Jeudi 8 janvier 2026 : je
commençai l’année en tombant dans les escaliers du lycée où je travaillais. Les
élèves, pressés de sortir en récréation comme s’il s’agissait de leur vie, n’avaient
même pas prêté attention à ma présence sur la quatrième marche. Je me relevai
et boitai tant bien que mal jusqu’à la salle des profs. J’allais bien mais j’avais
très mal à ma cheville droite, qui doubla de volume et devint toute bleue.
Après examens médicaux, le verdict du médecin fut sans appel : j’avais une
double entorse. Deux de mes ligaments étaient rompus, le troisième ne tenait
plus qu’à un cheveu ! J’avais pourtant déjà été opérée à cette
cheville-là… La déprime s’empara de moi.
Mon médecin traitant me prescrivit des béquilles, une botte de marche et
un arrêt de travail d’une semaine en me disant : « Si vous ne vous
sentez pas de reprendre le travail lundi 19, ce qui sera fort probable,
passez-moi un coup de fil et je prolongerai votre arrêt. »
Être arrêtée ? Sérieusement ? Alors que j’avais, parmi mes
classes, deux troisièmes qui passaient le Brevet Blanc dans moins de dix
jours ?! Impossible !
Bravant l’arrêt du médecin et
me disant que je guérirais en marchant, je pris le volant dès le lundi 12, soit
quatre jours après ma blessure, pour aller travailler. Malgré la douleur, je
tins bon ; mais sur la route, ma cheville se bloqua tout à coup et je
parvins in extremis à appuyer sur la pédale de frein, non sans encaisser une
énorme douleur qui remonta jusqu’à mon genou. Ayant évité un grave accident, je
décidai d’opérer un demi-tour, de rentrer à la maison et d’envoyer à contrecœur
mon arrêt de travail à l’école.
Hugo est en déplacement
professionnel toutes les semaines du lundi au jeudi et ce, jusqu’à début
avril. Je passai ma semaine d’arrêt seule à la maison avec nos deux chats. Il
n’y avait alors personne pour me rappeler de prendre mes médicaments, d’aller
me coucher avant vingt-trois heures, de boire de l’eau ou de respecter mon
régime alimentaire en mangeant des légumes à tous les repas. Personne pour
m’enquiquiner sur les items de ma santé. Je me sentais libre et sans
contrainte !
Bien évidemment, cette semaine du 12 janvier fut absolument chaotique d’un
point de vue sanitaire.
Je repris le travail la
semaine d’après, en mode « irréductible », avec ma botte de marche et
mes béquilles : j’avais une attelle souple pour la conduite et mettais
consciencieusement ma botte de marche pour déambuler dans l’enceinte de mon
établissement – qui ne fait pas moins de vingt-trois hectares !
Malgré ma cheville douloureuse qui ne me lâchait pas, j’étais contente de
reprendre le travail, même si je continuais à me coucher à pas d’heure et à ne
respecter aucun item sanitaire.
Cependant, une mauvaise nouvelle vint entacher cette reprise
professionnelle : dès la fin de la semaine, ma cheville se remit à gonfler
et à redevenir violette. Pas le choix, le médecin m’arrêta une nouvelle
semaine.
La semaine dernière (26
janvier), de nouveau en arrêt de travail, je retombai alors dans mes dérives et
passai une semaine chaotique. Le jeudi soir, lorsqu’Hugo rentra du travail,
il me trouva par terre, évanouie. J’avais tellement abusé que j’en étais tombée
dans les pommes !
-
Ce n’est plus
possible, Lucie ! me dit-il sur un ton terriblement inquiet. Il faut que
tu sois suivie plus rigoureusement ! Sans cadre, tu fais n’importe
quoi !
-
Gabriel arrive dans
dix jours… lui répondis-je.
-
Je sais ; mais ce
n’est pas suffisant, affirma mon mari. Tu fais n’importe quoi dès que tu sais
qu’il n’est pas dans les parages ! Il faut quelqu’un pour le relayer, le
temps qu’il prenne la décision de s’installer dans la région.
-
Quoi ?!
demandai-je, manquant de m’évanouir à nouveau. Mais, on avait dit qu’il n’y
aurait personne d’autre que lui, dorénavant ! On avait dit que pour ne pas
renouveler l’expérience vécue avec Robin, on ne ferait appel à personne d’autre
que Gabriel !
