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Journal d'une étudiante accueillie - Chapitre 102 (1ère partie)


 Dimanche 26 janvier 2020


    J’étais la première à me réveiller ce matin. Lorsque je descendis dans la cuisine, je découvris mes parents enlacés dans le canapé avec des mines complètement défaites. Papa avait les larmes aux yeux. Dès qu’il me vit, Michael essuya ses yeux et me lança sur un ton qu’il voulut détaché : 

    – Oh, salut ma princesse. Comment vas-tu ? Tu as bien dormi ?

    – Pourquoi tu pleures, papa ? demandai-je, ne pouvant m’empêcher de poser la question plus longtemps.

    - Je viens d’apprendre que mon père est décédé cette nuit, annonça Michael d’un ton plat, comme s’il ne croyait pas un mot de ce qu’il venait de dire. Crise cardiaque.

    - Oh papa, je suis vraiment... Désolée !

On ne sait jamais quoi dire dans ces moments-là, raison pour laquelle je me retrouvais plantée devant mes parents sans savoir ce que je devais faire.

    - J’avais des rapports compliqués avec lui, expliqua Michael. Mais... ça reste mon père. C’est difficile, ça ravive pas mal de blessures...

   - Papa et moi allons devoir partir aux Etats-Unis avec Caleb et Justine pour nous occuper des obsèques, annonça Scarlett. Nous partirons le plus tôt possible.

    - Pas de problème, on gérera la maison avec Assa.

    – Nous n’avons pas le droit de vous laisser seuls, Marie ! me dit ma mère sur un ton sec, mécontente que je ne veuille pas reconnaître l’évidence. Légalement, nous en avons l’interdiction. Si quelqu’un apprend que votre père et moi vous avons laissés sans surveillance, vous pourriez nous être enlevés !

    – Mais c’est ridicule, enfin ! protestai-je. On a dix-neuf ans !

    - Va te plaindre au gouvernement si ça te chante, me répondit Scarlett. Je te rappelle que nous vivons dans un régime dictatorial. Par conséquent, ton père et moi partirons dès que nous aurons trouvé une solution de garde pour vous trois.

    – Et l’anniversaire de Louise ? me renseignai-je. Elle aura dix-neuf ans demain ! Vous n’allez quand même pas être absents le jour de son anniversaire !

    – Nous le fêterons ce midi, en espérant que ta sœur ne nous en voudra pas, trancha maman.

    – Non, je ne vous en voudrai pas, dit Louise en entrant dans la pièce. J’ai tout entendu. Je suis vraiment désolée papa.

    – Merci ma puce, dit Michael d’une voix étouffée.

    – Mais vous n’allez pas partir d’un coup, comme ça ! insistai-je.

    - Ton grand-père est mort, Marie ! me gronda ma mère. Tu veux bien arrêter de te regarder le nombril pendant deux minutes et penser un peu à la peine de ton père ?! 

    - Alors, emmenez-nous avec vous ! m'exclamai-je. Comme tu le dis, c’était mon grand-père. Alors emmenez-nous avec vous.

    - Il est hors de question que vous loupiez l’école pour un grand-père que vous ne connaissiez pas, déclara Michael. Et c’est mieux comme ça ; je préfère que vous ne l’ayez pas connu.

    - Mais...

    - Marie, ça suffit, maintenant !! explosa Scarlett. Tu te tais et tu vas prendre ton petit déjeuner ! Tu as intérêt à obéir, car si tu m’obliges à laisser ton père seul pour venir te flanquer une rouste, je t’assure que tu t’en souviendras toute ta vie !

J’entrouvris la bouche mais hésitai à répliquer devant le regard très menaçant de ma mère. Avant que je prenne ma décision, Louise m’asséna une tape derrière la tête en me grondant :

    – Ferme ta gueule ! Tu vois bien que papa est dans le mal ! Laisse les parents tranquille !

    – Merci ma Loulou, dit papa. Mais surveille ton langage.

J’allai prendre mon petit déjeuner en boudant.


    Nous fêtâmes donc les dix-neuf ans de Louise lors du déjeuner, le dernier repas ensemble avant que papa et maman ne s’en aillent.

    – Vous partez à quelle heure ? se renseigna Mayeul.

    – Notre vol est à dix-huit heures, répondit maman. 

 – Oncle Caleb et tante Justine prennent le même vol que vous ? demanda Louise.

   – Oui, nous partons tous les quatre. Le taxi passe nous prendre pour quatorze heures trente.

   – Et nous, on va où ? demandai-je, puisque ni Louise, ni Mayeul ne semblaient s’en inquiéter.

    - On s’est dit que, pour atténuer le choc, il serait bien que vous passiez la semaine chez vos nouveaux amis de l’école, dit papa. Puisque nous ne voulons pas imposer trois enfants d’un coup à une seule famille, vous allez être séparés.

