Michael resta assis
face à moi, me scrutant dans un silence pesant. Lorsque j’osais lever les yeux
vers lui, je voyais ses yeux bleus perçants rivés sur moi, comme s’il essayait
de lire dans mes pensées. Mal à l’aise, je baissais à nouveau les yeux au sol
et attendais.
Au bout d’une bonne minute, je me risquai à
demander :
- Tu ne vas pas me
punir ?
- Oh si, répondit-il.
Mais puisque l’attente te punit déjà, je préfère te faire
poireauter encore un peu.
Devant mon étonnement le plus complet, papa se
leva, se rendit dans la cuisine et se servit une coupe de champagne qu’il
ramena au salon. Il but une gorgée et posa sa flûte sur la table basse avant de
me narrer :
- Quand j’étais petit,
j’aimais beaucoup mon grand-père maternel. Il s’appelait James. Grand-pa James
était un homme que j’adorais et que je suivais partout. Nous avions une
relation fusionnelle. Je me souviens que mon frère ainsi que mes cousins et
cousines regardaient d’un œil mauvais cette relation. Ils disaient que c’était
injuste que je sois le préféré de Grand-pa alors que je n’avais rien de
spécial.
Papa but à nouveau une petite gorgée de
champagne puis poursuivit :
- A l’adolescence, j’ai
vécu la situation inverse en me rendant compte que Caleb était le préféré de ma
mère. Elle ne lui faisait que des compliments alors que moi, je ne faisais
jamais les choses comme il le fallait. Ma mère ne voyait que par mon frère même
si elle ne l’a jamais réellement admis. Je ne l’ai jamais avoué à quiconque,
mais j’ai réellement souffert du fait que Caleb soit le préféré de ma mère. Je
me suis promis qu’un jour, s’il m’arrivait d’avoir des enfants, je ne
commettrais pas la même erreur. Et puis, grâce à la réforme, je suis devenu
père.
Michael se tut quelques secondes avant de
continuer :
- Avec Elsa et Victoire,
cela n’a pas été difficile de tenir cette promesse faite à moi-même. Et puis
Louise et toi êtes arrivées dans notre vie et tout a changé.
Papa me fixa de son regard pénétrant et me
demanda :
- Est-ce que tu comprends
ce que j’essaie de te dire, Marie ?
Je secouai la tête. Mon père reprit :
- J’essaie du mieux que
possible d’être un père juste et égal avec tous mes enfants. Pourtant, quand il
s’agit de toi, tout est différent, Marie. A cause de toi, j’ai rompu cette
promesse faite à moi-même ; mais grâce à toi, je n’en veux plus à ma mère
d’avoir préféré Caleb parce que je sais désormais qu’on ne contrôle pas ce
genre de choses.
Anxieuse, je me risquai à demander :
- Est-ce que tu es en
train de me dire que je suis ta préférée parmi tes enfants et que par
conséquent, tu ne vas pas me punir parce que tu m’aimes trop ?
Michael sourit puis répondit :
- La première partie de
ta phrase est correcte. Cependant, il faut rectifier la deuxième partie :
je vais te punir parce que je t’aime trop. Je t’aime trop pour te laisser aller
à la dérive sans te guider. Je t’aime trop pour ne pas t’apprendre que chacun
de tes actes entraîne des conséquences.
- Tu vas me punir plus
sévèrement que les autres ? réussis-je à m’enquérir malgré la peur au
ventre.
- Tu verras bien,
répondit mon père en buvant une nouvelle gorgée de champagne.
- Pourquoi m’avoir avoué
que j’étais ta préférée ?
- Parce qu’il me semblait
important que tu le saches, et parce que désormais, les différences sont
visibles, que ce soit pour toi ou pour tes frère et sœurs. Tu as déjà dû
remarquer que je suis plus sévère avec Mayeul parce qu’il est un garçon, que je
suis en général plus soft avec Louise parce que ses bêtises sont rares, ou
encore que les punitions d’Anaïs sont souvent plus longues parce qu’elle a une
meilleure résistance. Avec toi, je discute beaucoup, chose que je ne fais pas
toujours avec les autres. Je te laisse plaider ta cause et exposer ta défense
alors que ton frère et tes sœurs ont rarement cette occasion.
