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Un joli fantôme du passé (Chapitre 17)

 Ce chapitre a été écrit par Marie, une fan de ce petit blog. Malgré mes quelques commentaires et reprises, ce chapitre a été entièrement créé par elle. Je tiens donc à lui adresser mes plus sincères remerciements et ma reconnaissance pour s'être jetée à l'eau ! Je trouve son travail vraiment super ; et vous ?

Si vous aussi, vous voulez tenter d'écrire un chapitre d'une de mes histoires, n'hésitez pas à m'envoyer un mail, ce sera avec une immense joie !

Peace, L.P.



Jeudi 28 janvier

 

Je me retourne dans mon lit et cherche à trouver une meilleure position pour dormir ; mais il n’y a rien à faire : je suis bien réveillée. Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est ; cependant il doit encore faire nuit puisque pas un rayon de lumière ne passe à travers mes volets.

Immédiatement, l’envie de rejoindre Trent dans sa chambre s’empare de moi. Je ne suis pas certaine d’avoir la permission de quitter mon lit mais mon désir ne disparaît pas. Je tente sans succès de me rendormir, en pensant que je le retrouverai de toute façon dans quelques heures…mais c’est si bête de rester seule dans ce grand lit, alors que je pourrais, si je me levais, être dans les bras de mon copain ! Sans plus réfléchir, je quitte discrètement ma chambre et traverse le couloir en faisant le moins de bruit possible.

Le silence règne dans la maison, tout le monde semble dormir à poings fermés. Tant mieux ! Il me suffira de regagner ma chambre avant le petit matin et personne n’en saura rien. A pas de loup, je parviens jusqu’à la chambre de Trent dont j’ouvre doucement la porte : mon amour dort, étalé comme une étoile de mer dans son nouveau grand lit. Comment résister à la tentation ? Je referme la porte et m’approche doucement. Pour ne pas le surprendre, je lui caresse le bras et l’appelle à plusieurs reprises. Trent finir par remuer et ouvrir les yeux. Il sursaute quand il s’aperçoit de ma présence.

-      Honey ? Mais… mais… qu’est-ce que tu fais ici ? Tu as un problème ? demande-t-il en se relevant, un peu inquiet.

-      Non, non, aucun, j’avais juste envie d’être avec toi.

Trent sourit et me caresse les cheveux mais se reprend très vite.

-      Si ton père ou ton frère nous surprend, cela se passera très mal pour nous deux…

-      Tout le monde dort, t’inquiète ! Aller, fais-moi un peu de place.

-      Honey, tu es sûre de toi ? Je pense que c’est une mauvaise idée, on ferait mieux d’attendre d’avoir leur permission !

-      Personne ne nous a interdit de dormir ensemble. Tu as entendu mon père dire ça ? demandai-je à mon amoureux.

-      Il ne l’a pas dit clairement mais c’est sous-entendu…

-      Il n’a rien interdit et tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Maintenant laisse-moi un peu de place.

-      Honey… hésita Trent.

-      Oh, ne fais pas ton pénible ! Laisse-moi venir près de toi, j’ai froid !

Trent soupire et me laisse m’allonger à ses côtés. Ah, ses bras sont le meilleur refuge du monde ! Je voudrais y rester indéfiniment !

-      Honey, tu sais que rien ne me fait plus plaisir que d’être avec toi mais je persiste à dire que nous allons le regretter, s’inquiéta Trent.

-      Pour l’instant, moi, je ne regrette rien. Arrête de t’inquiéter comme ça, profite ! Alors, que penses-tu de ta nouvelle chambre ? 

Nichée contre son torse, je vois la poitrine de Trent se gonfler de bonheur.

-      Je ne me suis jamais senti aussi bien qu’ici, me répond Trent, souriant comme un enfant devant le sapin de Noël. C’est la première fois que j’ai une chambre rien que pour moi !

-      Je suis heureuse pour toi, dis-je sincèrement.

-      C’est complètement dingue ce que m’offre ton père ! C’est plus que tout ce que j’ai déjà eu dans toute ma vie ! La vie est tellement plus simple maintenant que je n’ai plus à travailler et à me battre pour tout ! Je n’ai plus à m’inquiéter de quoi que ce soit ! Ta maison est remplie d’amour, je ne savais pas que je pouvais avoir droit à autant de… autant de bonheur !

-      Tu mérites tout ça, tu sais, affirmai-je.

-      J’en sais rien… en tout cas, ton père est l’homme le plus bon et généreux que je connaisse !

-      Ouais, ouais, je sais… dis-je saoulée.

-      Honey, je sais que tu lui en veux pour hier soir…

-      C’est clair ! râlai-je.

-      Tu ne devrais plus jamais lui parler comme tu l’as fait, me conseilla Trent. Ton père cherche simplement à prendre soin de toi.

-      Tu cherches à me faire la morale, là ?! aboyai-je.

-      Non, pas du tout Honey ! Laisse tomber. Aller viens, on essaie de dormir un peu.

 

Trent met un réveil sur son téléphone pour que je puisse regagner ma chambre avant le lever familial et nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre.

 

Trois heures plus tard, j’ai rejoint mon lit et je tente de trouver à nouveau le sommeil. Heureusement, personne n’a remarqué mon escapade ! Qui sait, on pourrait faire ça toutes les nuits !

 

J’entends toquer à ma porte et beaucoup de lumière - trop de lumière ! -, entre dans ma chambre.

-      Zo, bonjour ma chérie ! Debout, c’est l’heure de se lever !