En effet, lors de notre dernière séance, Robin avait largement dépassé mes
limites physiques ce qui m’avait traumatisée et décidée à ne plus laisser mon
tutorat à quelqu’un d’autre que mon frère.
-
Je sais, me dit Hugo.
Je le sais bien, ma chérie. Mais là, tu te mets en danger. Tu vas finir par
avoir un accident ou tomber dans le coma ! Je ne supporterais pas de te
perdre, tu m’entends ?!
Les larmes de mon époux coulèrent sur ses joues ce qui me fendit le cœur.
Je le pris dans mes bras, confuse de le mettre dans un tel état.
-
Tout ce que je fais,
c’est pour toi ! ajouta-t-il en s’essuyant les yeux. Je vis pour
toi ! Alors je t’en supplie, prends quelqu’un en relais de Gabriel. Si tu
ne le fais pas pour toi, fais-le pour moi. Je ne peux pas vivre sans toi, et je
ne peux pas vivre dans l’inquiétude constante qu’il t’arrive quelque
chose !
-
D’accord, dis-je en
lui caressant la joue. Mais, comment faire ? Comment être sûre que ce qui
s’est passé avec Robin ne se reproduira pas ? Est-ce que tu te sentirais
de…
-
Tu sais bien qu’avec
moi, ça ne fonctionne pas, me rappela Hugo. Déjà, tu es capable de me retourner
le cerveau en deux minutes avec des arguments sortis de nulle part ; et
ensuite, je n’ai pas du tout le réflexe de te donner une fessée. Ce n’est pas
dans ma nature.
-
J’ai vraiment peur de
tester à nouveau avec un inconnu… avouai-je.
-
Dans ce cas, rappelle
tes anciens tuteurs. Jean, Thomas, Yves… Contacte-les et vois s’ils seraient
disponibles pour prendre occasionnellement le relais de Gab’.
-
Je ne sais pas trop,
chéri…
-
Fais-le pour moi, je
t’en prie !
Je ne dormis presque pas de la nuit,
pensant à ce que m’avait dit mon mari. C’était tellement dur ! Tellement
compliqué ! Avoir affaire à Gabriel lorsqu’il était là était déjà une
épreuve, mais si en plus il fallait avoir affaire à quelqu’un d’autre…
Jean était mon tout premier tuteur,
celui que j’avais eu à l’âge de dix-huit ans (même un peu avant, même si je lui
avais menti sur mon âge et affirmé que j’étais majeure… Je ne lui ai raconté la
vérité que dix ans plus tard !). A l’époque, il me faisait trembler et je
filais droit, avec lui ! Il était strict et intransigeant mais sérieux et
intègre. De plus, il n’habitait qu’à une heure de chez moi.
Thomas, eh bien… Vous le connaissez
déjà ! Le tuteur le plus sévère que j’aie eu jusqu’à aujourd’hui. Lui
aussi était quelqu’un d’honnête, d’intègre et de sérieux.
Et puis Yves, avec lequel ça n’avait
pas marché à l’époque mais qui avait paraît-il beaucoup changé et évolué depuis
notre échec. Il est resté un père de cœur pour moi.
Je choisis d’abord la facilité
en envoyant un message à Yves. Des trois, c’était celui avec lequel j’avais la
plus grande complicité. Au mieux, il n’avait pas évolué et je ne risquais pas
grand-chose ; au pire, il était effectivement devenu redoutable mais Yves
habitait dans le sud de la France, ce qui m’arrangeait grandement. Ce serait un
relais très occasionnel pour Gabriel : je faisais la volonté de mon mari
sans pour autant craindre trop souvent pour mes fesses !
Mais lorsque je racontai cela
à Hugo – nous étions à Disneyland, en train de dîner dans un restaurant !
– mon mari afficha une mine déçue. Il me dit : « Donc, rien ne
va réellement changer… ». La mort dans l’âme, je pris alors la décision
d’envoyer un message à Thomas.
Lorsque j’appuyai sur « envoyer », l’angoisse s’empara de mon
corps tout entier. Et s’il disait oui ? Supporterais-je trois
tuteurs ? Gabriel était déjà très redoutable, Yves avait apparemment
beaucoup gagné en sévérité, et Thomas faisait régner la terreur à lui tout
seul.
Yves réserva trois jours fin
février pour venir à la maison et être « derrière mes fesses », selon
ses dires.
Thomas accepta de me recadrer
occasionnellement lorsque mon frère le jugerait utile.