Effectivement, maintenant que papa se confiait,
je me rendais compte qu’il disait la vérité.
- Je te fais confiance,
Marie, pour que cette conversation reste confidentielle. Je parlerai avec
Mayeul, Ana et Louise en temps voulu. Si j’apprends que tu t’es vantée auprès
d’eux d’être ma préférée, non seulement tu auras brisé ma confiance mais en
plus je te flanquerai la fessée du siècle !
- Je ne dirai rien,
assurai-je.
- Bien.
Michael se tut en m’observant pendant quelques
secondes avant de me demander :
- Comment se fait-il que
tu puisses passer plusieurs jours voire plusieurs semaines sans recevoir une
seule claque de ma part ou de celle de ta mère, et que d’un coup, il y ait une période
où tu prends au moins une fessée tous les jours ?!
- Je… je ne sais pas, répondis-je
sincèrement.
- Tu as passé toute la semaine
dernière sans recevoir une seule fessée, me rappela mon père. Comment est-il
possible que tu aies été à ce point exécrable depuis lundi ?!
- Je ne sais pas, répétai-je
avec honnêteté.
- J’aimerais bien que tu
y réfléchisses et que tu me fournisses une réponse, dit papa.
J’hochai la tête.
- Bon, il est temps de
passer aux événements de cette semaine.
Mon cœur se mit à battre à tout rompre.
- Même si elle a assuré
avec vous trois, ta mère en a bavé, confessa papa. Je ne pensais pas que vous
seriez aussi pénibles en mon absence !
Je rivai mon regard au sol.
- Puisque j’ai l’habitude
de te laisser plaider ta cause, poursuivit Michael, je vais te donner
l’occasion de me raconter ce qui s’est passé pour toi depuis mardi. Je ne veux
pas que tu me parles de ton frère ni de ta sœur. Uniquement de toi. Ne me mens
surtout pas, Marie ! Je t’écoute.
- Eh bien… commençai-je
en tentant d’essuyer mes mains moites sur mon jean. Mardi, nous sommes allés
manger chez oncle Caleb et tante Justine.
- Avant ça, intervint mon
père. Que s’est-il passé dès ton petit déjeuner mardi matin ?!
Je tentai d’avaler ma salive mais j’avais la
bouche sèche. Je pris mon courage à deux mains et dis :
- Je… j’ai fait un
caprice parce que je ne voulais pas prendre mon petit déjeuner.
Que c’était dur d’avouer ses fautes ! J’en
étais vraiment honteuse.
- Pourquoi ? me
demanda papa.
- Parce que je ne voulais
pas prendre de poids.
- Que venait de dire la
balance ?
- Que j’avais perdu trois
kilos. Mais je ne voulais pas les reprendre !
- Donc le régime que
t’impose ta mère depuis plusieurs mois fonctionne mais tu t’es quand même
permise de faire un caprice ! Comment a réagi ta mère ?
Je rivai à nouveau mes yeux au sol. Répondre à
cette question revenait à m’écorcher profondément la bouche.
- Elle… s’est fâchée.
- C’est-à-dire ?
creusa Michael.
- Tu le sais bien,
répondis-je.
- Je veux te l’entendre
dire. De quelle manière ta mère s’est-elle fâchée ?
- …
- Marie ?
- Je n’ai pas envie de le
dire, confessai-je.
- Dans ce cas, est-ce que
tu as envie d’atterrir sur mes genoux tout de suite ?
- Non papa ! S’il te
plaît !
- Alors dis-moi de quelle
façon ta mère s’est fâchée.
- Elle m’a donné une
fessée déculottée à la brosse ! crachai-je, honteuse et amère que mon père
m’oblige à dire cela.
- A tes yeux, était-ce
justifié ?
- Non…
- Pourtant, elle t’avait
prévenue de ce que tu risquais si tu faisais un caprice !
- Oui mais j’aurais juste
sauté un repas, c’est tout ! me défendis-je. Ce n’est pas la mer à
boire !
