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Journal d'une étudiante accueillie. - Chapitre 120

 


Samedi 15 février 2020

 

-    Marie chérie ! entendis-je ma mère appeler. Mathieu est arrivé !

Je descendis les escaliers en trombe. Dans le hall, se tenait mon amoureux. Beau, lumineux, solaire. Je courus dans ses bras. Lorsque nos corps se collèrent, il me souleva du sol et me fit tourner sur lui-même avant de me reposer.

-    Dis donc toi, tu ne m’avais pas dit que tu étais devenue châtelaine ! dit-il en me posant à terre. Heureusement que Scarlett m’a envoyé ta nouvelle adresse !

Je l’embrassai affectueusement. Notre baiser ne cessa que lorsque mes parents nous rejoignirent dans le hall.

-    Tu m’as manqué, lui chuchotai-je avant de le lâcher.

-    Toi aussi Tibou, me dit Mathieu. Tu m’as énormément manquée !

Mathieu salua respectueusement mes parents – de toute façon, ils lui faisaient tellement peur depuis début décembre et cette sortie en boîte de nuit sous cannabis, qu’il n’avait d’autre choix que de se comporter correctement !

-    Alors, quoi de prévu pour aujourd’hui ? se renseigna maman.

-    Charlotte organise une fête ce soir, répondit Mathieu, et je…

Il s’arrêta en voyant le regard de mon père changer. Michael afficha une mine menaçante. Il s’approcha de Mathieu et pointa son index sur le sternum de mon petit ami. Puis, mon père appuya dessus pour faire reculer Mathieu jusqu’au mur. Coincé entre le mur du hall et l’index de mon père, mon petit copain n’osait plus bouger. Il était terrifié.

-    Papa, laisse-le tranquille ! intervins-je. Papa !!

M’ignorant complètement, Michael fixa Mathieu droit dans les yeux et le menaça :

-    Ecoute-moi bien, gamin : tu n’as pas intérêt à mettre ma fille en danger ! Si j’apprends que tu l’as laissée boire de l’alcool, ou toucher à la drogue, ou même que tu l’as laissée s’habiller comme une traînée, je m’occuperai personnellement de ton cas ! Jusqu’à maintenant, je n’ai sorti ma ceinture que pour toi. Sois certain qu’elle t’est réservée, gamin ! Pas de conneries, je te préviens !

-    Oui monsieur Webber, bredouilla lamentablement Mathieu.

Mon père décolla son index de mon amoureux – j’étais étonnée que le sternum de Mathieu ne soit pas totalement enfoncé dans sa poitrine ! – et se tourna vers moi en me disant :

-    Tiens-toi correctement, ma princesse ! Ta famille biologique nous a invités à venir manger demain midi, Mayeul, Ana, maman et moi. On se retrouve donc chez tes parents demain midi. Si j’apprends que tu as fait une seule bêtise, Marie…

-    J’ai compris, papa ! l’interrompis-je, honteuse de me faire ainsi menacer devant Mathieu.

-    S.S. ! ajouta Michael, utilisant le code que nous avions depuis quelques jours. S.S.P., même !

-    Oui papa, dis-je sagement. On peut y aller ?

Michael passa son bras autour de mes épaules pour m’attirer à lui et m’embrassa sur le front. Puis, il me chuchota à l’oreille : « You are my sunshine. ». Lorsqu’il me lâcha, ma mère s’avança et me prit dans ses bras à son tour en me disant : « Je t’aime Marie chérie. Amuse-toi bien, sans bêtises ! On se voit demain midi. ».

Mathieu et moi sortîmes de la maison et je montai dans la Clio 3 de mon compagnon.

-    Waouh, ils font toujours autant flipper, tes parents ! me dit mon homme en démarrant le véhicule.

-    M’en parle pas ! dis-je. Mais bon, au moins, ils ne sont pas sadiques, eux…

-    Comment ça ?

