Comme prévu, Gabriel débarqua à la
maison mardi 10 janvier, soit quatre jours et demi après le recadrage de
Thomas.
Que j’étais contente de revoir mon frère ! Gabriel me manque chaque
jour que Dieu fait ; et quand il n’est pas là, j’ai l’impression qu’il y a
un trou dans mon cœur que lui seul peut combler. Hugo, ma mère, mon petit
frère, Gabriel et Jeanne (ma meilleure amie et sœur de cœur) sont les cinq
branches de l’étoile grâce à laquelle mon cœur brille.
Je savais que j’avais des
comptes à rendre à mon frère, d’autant plus qu’il avait lu la séance avec
Thomas et savait donc qu’elle n’avait été qu’à moitié efficace. Après lecture,
Thomas m’avait d’ailleurs envoyé : « Tu as toujours une aussi belle
plume ! En revanche, je retiens que tu m’as donné des excuses
« bidons ». Si Gabriel doit me recontacter pour que j’intervienne à
nouveau, tu ne prendras que des fessées à la main infantilisantes ! ».
Le message de Thomas m’avait fait froid dans le dos… J’avais alors menacé mon
frère de ne plus lui acheter de Chokobons de toute sa vie s’il osait renvoyer
un message à Thomas ; ce à quoi Gabriel a répondu : « De toute
façon, il faut que j’arrête le sucre. Donc ça tombe très bien ! ».
Bon, il allait falloir que je trouve un autre moyen de pression…
Le tableau que je remplis très
régulièrement ne me convenait pas. Je trouvais qu’il y avait des colonnes
inutiles qui m’attiraient des ennuis gratuitement. J’en fis part à mon frère
qui me répondit que toutes les colonnes étaient importantes. Je rétorquai que
c’était faux que et j’allai en supprimer.
-
Non, Lucie.
-
Mais elles ne servent
à rien ! Genre celle où je dois marquer si je suis restée alitée dix
heures, par exemple ! Ou encore celle où je dois boire 1,5 litres d’eau
par jour…
-
Lucie, c’est non. Je
t’interdis de supprimer une colonne.
Je continuai de tenter de négocier, en vain. Gabriel ne céda pas. C’est
alors que la petite alarme « rébellion » s’alluma dans ma tête. Mon
frère venait de me dire « non » ! Ne savait-il pas qu’on ne me
disait jamais « non », à moi ?!
Un combat intérieur débuta alors ; un combat long et violent.
Plusieurs arguments se bousculaient dans ma tête.
Si j’acceptais d’obéir (rha, que j’abhorre ce mot !) à mon frère, je ne
risquais donc aucune représailles… Mais j’aurais perdu la bataille et devrais
accepter d’être frustrée de ne pas avoir eu ce que je voulais. Or, je pouvais
l’obtenir ! C’était juste à portée d’un clic !
D’un autre côté, si je désobéissais, je m’exposais à de sérieuses
conséquences… Mais ça, c’était uniquement si Gabriel s’en rendait compte…
Je réfléchis un bon moment et
trouvai un compromis avec moi-même. Le petit ange et le petit démon qui
habitent dans ma tête se mirent d’accord pour supprimer la colonne la plus
discrète du tableau. Ainsi, j’obtenais ce que je voulais sans ressentir de
défaite ou de frustration ; et j’éviterais une fessée puisque mon frère
n’y verrait que du feu.
Cependant, habitée par la
jubilation puérile de l’adolescente qui vit toujours en moi, je me confiai à
Yves, puis à Thomas et leur avouai ma petite manigance. Tous deux promirent de
ne rien dire à Gabriel, pour ne pas se mêler de notre relation fraternelle.
Cependant, Yves me prévint : « Méfie-toi ! S’il le
découvre… ! » ; quant à Thomas, il me souhaita juste « Bon
courage avec Gabriel ! ».
Mardi soir donc, Gab’ était à
la maison et il ne tarda pas à m’annoncer que nous aurions « une petite
discussion » pas plus tard que le lendemain après-midi.
-
Quoi ?!
m’exclamai-je, horrifiée. Mais pourquoi ?! C’est à cause du
tableau ?!
-
Ben oui.
-
Tu t’en es
aperçu ?! demandai-je, apeurée.
-
Evidemment,
répondit-il.