- Si tu penses que tu
peux te permettre de sauter un repas et de mettre ta santé en danger, c’est que
ta mère n’a pas tapé assez longtemps sur tes fesses et que tu mérites une
autre fessée ! Ça tombe bien, je suis là pour te la donner !
- Papa…
- Poursuis. Vous êtes
donc allés manger chez oncle Caleb et tante Justine.
- Oui, et… enfin, tout se
passait bien jusqu’à ce que je découvre qu’ils avaient prévu que l’on mange une
raclette…
- Et ?
- C’est vraiment très
calorique ! expliquai-je. Et je savais que si je faisais un caprice pour
ne pas manger, maman se fâcherait à nouveau. Et elle se fâcherait aussi si je
demandais à tante Justine de cuisiner quelque chose de moins calorique… Mais en
même temps, je ne voulais pas manger ce plat… Mais je ne pouvais pas faire de
caprice… Alors, j’ai fait une crise d’angoisse…
- Est-ce que tu as eu mal
à la tête ? Tu t’es mise à transpirer ?
- Oui !
- Tu avais du mal à
respirer et tu avais des palpitations ?
- Oui, c’est ça !
- Tu avais très mal aux
orteils ?
- Oui, vraiment
mal !
Michael se leva et me fonça dessus. Il
m’attrapa par le bras, me sortit du canapé et me colla vingt claques puissantes
sur le jean. Mes fesses me brûlèrent et j’étais persuadée qu’elles viraient
déjà au rouge. Puis, il me lâcha et alla se rasseoir en face de moi avant de me
gronder :
- La prochaine fois que
tu me mens, je te baisse ton jean et ta culotte !
- Mais…
- Attention, Marie !
réitéra mon père en pointant son index sur moi. Lorsqu’on fait une crise
d’angoisse, on n’a aucunement mal aux orteils ! Pour ce qui est des
palpitations et de la difficulté à respirer, il est certain que si tu avais
fait une réelle crise d’angoisse, tu aurais alerté du monde car tu aurais
paniqué. Or, il ne s’est rien passé de tout cela ! Tu essaies d’arranger
la réalité pour te trouver des circonstances atténuantes ! Il est temps
d’assumer tes bêtises ! Donc, tu n’as fait aucune crise d’angoisse, tu
avais seulement envie de faire un caprice ! Continue !
- Je… suis allée dans la
salle de bains en prétextant une envie pressante, dis-je en prenant bien garde
à chacun de mes mots tant mes fesses me brûlaient à cause la S.S. que je venais
de recevoir. Et j’ai fouillé dans l’armoire à pharmacie pour avoir un
médicament contre l’angoisse.
- Une fois de plus, tu as
choisi la facilité ! constata mon père. Et le lendemain, que s’est-il
passé quand ta mère l’a appris ?
- Elle… elle m’a donné
une fessée déculottée sur ses genoux, répondis-je en regardant mes mains moites
que j’étais en train de triturer.
- A tes yeux, était-ce
justifié ?
- Oui papa, répondis-je
pour ne pas faire la même erreur que tout à l’heure et m’éviter une réprimande.
- Pourquoi ?
questionna le chef de famille.
- Parce que j’ai mis ma
santé en danger en avalant un médicament que je ne connaissais pas vraiment.
- Exactement ! Cela
aurait pu avoir de graves conséquences sur toi et sur ta maladie !
- Mais je me suis excusée
auprès de maman ! plaidai-je.
- C’est bien mais ça
n’efface pas du tout le mal qui a été fait à ton corps ! Tu crois que la
personne qui vous a renversés lorsque vous étiez à vélo n’est pas
désolée ? Pourtant, est-ce que ça change quelque chose à l’état dans
lequel se trouve Marion ?
Je ne répondis pas pour ne pas avoir à dire à
voix haute que mon père avait totalement raison.
- Et aujourd’hui,
Marie ! Raconte-moi un peu ce qui s’est passé ! Raconte-moi pourquoi
j’ai dû écourter mon séminaire !