    - QUOI ?! m’exclamai-je.

    - Marie, ne recommence pas ! me gronda Scarlett. J’ai la main qui me démange !

    - Mayeul, tu vas aller passer la semaine chez les Vesson. Je crois savoir qu’Oscar est ton meilleur ami du moment ?

    - Ouais, super ! s’​​​​​​​exclama mon frère.

    - Louise, tu iras chez Rose et Paloma. Monsieur et madame Guillaume ont gentiment accepté de te prendre en charge.

    - D’accord, répondit sagement ma sœur.

    - Et toi Marie, tu iras chez...

Oh. Non. Pas ça. Pitié, pas ça !

    – … monsieur Duchemin, le père de Magdalena.

   – S’il vous plaît, ne me laissez pas là-bas ! Son père est un putain de collabo, il travaille pour le gouvernement ! Et en plus, il frappe Magda ! Il va me battre, moi aussi ! S’il vous plaît, papa, maman...

    – Tu te fais des idées, Marie ! me rétorqua Michael. J’ai eu monsieur Duchemin au téléphone et il est vraiment très sympathique !

    – Je ne peux pas aller chez Angélique, plutôt ?!

   – Ses parents sont occupés avec les allers-retours à l’hôpital pour aller voir Marion. Nous ne pouvons pas leur demander ça !

    – Chez Clara et Alice, alors ?! 

    – Leurs parents ont déjà cinq enfants, Marie !

    – Et chez Marylou ?!

    – Marylou a trois frères, ça va faire beaucoup...

  – Papa, maman, ne me laissez pas chez ce psychopathe, je vous en supplie !

    – Marie, arrête ton cinéma ! me gronda ma mère. Nous avons instauré des limites avec monsieur Duchemin et nous lui avons donné des consignes très claires. Tout se passera bien, tu verras. Et puis, on s’appellera tous les soirs. S’il y a un quelconque problème, oncle Nolan viendra te chercher.

    – Pourquoi je ne peux pas aller directement chez lui ?!

   – Parce qu’il a beaucoup de travail, Marie. Donc il ne vous récupèrera ton frère, ta sœur et/ou toi que s’il y a un problème avec les autres modes de garde.

    – Mais je vous en supplie...

   – Stop, ça suffit ! Me gronda maman. Tu es la prunelle de nos yeux, Marie. Nous ne prendrions pas le risque de te mettre en garde chez un psychopathe, tout de même ! Fais-nous un peu confiance !

Le problème, c’est que je n’y arrivais pas. Je ne pouvais pas du tout leur faire confiance. Pas après tout ce que Madga m’avait raconté sur son père.

    – Nous allons vous déposer juste après manger, annonça papa.


    Louise reçut un magnifique PC de gamer de la part de papa et maman. Elle, qui est une grosse geek, était ravie comme tout !

    – J’ai quand même installé une limite de temps dessus, annonça papa. Il est hors de question que tu passes trop d’heures à jouer au détriment de tes études.

    – Oui, papa, répondit docilement Louise. Merci infiniment !!


        En montant dans la voiture, j’avais l’impression d'aller à l’abattoir. Passer une semaine dans la maison de ce psychopathe de Duchemin... Si je sortais vivante de cette épreuve, plus rien ne pourrait me résister !


    Nous déposâmes Mayeul chez Oscar, puis Louise chez les Guillaume. Comme je les enviais !! En m’enlaçant en guise d’au revoir, Louise me chuchota à l’oreille : “On se textote tous les soirs, d’accord ?”. J’acquiesçai. Pour l’occasion, nos parents nous avaient laissé nos téléphones portables.

    En arrivant chez monsieur Duchemin, mon cœur battait tant que je pensais qu’il allait sortir de ma poitrine.

    Monsieur Duchemin habitait dans un manoir du dix-septième siècle entièrement restauré. Papa, maman et moi sonnâmes à la porte et un homme vêtu d’un costard noir et blanc vint nous ouvrir. 

    – Bonjour, nous sommes les Webber, nous venons déposer Marie pour cette semaine.

   – Bonjour, je suis Nicolas, le majordome de monsieur Duchemin. Entrez, je vous en prie.

Nous pénétrâmes dans un hall immense décoré de tableaux représentant des portraits qui, au premier abord, me firent flipper. Puis, je reconnus Magdalena dans un des portraits, puis son père dans un autre.

    – Ah, Marie ! s’exclama monsieur Duchemin en arrivant dans le hall. Bienvenue à la maison !

Papa serra la main de monsieur Duchemin en disant :

    – Merci encore de nous garder notre fille, Tristan !

   – Tu n’as pas à me remercier, Michael, c’est tout à fait normal ! Je te présente une nouvelle fois toutes mes condoléances. Partez tranquille : je m’occuperai de Marie comme si c’était ma fille !