Je racontai alors à mon petit ami le point de vue d’Ana sur Tom et Dana. A la fin de mon récit, il commenta :

-    Je suis d’accord avec ta sœur sur le fait que Michael et Scarlett sont plus softs, et également sur le fait qu’ils ne voient rien d’autre que de l’éducation dans le fait de vous punir. Néanmoins, je te rappelle quand même que j’ai pris une centaine de coups de ceinture début décembre ! De la part de Michael, en plus ! Je crois que j’aurais eu moins mal si c’était venu de Tom…

-    C’est la seule fois où il est vraiment sorti de ses gonds, répondis-je. Il n’a jamais frappé l’un d’entre nous à la ceinture ! Le fait que tu m’aies mise en danger l’a fait vriller… Et je me suis bien rendue compte qu’il était en général plus sévère avec les garçons qu’avec les filles : Mayeul prend beaucoup plus cher que moi lorsqu’il fait une bêtise. Mon père ne lui laisse rien passer du tout, et ça arrive qu’il lui donne le martinet !

-    Je vois, dit Mathieu. En gros, je ne suis pas né avec le bon sexe !

-    Bien sûr que si ! réagis-je. Sinon, on ne serait pas en couple !

-    Au fait, ton père t'a dit S.S., rappela Mathieu. Qu’est-ce que ça veut dire ? Si tu fais une connerie, il va se transformer en allemand nazi ?

J’éclatai de rire puis expliquai :

-    C’est un code qu’il utilise depuis plusieurs jours pour éviter de me menacer franchement, tout en me faisant bien comprendre ce que je risque. C’est d’ailleurs cool car ma mère ne se donne pas autant de peine… Elle me menace sans pincettes, elle !

-    Et… que veut dire ce code, alors ?

-    Spanking while Standing up, répondis-je. Ça se traduit littéralement par « la fessée debout ». C’est ce que je redoute le plus avec mon père. La fessée OTK – On The Knees – est presque une promenade de santé à côté de la S.S. !

-    Ah. Et il a aussi dit : « S.S.P. », ce qui veut dire… ?

-    Spanking while Standing with Pants down, répondis-je. Fessée debout déculottée.

-    Aïe.

Il y eut un silence de quelques secondes, puis Mathieu conclut avec un sourire en coin :

-    Bon, au moins, tu travailles ton anglais !

-    Oh, ta gueule ! le rabrouai-je en riant.

-    Désolé, la blague était trop tentante ! se justifia-t-il en riant à son tour. On va faire en sorte de se tenir à carreaux pour qu’il n’y ait ni ceinture, ni S.S., ni S.S.P. !

-    Ouais, ce serait bien ! approuvai-je.

 

Les retrouvailles avec mes parents et avec Paul, mon petit frère, furent vraiment fabuleuses ! Nous nous enlaçâmes tous les quatre pendant un long moment. Ma mère pleurait de joie.

-    Tu m’as tellement manqué, mon bébé ! J’ai hâte que tu me racontes tout ce que tu as vécu depuis la dernière fois que nous nous sommes vues !

Le déjeuner servit à cela. Je racontai tout à mes parents : le voyage au Sénégal, puis l’école des Sœurs, le départ de Manoé, l’incarcération d’Ana, le nouveau changement d’école… Et je terminai par l’annonce du syndrome de Stockholm, dont j’avais été victime.

-    Ça ne m’étonne pas ! dit ma mère. J’ai toujours été méfiante avec ces gens ! Autant Michael et Scarlett me semblent être de supers parents, autant Tom et Dana s’y prenaient vraiment mal avec toi !

-    Michael et Scarlett ne sont pas des tendres non plus, commenta mon chéri.

-    Certes mais ils ne matraquent pas le derrière de ma fille avec toutes sortes d’instruments de torture, reprit ma mère. C’est déjà ça !

-    Au fait, Marie… me dit mon beau-père. Nous ne savons pas comment te le dire… Mais nous pensons qu’il vaut mieux que tu l’apprennes par nous que par quelqu’un d’autre…

-    Quoi ? m’inquiétai-je. Qu’est-ce qui se passe ?

-    Tu te souviens de Coralie Dernoncourt ?

-    Ma meilleure amie d’enfance ? demandai-je. Bien sûr que je m’en souviens !