Gabriel était aux anges
d’avoir de l’aide pour me discipliner, lui qui culpabilisait beaucoup de ne pas
être assez présent et donc de ne pas pouvoir m’avoir autant à l’œil que ce
qu’il souhaiterait.
Trois bourreaux pour le prix
d’un. C’en était fini de moi.
Vu mon tableau complètement
catastrophique, Gabriel n’attendit pas longtemps pour contacter Thomas ; trois
heures plus tard, je reçus un message de mon ancien tuteur :
« Tu veilles tout le temps le soir et tu as des excès de vitesse au-delà
de 30kmh. Tu confirmes ? »
« Oui, je confirme… » répondis-je, le stress ayant élu domicile
dans mon abdomen.
« Autre chose ? » me demanda Thomas.
Oh, la question piège ! Je ne savais absolument pas ce que Gabriel
lui avait dit ! Et si j’avouais des choses pour lesquelles Thomas n’était
pas au courant ?! J’étais fichue !
« C’est déjà pas mal… » brodai-je, tandis que j’envoyais un
autre message à mon frère en lui demandant lesquelles de mes fautes il avait
balancées à Thomas.
Evidemment, Gabriel fit exprès de ne pas me répondre. Il m’avait mise dans
un pétrin monstre !!! Thomas m’envoya ensuite : « J’attends de
toi une totale honnêteté vis-à-vis de tes objectifs. Y’a-t-il d’autres
choses ? »
N’ayant toujours pas de réponse de mon frère, je répondis à Thomas :
« Les médicaments sont pris de façon aléatoire. Et je textote au
volant. »
« Exactement. C’est très grave. Nous devons absolument faire un
point. Quelles sont tes disponibilités dans les prochains jours ? ».
Et voilà. La sentence était tombée. J’étais partagée entre ma grande joie
de revoir Thomas – auquel j’étais toujours très attachée – et le stress (c’est
un euphémisme !) que je ressentais à l’idée d’avoir à faire à lui, quatre
ans et demi après l’arrêt de mon tutorat.
Je gardais de Thomas des
séances très corsées. Je me souvenais parfaitement de sa redoutable main, des
séances uniquement manuelles qui me faisaient trembler. J’avais commencé avec
lui un tutorat chaotique, pour finalement valider ma licence avec mention et
drastiquement améliorer ma santé. Tout cela, ça avait été grâce à Thomas (et à
Gabriel, qui m’avait gérée durant mes deux premières années de licence).
Le rendez-vous fut calé par
Thomas : « Vendredi 17h45/18h09 ». Vingt-quatre minutes ?
Il ne me verrait « que » vingt-quatre minutes ? Bon, c’était une
première bonne nouvelle : mon calvaire ne durerait pas trop longtemps.
En quatre ans et demi, je ne savais pas comment avait évolué la pratique
de Thomas. J’osais espérer qu’il ne se souvenait pas de mes points faibles.
Hier, vendredi 6 février, je
pris la route en partant du travail pour me rendre chez Thomas. Le GPS
affichait 1h10 de route pour seulement 30 petits kilomètres. Ah, la région
parisienne… !
Ayant survécu aux bouchons, je
me garai chez Thomas pour 17h35. Il n’était pas question d’être en
retard : j’avais déjà assez de choses à me reprocher comme ça. D’ailleurs,
en vingt-quatre minutes, nous n’aurions certainement pas le temps de tout voir,
ce qui m’arrangeait grandement !
Lorsque Thomas ouvrit la
porte, j’eus envie de le serrer très fort dans mes bras. En réalité, il m’avait
manqué ! Malgré ses quatre années de plus, il n’avait pas changé : il
était toujours aussi grand, musclé et impressionnant. La bonne nouvelle était
qu’il ne portait pas de chemise, ce qui adoucit un petit peu mon anxiété.
Après une furtive accolade,
Thomas me dit :
-
Tu as grandi !
-
J’ai vieilli, tu veux
dire ! ris-je.
-
Non, non, tu as
grandi, répéta-t-il. Je me souviens de toi toute petite…
Effectivement, j’étais bien petite lorsque nous avions commencé le
tutorat, fin 2020 : je l’avais beaucoup testé et provoqué, même si Thomas
n’avait rien laissé passer et que je m’étais prise un mur à chaque tentative.
Mais au bout d’un an avec le tutorat strict de Thomas, les progrès étaient
parfaitement visibles.
