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L'équation féminine (Chapitre 2)

 

Vendredi 2 avril 2021



-          Cabinet du Docteur de Melbourg, bonjour !

-          Bonjour Madame, j’avais rendez-vous avec le docteur cette après-midi à 15h, mais je crois que mon chien est malade car ce matin il avait de la fièvre, alors je vais l’emmener chez le vétérinaire donc…

Je suis de moins en moins patiente avec les personnes âgées qui me racontent toute leur vie, alors que leur demande pourrait tenir une phrase.

-          Donc vous ne pourrez pas honorer votre rendez-vous, terminai-je. C’est bien ça ?

-          Oui, c’est bien ça, parce que bon, il faut que j’m’occupe de mon chien...

-          Vous êtes madame ?

-          Lemoine. L-E-M-O-I-N-E.

-          Très bien, j’annule votre rendez-vous de 15h.

-          Est-ce que je pourrais en avoir un autre, par contre ? Parce que j’ai vraiment mal dans l'bras et il faudrait qu'le docteur regarde… Depuis samedi qu'j’ai aidé ma belle-sœur à s'lever d'son lit, j’crois que j’me suis froissée un muscle…

-          J’ai un créneau de libre, ce soir à 18h30.

-          Oh ben oui mais j’peux pas laisser mon chien tout seul et j’sais pas combien de temps ça va prendre chez le véto…

-          Demain matin, 10h15 dans ce cas.

-          Alors attendez, parce que demain y’a le marché, mais tant pis j’dirais à René que j’irai plus tôt et puis…

-          Parfait ! On dit 10h15 demain matin, dans ce cas. A demain, madame Lemoine !

-          A demain, au revoir madame. Merci !

Je raccrochai et soupirai. J’aime mon job de secrétaire mais suis de plus en plus agacée par les personnes qui me racontent leur vie de A à Z. Il faudrait peut-être que je songe à une reconversion professionnelle… Ce n’est pas la première fois que l’idée me traverse l’esprit. Mais reprendre des études avec six enfants donc cinq en bas âge… ce serait de la folie !

 

                La matinée passée, Alex et moi rentrâmes à la maison. Tandis que je décongelais la ratatouille achetée chez Picard, j’entendis Alexandre :

-          Je vais chercher le courrier, chérie !

-          D’ac !

Les yeux rivés sur mes légumes en train de décongeler, je repensais à cette idée de reconversion professionnelle. Qu’aimerais-je faire ? Le métier de DRH m’attire beaucoup, celui d’avocate aussi… Mais être avocate signifiait entreprendre presque huit ans d’études… Certes, nous pourrions continuer à vivre confortablement sur le seul salaire d’Alexandre, mais commencer huit ans d’études de droit, en plus des enfants et de la maison… Ce serait un pari complètement fou ; et puis quand bien même je réussirais, je commencerais ma carrière à 43 ans ! Ce serait vraiment délirant ; et pourtant j’ai tellement envie de changer de vie… Je me promis d’aller voir une conseillère d’orientation.

                Encore plongée dans mes pensées, je sentis Alex surgir de derrière moi. Il éteignit immédiatement la gazinière.

-          Qu’est-ce qui te prend ? lui demandai-je.

-          Je vais te dire, ce qui me prend ! Tu peux me dire ce que c’est que ça ?!

Mon mari me montra une enveloppe provenant de la clinique privée de Meaux. Oh non. Non, non, non.

-          Ouvre cette enveloppe et lis-moi la lettre, m’ordonna Alex.

Si c’était bien ce que je pensais, j’étais dans de sales draps. Alex ne me louperait pas, surtout maintenant avec cette histoire de discipline domestique !

-          Ouvre, Thalysa ! réitéra mon homme.

J’obéis : c’était bien ce que je pensais. Une relance d’impayés. Dernier avis avant huissier.

-          Tu peux me dire de quand ça date ?! me gronda Alex.

-          Ben… quand tu étais parti au Congrès de la médecine, Simon avait de la fièvre depuis plusieurs jours alors je l’avais emmené aux urgences pédiatriques, à Meaux…

-          C’était quand, Thaly ?!

-          Début novembre.

-          Et nous sommes ?!