-    Eh bien, elle a eu dix-huit ans il y a deux semaines, me dit mon beau-père. Désormais, le Gouvernement n’attend plus la fin de l’année scolaire : il vient chercher les jeunes directement chez eux le jour de leurs dix-huit ans pour les placer dans un centre, le temps qu’ils obtiennent leur baccalauréat.

-    C’est inhumain ! commentai-je.

-    La nuit précédant ses dix-huit ans, Coralie et sa sœur jumelle ont essayé de s’enfuir, poursuivit mon beau-père. Et… elles ont été abattues à cent mètres de la frontière suisse.

Je plaquai mes mains sur ma bouche. Cela ne pouvait pas être vrai !!

-    Nous savons que tu ne côtoyais plus Coralie depuis la fin de la primaire, ajouta ma mère. Mais nous nous sommes dit que tu aimerais quand même être au courant de ce qui se passe. Le Gouvernement ne se contente plus d’enfermer les jeunes dans des centres où ils sont torturés et brisés mentalement. Maintenant, ils abattent ceux qui sont trop réfractaires.

-    Le pire, c’est qu’il y a maintenant 96% de la population française qui est favorable à la réforme, poursuivit mon beau-père. La dernière fois, un reportage est passé à la télé : le quotidien d’une famille d’accueil était filmé. Le père a, en direct, donné une fessée déculottée à son fils d’accueil. Ensuite, le ministre des familles d’accueil, et le ministre délégué à la jeunesse ont vanté tous les bienfaits des châtiments corporels dans l’éducation des enfants.

-    Selon les médias, le taux de délinquance a très fortement chuté en France, enchaîna ma mère. Il n’y a plus aucun problème avec les jeunes de 18 à 25 ans. Le trafic de drogues a considérablement ralenti. L’armée française s’est énormément renforcée. Les jeunes sont désormais polis et respectueux. Ton oncle Fred, qui travaille maintenant avec le Premier Ministre, confirme tout cela. Ce n’est pas seulement une propagande : le pays s’améliore vraiment !

-    Et donc, vous allez me dire que vous cautionnez tout ça ?! m’emportai-je.

-    Bien au contraire, ma puce ! me rassura ma mère. Nous faisons partie des 4% de la population qui pensent que les jeunes doivent être libres ! Selon Fred, les prochaines lois qui vont être mises en place vont davantage restreindre votre liberté.

-    C’est-à-dire ? m’inquiétai-je.

-    Ils vont s’attaquer à votre langage, expliqua mon beau-père. Les familles d’accueil vont recevoir une lettre gouvernementale dans laquelle il leur sera spécifié qu’ils devront réprimer toute forme de langage informelle. Les « genre », les « wesh », les « daron/daronne » et toute autre forme de langage familier sera proscrite. Vos familles d’accueil auront l’obligation de vous punir si vous ne parlez pas correctement.

-    Bon, Michael et Scarlett ne laissent déjà pas passer nos écarts de langage donc ça ne changera pas grand-chose à ma vie ! commentai-je.

-    Aussi, les téléphones portables vont vous être totalement retirés, annonça mon beau-père. Il vous sera interdit d’en posséder un. A la place, vous aurez une montre qui vous permettra d’être localisés et de connaître l’heure. C’est tout.

-    Sérieusement ?! m’exclamai-je.

-    Ensuite, le quota maximum de toutes les familles d’accueil sera fixé à six enfants, sauf si les parents d’accueil demandent à en avoir davantage, annonça ma mère.

-    Ce qui veut dire ? questionnai-je, même si je pensais connaître la réponse.

-    Ce qui veut dire que Michael et Scarlett ne sont pas à l’abri d’accueillir deux autres enfants, expliqua maman. Surtout que d’après tonton Fred, ils sont très bien placés sur la liste des familles d’accueil, et très bien vus du Gouvernement ! Ils jouissent d’une excellente réputation !