Nous fûmes vraiment contents
de nous retrouver : nous nous échangeâmes des nouvelles et le ton fut
amical et chaleureux. Thomas occupait vraiment une place spéciale dans mon cœur.
Après cette petite discussion détente, Thomas me demanda :
-
A quelle heure tu dois
partir ?
-
Ben… Tu as dit 18h09,
répondis-je.
-
Ça, c’était le créneau
d’arrivée, précisa-t-il. Tu pouvais arriver entre 17h45 et 18h09. D’ailleurs,
tu es même arrivée avant !
Ah. Douche froide. Moi qui m’étais attendue à une fessée très intense mais
très courte, je tombais de très haut.
-
Euh…, improvisai-je en
calculant rapidement le temps de route jusqu’à chez moi en prenant en compte
les bouchons. Il faudrait que je parte à 20h15 maximum…
-
Très bien, dit-il.
Alors on va jeter un œil à ton tableau.
Le fameux tableau contenant tous mes items, que je remplis très
régulièrement. Jusqu’à la semaine dernière, il n’était partagé qu’avec mon
frère ; mais depuis, Thomas et Yves y avaient accès.
Mon cœur battait tellement
vite que je croyais qu’il allait sortir de ma poitrine ; et je me mis à
trembler très légèrement. Thomas n’avait même pas besoin de réinstaurer son
autorité auprès de moi : elle ne m’avait jamais quittée. Je le craignais
toujours autant !
-
Explique-moi le
fonctionnement de tes médicaments, m’ordonna-t-il.
Je m’exécutai, lui disant que les médicaments que je prenais étaient avant
tout là pour combler mes lacunes sanitaires. J’avais un médicament pour pallier
au régime alimentaire non respecté, un autre pour pallier au sommeil bancal, un
autre parce que je ne m’hydratais pas assez… Je fournis des explications
détaillées à Thomas qui m’écouta attentivement.
Je n’étais évidemment pas fière de mon bilan, surtout que j’avais bien en
tête la suite des événements : j’allais ramasser une fessée carabinée. La
réputation de Thomas n’était plus à faire !
Il me fit donc me justifier chaque
item, le dernier étant la conduite (excès de vitesse et textos au volant). Pour
celui-ci, Thomas me réprimanda :
-
C’est un comportement
dangereux et irresponsable.
Puis, je l’entendis hausser le ton en disant : « Je ne suis
vraiment pas content ! ».
Oh. Pour que Thomas hausse le ton et me gronde ainsi de sa voix très grave
et imposante, c’est qu’il était vraiment fâché. J’étais dans la merde. J’étais
vraiment dans la merde !
-
Bon, on va discuter de
tout ça, dit-il en se levant pour aller fermer les volets.
Oh là là. Le pire allait venir. Cela faisait quatre ans et demi que Thomas
ne m’avait plus flanqué de raclée ; je balisais déjà à l’idée que ça
recommence.
-
Si tu veux aller aux
toilettes ou te servir de la salle de bains, c’est maintenant, m’annonça-t-il.
-
Euh… Il faut juste que
j’envoie un texto à Hugo…
-
Vas-y.
Je n’avais pas prévenu mon mari que j’étais bien arrivée chez
Thomas : il était temps que je mette fin à son inquiétude.
Une fois mon téléphone reposé dans mon sac, Thomas me demanda :
-
Questions de
sécurité : as-tu besoin d’un safeword ?
-
Euh… non, répondis-je,
prise au dépourvu. On n’a jamais fonctionné comme ça…
Je faisais 100% confiance à Thomas mais cette question me fit encore plus
appréhender la suite.
-
Très bien, dit-il.
Y’a-t-il des instruments que tu refuses de recevoir ?
J’affichai des yeux ronds, lui répondant que je n’y avais pas réfléchi.
Cependant, l’étonnement passé, un grand soulagement m’envahit : des
instruments ! Ça ferait sans doute très mal, mais j’échapperais à une
séance uniquement manuelle, ce que je redoutais vraiment depuis que j’avais
recontacté Thomas. Ouf !
- Je m'en fiche, répondis-je, n'ayant rien à cacher puisque mon mari savait parfaitement ce que je venais faire chez Thomas.