Michael commençait à hausser sérieusement le
ton et à perdre son sang-froid. Pour tenter de se reprendre, il s’enfonça dans
le canapé avec sa flûte de champagne à la main, croisa les jambes en posant sa
cheville gauche sur son genou droit, but une gorgée d’alcool et dit :
- Je t’écoute !
- J’étais fâchée…
- Pourquoi ?! Ta
mère t’a autorisée à sortir avec tes amis, elle a même organisé cette soirée
avec les parents de tes amis, uniquement pour que vous puissiez passer du temps
ensemble ! Mais bien sûr, Marie Webber ne se contente pas du beurre !
Il lui faut aussi l’argent du beurre ! D’où est venue cette histoire de
soirée pyjama ?!
Sa tentative de détente était loupée :
papa me grondait maintenant ouvertement et directement. Cela ne m’engagea pas à
lui répondre, sachant que c’était un sujet sensible. Cependant, il
insista :
- Je t’ai posé une
question !
- C’est Clara qui voulait
la faire, répondis-je. Mais elle a dit que ses parents ne voudraient pas qu’on
aille chez eux parce que Clara et Alice n’avaient pas fait leurs devoirs ou un
truc du genre… Et les autres parents non plus ne voulaient pas nous accueillir…
- Et tu as donc demandé à
ta mère !
- Oui.
- Et comment as-tu réagi
quand elle t’a dit : « Non » ?
Je rivai les yeux vers le sol.
- Je t’ai posé une
question ! répéta Michael. Comment as-tu réagi ?!
- Je me suis fâchée,
répondis-je.
- Oui, et que lui as-tu
dit ?!
- Qu’elle disait
« Non » juste pour me faire chier, avouai-je.
Je me mis à pleurer, réalisant le pétrin
monstre dans lequel j’étais.
- Garde tes larmes pour
tout à l’heure, tu vas en avoir besoin ! me lança papa. Quand ta mère est
arrivée sur place, qu’a-t-elle fait ?!
- Elle… elle… elle m’a
donné une fessée sur le jean…
- Et que lui as-tu
dit ?
- C’est… Magdalena qui
m’a dit de dire ça ! tentai-je.
- Bizarrement, ta mère
n’a pas entendu Magda ouvrir la bouche !
- Non mais avant que
maman arrive, Magda m’a dit : « Tu diras à ta mère qu’elle fait
chier ! ».
- Et si Magda te
demandait d’entrer dans une maison en flammes, tu le ferais ?!
- Non mais…
- Tu viens encore me
mentir, Marie ! Tu viens encore de me mentir pour ne pas avoir à assumer
tes conneries !
Mon père posa sa flûta sur la table basse, se
leva, me sortit à nouveau du canapé et baissa mon jean et ma culotte en moins
de temps qu’il n’en faut pour le dire. La vingtaine de claques que je reçus
alors fut horrible ! Je crus que mes fesses allaient fondre tant elles me
brulaient.
- Ne te rhabille
pas ! m’ordonna papa. Je n’en ai pas fini avec tes fesses ! On ne
fait que commencer, Marie !
Je n’arrivais plus à retenir mes pleurs. Entre
la peur que je ressentais depuis plus de trois heures, la vision des punitions
de mon frère puis de ma sœur, et les deux salves que je venais de prendre, je
ne pouvais m’empêcher de pleurer. J’étais assise sur le canapé, mon pantalon et
ma culotte baissés jusqu’à mes genoux, et tremblante de peur. Mon père s’en
ficha et reprit l’interrogatoire :
- Qu’as-tu dit à ta mère
après qu’elle t’ait donné cette fessée sur le jean ?!
- « Tu me fais
chier », pleurai-je.
- Redis-le plus
fort ! Répète ce que tu as osé dire à ta mère, à ma femme après
qu’elle t’ait donné cette fessée sur le jean ?!
- « Tu me fais
chier », répétai-je, la voix branlante.
- Et comment a réagi
maman ?!