 

Je reconnais la voix enthousiaste de mon père alors que je me retourne dans mon lit en marmonnant. Pff, je me sens déjà épuisée ; la nuit a été courte malgré les consignes de mon père ; je n’ai pas eu mon compte de sommeil, il me manquerait une bonne heure pour me sentir vraiment en forme. Bref, trop tard, je me reposerai mieux ce soir !

J’enfile mon uniforme du lycée, effectue ma toilette matinale et descends prendre le petit-déjeuner. Comme à son habitude, Romain est déjà attablé, tartine beurrée en main. Trent aussi est là, paraissant moins fatigué que moi. Je l’embrasse discrètement et m’installe à côté de lui. Valentin nous rejoint, déjà habillé d’un costard cravate. Il demande à Trent s’il a passé une bonne première nuit sous notre toit ; bien que mon copain tousse en m’adressant un petit regard en coin, il ne dit rien de compromettant. Ouf !

Nous prenons un excellent petit déjeuner préparé par Loli puis Trent et moi partons pour le lycée, main dans la main. Je sens que je vais rapidement m’habituer à avoir mon petit ami toujours avec moi !

 

Dans la cour du lycée, nous retrouvons mes amies, Beverly, Hailey, June et surtout la pauvre Meredith, à laquelle je demande tout de suite des nouvelles.

Meredith sourit plutôt faiblement avant de me répondre :

-      Mon père m’a défoncée hier. Je n’ai pas très envie d’en parler…

June et moi décidons de ne pas insister car nous comprenons bien ce que peut ressentir Meredith.

-      Tout ça pour une heure de colle ? Tu ne trouves pas ton père un peu sévère ? questionne Hailey.

C’est sûr que pour quelqu’un comme Hailey, la scène d’hier a dû paraître tout droit sortie d’un mauvais film.

-      Que je trouve ça sévère ou non n’y change pas grand-chose, précisa Meredith.

Je tapotai le bras de Meredith en signe de soutien et d’un regard, je demandai à Hailey de changer de sujet.

-      D’ailleurs, ton père ne t’a pas trop engueulée pour la matinée d’hier ? me demande alors June.

-      Oh, il m’a enlevé mon…

Mais je n’eus pas le temps de m’étendre plus longuement sur le traitement de mon père : la sonnerie retentit et nous dûmes rejoindre notre salle de classe, ce qui m’arrangea bien.

Les heures de cours me parurent bien plus longues que d’habitude, certainement à cause de ma fatigue. Je peinais à suivre toutes les explications des professeurs et Trent fut obligé de me pousser le coude à plusieurs reprises pour que je ne perde pas le fil du cours.

 

Pour la dernière heure de la matinée, nous retrouvions Mr Giullian, notre cher professeur de civilisation européenne. Mes amies et moi avions décidé de lui demander en fin d’heure de bien vouloir changer notre note au devoir sur la fête de Pâques. La confrontation prévue par le Principal n’avait pas encore eu lieu mais Meredith, June et moi en particulier ne supportions déjà plus de voir apparaître un D- dans notre beau dossier scolaire. Hailey fut la première à prendre la parole :

-      Monsieur, nous souhaiterions vous parler s’il vous plaît.

Notre professeur leva la tête vers nous et m’adressa un regard satisfait. Il devait savoir que j’avais été collée en raison de notre dernière altercation. Je déteste vraiment ce prof !

-      Je vous écoute mesdemoiselles, déclara-t-il.

-      Eh bien voilà, commença Hailey, cela concerne notre devoir sur la fête de Pâques, vous savez que…

-      Je ne reviendrai ni sur ma décision, ni sur votre note, trancha Mr Giullian. Pas avant d’avoir rencontré le principal à ce sujet. Il n’y a rien à dire de plus.

Je sentis instantanément la colère monter depuis mes entrailles, tellement ce type me sortait par les yeux !

June, qui remarqua que j’étais en train de monter en pression, tenta d’apaiser la situation avant qu’elle ne s’envenime encore davantage.

-      Monsieur, nous faisons très attention à nos notes, vous savez, expliqua-t-elle. C’est très important pour nous ! Vous pouvez être certain que nous n’avons pas triché sur notre précédent devoir ! Nous sommes très ennuyées d’avoir un D alors que nous avions beaucoup travaillé… Nous voudrions simplement que…

-      Je vous ai déjà dit non ! coupa le prof. Je ne changerai pas d’avis ! Vous attendrez que l’on puisse rencontrer le principal, ce qui devrait prendre un peu de temps, puisqu’il n’a pas que votre cas dans son planning ! Je suis enseignant, je dirige mes classes et ma propre façon de noter ! Je ne pense pas, de toute façon, revenir sur votre résultat, quoi qu’en dise mon supérieur. Maintenant, vous devriez rejoindre la cantine pour votre repas.

Mes amies, découragées, commencèrent à tourner le dos au bureau pour sortir de la salle ; mais pour moi, c’en était trop. Pour qui se prend ce prof de pacotille ?!

-      Et il ne vous arrive jamais de vous tromper, Monsieur ?! insistai-je. Vous ne faites jamais d’erreur ?! Vous ne pouvez tout simplement pas reconnaître que vous avez eu la main trop lourde sur notre devoir, changer notre note, et on n’en parle plus ?!

-      Mademoiselle Duhamel, qui êtes-vous pour discuter de mes méthodes pédagogiques ?! rétorqua Mr Giullian.