Comment vous expliquer comment
le mécanisme de la fessée fonctionne avec moi, sans me lancer dans des
explications trop soporifiques ? Hum…
La première chose à savoir, c’est que ce n’est pas seulement sur l’aspect
physique qu’il faut jouer : il y a également l’aspect mental. Pour me
faire devenir sage et repentante, il faut « briser » mon mental. Cela
paraît un peu violent dit comme ça, mais je n’ai pas d’autre mot qui
caractérise vraiment cette action.
Pour « briser » mon mental, il ne faut me laisser aucune marge
de manœuvre, et en cela, Thomas est brillant. Puis, tout passe malheureusement
par la vexation et l’infantilisation. Si la fessée que je reçois ressemble trop
à « une fessée d’adulte », alors je me dis que c’est normal que je la
reçoive puisque j’en suis une, d’adulte ! Je ne suis donc ni honteuse, ni
repentante.
Pour me faire réellement plier, me faire craquer et regretter mes erreurs,
il faut vraiment que je me sente infantilisée. Les phrases du style :
« Tu es irresponsable donc je te traite comme une irresponsable ! »
ou alors « Tu vas prendre une fessée ! » fonctionnent parfaitement
bien avec moi puisque ce sont typiquement des phrases que l’on pourrait dire à
un enfant. Cela me vexe instantanément et me fait réfléchir sur la réelle
nécessité de désobéir.
En suivant cette logique, mon gros point faible est bien évidemment la
main. Beaucoup sont surpris quand je leur dis que la main me fait beaucoup plus
mal que la plupart des instruments ; c’est parce que pour moi, la main ne
tape pas seulement sur mes fesses, elle tape sur mon égo. Et chez moi, ça
décuple vraiment la douleur ! Quand je reçois une fessée à la main, je
dois gérer la douleur, l’infantilisation, la vexation et l’humiliation ;
et là, c’est très dur ! D’où le fait que je réfléchisse à deux fois avant
de recommencer mes bêtises…
La fessée debout et la fessée OTK me sont également insupportables pour
les mêmes raisons : douleur, infantilisation, vexation, humiliation.
Les seuls instruments qui me font donc « de l’effet » sont les
instruments infantilisants : martinet, brosse à cheveux, cuillère en bois,
chausson/claquette en cuir ; ce sont ceux que j’ai déjà vus tomber sur les
fesses de mes cousins-cousines ou de quelques amis lorsque j’étais enfant.
Par conséquent, tous les
autres instruments étant associés aux adultes dans mon esprit, ne me font aucun
effet si ce n’est la douleur physique – évidemment, je ne suis pas faite en
peau de crocodile donc j’ai très mal, comme tout le monde ! Rien ne se passe
au niveau de mon mental ou de mon égo. C’est avoir mal pour avoir mal ;
mais je ne suis pas repentante pour un sou.
Voilà pourquoi lorsque Thomas
me demanda quels instruments je refusais de recevoir, je ne sus pas quoi lui
répondre, tellement j’étais soulagée à l’idée de ne pas avoir affaire uniquement
à sa terrible et redoutable main.
En quinze ans d’expérience dans la fessée (même s’il y a eu des coupures
de quelques années, j’ai tout de même commencé à 17 ans !), je me
connaissais bien. J’avais déjà reçu tous les instruments possibles et
inimaginables (jusqu’au câble USB !) et je savais très bien ce qui
fonctionnais ou non avec moi.
Thomas me demanda alors de m’approcher
de lui. Réfugiée derrière le fauteuil, je restai loin de lui dans un premier
temps.
-
Ne m’oblige pas à
venir te chercher, me prévint-il.
Je savais très bien que ce n’était pas une menace en l’air. Je le savais
parfaitement. Si je n’avançais pas d’ici les deux prochaines secondes, je
prendrais une fessée debout.
La peur au ventre – franchement, je vous jure que Thomas est très
impressionnant ! – j’avançai en lâchant un discret : « Oh,
putain… » que Thomas entendit. Sa réaction ne se fit pas attendre, il m’attrapa
par le poignet et me flanqua une dizaine de claques très costaude, debout, sur
mon jeans. Je fus horriblement vexée ; et mes fesses commençaient déjà à
me picoter.
-
Tu parles correctement !
me gronda-t-il. Bon, tu ne prends pas consciencieusement tes médicaments. Nous
sommes d’accords ?
-
O…oui, bégayai-je.
-
Viens ici, ordonna-t-il
en s’asseyant sur le canapé et en me désignant ses genoux.
-
Nan ! le
priai-je.