Cela me parut très injuste. Avec tout ce qu’ils avaient vécu avec Elsa, Victoire puis Manoé, je trouvais que mes parents avaient quand même droit à de la stabilité et à de la tranquillité ! Et nous aussi, d’ailleurs ! Ana venait tout juste de rentrer à la maison et de retrouver son état normal. Mayeul commençait enfin à s’ouvrir à nous tous et à s’intégrer pleinement à notre famille. Quant à Louise et moi, nous avions trouvé dans notre parfait équilibre.

-    Et enfin, les châtiments corporels à l’école vont être légalisés, conclut mon beau-père.

Heureusement que j’étais assise. Je n’en revenais pas. J’avais l’impression d’être un personnage d’une des dystopies que j’allais étudier ce semestre.

Mes parents annoncèrent aussi une série de lois qui allait entrer en vigueur concernant les jeunes ayant choisi l’armée. Eux aussi allaient être infantilisés au possible. Le ministre des Armées prônant les bienfaits des châtiments corporels avec ses enfants d’accueil, instaurerait la fessée, les gifles et tout ce qui va avec comme des punitions banales et courantes.  

-    Fini le trou, dit ma mère. Tu dormiras dans ton dortoir, Mathieu. Mais tu subiras sûrement des sévices si tu ne te tiens pas correctement !

-    Tonton Fred est sûr de tout ça ? demandai-je, une lueur d’espoir dans la voix.

-    Il en est certain, répondit ma mère après avoir soupiré. Tout ça ne va pas tarder à être annoncé.

-    Quand ces lois vont-elles entrer en vigueur ? se renseigna Mathieu.

-    Ce gouvernement est connu pour être rapide, répondit ma mère. Avant la fin du mois, toutes ces nouvelles lois seront entrées en vigueur.

-    Ça craint ! me plaignis-je.

-    Ça craint vraiment ! renchérit Mathieu. Ceux qui réussissent à déserter doivent vraiment vivre leur meilleure vie !

-    Ne crois pas cela, dit ma mère. Les autres pays européens s’intéressent de très près au fonctionnement français. Cela ne m’étonnerait pas qu’ils mettent en place le même système d’ici peu de temps !

Je n’en croyais pas mes oreilles.

 

 

L’après-midi, pour fêter notre Saint-Valentin, mon aimé m’emmena en balade à Paris. Nous marchâmes sur les quais de Seine, ayant l’impression de n’être que deux face au monde entier. Après nous être arrêtés au Pont des Arts pour y déposer un cadenas sur lequel nous avions gravé nos deux prénoms, nous allâmes prendre une boisson chaude dans un pub. J’offris alors son cadeau à Mathieu : une carte cadeau de 150€ dans un magasin de mode, que Scarlett m’avait aidée à choisir. Mon amoureux étant fan de mode, il fut ravi ! A son tour, il voulut m’offrir son cadeau. Je paniquai rapidement à la vue d’un petit écrin noir. Mes craintes étaient fondées : Mathieu se leva, posa un genou à terre et ouvrit l’écrin qui contenait une magnifique bague. Puis, il déclara :

-    Marie Lebertier-Webber, tu es la femme de ma vie. Tu es l’oxygène grâce auquel je respire, tu es ma force, mon souffle, et le moteur qui fait battre mon cœur. Je veux passer le reste de ma vie avec toi. Alors… Veux-tu m’épouser ?

Les larmes me montant aux yeux, je répondis :

-    Mais Mat’… On n’aura pas le droit de se marier avant six longues années !

-    Rien ne nous empêche d’être fiancés, si ?

-    Mais… Normalement, on ne se fiance qu’un an avant le mariage !

-    Qui a dit que nous devions faire comme tout le monde ? m’interrogea-t-il. Avec ces fiançailles, je saurai que tu es à moi. Le temps qui passe sera alors moins difficile à supporter. Et puis imagine : si nous avons six ans pour organiser notre mariage, la fête sera spectaculaire !

-    Mais, je souhaite aller jusqu’au doctorat, Mat’ ! Donc même si on est majeurs et mariés, je serai obligée de rester vivre chez les Webber le temps de valider mon diplôme…

-    Est-ce si grave que ça ? Valide ton doctorat : ça me va très bien ! Ensuite, nous aurons toute la vie devant nous. Alors ? C’est oui ?

