

-          Je disais qu’il y a plusieurs choses, reprit Thomas. Déjà, tes devoirs. Ils sont faits une fois sur trois et c’est inadmissible. Ensuite, les messages avant l’heure du couvre-feu, que tu ne m’envoies jamais. Enfin, il y a le message que tu es censée m’envoyer tous les matins pour me dire ce que tu as à faire dans la journée. Non seulement tu ne me l’envoies pas tous les jours mais en plus, tu m’as avoué que les fois où tu me l’envoyais tu faisais un copié-collé car tu sais que je ne vérifie pas ! Tu te fiches de moi, donc.

-          Mais non mais…

-          Si, tu te fiches de moi, Lucie ! Mets-toi debout en face du canapé.

-          Oh non sérieux, s’il te plaît…

-          Dépêche-toi, Lucie !

Impossible pour moi de me résoudre à me mettre en position pour une nouvelle fessée, qui plus est debout.

-          Lucie ! Ne m’énerve pas !

-          T’es déjà énervé…

-          Lucie, si je t’attrape, crois-moi ça va durer très, très longtemps !

Bluff. Je n’obéis quand même pas.

Thomas finit par m’attraper et me coller une tannée magistrale, debout évidemment, pour ne pas lui avoir obéi. Il me remit ensuite à la place où j’étais et m’ordonna :

-          Va te mettre debout en face du canapé ! Dépêche-toi !

Plus le choix. Je m’exécutai à contrecœur.

-          Je te garantis que tu vas apprendre à obéir, Lucie !

Un « pfff » me vint en tête mais je le gardai évidemment pour moi. J’étais déjà dans de sales draps.

        Thomas mit un pied sur le canapé et me pencha sur sa cuisse pour cette ultime fessée, bourrée de réprimandes et de claques aussi douloureuses les unes que les autres. C’était la première fois (dans mes souvenirs) que Thomas me punissait d’une seule fessée pour trois motifs différents. Un regroupement de bêtises que Thomas me rappelait tout en me claquant, histoire que je n’oublie pas pourquoi je recevais cette bonne fessée.

 

        Ouf, fini. Pour de bon cette fois-ci. Thomas me prit furtivement dans ses bras et m’autorisa à me rhabiller.

 

        Tout en buvant mon Schweppes Agrumes généreusement offert par mon tuteur, je tentais de négocier avec Thomas pour un assouplissement des règles et notamment du couvre-feu. Lorsque les réponses que mon tuteur ne me satisfaisaient pas, je manifestais mon agacement par un juron ou un tchip. Cela me valut deux bonnes salves debout, sur le jeans. A la suite de la deuxième, j’attrapai mon écharpe et ma veste, me disant qu’il valait mieux que je m’en aille avant d’en mériter une troisième.

 

     Bilan de cette séance : Thomas me demandait de revenir en début de semaine prochaine. Si j’étais sage d’ici là, il annulerait le rendez-vous. A l’inverse, si les bilans du soir n’étaient pas satisfaisants, le rendez-vous serait maintenu, mon tuteur souhaitant rectifier immédiatement le tir.

De même, si je respectais le couvre-feu, j’aurai droit à deux exceptions par semaine au lieu d’une durant les vacances. A l’inverse, si je m’entêtais à ne pas le respecter, chaque date continuait d’être triplée !

Thomas m’annonça également que dorénavant, même si ça le saoulait, il vérifierait mon planning tous les jours pour être sûr que je lui dis bien la vérité sur ce que j’ai à faire, et que ce n’est pas un copié-collé de la veille. Je pris cela pour du bluff. Puisque ça le saoule de vérifier, il m’annonça qu’il allait le faire uniquement pour que je fasse attention à ce que je lui envoie.

Cette façon de penser me ferait peut-être jouer avec le feu… mais je prends le risque, quitte à m’en frotter les fesses en pleurant dans quelques temps.