Il venait de me parler d’instruments, pourtant il n’en avait aucun dans la
main ! Une fessée manuelle OTK de la part de Thomas ?! Non, non, non !
-
Lucie, si je viens te
chercher, je double tout !
A contrecœur, j’avançai à tout petits pas ; lorsque je fus assez
proche de lui, Thomas attrapa mon poignet et me bascula sur ses genoux.
Les claques qui tombèrent sur mon jean firent déjà mal. Mes fesses me
brûlaient !
-
Il s’agit de ta santé,
Lucie ! Il faut que tu prennes tous tes médicaments sans exception !
Puisque tu ne fais pas ce qu’il faut pour éviter de les prendre, tu dois suivre
ton traitement !
Au bout d’une trentaine de très, très bonnes claques, Thomas entreprit de
me relever et baissa mon précieux jean. Je devais déjà avoir le derrière rouge,
et ça n’allait pas s’améliorer… Je fus de nouveau basculée sur ses cuisses et
les claques gigantesques reprirent.
Il tapait fort. Il tapait vraiment fort. Sur les fesses et sur les
cuisses. Même si les claques sur les cuisses ne me faisaient pas franchement d’effet
« mental », elles étaient quand même très douloureuses !
Néanmoins, je préférais qu’il donne un peu de répit à mon derrière en tapant
sur les cuisses, plutôt que de tout recevoir sur les fesses.
-
Et pourquoi tu ne
prends pas tous tes médicaments, Lucie ?! Qu’est-ce que tu m’as dit, tout
à l’heure ?
-
J’ai la flemme…
répondis-je d’une voix tremblante.
-
Exactement ! Tu
as la flemme ! me gronda Thomas en baissant ma culotte.
Les claques spatiales reprirent sur mon derrière nu et ce fut particulièrement
insupportable. Mes limites étaient déjà sur le point d’être atteintes !
Peut-être aurait-il mieux valu convenir d’un safeword, finalement…
Je supportai cette fessée OTK tant bien que mal, me disant qu’il allait
vraiment falloir que je sois plus rigoureuse dans mon traitement. Déjà que
Gabriel ne me loupait jamais question médicaments, mais si en plus il faisait
appel à Thomas de temps en temps, j’étais fichue !
-
Va au coin et
réfléchis ! m’ordonna-t-il après m’avoir laissée me relever de ses genoux.
Vu la très sévère rouste que je venais de prendre, j’obéis.
-
Mains sur la tête !
Non là, il ne fallait pas exagérer, quand même !
Je pris immédiatement cinq ou six bonnes claques debout, au coin. Je mis mes mains sur la tête.
-
Viens ici, Lucie !
m’ordonna Thomas quelques minutes plus tard.
J’avançai en enlevant au passage mon jean qui entravait mes
mouvements. Je le laissai à terre.
-
Non, tu ne laisses pas
tes affaires comme ça, Lucie !
Je soufflai d’agacement. Aussitôt, Thomas me pencha sous son bras et me
colla une bonne fessée manuelle. Après m’être frottée les fesses, je ramassai
mon jean et le mis correctement sur le fauteuil en ignorant combien de temps j’allais
pouvoir tenir à ce rythme-là. Quelle heure était-il ?
-
Pourquoi tu viens d’être
punie ?
-
Parce que je ne prends
pas tous mes médicaments, répondis-je.
-
Quelles solutions
vas-tu mettre en place pour que ça change ?
-
Je vais mettre des
rappels sur mon téléphone…
-
Pour TOUS les
médicaments ?
-
Oui, pour tous…
-
D’accord.
J’avais inventé une solution à la hâte, histoire de ne pas recevoir de claques supplémentaires ; mais avec cette fessée manuelle OTK, il allait vraiment falloir que je trouve une solution pour prendre tous mes médicaments…
Thomas mit un gros coussin sur
la méridienne et me demanda me m’allonger dessus, histoire d’avoir les fesses surélevées.
-
Oh non… me lamentai-je.
-
Non ?! s’offusqua-t-il
en me collant plusieurs bonnes claques sur les cuisses. Allonge-toi !
Dépêche-toi ! Je n’aime pas du tout cette attitude !
J’eus vraiment envie de protester, étant donné que les claques sur les
cuisses ne me dissuadent pas vraiment ; mais je pensais que si, par
malheur, Thomas décidait de me remettre sur ses genoux, c’en serait fini de moi !
Alors, je m’allongeai sur la méridienne et Thomas me parla de mon hydratation.