Oh punaise. C’en était fini de moi ! J’étais bonne pour une rouste
carabinée alors que mes fesses arboraient encore les stigmates de la séance
avec Thomas vendredi dernier !
Le lendemain, j’allai
travailler tandis que mon frère resta à la maison pour une grasse matinée bien
méritée. En effet, il avait enchaîné les heures de travail, ne dormant que
quelques heures par nuit ; et pour cause, il ne se leva qu’à midi, après une
nuit de quatorze heures !
Je rentrai à la maison aux
environs de treize heures et me mis à préparer le repas. Mon frère et moi
passâmes un super moment de complicité ; et je baissai la garde.
Une sieste de minimum une
heure post-déjeuner fait partie de mes nombreuses recommandations
médicales ; et même si je me rends bien compte que lorsque je la respecte,
la digestion est beaucoup moins douloureuse, il n’empêche que j’ai l’idée très
ancrée au plus profond de mon être que dormir est une réelle perte de temps.
Forcément, après le repas, j’annonçai à mon frère que je ne voulais pas
aller dormir pour pouvoir passer plus de temps avec lui.
-
Ah, tu ne veux pas
aller dormir ? On va pouvoir discuter de deux-trois petites choses,
alors !
-
Non !
rétorquai-je. C’est bon, je vais aller dormir ! J’y vais !
-
Je croyais que tu
n’avais pas envie ?
-
Non, vraiment, je n’ai
pas envie, mais…
-
On croirait entendre
une enfant ! « Je n’ai pas envie ! ». Tu vas venir faire un
tour sur mes genoux, on verra si tu n’as toujours pas envie, après !
-
Non mais c’est bon, je
t’ai dit que j’allais y aller ! Je vais aller dormir !
-
Je te rassure, tu vas
effectivement y aller mais avant, on va parler !
Malgré le fait que je recule et je ne me laisse pas faire, Gabriel réussit
à m’attraper le poignet et à m’entraîner dans ma chambre. Après s’être assis
sur notre lit à Hugo et moi, il me bascula rapidement sur ses genoux, ignorant
mes protestations. Il releva ma tunique et me demanda :
-
Qu’est-ce que je
t’avais dit à propos des colonnes du tableau ?
-
Nan mais c’est bon, je
ne le ferai plus ! répondis-je sur un ton alarmé, connaissant très bien la
suite des événements.
-
Tu ne réponds pas à ma
question, constata mon frère. Qu’est-ce que je t’avais dit à propos des
colonnes du tableau ?
-
De ne pas les
supprimer… Mais c’est bon, je ne le ferai plus !
-
Non, c’est
certain !
Quelques claques se mirent à tomber sur mon legging avant que Gabriel ne
me gronde, tout en baissant mon legging et ma culotte :
-
Tu ne veux toujours
n’en faire qu’à ta tête ! Eh bien, continue comme ça ! Ça te réussit,
tu ne trouves pas ?
La vraie déculottée commença. Je savais très bien que, comme à son
habitude, mon frère allait y aller crescendo. Cela m’inquiéta car les premières
claques sur mes fesses nues furent déjà costaudes !
Le bleu présent sur ma fesse droite depuis ma virée chez Thomas n’avait
toujours pas décidé de se résorber ; et les marques au niveau de la
jonction fesse-cuisse non plus. La fessée donnée par mon frère était donc
particulièrement douloureuse ! De plus, il m’était impossible de mettre
l’une de mes mains pour tenter de parer les claques puisque mes avant-bras
soutenaient mon torse. En effet, notre lit à Hugo et moi est plutôt haut.
Lorsque mon frère s’assoit dessus et que je suis allongée sur ses genoux, j’ai
particulièrement mal au ventre. Ajoutez à cela le fait que le déjeuner n’était
pas si loin : les maux abdominaux étaient féroces. J’utilisais donc mes
avant-bras pour soutenir mon torse et tenter de soulager un peu la pression sur
mon ventre. Pour le coup, notre canapé ou même le lit de notre chambre d’amis
(dans laquelle Gabriel dort) m’ôteraient toute souffrance abdominale !
Mais je n’avais pas le temps de m’occuper de mes maux intestinaux ;
si j’ai l’habitude d’avoir mal au ventre quotidiennement, je n’étais en
revanche pas habituée à avoir aussi mal aux fesses (contrairement à ce
qu’aimeraient Yves, Gabriel et Thomas, HEUREUSEMENT que la fessée n’est pas
quotidienne !).