- Elle m’a… elle… m’a…
baissé le pantalon et m’a redonné la fessée…
- Une minuscule fessée
sur la culotte alors que tu aurais mérité une déculottée magistrale ! me
gronda papa. Et ensuite, tu t’es permise de lui faire la tête ! Tu lui
avais manqué de respect par deux fois devant tes amis, et tu t’es en plus permise
de ne plus adresser la parole à ta mère ! Tu t’es permise de lui répondre
de façon insolente lorsqu’elle t’a demandé de l’aider à décharger les
courses ! Sais-tu qui a aidé ta mère à vider le coffre ?!
Je secouai la tête.
- Elisabeth et
Grâce ! Car Mayeul et Anaïs étaient punis dans leurs chambres et ça, tu le
savais très bien ! La vérité, c’est que tu as voulu faire payer à ta mère
le fait qu’elle t’ait recadrée devant tes amis après que tu aies été insolente
et irrespectueuse envers elle !! Nous sommes bien d’accords, Marie ?!
C’est ça, la vraie version de l’histoire ! Tu es entièrement
fautive ! Ce n’est ni la faute de ta mère, ni la faute de Magdalena ou de
je ne sais qui d’autre ! Tu as pris toute seule la décision de mal parler
à maman ! Par contre, lorsque les conséquences pointent le bout de leur
nez, tu ne veux pas du tout les assumer ! Cette attitude est totalement
inacceptable, Marie ! Jamais ta mère et moi ne tolérerons un tel
comportement, tu entends ?!
- Oui papa, pleurai-je.
- Ta mère m’a ensuite
appelé parce qu’elle se sentait dépassée par ton attitude ! Elle t’a collé
une fessée à la brosse avant-hier, une bonne fessée sur ses genoux hier, et
malgré ça, tu te permets d’être insolente et irrespectueuse aujourd’hui !
Donc elle m’a appelé parce qu’elle ne savait plus quoi faire avec toi ! Et
qu’as-tu fait quand j’ai voulu te parler au téléphone ?!
- J’ai raccroché,
avouai-je.
- Répète ?!
- J’ai raccroché, dis-je.
- Tu m’as raccroché au
nez, Marie ! Et par la suite, j’ai rappelé trois fois sans réponse de ta
part ! Tu crois que c’est quelque chose que tu peux te permettre,
ça ?! Tu crois que tu peux te permettre de ne pas décrocher quand je
t’appelle ?! De ne pas m’écouter quand je te parle ?! Non seulement,
tu as été irrespectueuse envers ta mère, ce qui m’est déjà insupportable et qui
va te valoir une sacrée volée ; mais en plus tu l’as été envers
moi en me ghostant comme si j’étais un de tes potes !
Papa but une dernière gorgée de champagne pour
vider la flûte puis se leva et s’approcha de moi en disant :
- Pour tout ce qui s’est
passé durant ces trois jours et pour tout ce que tu as fait endurer à ta mère,
tu vas te ramasser une fessée mémorable, Marie Webber ! Viens ici !
Michael m’attrapa le bras au niveau du biceps
et tira dessus, réussissant à me lever comme si j’étais aussi légère qu’une plume.
Je pleurais déjà plus que de raison, craignant pour mes fesses.
- Tu n’as plus intérêt à
nous faire un caprice pour la nourriture ! me gronda mon père.
Et il me fila une déculottée debout, là, au
milieu du salon. Quand j’osai mettre ma main libre pour me protéger, il la
maîtrisa immédiatement. Mon bassin partait légèrement en avant à chaque claque tant la
punition était puissante ! Je reçus peut-être une quarantaine ou une
cinquantaine de claques avant que papa ne cesse d’abattre sa main sur mon
postérieur.
- Pardon !
pleurais-je. Je suis désolée ! Pitié, papa ! Je serai sage !
- Tu n’as plus intérêt
non plus à avaler un médicament que tu ne connais pas, ni à mentir pour
t’éviter des ennuis !
Cette fois, la S.S.P. fut plus longue.
Peut-être le double de la précédente. C’était une vraie torture !
Michael cessa la fessée et me força à le
regarder dans les yeux avant de me dire :
- Remets encore une fois
ta santé en danger, Marie, et je te garde trente minutes sur mes genoux !