Je ne bois jamais les un litre et demi d’eau que je dois avaler
quotidiennement. Parmi les trente-quatre jours du tableau, il n’y avait aucune
case verte. Alors, Thomas enleva sa ceinture. Bon, ça allait faire très mal
mais au moins, ce n’était ni infantilisant, ni vexant. Je n’aurais que l’aspect
physique à gérer.
-
Un coup par jour où tu
n’as pas bu la quantité d’eau suffisante. Tu comptes !
La ceinture vint mordre trente-quatre fois ma chair. C’était évidemment
très douloureux ; mais aucune remise en question de ma part. C’était
clairement une fessée d’adulte, ce n’était donc pas si grave que ça que je la
reçoive. C’était juste un mauvais moment à passer.
Thomas enchaîna avec le non-respect
du régime alimentaire. Seize coups de planche tombèrent sur mon derrière déjà
meurtri. Après un nouveau passage au coin, j’inventai des solutions bidon que
je n’avais absolument pas l’intention d’appliquer, pour que Thomas me laisse
tranquille. Les instruments, ça ne me fait vraiment pas réfléchir !
Thomas s’attaqua au sommeil et
me demanda de venir au milieu de la pièce. Puisque je n’avais pas vu que la table
avait été réhaussée, je craignis de prendre une fessée debout. Je le priai en
me protégeant les fesses :
-
Ne me donne pas de
fessée debout, je t’en supplie !
Thomas réagit en entravant mes mains et en me claquant le derrière en me
disant :
-
Tu négliges ta santé !
C’est très grave, Lucie !
Je dus recevoir une quinzaine de claques debout avant que Thomas m’ordonne
de me pencher en avant sur la table. Bon, on revenait dans une position d’adulte.
Ça allait faire très mal mais ça passerait vite.
Je me mis un peu à paniquer lorsque je vis Thomas s’emparer d’une canne
qui, je pense, était en rotin. Je me souvins immédiatement que la canne avait
une connotation très BDSM dans ma tête et que c’était un instrument que j’interdisais,
en règle générale. Mais trop tard. Il m’avait posé la question en début de
séance et je n’avais pas su répondre. Néanmoins, je réagis et protestai
vivement ; Thomas comprit. Il me donna tout de même la canne mais me mit
de petits coups très modérés. Au bout d’une quinzaine de coups, il échangea
avec une badine – instrument que je proscris en général pour les mêmes raisons
que la canne. La badine fut douloureuse mais supportable ; Thomas freina
sa force. En revanche, lorsqu’il passa au martinet, même si, encore une fois,
il modérait très largement sa force, je sentis les lanières fouetter ma peau,
ce qui rendit très pénible cette punition en particulier. Le martinet en
lui-même n’était pas du tout infantilisant – pas comme celui de Gabriel, par
exemple ! – donc le « déclic mental » ne se fit pas. Cependant,
avec tout ce que j’avais reçu depuis le début de la séance, la douleur
commençait à être très dure à gérer.
Si on additionne la canne, la
badine et le martinet, cinquante-quatre coups tombèrent sur mes fesses, correspondant
aux manquements du sommeil. Thomas me renvoya au coin, et puisque je râlai, il attrapa
mon poignet, s’assit sur le canapé, me bascula sur l’une de ses cuisses et m’administra
une cuissée corsée.
-
Tu vas apprendre à
obéir et à changer de comportement, Lucie ! me grondait-il en claquant
sévèrement mes cuisses. Je n’aime pas du tout cette attitude !!!
Tant que les claques ne tombaient pas sur mon derrière déjà pratiquement
hors service, je m’estimais très heureuse.
Après avoir fourni des
solutions plus que bancales à Thomas pour remédier au non-respect de mes heures
de sommeil, il voulut s’attaquer au dernier item : la conduite. J’avais
fait de gros excès de vitesse et je textote régulièrement au volant.
Durant le débrief’ du début de séance, le seul item pour lequel Thomas
avait vraiment haussé le ton était la conduite. J’étais certaine que j’allais
me faire tuer. Thomas allait vraiment me tuer ; et s’il ne le faisait pas,
mon frère le ferait !