-      Ce n’est pas ce que je fais, j’essaie simplement de comprendre pourquoi vous ne voulez pas reconnaître que vous avez fait une erreur de jugement ! insistai-je. J’ai l’impression de connaître davantage de choses que vous sur le sujet ! Enfin, c’est l’impression que vous donnez plutôt ! D’ailleurs, c’est un peu embêtant vu que vous enseignez cette matière ; si on peut appeler ça enseigner !

Beverly poussa un hoquet de surprise et toutes mes amies retinrent leur souffle. Trent, qui nous avait rejoint, saisit ma main pour me faire sortir de la salle et serra mon poignet au point de me faire mal.

Notre professeur resta très calme, souriant, comme s’il n’attendait que ça : que je perde le contrôle de mes nerfs et que je me montre insolente.

-      Bien, mademoiselle Duhamel. Parfait ! Pour votre insolence, vous ferez tous les exercices de la page 112 du manuel pour demain, sur feuille ; ils seront notés ! De plus, je vais demander un rendez-vous avec votre père, cela devrait l’intéresser de connaître la manière dont sa fille se permet de s’adresser à l’un de ses professeurs ! Maintenant, dehors ! Sortez tous ! Sauf si quelqu’un d’autre est tenté par le même traitement que celui réservé à mademoiselle Duhamel…

Personne ne se le fit dire deux fois. Je suivis mes amies et Trent dans le couloir, choquée par ce que je venais d’entendre, et déjà terrifiée à l’idée de ce que mon père allait en penser.

 

A la cantine, malgré tous les mots réconfortants de mes amies, rien ne parvint à me rendre le sourire. En plus de ma fatigue, j’avais récolté une punition et un tête-à-tête entre le pire professeur du lycée et mon père. Je vais prendre une sacrée bonne raclée…

 

Je ruminais mes mauvaises pensées jusqu’à la fin des cours, et bien qu’on me rende encore d’excellentes notes, je savais que cela ne suffirait pas à faire oublier à mon père que sa fille avait été insolente.

 

Trent et moi quittâmes nos amies pour rejoindre la maison, où Loli nous avait préparé un excellent goûter : un gâteau au chocolat, des biscuits au miel, tout ça servi avec du jus de fruits. Trent n’en revenait pas de sa chance, alors que j’ai l’habitude des bons petits plats et des pâtisseries de notre domestique. J’oublie parfois mes privilèges !

 

Lorsque Romain rentra à la maison, il était presque dix-huit heures. Trent avait fini ses devoirs et lisait un bouquin à côté de moi pendant que je réalisais les exercices (très longs) de mon professeur de civilisation européenne, sur la table du salon. Romain m’embrassa sur le front et jeta un regard à ce que je faisais. Zut, je sentais les problèmes arriver…

Après nous avoir demandé comment avait été notre journée, Romain m’interrogea :

-      Zo, tu bosses sur quoi ?

Je soupirai, gênée à l’idée de devoir entrer dans les détails.

-      C’est de la civi européenne, rien d’intéressant : c’est même très chiant !

-      C’est ta troisième copie double ?! s’intrigua mon frère. C’est énorme non ? C’est à rendre pour quand ? J’espère que tu ne t’y prends pas au dernier moment !

Je m’abstins de répondre : d’abord parce que je ne savais pas quoi dire, ensuite parce que je risquais de m’énerver.

Cela ne plut pas à mon frère, qui décida d’insister :

-      Zoé, tu me réponds quand je te parle.

-      C’est un DM, Romain, laisse tomber.

-      Non, je ne laisse rien tomber du tout ! Trent, tu as terminé le tien, je suppose, puisque tu bouquines un peu ?

Trent releva la tête de son livre et m’adressa un regard inquiet.

-      Euh… ben en fait…

-      Il y a un problème ? persista Romain.

Je ne voulais pas que mon frère s’en prenne à mon copain. Il n’avait rien fait, le pauvre !

-      Laisse-le tranquille, Romain ! intervins-je. Je te dis qu’il n’y a rien ! Lâche-nous !

-      Tu ne me parles pas comme ça, Zoé ! Il est à rendre quand, ce fameux DM ?!

-      Demain, mentis-je.

-      Et on te l’a donné quand ?!

Je restai silencieuse, sachant très bien que mes explications piétinaient.

-      Zoé, tu me réponds quand je te parle ! gronda Romain. J’espère vraiment pour toi que tu ne fais pas ce devoir à la dernière minute !

-      On me l’a donné aujourd’hui !

-      Arrête de me mytho : aucun professeur ne donne à ses élèves un devoir long de dix exercices, qui tient sur plus de deux copies doubles, du jour au lendemain ! Explique-moi tout de suite ce qui se passe, parce que cela va mal aller !

-      Romain, putain, je te dis que c’est rien ! m’énervai-je. Je n’ai pas besoin de toi, je me débrouille, alors laisse-moi tranquille ! Si tu ne sais pas quoi faire, trouve-toi une copine ! Au moins, tu me lâcheras la grappe !

Je sus avant de terminer ma phrase que j’avais dépassé les bornes des limites. Mon frère allait me tuer. Encore une fois, je n’étais pas parvenue à me contrôler…

-      Trent, tu nous excuses quelques minutes, s’il te plaît ? s’enquit Romain.

Mon copain m’envoya un regard désolé alors que mon frère m’attrapait par le bras et m’entraînait dans ma chambre dont il claqua violemment la porte. Il s’assit ensuite  immédiatement sur mon lit et m’allongea sur ses genoux après avoir baissé mon pantalon et ma culotte. Il commença alors à claquer mes fesses très fort et très vite.

-      Tu es dans de très sales draps, petite sœur ! me gronda Romain. Je vais te faire passer l’envie de me parler comme ça ! Tu t’es crue où, là ?! 