Trente minutes ! Tu as compris ?!
- Ou…ui… pa…pap…pa…,
bredouillai-je comme je le pouvais.
- Il y autre chose dont
on n’a pas parlé tout à l’heure ! annonça mon père.
Oh, quoi encore ?! Qu’ai-je bien pu
faire ?!
- Où est-ce que tu dois
être la nuit, Marie ?!
- Da…ans m…mon li…lit…,
bégayai-je, voyant malheureusement très bien où papa voulait en venir.
- Exactement ! me
gronda-t-il. Dans ton lit, Marie ! Pas dans le salon en train de regarder
ta sœur recevoir le martinet !
Papa me donna une dizaine de claques bien
costaude avant de me menacer :
- La prochaine fois que
tu sors de ton lit la nuit sans motif valable, tu auras une S.S.P. !
Exactement comme en ce moment ! Compris ?!
- Ou…i… pa…pa…
- Est-ce que tu as le
droit d’être insolente avec maman ?!
- Non…
Vingt claques tombèrent sur mon postérieur. Mes
mains étaient bloquées et mon père avait mis sa jambe devant les miennes pour m’empêcher
d’avancer et d’échapper aux claques. C’était atroce.
- Est-ce que tu as le
droit d’être irrespectueuse avec maman ?!
- Non…
Vingt nouvelles claques tombèrent. Puissantes
et très douloureuses. Finalement, lorsque j’avais cru que papa avait faibli à
la fin de la punition d’Ana, c’était bien mon imagination qui m’avait joué des
tours !
- Qu’est-ce que tu dois
faire lorsque ta mère te dit « Non », Marie ?! Qu’est-ce que tu
dois faire ?!
Je ne répondis pas, tant je pleurais.
- Tu réponds : « D’accord,
maman. » et tu obéis ! répondit Michael à sa propre question.
Vingt autres claques tombèrent. Je ne me souvenais
pas avoir déjà reçu une volée pareille !
Papa continua de me gronder en ponctuant ses
phrases de claques puissantes :
- Que je n’apprenne plus que
tu as manqué de respect à ta mère ! Que je n’apprenne plus que tu as été
insolente envers elle ! Que je n’apprenne plus que tu as refusé d’aider ta
mère, Marie !!
Je n’en pouvais plus ! Mes fesses me
brûlaient vraiment trop ! Chaque nouvelle claque me faisait un mal de chien !
Je me demandais bien s’il n’allait pas finir par me briser les os ; mais Michael
tapait toujours sur la partie la plus charnue de mes fesses. Aucun risque qu’il
y ait des dégâts physiques. Malheureusement pour moi, cette fessée pouvait
durer encore longtemps…
- Pardon, papa ! le
priai-je en gigotant pour tenter d’esquiver les claques, sans succès. Aïe !
Aïe !! Je ne le ferai plus, promis ! Aïe !!
Mon père m’asséna encore trois claques puis s’arrêta
et me lâcha pour mon plus grand soulagement. Je me risquai à penser que c’était
fini mais lorsque je sentis Michael mettre son index sous mon menton et le
lever vers lui pour me forcer à le regarder, je me souvins que papa n’avait pas
encore tout puni. Quelques larmes supplémentaires coulèrent sur mes joues.
- Depuis quand est-ce que tu oses me raccrocher au
nez, Marie Webber ?! Depuis quand est-ce que tu raccroches au nez de ton
père ?! Depuis quand tu l’ignores quand il t’appelle ?! Tu te prends
pour qui, Marie ?!
- Je su…is dés…so…so…l…lée,
bredouillai-je.
Mon père me lâcha et alla chercher le martinet.
Ce n’était pas le martinet de la torture qu’Anaïs avait reçu mais c’était tout
de même un martinet.
Quand Michael s’approcha de moi avec l’objet du
malheur dans la main, je ne pus m’empêcher de reculer et de le prier de toutes
mes forces. Avec mon jean et ma culotte qui m’entravaient, je ne pouvais pas me
permettre de courir sans me casser la figure au bout de deux mètres.