Thomas s’empara d’un objet
ressemblant à un mini-paddle extrêmement épais et troué. Un objet dont il me
fut impossible de gérer la douleur : Thomas s’arrêta au bout de dix coups,
tellement je gigotais et le suppliais d’arrêter. J’avais vraiment envie de lui
dire : « Ecoute, la plupart des instruments ne sert strictement à
rien avec moi ! » mais si je lui avais dit et expliqué cela, j’aurais
eu droit à une sévère déculottée manuelle. Je préférais largement supporter ses
instruments ultra-douloureux.
Puisque je n’arrêtais pas de
bouger sous les coups de ce « mini-paddle », Thomas s’empara d’une
brosse de bain – oh, misère ! – et me bascula sur ses genoux. La brosse de
bain fait déjà un peu plus « ado » qu’adulte dans mon esprit ;
et me retrouver en OTK pour la recevoir fut horriblement vexant.
Sur des fesses déjà bleuies (enfin, c’était certain que des bleus se formeraient
très bientôt !), c’était vraiment compliqué de la recevoir, d’ailleurs, moi
qui ne crie jamais, je me mis à hurler durant les derniers coups. Alors Thomas
s’arrêta et me demanda de me relever, de lui rappeler pourquoi j’avais été
punie et de lui fournir des solutions pour éviter la récidive. Je fournis
quelques réponses hasardeuses, puis Thomas me prit dans ses bras et m’autorisa
à me rhabiller.
Une fois rhabillée et assise sur
le canapé, je lâchai un nouveau « Putain », je ne sais plus pour quel
prétexte : Thomas me lança un regard sévère puis sourit devant mon visage
horrifié. La séance était bel et bien terminée.
Au final, les moments les plus
marquants de cette séance furent, sans aucun doute, la punition pour les médicaments,
et les différents rappels à l’ordre (pour cause de gros mot ou de soupir d’agacement)
horriblement vexants car infantilisants.
A cause de ma maladie chronique, la douleur fait partie de mon quotidien :
j’apprends à la gérer chaque jour que Dieu fait. Supporter une fessée avec
instruments n’est pas plus compliqué que de supporter une crise intestinale
corsée.
En revanche, je préfère
assumer une crise intestinale bien corsée pendant dix jours que de recevoir une déculottée manuelle humiliante,
infantilisante ET douloureuse !
-
Tu veux un verre d’eau ?
me proposa Thomas.
-
Oui, merci,
répondis-je.
-
Bonne réponse !
dit-il.
Alors que la tension était redescendue et que je ne craignais plus la colère
de Thomas, nous échangeâmes sur mes objectifs.
-
J’ai hâte de voir tes
efforts et de constater tes progrès ! me dit-il à plusieurs reprises. La
prochaine fois qu’on se verra…
La prochaine fois ?!
-
La prochaine fois qu’on
se verra, je n’aurai qu’à te féliciter !
Je ne répondis que par un sourire timide. Mis à part pour les médicaments
et un peu pour la conduite, je n’étais pas franchement prête à fournir des
efforts conséquents…
-
Je me souviens qu’au
début du tutorat, tu avais du mal à respecter tes objectifs mais au fur et à mesure,
tu avais vraiment bien progressé !
J’eus envie de lui répondre : « Ben évidemment, vu les séances
uniquement à la main que je me prenais… ! » mais je ne répondis que :
-
Oui, j’ai validé ma troisième
année de licence, avec mention, grâce à toi !
Nous parlâmes un petit moment encore jusqu’à ce que je récupère mes
affaires, que je dise au revoir à Thomas, et que je m’en aille.
Sur la route du retour, j’étais
très mitigée. J’avais évidemment le derrière en feu, je sentais que plusieurs
bleus se formaient sur mes fesses et mes cuisses… Mais je n’étais pas vexée, je
ne réfléchissais pas forcément à ce qu’il venait de se passer. Somme toute, cette séance avait été moyennement efficace...
En rentrant à la maison, je
retrouvai mon cher Hugo.
-
Ça a été avec Thomas ?
me demanda-t-il.
-
Oui, oui, dis-je sachant
pertinemment que mon mari ne veut pas du tout connaître le détail des séances.
-
Vous étiez contents de
vous retrouver ?
-
Oui, plutôt,
répondis-je. Et toi, ta journée ?
Gabriel arrive à la maison mardi
soir. Hugo étant en déplacement, j’espère de tout cœur que mon frère n’en
profitera pas pour me tomber dessus à son tour. Et j’espère que dans quelques
semaines, il n’enverra pas de nouveau message à Thomas ; car une fois que
ce dernier aura lu ce récit, je ne répondrai plus de rien !
A suivre…

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