-
Quand je te dis de ne
pas supprimer de colonne dans le tableau, qu’est-ce que tu dois faire ? me
demanda mon frère en continuant de me claquer le derrière.
Devant mon absence de réponse, il baissa encore un peu plus mes vêtements
et se mit à taper au niveau la jonction fesse-cuisse, déjà bien amochée par
Thomas. Je lui répondis immédiatement :
-
Je dois t’obéir !
Arrête, s’il te plaît !
-
Pourquoi
j’arrêterais ?!
-
Parce que ça fait trop
mal ! lui répondis-je sur le ton de l’évidence, entre deux larmes.
-
Ah ben oui ça fait
mal ! Ça fait mal parce que tu ne m’écoutes pas ! Tu te retrouves sur
mes genoux comme un bébé parce que tu n’écoutes pas ! C’est un
comportement d’adulte, ça, Lucie ?!
Ok, mon mental était déjà bien attaqué, il était en train de l’achever. Je
n’allais pas tarder à lâcher complètement et à m’excuser sincèrement en
regrettant mes actes.
-
Nan, pleurai-je.
-
On est
d’accords ! me gronda mon frère en continuant de claquer très fortement là
où ça faisait le plus mal.
Les claques étaient maintenant costaudes, voire très costaudes. Cette
punition commençait à devenir insupportable !
-
Et ta conduite, on en
parle de la conduite, Lucie ?! Combien de fois tu as fait des excès de
vitesse depuis que tu es allée chez Thomas vendredi ?!
Je n’osai pas répondre. Gabriel accentua les claques et reposa la
question.
-
Quatre, finis-je par
répondre en pleurant.
-
Quatre fois ! me
gronda-t-il en continuant de taper. Et aujourd’hui ?!
Oh non. J’espérais justement qu’il ne me pose pas la question !
-
Aussi, murmurai-je.
-
Quoi ?!
-
Aujourd’hui aussi j’ai
roulé vite, dis-je en m’auto-maudissant.
Gabriel cessa les claques pour mieux me gronder :
-
Tu savais que j’étais
là et qu’il y avait une chance sur deux pour que tu en prennes une, et tu as
quand même fait des excès de vitesse ?!
-
J’ai misé sur l’autre
chance, expliquai-je.
-
Tu savais très bien
que si je l’apprenais ça allait mal se passer, Lucie ! Comment as-tu pu te
dire que je laisserais passer ?!
J’attrapai ma couette en enfouis ma tête dedans. Mes fesses me brûlaient
déjà énormément et je venais d’aggraver mon cas…
-
Récapitulons, reprit
mon frère. Tu as fait un excès de vitesse : vendredi…
Une salve très salée tomba sur mon derrière amoché et sûrement cramoisi.
-
Samedi…
Une autre claquée doubla mes larmes. Je n’en pouvais déjà plus. Malgré mon
gros mal de ventre, je ne pensais qu’à mes fesses douloureuses !
-
Lundi…
Plusieurs dizaines de claques tombèrent à nouveau. Cela devait bien faire
dix bonnes minutes que j’étais sur les genoux de mon frère. Cette punition
était interminable !
-
Et mardi ! finit
Gabriel en m’administrant une nouvelle volée bien douloureuse.
Ça y est, je pleurais à en avoir des spasmes, me maudissant d’avoir
désobéi. Je savais que si Thomas ne me punissait pas à la hauteur de mes actes
pour la conduite, Gabriel le ferait. C’était chose faite…
-
Va au coin !
m’ordonna mon frère après m’avoir asséné la dernière claque.
Je ne me le fis pas dire deux fois. Tous mes points faibles avaient été
atteints et exploités. Je n’avais plus aucune barrière, aucune défense ;
et on ne pouvait pas faire punition plus infantilisante, ce qui ajouta la
douleur mentale à la douleur physique. Néanmoins, dès que je me relevai pour me
diriger vers le coin, mon ventre cessa instantanément de me faire mal. C’était
déjà ça !
En revanche, j’avais vraiment le derrière en feu !