Mon père finit par m’attraper et me flanquer
dix horribles coups de martinet sur mes pauvres fesses meurtries.
- Quand je t’appelle, tu
réponds, Marie ! me dit-il froidement après avoir jeté le martinet sur le
canapé. Et tu n’as plus jamais intérêt à me raccrocher au nez ! C’est
clair ?!
- Ou…i… p…ap…a…, pleurai-je
en me frottant les fesses.
Michael m’attrapa par le bras, m’emmena jusque
dans la cuisine et arracha une feuille de sopalin qu’il me tendit.
- Essuie-toi le visage et
va au coin. Mains sur la tête. Je t’interdis de te rhabiller. Que je ne te vois
pas bouger ou te retourner, Marie, parce que je te reflanque une fessée !
Tu entends ?!
J’hochai la tête, incapable de parler ; je
me dirigeai vers le coin que mon père avait désigné dans la salle à manger.
Même
lorsqu’il sortit de la pièce pour aller chercher maman, je n’osai pas bouger.
Même lorsqu’il se rendit dans le hall pour appeler ma fratrie, je n’osai pas
bouger. Même lorsque les domestiques passèrent dans la pièce pour faire leur
travail, je n’osai pas bouger. Je restai là, me tenant debout face au mur, honteuse
d’avoir les fesses ainsi exposées à tout le monde, mes bras commençant à me
faire mal à force d’avoir les mains sur la tête et mon derrière me brûlant
intensément. Il était certain que je venais de recevoir ma plus sévère punition
depuis mon arrivée chez les Webber. Peut-être même depuis le début de la réforme.
J’avais eu bien raison d’appréhender le retour de papa : j’avais chèrement
payé mon laisser-aller avec maman. Scarlett avait beau être redoutable, Michael
restait le boss, la terreur de la maison, celui qu’il fallait craindre à tout
prix. Et après cette soirée, j’étais persuadée que je craindrais encore plus papa
à l’avenir… !
J’entendis
du bruit. Au bruit des pas, c’était maman qui se rendait dans la cuisine,
suivie de près par papa. Elle mit une assiette dans le micro-ondes et m’ordonna :
- Marie, rhabille-toi et
viens te mettre à table.
Je remontai délicatement ma culotte, ce qui fut
déjà très douloureux. Remonter mon jean fut quasiment insupportable. M’asseoir
à table releva du supplice ; et mes parents ignorèrent totalement mes
gémissements de douleur.
Le micro-ondes sonna : papa y récupéra mon
assiette et la posa devant moi.
- Mange, m’ordonna-t-il.
Je pris ma fourchette et obéis, me rendant
compte que j’avais sacrément faim !
A peine
avais-je avalé ma première fourchetée qu’Anaïs et Mayeul arrivèrent dans la
cuisine, tous deux en pyjama. Ana avait encore les cheveux humides après sa douche. Papa les
obligea à rester debout, devant nous.
Lorsque les assiettes de papa et maman furent
réchauffées et qu’ils se mirent à table avec moi, maman avala un morceau de
lasagnes puis dit :
- Papa et moi nous
fichons totalement du réel motif de votre petit affrontement depuis quelques jours.
Peu importe ce qui s’est réellement passé. L’important, c’est que ça s’arrête
maintenant !
- Si jamais nous
entendons que l’un a fait du mal à l’autre, que ce soit verbalement, physiquement,
ou d’une toute autre façon, vous prendrez une très bonne fessée ! menaça Michael
de sa grosse voix. Est-ce que vous avez compris ?!
- Oui papa, répondirent en
chœur mon frère et ma sœur.
- Il reste une semaine de
vacances, rappela maman. Nous vous conseillons vivement de filer droit !
- Oui maman, répondirent Ana
et Mayeul.
- Bien, alors brossez-vous
les dents et filez au lit ! annonça Scarlett. Bonne nuit, les enfants.
- Je passerai vérifier,
dit papa. Vous aurez intérêt à être couchés ! Bonne nuit.
Ana et Mayeul obéirent. Je remarquai que l’habituel
« Bonne nuit ma princesse, je t’aime ! » de mes parents n’était
pas automatique. Effectivement, j’avais bel et bien une relation privilégiée
avec eux.