Je gigotais dans tous les sens pour tenter de m’échapper mais mon frère me retenait par la taille. Il réussit à m’arracher des gémissements que je tâchais d’étouffer du mieux que je pouvais : mais c’était bien trop douloureux.

Je finis par fondre en larmes. Les ennuis ne faisaient que commencer : quand mon frère m’estimera assez punie, il voudra connaître la raison de mon devoir de civilisation européenne. Je savais très bien que je devrai finalement tout lui raconter, et que quand il saurait pour mon insolence envers mon professeur, il me faudrait une nouvelle paire de fesses pour remplacer la mienne.

Mon frère ne prêta nullement attention à mes sanglots et mes supplications. Il continua de frapper mes fesses avec la régularité d’un métronome. C’était trop de douleur pour moi : je décidai de lâcher le morceau.

-      Romain, stop, s’il te plaît, je suis désolée, je regrette !

Romain cessa immédiatement mais ne me libéra pas pour autant. Je sentais que sa main était prête à redémarrer au quart de tour.

-      Tu es désolée pour quoi ?

-      Pour… pour t’avoir mal parlé, je suis vraiment désolée.

-      C’est un premier pas ! J’accepte tes excuses ! Cependant, tu dois encore m’expliquer ce qui se passe avec ton devoir !

-      Romain, s’il te plaît… priai-je en sanglotant.

-      Je t’écoute ! gronda mon frère.

-      Je… j’ai mal parlé à mon professeur de civilisation européenne, parce qu’on n’était pas d’accord sur une note, tu sais… comme la dernière fois… enfin… euh… je lui ai mal répondu, et il m’a donné un devoir supplémentaire, avouai-je tremblante.

-      Eh bien bravo Zoé, c’est fantastique ! ironisa Romain. Tu n’es pas d’accord avec un professeur sur une note donc tu te permets de mal lui parler ; ce même professeur avec qui tu as déjà eu des problèmes il y a deux jours ! Tu cherches quoi ?! Un avertissement dans ton dossier ?! Un blâme ?! Tu veux vraiment renouveler tes exploits de l’an dernier en France ?! Si c’est le cas, continue, tu es sur la bonne voie !

Mon frère m’ordonna de me relever. Surprise, j’obtempérai immédiatement. Trop soulagée, je quittai ses genoux et commençai à me rhabiller ; mais Romain m’arrêta avant que ma culotte ne soit remontée.

-      On n’a pas fini de discuter, tous les deux. Tu n’as rien d’autre à me dire, par hasard ?

Je sonde le regard impénétrable de mon frère mais je n’y perçois rien de particulier. Malgré sa colère, Romain est toujours très fort pour maîtriser ses émotions. Il me donne une nouvelle claque sur les fesses.

-      Aïe ! accusai-je. Non, je ne vois pas de quoi tu parles.

-      Ah oui ? s’étonna mon frère. Tu ne vois pas de quoi je parle ? Dis-moi, Zoé, tu as passé une bonne nuit ?

Oh mer***. Non, non, non… Il ne peut pas être au courant de ça… !

-      Pourquoi deviens-tu toute rouge, petite sœur ? Il y a un problème ?

-     

-      Eh oui, avoua mon frère, je sais que tu as rejoint Trent dans sa chambre cette nuit et que tu as regagné ton lit avant le réveil de papa ! Tu as été très discrète, bravo ! Seulement, pas de chance pour toi, j’étais levé plus tôt : je voulais travailler un peu avant le petit-déjeuner et je t’ai entendue marcher dans le couloir !

Je baisse la tête, paniquée. Mon frère va tout raconter à mon père et je vais me faire dégommer, c’est certain ! Moi qui pensais avoir si bien réussi ma petite escapade…

-      Tu as une soirée difficile en perspective, Zoé, parce que papa va déjà te démonter pour l’altercation avec ton professeur, alors quand il saura qu’en plus, tu dors avec ton petit ami sans sa permission, ça va mal aller !

-      Papa ne m’a pas formellement interdit de dormir avec Trent ! protestai-je. Alors raconte-lui ce que tu veux, je m’en fiche !

-      On verra ça, soutint Romain.

-      Oui, on verra ça ! insistai-je non sûre de moi.

On sentait percer la panique dans ma voix, une véritable panique, que je parvenais difficilement à maîtriser. Mon père est un homme rempli de principes, il sera déjà furieux pour ce qui s’est passé aujourd’hui avec mon prof, pas besoin que Romain en rajoute une couche !

-      Bien, rhabille-toi.

Je remonte mes vêtements en essayant d’arrêter de pleurer, mais la panique à l’idée de me confronter à mon père a raison de moi.

 

Mon frère quitte ma chambre sans une parole de plus. Une boule d’angoisse se forme dans mon ventre à la pensée que mon père sera bientôt à la maison. Il va me tuer à cause de ce qui s’est passé aujourd’hui au lycée…

Je tente de sécher mes larmes retourne dans le salon pour récupérer mes affaires. Trent n’y est pas, il a dû rejoindre sa chambre. Je décide de terminer mon devoir (ce qui me prend encore quelques minutes) avant d’aller retrouver mon copain en espérant qu’il saura me consoler et me rassurer.

 

Trent est en effet dans sa chambre, allongé sur son lit, livre en mains. Il se redresse dès qu’il me voit entrer. Il se rend bien compte, à mes yeux encore rouges, que je viens de passer un mauvais moment.

-      Honey, ça va ?