Gabriel me laissa quelques
minutes face au mur, le temps que je calme mes spasmes et que je reprenne mon
souffle. Puis, il me dit :
-
Ça aurait pu s’arrêter
là, Lucie. Mais tu as recommencé aujourd’hui ! Tu as de nouveau roulé trop
vite alors que tu savais pertinemment que j’étais à la maison !
Je reçus une fessée debout vraiment atroce. Je n’ai pas d’autre mot qui me
vienne à l’esprit ! C’était vraiment humiliant, infantilisant au possible
et très douloureux. Franchement, Gabriel avait exactement fait tout ce que je
déteste !
-
Tu te mets en pyjama
et tu vas à la sieste ! me dit-il après m’avoir lâchée.
-
Mais je n’ai pas envie
de dormir ! protestai-je.
-
Je ne te demande pas
ton avis, me réprimanda-t-il. Tu te mets en pyjama et tu vas à la sieste !
Punaise, il m’avait déjà achevée et il voulait m’enterrer. M’envoyer à la
sieste après avoir reçu une fessée ! C’était le comble de la honte.
-
Je te préviens :
tu ne vas pas sur ton téléphone, tu ne lis pas ou quoique ce soit
d’autre ! Tu dors ! De toute façon, je vais venir vérifier. Si tu me
désobéis, je t’en remets une !
Aucun risque : je n’avais plus une once de rébellion en moi. J’étais
horriblement douloureuse, terriblement vexée mais aussi affreusement
repentante. Je me mis en pyjama, me couchai et m’endormis presqu’immédiatement.
Lorsque je me réveillai une
heure plus tard – comme si mon cerveau savait qu’au bout d’une heure, j’avais
le droit de me lever et qu’il ne servait à rien que je dorme plus longtemps –
j’étais toujours aussi vexée et frustrée. Je mis bien du temps à redevenir joviale
et positive.
Une fois ces sentiments
négatifs passés, le reste de la journée se passa bien et je pus profiter de mon
frère sans anicroches. Du moins, jusqu’au coucher.
Même si je devais être au lit
pour 21 heures, Gabriel me laissa veiller jusqu’à 22 heures. Seulement, au moment
où nous allions nous coucher, j’avais totalement oublié d’effectuer l’inventaire
des copies du Brevet blanc : j’avais donc soixante-deux copies à vérifier
avant d’aller me coucher. L’impatience de mon frère était bien visible ;
et lorsqu’il apprit que le médicament du soir ne pourrait pas être pris, il m’annonça,
agacé :
-
Eh bien, je t’en
remets une demain !
A force de suppliques et de prières, je ne réussis qu’à l’agacer encore
plus :
-
Arrête ou je t’en
colle une maintenant !
-
Tu ne le feras pas, ris-je
en étant persuadée qu’il bluffait.
Deux secondes plus tard, j’étais déculottée sur ses genoux et je recevais
une tannée courte mais bonne. Je consentis à aller prendre ma douche sans faire
d’histoires ; et même si je pris le risque de jouer sur mon téléphone
pendant encore trois bons quarts d’heure (sachant que mon frère ne vérifierait
pas que j’étais au lit, même si j’avais une terrible angoisse au ventre à l’idée
qu’il vienne quand même !), je m’endormis rapidement.
Le lendemain, après une journée
de travail chaotique, je rentrai à la maison et me retrouvai seule avec mon
frère. Comme annoncé, je reçus de nouveau une sévère déculottée sur ses genoux,
déculottée qui me fit on ne peut plus mal à cause de mes fesses meurtries. Et après
avoir été envoyée au coin, Gabriel sortit le martinet.
-
Il faut que je fasse
ça tous les jours ?! C’est ça ?! Il faut que je t’en mette une tous
les jours, Lucie ?!
Je vous passe le pénible (c’est
un euphémisme…) moment que je vécus à danser sous les lanières de cuir. Le fait
est qu’une fois encore, je finis avec le derrière cramoisi, vexée et frustrée,
fâchée contre mon frère et me demandant pourquoi je m’infligeais un tel tutorat.
Oui, c’était pour ma santé et mon bien ; il n’empêche que c’était vraiment
compliqué à vivre.
Gabriel revient à la maison
jeudi et y reste jusqu’à samedi ; donc dès jeudi soir, il est possible qu’il
me retombe dessus si mon tableau n’est pas entièrement vert.
C’est donc le moment où vous
me plaignez.
A suivre…
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