 

                Tout se jouerait donc ce week-end. A moi de faire mes preuves pour éviter une nouvelle fessée dans trois jours…

 

A suivre…

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 26)

  Mercredi.                   Pas de grasse matinée ce matin : Héloïse nous réveilla à neuf heures pour que nous puissions travailler un peu sur nos cours. J’étais grognon au possible en me réveillant, comme cela m’arrive rarement. En m’asseyant à table au petit déjeuner, je fus agacée par Anaïs, toujours pleine d’énergie et en forme le matin. Je déteste les gens du matin. Ou les gens. Ou le matin.                   Après m’être préparée et habillée pour la journée, je remontai dans ma chambre et me sentis toujours aussi grognon. Je ne savais pas encore pourquoi mais j’avais l’impression que cette journée allait être désagréable au possible. Personne n’avait intérêt à me voler dans les plumes : je m’étais levée du pied gauche !                 J’ouvris mes cahiers et commençai à travailler. Soudain, seulement quelques minutes après avoir commencé mes devoirs, j’entendis : -           Louise ! Anaïs ! Marie ! Descendez immédiatement ! Héloïse avait l’air furieuse. J’obéi

Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 14)

  Samedi 14 septembre               Dix heures. Comme l’avait annoncé Monsieur le Directeur, Mathilde et moi étions assises dans son bureau à rattraper les cours loupés hier à savoir la littérature, l’histoire et la philosophie. Cependant, j’allais avoir un répit que Mathilde n’aurait pas : mon cours de piano. Monsieur Alexandre n’allait pas tarder à arriver, me sauvant du travail sur lequel je bûchais avec acharnement depuis une heure et demie.   -           Tiens-toi droite Clémence, me reprit Monsieur Alexandre. -           C’est que… -           Que quoi ? -           Je… j’ai hyper mal aux fesses, avouai-je honteuse. -           Ce n’est pas mon problème. Quand on joue du piano, on se tient correctement ! Je fis un effort pour me redresser et commençai à jouer. Mon prof ferma les yeux pour mieux m’écouter, j’en profitai pour relâcher ma position. Sans mouvoir ses paupières closes, Monsieur Alexandre me gronda : -           Je sens que ta douleur aux fesses va s

L'équation féminine (Chapitre 1)

  Jeudi 1 er avril 2021 -           Simon ! Dépêche-toi de mettre tes chaussures, on va être en retard ! -           C’est cro dur, maman ! -           Je ne peux pas t’aider, j’ai ta petite sœur dans les bras… Bon, Noé, tu peux aider ton frère à mettre ses chaussures, s’il te plaît ? -           Non ! -           Comment ça, non ?! -           Non ! -           Noé de Melbourg, tu vas tout de suite aider ton frère à mettre ses chaussures sinon je vais me fâcher ! -           Non ! -           Je vais mettre tes petites sœurs dans la voiture : à mon retour, je veux que tu aies aidé ton frère ! Tu n’as vraiment pas envie que je me fâche, Noé ! Je ne suis pas d’humeur aujourd’hui… Heureusement, je n’eus pas à me fâcher : Noé aida son petit frère, les enfants montèrent dans la voiture, je vérifiai que tout le monde était bien attaché, et je filai en route pour l’école.                                 Ce n’était pas prévu du tout. Alexandre et moi n’avions absolume

Le tutorat de Little Princess (séance 11)

                  Mon cadeau biologique mensuel m’avait encore donné un répit de dix jours. Ouf. Je ne me voyais vraiment pas reprendre une séance à peine quatre jours après la précédente. Mon cadeau tombait à pic !                 Mais hélas, il ne fut pas éternel et je dus retourner chez mon tuteur ce vendredi 30 avril.                   Je toquai deux fois à la porte, personne ne répondit. De nature inquiète, je me fis plusieurs films : « Est-ce qu’il a fait une crise cardiaque ? Non quand même pas, il est jeune et en bonne santé. J’espère qu’il va bien… ». J’envoyai un texto. Ouf, quelques secondes plus tard, Thomas vint m’ouvrir. -           Salut ! -           Salut ! Ouf, j’ai eu peur, j’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose ! -           Non, non, pas du tout. Mais pourquoi tu ne sonnes pas ? -           Je trouve que la sonnerie, ça casse les oreilles, me justifiai-je. -           Ben oui mais une sonnerie sert à être utilisée… J’entrai dans le salon et p

Le tutorat de Little Princess (séance 12)

  Bruce Banner a laissé place à Hulk. Dr Jekyll a laissé place à Mr Hyde. Je disais dans les épisodes précédents que Thomas était un Pokémon qui se « transforme », passant du « pote sympa » au « tuteur intransigeant » lorsque débute l’évocation du bilan. Mais hier, c’était plus que ça. Thomas était un Avenger en colère, prêt à me fracasser. Et ce fut le cas. La pire séance depuis que j’ai commencé la fessée, tous tuteurs confondus. J’ai littéralement pris la fessée du siècle.                   Sur la route, je me dis que Thomas ne va pas être content : depuis une semaine, je ne fais toujours pas mes devoirs ; et j’ai été exclue de cours mardi. Je savais qu’il serait fâché mais je n’imaginais pas à ce point-là.                   Je frappai à la porte, Thomas m’ouvrit. Pas de sourire ni de bonne humeur habituelle. Thomas était glacial. -           Salut, dis-je. -           Salut. Ça va ? -           Bof… trente-cinq minutes de bouchons sur le périph’, j’aurais pu m’e