-      Non… répondis-je. En plus de la dérouillée que vient de me donner mon frère, ce crétin sait que j’ai dormi avec toi cette nuit et il va tout raconter à mon père…

-      Oh non… tu… tu as essayé de le faire changer d’avis ?

-      C’est peine perdue, mon frère raconte toujours tout à papa.

Je m’allongeai à côté de Trent, sur le ventre bien sûr, et posai la tête contre son torse. Le rythme de son cœur parvint à m’apaiser légèrement.

-      Tout ira bien, Honey. Déjà, tu ne viendras plus dans ma chambre la nuit avant d’avoir la permission de ton père. Comme ça, tu ne te retrouveras plus dans cette situation. D’ailleurs, on pourrait dire à ton père que c’est moi qui t’ait demandé de venir !

-      C’est adorable mais non, tranchai-je. C’était mon idée, j’assumerai.

-      Zoé, je te jure, cela ne me dérange pas !

-      Non, insistai-je. D’abord, ni mon père ni mon frère ne te croiront, ils me connaissent. Et puis tu n’y es pour rien, alors non.

Trent insista encore, je le fis taire d’un baiser. J’ai vraiment de la chance d’avoir un copain aussi attentionné !

 

Je restai avec lui jusqu’à l’heure du repas. Nous descendîmes ensuite tous les deux pour aider à mettre la table. Romain était aussi dans la cuisine, il semblait avoir un peu décoléré. En tout cas, c’est l’image qu’il donnait, discutant tranquillement avec Loli.

 

Alors que le repas était prêt (pâtes carbonara, miam !), mon père franchit le pas de la porte d’entrée. Je sentis ma boule d’angoisse doubler de volume dans mon ventre et ma faim disparut aussitôt. Je lançai un  dernier regard désespéré à mon frère mais il dodelina de la tête et se dirigea droit sur mon père.

-      Bonsoir tout le monde ! Comment ça va ?

-      Bonsoir Monsieur, répondit poliment Trent.

-      Je t’ai déjà dit d’arrêter de m’appeler Monsieur, répliqua papa à mon petit ami. Appelle-moi Valentin, ce sera très bien !

-      Bonsoir papa, enchaînai-je, tu as passé une bonne journée ?

-      Oui, excellent ! répondit le PDG. A un détail près.

Mon père me désigna alors du regard.

 

-      Nous allons avoir une sérieuse discussion tous les deux, après manger.

Génial.

-      A ce sujet, j’ai quelque chose à te dire, commença mon frère.

-      Je t’écoute, dit attentivement mon père.

Tandis que nous nous installons à table, mon frère raconte toute l’histoire à mon père :  le fait que j’ai rejoint Trent la nuit (ce qui équivaut pour lui à une désobéissance) et le fait que j’ai fait exprès de rejoindre mon lit avant leur réveil (ce qui équivaut pour lui à une trahison).

Mon père, qui était en train de servir les pâtes et la sauce, m’interrogea :

-      Zoé, c’est vrai ?

-      Oui, mais…

-      Stop. Nous en parlerons tout à l’heure.

Mon père ne semblait ni étonné, ni déçu, ce qui me fit de la peine. C’était comme si mon père n’était plus surpris de rien avec moi.

-      Trent, il faudra que l’on discute également tous les deux.

-      Papa, je t’assure que c’était mon idée, à moi toute seule, je…

-      J’ai dit « stop » Zoé, insista mon père. Romain, merci de m’avoir passé l’information. Je suis très content que tu accordes autant d’intérêt et de temps à tes études en te levant tôt, mais prends aussi le temps de t’amuser et de te détendre, c’est important. Il n’y a pas que les études dans la vie, et tu n’as pas besoin de te lever à l’aube pour travailler !

Je lançai un petit regard à mon frère, histoire de voir ce qu’il en pensait mais il n’eut aucune réaction visible.

 

Une fois nos assiettes remplies, mon père nous demanda, chacun notre tour, de raconter notre journée. Lorsque ce fut à moi, je commençai par annoncer les bonnes notes que j’avais obtenues aujourd’hui et je fus chaleureusement félicitée par Valentin. Je décidai alors de revenir sur l’incident avec mon professeur de civilisation européenne, mais mon père me coupa aussitôt :

-      J’ai reçu un mail de ton professeur. Je le rencontre demain soir. Je te préviens, il est extrêmement mécontent et moi aussi. Nous en parlerons tout à l’heure, comme je te l’ai dit.

Mon père demanda ensuite à Trent s’il avait passé une bonne journée au lycée.

-      Excellente, mons…euh… Valentin, merci. J’ai eu quinze en philosophie et seize en physique-chimie.

-      Bravo, c’est vraiment très bien ! J’espère que maintenant que tu n’as plus qu’à t’occuper de tes études, tu pourras toujours avoir d’aussi bons résultats, voire de meilleurs !

Trent allait donc connaître également la surveillance accrue mais bienveillante de mon perfectionniste de père. Il n’avait pas de raison de s’en faire, mon copain est un très bon élève, sauf peut-être en histoire – mais il peut largement progresser !

Je me forçai un peu à manger malgré mon manque d’appétit, d’abord pour faire honneur au travail de Loli, et aussi pour ne pas attirer davantage l’attention sur moi. Cependant, après avoir avalé un yaourt et partagé une pomme avec Trent, il fallut bien se lever. Alors que je m’emparais des verres pour aider à débarrasser, mon père m’arrêta.

-      Nous débarrasserons sans toi ce soir, Zoé. Je veux que tu montes dans ta chambre et que tu m’y attendes, j’ai à te parler.