-    Evidemment que c’est oui !! répondis-je après avoir décidé d’arrêter de réfléchir.

Le peu de personnes présentes dans le bar applaudit tandis que Mathieu et moi nous embrassâmes avec fougue. Puis, Mathieu enfila la magnifique bague à mon annulaire gauche et nous décidâmes que nos fiançailles resteraient secrètes pour éviter une quelconque déconvenue.

 

 

La fête chez Charlotte me fit énormément de bien. Pendant quelques heures, je crus récupérer ma vie d’avant ; enfin, presque. Lorsque je remplis mon verre de Malibu mélangé à du jus de fruits, et que je m’apprêtai à le porter à mes lèvres, Mathieu intervint en me prenant le verre des mains :

-    S.S.

-    Oh s’il te plaît, Mat’ !

-    Ok, fais comme tu veux ! me dit-il en me tendant mon verre. Mais tout ce que je te dis, c’est S.S.. Ou S.S.P....

Dépitée, je pris le verre et allai le vider dans l’évier de la cuisine. Puis, j’allai me servir un verre d’Oasis Tropical que je bus, blasée.

       Comme à chaque fois que nous nous retrouvons en soirée entre jeunes concernés par la réforme, mes amis et moi échangeons sur nos différentes situations. Nous sommes une majorité à être en familles d’accueil.

Nous étions une dizaine à être assis autour de la piscine. Puisque le sujet du Gouvernement tortionnaire et des familles d’accueil maltraitantes était abordé, la conversation battait son plein. Entre ceux qui se plaignaient et ceux qui minimisaient, l’écart se creusait. Je me sentais assise entre deux chaises.

-    Il ne faut pas exagérer non plus ! intervint Baptiste. Certaines familles sont particulièrement géniales !

-    Ah oui ?! reprit Charlotte en balayant tout le monde du regard. Levez la main ceux qui, actuellement, sont assis sans ressentir la moindre douleur !

A mon plus grand étonnement, je levai la main. Nous étions cinq sur dix à pouvoir le faire. Charlotte en était toute retournée :

-    Sérieusement ?! s’exclama-t-elle. Je n’y comprends rien ! Moi, je prends la fessée presque tous les jours !

Puis, elle me regarda en disant :

-    Marie ! T’es la reine des conneries depuis que je te connais, c’est-à-dire depuis notre entrée au collège ! Tu ne vas pas me dire que tu ne prends pas des roustes monumentales !!

-    Eh bien, ma mère m’a filé une claque mercredi soir, dis-je. Mais sinon, je n’ai pas reçu de véritable fessée depuis lundi. Six jours sans vraie fessée !

-    Qu’est-ce que tu appelles « vraie fessée » ? me questionna Charlotte pour tenter de me rallier à elle.

-    Eh bien, plusieurs claques qui s’enchaînent sur les fesses, répondis-je sur le ton de l’évidence. Pourtant, je peux vous dire que mes parents sont stricts !

-    Je confirme ! dit Mathieu.

-    Et même si les périodes d’accalmie sont rares, je vous assure que ça fait six jours que je n’ai pas pris de vraie fessée ! expliquai-je.

-    Tu vas me dire que tu es devenue un ange, tout à coup ?! se renseigna Charlotte en me lançant un regard soupçonneux.

-    Je n’ai jamais dit ça, répondis-je. C’est juste que j’ai trouvé le moyen de ne pas me faire prendre.

Face aux sollicitations, je dus dévoiler mon astuce du double carnet, pour laquelle je fus applaudie.

-    Quand tes parents le découvriront, S.S.P. ! me chuchota Mathieu en attendant que les applaudissements se dissipent.

-    En attendant, c’est le kiff total, rétorquai-je. J’ai trouvé le moyen de faire ce que je voulais sans conséquences. J’adore !

 

Mathieu et moi restâmes chez Charlotte jusque très tard dans la nuit. Nous rentrâmes dormir chez mes parents aux alentours de trois heures du matin, après avoir vécu une superbe soirée. Ces vacances commençaient très bien !

 

A suivre…

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