-          Début avril.

-          Exact !

-          Mais Simon avait beaucoup de fièvre et je…

-          Tu ne visualises pas le bon problème, Thalysa ! Me coupa le médecin. Le problème n’est absolument pas le fait que tu aies emmené Simon aux urgences ! Tu as d’ailleurs parfaitement bien fait ! Le problème, c’est que nous avons reçu une facture deux semaines plus tard, c’est-à-dire mi-novembre, pour payer cette consultation ; et tu m’as dit que tu t’en occuperais !

-          Euh oui, c’est vrai mais je…

-          Tu, quoi ?! Tu as oublié, c’est ça ?!

-          Euh…oui.

-          Et où sont les autres lettres de relance ?! Car on ne passe pas d’une simple facture à un dernier avis avant huissier, sans autres relances !

-          Je… je les ai mises dans le tiroir où on met tous les papiers…

-          Va me les chercher ! Tout de suite !

Honteuse, je me dirigeai vers le buffet et fouillai dans le tiroir. Alex me suivit. Au total, nous découvrîmes dans ce tiroir pas moins de sept lettres de relance. Trois pour la clinique de Meaux, trois pour les frais de mutuelle, et une récente pour la box.

-          Tu te rends compte de la situation Thalysa, ou pas ?!

-          Oui…

-          Tu te rends compte que c’est grave ?!

-          J’ai juste oublié…

-          Oui, bien sûr ! Et le jour où un huissier viendra toquer à la porte de la maison, tu lui diras que tu as oublié aussi ?! C’est ça ?!

-          S’il te plaît, arrête de me crier dessus !

-          Tu as raison, je vais arrêter de te crier dessus car de toute façon, tu vas ENCORE oublier ce que je t’ai dit ! Je vais plutôt te donner une bonne fessée ! Je suis pratiquement sûr que tu retiendras la leçon !

Alexandre attrapa mon poignet et me tira jusqu’au canapé. Il me renversa sur ses genoux et releva ma jupe. Il baissa ensuite ma culotte et commença à taper fort sur mes fesses nues.

Les premières claques furent insupportables. Alex me maintenait trop bien pour que je puisse les éviter, mais elles étaient réellement très, très douloureuses. Je sentais bien que mon homme était hyper en colère.

-          Alex, arrête s’il te plaît ! Je t’en supplie ! Je suis désolée !

-          Tu me vouvoies quand je te punis, Thaly ! ça aussi, tu as oublié ?!

Les claques pleuvaient sans arrêt et les larmes me montèrent aux yeux. J’avais terriblement mal. J’étais en train d’être punie physiquement par mon mari. Est-ce cela que l’on appelle « violences conjugales » ? Non, non, non. Arrête tes conneries, Thaly. Alex est juste en train de te donner une fessée parce que tu as sacrément merdé avec les factures. C’est juste une fessée. Une sévère, certes, mais rien qu’une fessée. Et puis de toute façon, tu t’imagines te pointer au commissariat : « Bonjour, je viens porter plainte contre mon mari, il me donne des fessées ! ». Non mais, ils vont te rire au nez ! Et puis, tu as donné ton accord. Tu as dit : « oui » à Alex pour qu’il te punisse de cette façon. Il n’y a plus qu’à assumer, ma cocotte !

                Après plusieurs minutes, Alex s’arrêta enfin.

-          Relève-toi.

J’obéis, quelques larmes ayant coulé sur mes joues. Je m’accroupis pour remonter ma culotte mais Alex me reprit immédiatement :

-          Je t’ai autorisée à te rhabiller ?!

-          Non, Monsieur.

-          Effectivement ! Tu laisses ta culotte à tes chevilles !

-          Oui, Monsieur.

-          Je vais finir de préparer le repas ; de ton côté, tu me tries toutes les lettres de relance ! La PREMIERE CHOSE que tu feras en arrivant au cabinet, c’est de me régler ces factures ! Je te jure que si elles ne sont pas réglées ce soir au coucher des enfants, tu reprends une fessée ! C’est compris ?!

-          Oui, Monsieur.