Ma boule dans le ventre surgit à nouveau, prête à exploser. Je reposai doucement les verres sur la table et avant que je ne quitte la pièce, Trent serra ma main pour m’assurer son soutien et m’encourager.

 

J’attendis mon père durant des minutes qui me parurent interminables, allongée sur mon lit, priant pour qu’il ne soit pas trop énervé… et pas trop déçu… maudissant mon frère qui ne savait pas tenir sa langue. Je suis (presque) sûre que Manon n’aurait rien dit ; mais pour ça, je ne peux jamais compter sur mon frère !

Mon père toqua avant d’entrer et de refermer aussitôt la porte. Il vint s’asseoir près de moi sur mon lit tandis que je me redressais.

-      Papa, je suis désolée, vraiment ! Je ne voulais pas…

-      Contente-toi de répondre à mes questions, me coupa mon père. Parlons d’abord de ce problème avec ton professeur. Explique-moi ce qu’il s’est passé : je voudrais avoir ta version.

Je tâchai de raconter à mon père la raison de ma colère contre Monsieur Giullian sans chercher à minimiser mon insolence : mon professeur avait sûrement déjà tout raconté à mon père dans son mail…

-      Tu sais très bien qu’il ne faut jamais s’adresser de cette manière à un enseignant, gronda doucement papa. Tu l’as déjà insulté il y a deux jours, et aujourd’hui tu te permets d’être insolente ! J’ai compris que tu n’étais pas d’accord avec son avis sur votre devoir, j’ai compris que tu étais déçue de ta note ; mais ce n’est pas en s’y prenant comme ça que tu obtiendras ce que tu veux ! C’est même tout le contraire : maintenant, tu as un professeur furieux contre toi ! Ce sera beaucoup plus compliqué de le faire changer d’avis ! Au lieu de te mettre en colère, comme tu le fais trop souvent, tu aurais dû argumenter, expliquer, justifier ta position ! Ou simplement attendre le rendez-vous avec le principal ! Est-ce que tu comprends ?

-      Oui je comprends…

Mon impulsivité m’attirera donc toujours des ennuis.

-      Je le rencontre demain soir à dix-sept heures trente, poursuivit papa. Je veux que tu viennes au rendez-vous avec moi. Tu présenteras des excuses à ton professeur et…

-      Ah non ! m’exclamai-je. Jamais ! Pas question ! Il aurait gagné !

-      Zoé, ne me coupe pas la parole ! reprit Valentin. Tu présenteras des excuses à ton professeur - sinon cela ira très mal, mais alors vraiment très mal ! Je ne te laisse pas le choix ! Et en fonction du rendez-vous de demain, je déciderai d’une punition adéquate. Pendant qu’on y est, tu n’as rien d’autre à me dire en ce qui concerne ton comportement avec Monsieur Giullian ? Depuis le début de l’année ?

-      Non, papa, rien…

-      Il vaudrait mieux que je ne découvre rien de nouveau demain, Zoé, me menaça-t-il.

J’acquiesçai  silencieusement. 

-      Bien.

-      Je… je ne suis pas punie ?

-      Si, évidemment. Il n’y a aucune bonne raison de se montrer insolente envers son professeur, donc tu vas prendre une bonne fessée dès qu’on aura terminé notre conversation. Mais je voudrai d’abord que l’on discute de ce qu’il s’est passé cette nuit.

Je baissai la tête. Mon explication n’allait pas tenir dix secondes face à l’implacabilité de mon père.

-      Tu as donc décidé de rejoindre Trent cette nuit sans ma permission.

-      Tu ne me l’avais pas interdit ! protestai-je.

-      C’est exact. Pourquoi ne pas m’avoir demandé hier soir si tu pouvais dormir avec Trent ? Pourquoi l’avoir fait en cachette ? Pourquoi avoir regagné ta chambre au petit matin avant que je ne sois levé ?

Je ne savais pas quoi répondre. Je n’avais simplement pas su résister à la tentation. Mon père insista :

-      Réponds-moi, Zoé, tu me dis que je ne t’avais pas interdit de rejoindre Trent, c’est vrai. Mais je veux savoir pourquoi tu l’as fait en cachette, puisque ce n’était pas interdit.

Mon père laissa planer un silence lourd de sens, avant de reprendre.

-      Explique-moi, Zoé, parce que je ne comprends pas. Avant, tu voyais ton copain à l’école. Maintenant, il vit ici. Tu le vois donc tous les jours, le matin, l’après-midi, le soir. La seule chose que je n’ai pas autorisée, c’est de dormir avec lui, parce que tu es ma fille et que je cherche à te protéger. C’est normal en tant que père.

-      Je… je ne sais pas… j’avais envie d’être avec lui, alors je l’ai fait…

-      Tu dois apprendre à réfléchir un peu, avant d’agir. D’accord, tu avais envie d’être avec Trent mais tu devais bien te douter que cela risquait de t’apporter des ennuis. Pense aux conséquences de tes actes avant de foncer tête baissée. En plus, Zoé, tu sais que tu as besoin de beaucoup d’heures de sommeil pour être au maximum de tes capacités la journée. Pour couronner le tout, j’ai appris cette bêtise de la bouche de ton frère, ce qui veut dire que tu fais les choses dans mon dos et qu’ensuite tu me mens.