C’était bien cela qui m’inquiétait.

   - Marie, je t’interdis de faire des bêtises ou de désobéir à monsieur Duchemin, tu m’entends ?! me prévint ma mère.

   – De toute façon, si monsieur Duchemin nous dit que tu n’as pas été sage pour x ou y raison, tu sais très bien ce qui t’attendra à notre retour, ajouta fermement papa.

    – Oui papa, oui maman, répondis-je de façon automatique.

   – Je t’aime mon amour ! poursuivit maman en me serrant fort dans ses bras.

Papa fit de même et je tentai de me blottir le plus possible contre son torse pour puiser l’énergie nécessaire à la survie de cette semaine qui s’annonçait horrible.

    Lorsque mes parents se tournèrent vers la porte d’entrée pour repartir, une larme roula sur ma joue, ce qui les fit faire demi-tour et me reprendre longuement dans leurs bras. Ils me rassurèrent tant qu’ils le purent puis me répétèrent tout leur amour, et s’en allèrent.

   Je me retrouvai seule face à monsieur Duchemin, cet homme d’environ un mètre quatre-vingt-dix, plutôt mince mais légèrement musclé. Face à mon bodybuilder de père, monsieur Duchemin paraissait même gringalet ; mais sa grande taille impressionnait. Il était brun aux yeux noirs et parlait avec l’accent du sud ; je le soupçonnai d’être originaire de Toulouse. Il était habillé en costume-cravate, cette dernière étant légèrement desserrée. 

Après avoir avalé ma salive, je demandai :

    – Magdalena n’est pas là, monsieur ?

  – Non, elle est à sa leçon d’équitation. Elle rentrera d’ici une heure. Nicolas va t’emmener dans ta chambre ; mais avant toute chose, j’aimerais que tu me donnes ton téléphone.

   – Pourquoi ?

Mon hôte leva les sourcils devant mon aplomb et répondit :

  – Parce que ce sont les règles de la maison : tu n’auras accès à ton téléphone que deux heures par jour, de dix-huit heures à vingt heures. Or, il n’est que quatorze heures quinze. Donc je te prie de me donner ton téléphone. 

La mort dans l’âme, j’obéis.

   – Bien. Sache également qu’ici, un ordre ne se discute pas, il s’exécute. Je laisse passer pour cette fois car tu ne le savais pas mais maintenant que tu es au courant, chaque fois que tu me répondras autrement que par un “Oui monsieur” à un ordre, tu recevras une fessée. Est-ce que tu m’as bien compris, Marie ?

    - Oui monsieur, répondis-je après avoir avalé ma salive.

   - Bien. Maintenant, suis Nicolas pour monter dans ta chambre et y faire tes devoirs. 

   - Mais, on est dimanche après-midi ! protestai-je.

A peine eus-je terminé ma réplique que monsieur Duchemin m’attrapa par le bras et me flanqua cinq bonnes claques sur le derrière. Je pense qu’il crut m’impressionner mais j’avais l’habitude de recevoir des claques de ce calibre avec Michael. Néanmoins, si je ne fus pas impressionnée, je fus calmée ! C’était, dans mes souvenirs, la première fois que je recevais des claques de la part d’un total inconnu. Je me sentais terriblement honteuse !

    - Suis Nicolas pour monter dans ta chambre et y faire tes devoirs, répéta monsieur Duchemin.

     - Oui monsieur, répondis-je en me frottant le derrière.

Le majordome attrapa ma valise et monta les escaliers. Monsieur Duchemin ne me lâcha pas du regard jusqu’à ce que je me mette à la suite de Nicolas. Alors que j’étais arrivée à la moitié des escaliers, le père de famille m’interpella :

    - Oh, j’oubliais : ce soir, je reçois pour un dîner d’affaires. Il y a fort intérêt à ce que tu sois irréprochable, Marie, si tu ne veux pas recevoir une fessée devant le président de la République lui-même. Je passerai dans une heure pour voir où tu en es dans tes devoirs. N’hésite pas à m’appeler via l’interphone qui se trouve dans ta chambre si tu as besoin d’aide. A tout à l’heure.

   - A tout à l’heure, monsieur, répondis-je fébrilement, apeurée par le fait de commettre un nouvel impair.

Je suivis Nicolas sur un chemin qui me parut incroyablement long. Michael et Scarlett me manquaient déjà.


A suivre...

Commentaires

  1. Décidément la vie de la famille Webber est bien chaotique ! Et Marie ne pouvait pas plus mal tomber !!!
    Après ce qui s'est passé avec Anaïs, comment Michael et Scarlett peuvent-ils
    confier Marie à ce collaborateur gouvernemental ?
    J'espère qu'une nouvelle catastrophe ne va pas survenir 🙏


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