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Années 1950 : le guide de survie d'Alice (Chapitre 2)

 


Dimanche 15 octobre 1950


      Neuf heures : maman vient me réveiller. Le dimanche, nous allons à la messe qui débute à dix heures et demie. Du coup, maman nous lève relativement tôt pour pouvoir vérifier que tout le monde est bien apprêté pour le Seigneur.

 

      A la messe, nous nous consacrons entièrement au Seigneur. Victor et Gus font partie des enfants de chœur qui servent la messe aux côtés du père Antoine (qui n’est autre que le grand frère de papa), ils se doivent d’être irréprochables !

      L’église est le seul endroit où j’arrive à me tenir sage longtemps car j’aime beaucoup chanter. Cependant, je n’aime vraiment pas la sortie de messe. Mes parents et grands-parents ont toujours des tas de gens avec qui discuter et moi, ça m’ennuie beaucoup ! Victor et Nono proposèrent alors de nous ramener à la maison pour que les adultes puissent continuer à discuter tranquillement ; papa accepta.

 

      Lorsque nous rentrâmes à la maison, nous effectuâmes les mêmes gestes que lorsque nous rentrons de l’école, puis Nono se mit aux fourneaux pendant que Camille et Rose mettaient la table. Comme à mon habitude, j’allai jouer dans la salle de jeux avec Jacques et Clément.

      Les adultes ne rentrèrent qu’une demi-heure plus tard et maman prit le relais de Nono en cuisine.

 

   Pendant le déjeuner, mes parents nous rappelèrent qu’ils seraient absents cette après-midi. Bonne-maman et Bon-papa partant en voyage à Paris pour une semaine, mes parents devaient les emmener à la gare, se trouvant à Carcassonne. Ce serait donc notre oncle qui nous garderait cette après-midi, secondé par Victor et Nono.

-          Nous partirons pour quatorze heures et vous ne nous reverrez pas avant demain matin, nous dit maman. Vous devrez vous tenir tous bien sages.

-          Oui maman, répondîmes-nous.

-          J’ai fait un gâteau et il y a de la compote d’abricots pour le goûter, ajouta maman à son beau-frère qui mange avec nous tous les dimanche midis. Il y a aussi une bouteille de lait dans le sellier et des biscuits que ta mère a faits.

-          Ne t’en fais pas Ariane, dit oncle Antoine, tout se passera bien.

 

      J’étais à la sieste lorsque les adultes partirent mais heureusement, j’avais eu le droit à un gros câlin de mes parents et grands-parents avant de m’endormir !

 

      A mon réveil, j’étais bien décidée à jouer du fait qu’il n’y avait pas mes parents à la maison pour faire des miennes. Je sortis de ma chambre et partis en direction de la cuisine pour prendre un encas. D’ordinaire, nous n’avons pas le droit de grignoter entre les repas mais là, c’était différent : papa et maman n’étaient pas là ! Cependant, Camille me vit entrer dans la cuisine et me retira le pot de biscuits des mains. Elle le plaça hors de ma portée.

-          Non Lili, me dit-elle. Tu attendras le goûter.

-          Mais j’ai faim ! protestai-je.

-       Va jouer, le temps passera plus vite et tu ne verras même pas l’heure du goûter arriver.

Mécontente, je me jetai par terre et tapai des poings et des pieds en hurlant que je voulais des biscuits.

-      Tu peux faire un caprice toute l’après-midi, tu n’auras pas de biscuits avant le goûter ! me gronda ma grande sœur avant de sortir de la salle.

    Dès qu’elle eut disparu, je me relevai et lui tirai la langue. D’ordinaire, j’aurais pris une bonne claque sur le derrière pour avoir tiré la langue mais là, j’avais fait en sorte que Camille ne me voie pas ! Je pris une chaise de la cuisine que je collai au buffet. Je montai ensuite sur la chaise et me mis sur la pointe des pieds pour essayer d’attraper la boîte à biscuits. Malheureusement, je ne réussis qu’à la faire tomber sur le sol carrelé, la boite en porcelaine se brisant en mille morceaux ! Oh, malheur à moi !

Camille arriva dans la seconde qui suivit et me gronda, à la manière de maman :

-          Alice Marie Letilleul ! Je t’avais dit « non » ! Tu m’as désobéi ! Ne bouge pas de cette chaise !

Camille attrapa le balai et commença à nettoyer mes bêtises.

-          Qu’est-ce qui se passe ici ? demanda oncle Antoine, arrivant dans la cuisine.

  Oh, oh… je n’aime pas du tout quand mon oncle se mêle de mes affaires ! Cela se finit toujours mal pour moi !

-          Mon oncle, Lili n’en a encore fait qu’à sa tête ! expliqua Camille. Elle m’a fait un caprice pour des biscuits que je lui ai refusé avant le goûter, elle a voulu les attraper par elle-même malgré mon interdiction et maintenant, la boîte en porcelaine est fichue et les biscuits immangeables !

-          Si, on peut quand même les manger, contredis-je.

-          Si les biscuits contiennent des bouts de porcelaine cassés, nous nous blesserons en les mangeant ! m’expliqua Camille. Ils sont fichus ! Bonne-Maman a fait tout ça pour rien !

-          Si tu m’avais dit « oui », on n’en serait pas là ! rétorquai-je à ma sœur, bras croisés.

Le contour de la chaise dégagé grâce au coup de balai de Camille, mon oncle fonça sur moi et m’attrapa par le bras.

-          Ce n’est pas parce que tes parents ne sont pas là que tu as le droit de faire ce que tu veux et d’être capricieuse, Alice, me dit-il. Pour la peine, tu vas aller au piquet, réfléchir un peu à tes bêtises.