-      Romain n’avait rien besoin de te dire, c’est un…

-      Ton frère s’inquiète beaucoup pour toi, coupa mon père. Il ne veut que ton bien. Il n’a pas pu te protéger pendant toutes ces années car tu n’étais pas là… C’est pareil pour moi : je ne t’ai pas vue grandir, ta mère m’a privé de ce privilège. Je n’étais pas là pour tes premiers pas, tes premiers mots, ta première rentrée. Je n’ai pas pu te voir devenir une petite fille, puis une adolescente, et maintenant tu grandis encore. Tu seras bientôt une femme, et j’ai l’impression d’avoir manqué toutes les étapes. Alors j’ai besoin de temps, pour accepter que tu n’es plus une petite fille, que tu as un copain et que tu veux passer du temps avec lui le jour… et la nuit aussi. Tu comprends ça, n’est-ce pas ?

-      Oui… oui je comprends papa, dis-je. En revanche, j’en ai marre que tu ressasses toutes ces années où je n’étais pas là. Vous en avez souffert Manon, Romain et toi ; et la famille aussi ! Mais moi aussi, j’en ai souffert, papa ! Tu penses que je n’ai jamais rêvé d’avoir mon papa qui vienne me chercher quand je dormais dehors ?

-      S’il te plaît, Zo, arrête. Ça me fait trop mal au cœur d’entendre ça…

-      Désolée papa, m’excusai-je. Je voulais juste dire que je sais que vous ne m’avez pas vue grandir, mais ça a été pareil pour moi. Concentrons-nous sur ma présence d’aujourd’hui et non sur mon absence passée. Ok ?

-      Ok, conclut papa.

Cependant, ses mots m’avaient touchée. J’aimerais que mon père me voit comme une adulte et m’accorde la même autonomie qu’à Romain ou Manon, mais je sais que c’est difficile pour lui de se de rendre compte que je grandis, que je change, et mes envies et besoins aussi.

-      Pour que les choses soient claires, à partir de maintenant tu as interdiction de quitter ton lit la nuit tant que tu n’as pas ma permission officielle. Si tu recommences, tu ne pourras plus t’asseoir pendant plusieurs jours, et je ferai mettre une alarme à ta porte ; comme ça au moins je serai au courant si tu décides de n’en faire qu’à ta tête. C’est compris ?

-      Oui papa.

-      En ce qui concerne tes difficultés avec Monsieur Giullian, nous en reparlerons demain, selon comment se déroulera le rendez-vous. Je te rappelle que je veux que tu lui présentes tes excuses, et des excuses respectueuses et polies. C’est clair, Zoé ?

-      Oui…papa, obtempérai-je.

Dans ma tête, je réfléchissais déjà à comment éviter cette humiliation. Mon prof serait bien trop content de lui s’il obtenait mes excuses !

-      Parfait. Maintenant, tu vas prendre une fessée magistrale pour te faire passer l’envie d’être insolente envers tes professeurs.

Mon père ne me laissa pas le temps de comprendre ce qui se passait. D’un geste puissant, en saisissant mon poignet, il m’allongea sur ses genoux et commença immédiatement à me fesser. Malgré mes vêtements, ses claques me faisaient un mal de chien, après le passage de mon frère. Je gémissais et pleurais en gigotant, même si j’étais en colère contre mon père : on ne m’enlèvera pas de la tête que Monsieur Giullian méritait d’être remis à sa place. Il s’agit maintenant de réussir à le faire d’une manière qui m’apporte moins d’ennuis.

Néanmoins, la Zoé raisonnable laissa place à une Zoé suppliante lorsque mon père abaissa mes remparts jusqu’à mes genoux. Sur ma peau nue, je sentais bien plus violemment les coups et j’avais de plus en plus de mal à les encaisser. Mon père avait vraiment une main épaisse qui s’avérait être très douloureuse quand il le voulait. Je peinais à ne pas m’agiter et malgré mes efforts, il me fallut peu de temps avant de crier et de supplier mon père, qui n’en eut cure. Au bout d’une dizaine de minutes (c’est parfois tellement long, dix minutes !), enfin, mon père m’ordonna de me relever. Mais ce n’était pas fini.

-      Va chercher ta brosse, Zoé.

-      Oh non, papa, pitié, pas la brosse ! J’ai compris, je te jure, je…

-      Zoé, je ne me répéterai pas, tu ne me feras pas changer d’avis, alors va chercher ta brosse, qu’on en finisse vite.

Mon père était d’un calme olympien, je compris que je n’avais aucune marge de négociation. À contrecœur, j’obtempérai en maudissant ma façon de démarrer au quart de tour à chaque fois. 

Je tendis ma brosse à mon père, qui se releva de mon lit et me cala sous son bras. C’était la première fois que j’allais prendre des coups de brosse sur ma peau nue, et je m’attendais à ce que cela soit très douloureux.

Mon père me donna un premier coup.

-      Ouille ! Non, non, papa, je t’en supplie, arrête…

-      C’est parfaitement mérité et tu le sais, déclara Valentin d’un ton glacial.

Mon père me donna encore une dizaine de coups avant que je ne trépigne littéralement sur place de douleur. Cela faisait bien trop mal, et je ne pouvais rien faire pour empêcher la brosse de me meurtrir davantage les fesses. Je pleurais tout ce que je pouvais mais mon père ne s’arrêta qu’au bout d’une cinquantaine de coups. Il me relâcha enfin et jeta ma brosse sur mon lit.

Le PDG me laissa reprendre mon souffle et m’ordonna de me rhabiller, ce que je fis difficilement, puis il me prit dans ses bras un court instant.

-      Je ne veux plus avoir à te punir comme ça, Zoé ! En ce moment tu fais n’importe quoi, il faut que tu arrêtes ! Contrôle tes nerfs et tu verras que tout ira beaucoup mieux.