-          Et puisque tu as reçu ton agenda et que tu seras maintenant plus organisée, il est absolument hors de question que ça se reproduise ! Si jamais UNE SEULE lettre de relance arrive dans notre boîte aux lettres, ça va barder ! Tu as compris, Thalysa ?!

-          Oui, oui, ok…

-          Et puisqu’il y en a pour deux cents euros en tout pour ces trois factures, c’est deux cents euros en moins qu’il y aura sur ton budget shopping du mois.

-          Quoi ?! Mais…

-          « Mais » quoi ?! Tu veux qu’on le trouve où l’argent, Thaly ?! Il ne tombe pas du ciel ! Si on avait payé en temps et en heure, ce sont des dépenses qui seraient rentrées dans le budget, mais puisque tu n’as pas su les payer à temps, ce sont des dépenses supplémentaires non prévues ! Donc ça réduit ton budget shopping du mois ! Tant pis pour toi !

-          Mais on peut prendre sur notre épargne…

-          Notre épargne est déjà consacrée à l’installation des panneaux solaires pour cet été ! Donc non. Ajoute encore un seul mot et tu vas te retrouver au coin ! Maintenant dépêche-toi de trier les papiers, on va bientôt manger.

Waouh. Il n’était vraiment pas commode. Je comprenais maintenant pourquoi les enfants ont peur de lui ! Quand il a décidé de se mettre en colère, il ne fait pas semblant ! Je ressentais un mélange de fierté de le voir autant s’affirmer et de honte d’avoir été ainsi punie. Parce qu’il faut l’avouer, c’était vraiment la honte.

 

                Alexandre posa le plat sur la table et me demanda de venir manger. Avant que je ne m’asseye en face de lui, il se leva, me remonta (enfin !) ma culotte et me prit tendrement dans ses bras. Je collai ma tête contre son torse et pris tout le réconfort dont j’avais besoin. Je lui dis :

-          Je suis vraiment désolée, tu sais.

-          Je sais, Thaly. Crois-moi, je le sais. Mais être désolée ne suffit plus. Il me faut des actes. Maintenant, c’est soit les actes, soit la fessée. C’est à toi de faire ton choix ; mais je ne cèderai pas.

Vu le temps perdu avec la réprimande et la punition qui s’en est suivie, nous mangeâmes avec un lance-pierre.

 

A 13h30, toutes les factures étaient payées et j’avais vérifié que nous étions bien à jour sur tous les paiements.

 

16h30, je récupère les enfants à tour de rôle puis nous rentrons tous les sept à la maison. Je leur distribue le goûter puis m’assois avec eux ; mais au moment où mes fesses touchèrent la chaise, je fis la grimace. Noé l’ayant remarqué me demanda :

-          Maman, tu as mal aux fesses ?

-          Oui, j’ai glissé et je suis tombée tout à l’heure. Mais ce n’est rien, mon cœur. Aller, mange bien.

J’ai six petits radars automatiques repérant le moindre de mes faits et gestes. Il allait vraiment falloir que je fasse attention !

 

                Je mis Alice aux devoirs (dans sa chambre cette fois-ci, nouvelle tactique pour l’isoler et tenter de la faire mieux travailler à la maison) et les autres dans la salle de jeux. J’en profitai pour vérifier les cartables des trois plus grands. R.A.S. pour Alice et Björn. En revanche, Noé avait ramené son cahier du jour à la maison. La maîtresse ne le donne que s’il y a une info à transmettre. Je le pris, l’ouvris à la page la plus récente et lus :

Madame, Monsieur,

Aujourd’hui, Noé n’a pas été sage. Il chahutait avec son copain Paul durant l’activité de ce matin et lorsque je lui ai demandé d’arrêter, il m’a insultée de, je cite : « Sale bouffonne ». Merci de prendre des dispositions afin que cela ne se reproduise plus.

Salutations distinguées,

La maîtresse, Annie Hotte.

Bon. Ce n’était vraiment pas une bonne journée ; ni pour moi, ni pour Noé. Je l’appelai :

-          Noé ! Tu peux venir, s’il te plaît ?

-          Attends, j’suis en train de jouer !

-          Tu viens tout de suite !

-          Mais…

-          Noé ! Viens immédiatement !