-          Non, je n’irai pas ! protestai-je.

-          Répète un peu ce que tu viens de dire ?! me gronda le prêtre. Ose le répéter que je te donne la fessée que tu mérites largement !

Je me tus, une larme coulant sur ma joue.

-          File au piquet tout de suite ! ajouta-t-il. Dépêche-toi !

J’obéis, surtout lorsque Camille ajouta que papa et maman allaient être bien en colère lorsqu’ils découvriraient que j’avais cassé la boîte à biscuits…

 

      Je restais de longues minutes au piquet. Lorsque j’en fus libérée, j’allai jouer avec Jacques et Clément dans le jardin jusqu’au goûter.

 

      Après celui-ci, je dus aller au bain mais je n’en avais aucune envie. Je voulais retourner jouer avec mes frères aux petits chevaux, jeu auquel nous jouions si bien et qui avait été interrompu par l’appel du goûter. En plus, j’étais en train de gagner !

-          Bien sûr que si, tu vas aller au bain ! me gronda Victor, à qui était revenue la corvée des bains.

-          Bien sûr que non ! soutins-je.

-          Que si !

-          Que non !

-          Que si !

-          Que non !

-          Ce n’est pas toi qui décides, Lili ! Alors tu vas monter prendre ton bain tout de suite !

-          Non ! campai-je.

Victor m’attrapa par le bras et me traîna jusque dans la salle de bains. Il me déshabilla de force alors que je me débattais dans tous les sens. Il me mit dans la baignoire et alors qu’il fût occupé à allumer l’eau, j’en profitai pour en sortir.

-          Lili ! Gronda-t-il.

Mon frère aîné me rattrapa in extremis à la sortie de la salle de bains et me gronda :

-          Ça suffit, j’appelle oncle Antoine !

-          Non Victor ! priai-je.

Trop tard, mon frère était déjà parti. Ne sachant que faire pour réparer ma bêtise, j’optai pour remonter dans la baignoire. Seulement, si je sais aisément en descendre, il est beaucoup plus difficile pour moi d’y monter ! Lorsque mon oncle arriva, j’étais grillée.

-          Voyez mon oncle ! dit Victor. Elle refuse de m’obéir !

-          Tu veux vraiment que je me fâche, Alice ?! me réprimanda mon oncle.

-          Non oncle Antoine !

L’abbé m’attrapa et me mit dans la baignoire.

-          Vaque à tes occupations, Victor. Je me charge de la douche de tes frères et sœurs.

-          Merci mon oncle, dit mon frère, soulagé.

Puis, oncle Antoine me regarda droit dans les yeux, pointant son index sur moi :

-          Tu arrêtes tout de suite tes bêtises, Alice ! Sinon je jure devant Dieu que je te donne la fessée !

-          Non, pas la fessée, oncle Antoine ! priai-je.

-          Tu en méritais déjà une après avoir cassé la boîte à biscuits, tu en méritais une deuxième après avoir fait tourner ton pauvre frère en bourrique : je ne laisserai pas passer une troisième bêtise ! Tu es prévenue, Alice !

 

Mon oncle m’aidait à enfiler mon pyjama lorsque Jacques déboula à toute vitesse dans la salle de bains :

-          Oncle Antoine, oncle Antoine !

-          Qu’y a-t-il mon grand ?

-          Rose et Léo sont en train de se bagarrer !

-          Quoi ?! Mais… et où sont Camille et Aliénor ?

-          Elles sont parties à la boulangerie, chercher du pain pour le dîner, comme vous le leur avez demandé !

-          Et Victor ?

-          Il a les mains prises par la lessive, répondit Jacques.

-          Mon p’tit Jacques, finit d’aider ta petite sœur à mettre son pyjama, veux-tu ?

-          Oui, oncle Antoine, répondit mon frère avant que nous le regardions sortir de la pièce à vitesse grand V.

 Grâce à Jacques, mon pyjama fût boutonné en un rien de temps et depuis la mezzanine, nous pûmes voir nos sœurs se faire gronder par oncle Antoine :

-          La violence est un péché et je suis extrêmement en colère contre vous ! Et je suis sûr que le Bon Dieu l’est aussi ! Filez au piquet et profitez-en pour réciter des prières au Seigneur, qu’il puisse vous pardonner d’avoir bafoué la paix !

Mes sœurs s’exécutèrent et oncle Antoine retourna dans la salle de bains pour s’occuper du bain de Clément.

 

      Au dîner, après avoir récité le bénédicité, oncle Antoine souhaita mettre les choses au clair :

-          Avec tout ce qu’il s’est passé cette après-midi, j’ai décidé que tous ceux que j’ai dû reprendre au moins une fois aujourd’hui, iront immédiatement se coucher à la fin du repas. Il s’agit de Rose, Augustin, Léonie, Gabrielle et Alice.

-          Mais oncle Antoine, tenta Léo, nous…

-          Je peux toujours donner la fessée au prochain qui contestera ma décision, annonça notre oncle. Je vous conseille donc de faire profil bas. Vous m’avez pris assez d’énergie pour aujourd’hui, je ne souhaite pas me mettre à nouveau en colère mais je le ferai s’il le faut !

Tout le monde se tut.

                                                                

      Victor et Nono vinrent me faire un câlin lorsque je fus couchée dans mon lit, prête à m’endormir. Ils me manqueraient cette semaine !

      Puis, après les prières et le câlin d’oncle Antoine, je sombrai vite dans les bras de Morphée !


A suivre...

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