Le tutorat de Little Princess (séance 8)

                            Mon cadeau biologique mensuel m’a donné quelques jours de répit : au lieu de devoir me rendre vendredi dernier chez Thomas, nous avons attendu aujourd’hui, ma prof de chimie étant absente (youpi !).                 Je sais que Thomas doit me faire payer pour tout le reste du bilan, notamment le catastrophique couvre-feu que je redoute énormément. Il ne doit pas y avoir loin de quarante dates, et puisque Thomas m’a punie en multipliant ces dates par deux… J’essayais de me raisonner en me disant que Thomas ne me donnerait pas quatre-vingts fessées debout, mais la vérité était qu’il en est parfaitement capable.                 J’ai berné Thomas plusieurs fois depuis notre dernière entrevue (quand il va lire ceci, je vais signer mon arrêt de mort…) : je suis censée me coucher à 22h45 du vendredi au lundi, et à 21h45 du mardi au jeudi. J’ai fait en sorte d’ajouter une heure de plus aux mardis, mercredis et jeudis soirs alors que ce n’était absolument pas la r

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 24).

  Je sais que beaucoup d'entre vous attendaient ce chapitre... Certains me le réclamaient même récemment alors qu'il était en cours d'écriture ! Le voici... C'est mon petit cadeau de Noël en avance... Régalez-vous ! Peace. L.P. Lundi.      Ce matin, mes sœurs et moi pûmes nous reposer convenablement puisque nos professeurs étaient tous les deux absents. Nos parents partirent au travail sans nous réveiller, pensant sûrement que nous étions épuisées à la suite des émotions d’hier soir.                 En m’habillant, je pris le temps d’admirer mon popotin dans le miroir : plusieurs bleus s’étaient formés sur ma lune ronde, justifiant la difficulté que j’avais éprouvé à m’asseoir dans mon lit au réveil. Tom ne m’avait pas loupée ; mais alors, vraiment pas ! J’appris par mes sœurs que Dana n’avait guère été plus gentille avec elles : les deux instruments préférés de notre mère, à savoir le martinet et le tapetapis avaient été de sortie ; ils ont paraît-il fait de belles m

Un joli fantôme du passé (Chapitre 14)

 J'ai pris le parti de ne pas écrire les dialogues en anglais pour préserver le confort de lecture :) Peace. L.P. Lundi 25 janvier 2021                                   Six heures, mon réveil sonne. J’ouvre difficilement les yeux : la fatigue est toujours présente malgré la bonne nuit de sommeil que je viens de passer. En plus de mes devoirs au lycée, papa a engagé un professeur particulier d’anglais qui vient deux heures par jour pour m’aider à bien comprendre mes cours et rédiger correctement mes devoirs. Je dois donc travailler deux fois plus que les autres. Puisque Valentin veut le meilleur pour moi, il m’a inscrite dans une Magnet school franco-anglaise ; les Magnet schools ont la réputation d’avoir un niveau très élevé et de préparer la future élite américaine. De plus, je sais que papa dépense une somme d’argent exorbitante pour ma scolarité et je ne veux pas le décevoir ! Mon père me voit déjà intégrer l’université de Stanford l’année prochaine, pour que je puisse

Journal d'une étudiante accueillie (chapitre 20)

Mardi .   Mon réveil sonne. Je déteste le mardi. Cette journée de cours est infâmement intense. Je ne supporte pas la cadence des cours, j’ai l’impression de ne plus savoir où donner de la tête !   Heureusement, la journée se déroula presque sans accroc - Juste une énième altercation entre cette peste de Cassandra et moi, mais tout ça ne donna pas suite à une bagarre, heureusement ! – mais ça, ce fût avant le dernier cours de la journée. Notre saleté de prof de littérature comparée rattrapait le cours de la semaine dernière (elle était en formation ! je me demande bien quelle formation !) et en profitait pour nous rendre nos devoirs maison. Je ne m’étais pas appliquée sur ce devoir, je me souviens très bien que le sujet, Le Décaméron de Boccace, ne me plaisait guère. Cela se ressentait sur la note.   -           1/20, Marie ! Vous auriez évidemment pu mieux faire ! -           Quoi ?! protestai-je. Mais pourquoi 1/20 ?! -           Parce que vous avez écrit correct