Je vis arriver mon p’tit bout de chou d’un mètre douze. Il s’approcha de moi :

-          Qu’est-ce qu’il y a, maman ?

-          Tu peux m’expliquer ce qui s’est passé à l’école ? lui demandai-je en lui montrant son cahier.

-          Ben rien…

-          Rien. Donc la maîtresse a marqué un mot pour rien.

-          Oui.

-          T’as pas fini de te ficher de moi, oui ?! Non seulement tu as chahuté avec Paul, mais en plus tu as traité ta maîtresse de « sale bouffonne » !

-          J’ai pas fait exprès.

-          Où est-ce que tu as appris ce mot ?

-          C’est Paul qui le dit tout le temps !

Les joies de la socialisation à l’école.

-          Tu sais que c’est un gros mot ?

-         

-          Tu le sais, oui ou non ?

-          Oui…

-          Tu sais également que tu n’as pas le droit de dire de gros mots, n’est-ce pas ?

-          Oui.

-          Alors non seulement tu en dis, mais en plus tu les dis à ta maîtresse ?! Tu crois que c’est bien, ça, Noé ?!

-          Non.

-          Tu savais parfaitement que c’était une bêtise de dire ça à ta maîtresse, oui ou non ?

-          Oui.

Ce que j’apprécie chez Noé, c’est qu’il ne me ment pratiquement jamais.

-          Donc tu as fait une bêtise en sachant que c’était une bêtise. Tu sais ce que ça veut dire ?

-          Je suis puni, dit-il blasé.

-          Exact. Jusqu’au dîner. Dans ta chambre, jeune homme !

Noé afficha une mine tristounette, ce qui me donna envie de lever immédiatement cette punition ; mais puisqu’Alexandre me reproche d’être trop laxiste avec les enfants, je pris sur moi et tins ma parole.

                Avant de monter les escaliers, Noé me demanda, inquiet :

-          Tu vas le dire à papa ?

-          Oui, je vais le dire à papa. C’est ton père, il est autant concerné par tes bêtises que moi.

A la tête que fit mon fils, j’eus l’impression que faire part à Alexandre de cet écart de conduite constituait une bien meilleure punition pour Noé que d’être consigné dans sa chambre !

 

                Alex rentra alors que les enfants étaient à table. Je lui montrai automatiquement les reçus de paiement, il m’embrassa sur le front et me dit :

-          Merci de l’avoir fait. Ça m’enlève un poids, chérie !

Il embrassa ensuite les enfants et jeta un œil aux affaires scolaires, comme d’habitude lorsqu’il rentre. Il tomba rapidement sur le mot de la maîtresse de Noé. Je le vis monter en pression. Je tentai de le calmer :

-          J’ai discuté avec lui et il a été consigné dans sa chambre jusqu’au dîner.

-          Où a-t-il appris ces mots-là ?!

-          Paul…

-          Ce gamin n’est vraiment pas fréquentable !

-          Ce qui compte, c’est que Noé a compris que c’était une bêtise. Alors s’il te plaît, vas-y mollo…

Alex se tourna vers notre fils et lui passa un savon, heureusement moindre que ce que j’avais imaginé. Néanmoins, il avait grondé assez fort pour que les autres la bouclent aussi !

-          Je te préviens Noé, si tu recommences, gare à tes fesses ! Il est hors de question que tu insultes les adultes ! Non mais, c’est quoi ça ?! Insulter les adultes à six ans ! On va où, là ?! Tu es beaucoup trop intelligent pour insulter les adultes comme ça, sans raison ! Quand on a un problème, on dialogue ! On n’insulte pas ! C’est compris ?!

-          Oui papa.

Noé avait les larmes aux yeux. Avec sa petite bouille d’enfant triste, je mourais d’envie de le prendre dans mes bras, de lui dire que c’était fini, qu’on en parlait plus ; mais Alexandre avait raison de le gronder et de lui faire comprendre qu’il ne fallait pas recommencer.

 

                Les enfants couchés, Alex et moi dinâmes et regardâmes la suite de notre série, blottis l’un contre l’autre dans le canapé. Une soirée en amoureux comme je les aime !

 

A suivre…

Prochaine publication : Un joli fantôme du passé (Chapitre 15)

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