Je sanglotais contre son épaule, prenant tout le réconfort que je pouvais.

-      Aller, c’est fini mon cœur. Je te laisse te préparer pour dormir. Je viendrai te border.

Lorsque mon père quitta la pièce, il me fallut quelques longues secondes pour essuyer mes larmes. Puis, je décidais d’aller prendre une douche très rapide pour apaiser le feu sur mes fesses et d’enfiler mon pyjama. J’étais maintenant très fatiguée, je voulais seulement dormir, oublier cette mauvaise journée et passer à autre chose demain matin.

Allongée sur le ventre (la seule manière de ne pas avoir trop mal), je m’apprêtais à éteindre ma lumière lorsque j’entendis des coups à ma porte. Je m’attendais à voir entrer mon père mais c’était Trent. Je souris faiblement.

-      Tu as le droit d’être là ? demandai-je.

-      Oui, j’ai la bénédiction de ton père, me rassura Trent. De toute façon, je n’aurais pas le courage de lui désobéir pour le moment. Je passe juste te dire bonne nuit. Ça va ?

Je haussai les épaules. Trent vint s’asseoir au bord de mon lit et me caressa doucement les cheveux.

-      Ce n’est plus qu’un mauvais souvenir.

-      Un souvenir extrêmement douloureux, dis-je. Et demain, après le rendez-vous avec notre prof, mon père va me tomber dessus, c’est certain ! Il veut que je m’excuse ! M’excuser, tu te rends compte ?!

-      Je pense qu’il a raison, cela calmera le prof et il pourra enfin changer votre note !

-      Non, jamais de la vie je ne m’abaisserai à ça ! Jamais !

-      Moi aussi je te mettrais une fessée à la place de ton père, si tu ne t’excuses pas ! gronda Trent. C’est la meilleure chose à faire…

-      Ben ça me saoule ! râlai-je. Manon a bien de la chance, elle n’est là que le week-end, elle n’a pas à supporter papa et Romain tous les jours !

-      Arrête Zoé, lâcha Trent d’un ton dur.

A l’intonation de sa voix, je compris que Trent ne plaisantait pas. Je me retournai pour le fixer dans les yeux.

-      Ben quoi ?

-      Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as d’avoir un père et un frère comme Valentin et Romain.

-      La chance ? La chance ?

-      Oui, la chance, Zoé ! D’accord, ils sont stricts mais c’est pour te protéger, pour que tu grandisses bien, en respectant l’autorité, avec des valeurs, des principes ! Ils sont toujours là pour toi, quoi que tu fasses. D’accord, ton frère n’est pas toujours très tendre mais il t’adore, ça se voit à dix mille, il ferait n’importe quoi pour toi ! Et ton père, oui, il se montre très sévère avec toi et il ne te passe jamais rien mais tu es sa fille, sa fille qu’il n’a pas vu grandir…

-      Oh, arrêtez tous avec ça ! coupai-je, agacée.

-      …il veut le meilleur pour toi, continua Trent en ignorant ma réplique. Je donnerais n’importe quoi pour avoir une famille comme la tienne, même si cela signifie que parfois, je me ramasse une bonne fessée parce que j’ai déconné. J’ai grandi dans une caravane ! Je n’ai jamais été autant en sécurité qu’ici. Ta maison respire l’amour, le respect et le bonheur. Oui, tu as mal aux fesses, mais cela ne change rien. Rends-toi compte de la chance que tu as, Zoé.

Le discours légèrement moralisateur de mon petit ami m’avait laissée sans voix. Dans le fond, je savais qu’il n’avait pas tort, loin de là, mais j’avais un peu trop mal aux fesses pour accepter de le reconnaître ; je préférai changer de sujet.

-      Au fait, mon père voulait te parler, il t’a dit quoi ?

-      Il m’a simplement expliqué qu’il ne voulait pas, pour le moment, que l’on dorme ensemble, qu’il ne se sentait pas prêt, qu’il fallait qu’on prenne le temps. Et il a raison. J’ai adoré dormir un peu avec toi mais plus de sortie en douce la nuit. Pas tant que ton père ne sera pas d’accord.

-      Tu as raison. Mais je vais essayer de parler avec ma sœur, elle pourrait faire changer mon père d’avis. On ne sait jamais.

-      Ne t’attire pas d’ennuis, Honey. En plus, ton père peut être très impressionnant, inutile de se faire trop remarquer.

Je souris puis baillai longuement.

-      Je te laisse dormir, tu as l’air crevée. On se voit demain, repose-toi bien. Je t’aime.

-      A demain, dors bien toi aussi, je t’aime aussi.

Trent déposa un baiser dans mon cou puis se retourna pour rejoindre sa chambre.

 

Mon père vint me border quelques minutes plus tard, il me souhaita une bonne nuit et me dit qu’il m’aimait. Je l’embrassai sans lui répondre. Il est parfois douloureux de reconnaître que les autres ont raison.

Je m’endormis très vite sans même m’en rendre compte.

Commentaires

  1. Effectivement, je trouve ce chapitre très sympa moi aussi. Bravo Marie. J'adorerais écrire un chapitre moi aussi, et si j'aime beaucoup écrire je n'ai malheureusement pas suffisamment d'inspiration/imagination. Bravo en tout cas. Déjà hâte de lire la suite des aventures de Zoé

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    1. Merci Juju ! Oui, Bravo Marie !
      Tu peux te lancer, si tu veux on peut en discuter par mail :)
      Tant mieux si tu as hâte ; surtout que les aventures de Zoé s'annoncent très rebondissantes !

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