Je
mangeai en silence, laissant mes parents discuter entre eux. J’essayais de ne
pas penser à mes fesses sur lesquelles j’étais assise et qui me criaient de
changer de position.
- Marie, dit ma mère
après avoir bu une gorgée d’eau, Mathieu vient te chercher demain midi. Vous
mangez avec nous et ensuite il t’emmènera chez tes parents biologiques.
- D’accord maman,
répondis-je docilement.
- Nous ne te reverrons
pas pendant dix jours ensuite, continua Scarlett. Tu ne reviendras à la maison
que le 1er mars. Nous avons invité ta famille biologique à manger le midi.
- D’accord maman, répétai-je.
- Nous souhaitons que tu
te tiennes correctement durant cette période, me dit papa. Tu devras prendre
tes médicaments tous les jours sans en oublier un seul, te coucher avant minuit
– tu as droit à deux exceptions car ce sont les vacances ! -, rester au
lit durant la nuit, manger des quantités suffisantes de nourriture et terminer
tes devoirs.
- Et parler correctement
à tes parents ! ajouta Scarlett.
- Oui papa, oui maman,
dis-je, bougrement agacée.
- Nous avons demandé à
tes parents biologiques et à Mathieu de nous prévenir immédiatement si tu ne
respectes pas les règles, m’informa Michael. Il n’y a que vingt minutes de
route qui nous séparent de chez tes parents : s’il y a besoin qu’on vienne
pour remettre les points sur les i, on le fera !
- Oui papa, dis-je en
tentant de camoufler ma contrariété.
Le but de rentrer dans ma famille biologique
était justement de pouvoir reprendre ma vie d’avant en faisant ce que je
voulais quand je le voulais ! Ce flicage n’allait vraiment pas me plaire !
Je
ne parlai presque pas jusqu’à la fin du repas. Dès que j’eus terminé ma pomme,
mon père me dit :
- Aller, va te doucher, te
mettre en pyjama et te brosser les dents. Et ensuite, au lit ! J’aide ta
mère à débarrasser, je vais vérifier si ton frère et ta sœur sont couchés et
ensuite, je viens te voir.
Me lever fut une vraie bénédiction et donna un
peu de répit à mes fesses.
Une fois dans la salle de bains, je remerciai
le Ciel de pouvoir enlever mon jean. Je dus me doucher à l’eau tiède car l’eau
chaude me picotait le derrière.
En sortant
de la douche, je me demandai bien où était cette fichue crème que Magdalena m’avait
prêtée pour soulager les douleurs d’une fessée. Je n’en avais jamais eu plus besoin
qu’à cet instant ! Je fouillai dans mes placards et finis par la trouver dans
le tiroir de ma table de nuit. Je m’apprêtais à m’en appliquer quand on frappa
à la porte de ma chambre.
- Entrez ! dis-je après
avoir remis le tube de crème dans ma table de nuit.
Me découvrant douloureusement assise sur mon
lit, papa s’avança vers moi et me dit tendrement :
- Aller, couche-toi ma puce.
Je m’allongeai sur le côté, incapable de tenir
allongée sur le dos. Mon père m’embrassa sur le front et me souhaita bonne nuit
avant de dire :
- Je t’aime très fort,
Marie. Vraiment très fort !
- Moi aussi, papa.
Mon père sortit de ma chambre et je pus
appliquer généreusement la crème de Magda sur mon postérieur avant de
sombrer rapidement dans les bras de Morphée.
A suivre…

Voilà qui est fait ... Marie a reçu une sacrée correction ! Peut-être aussi (?) sévère que celles reçues par Mayeul et Anaïs ???
RépondreSupprimerElle, n'a pas été punie pour avoir fouillé dans la pharmacie de Justine, alors que Mayeul l'a été pour s'être servi des cacahuètes avant les autres ?!?!?!
Marie sait depuis toujours, depuis Londres en fait, qu'elle est la préférée
Était-il nécessaire de le lui rappeler ?
J'espère que cette préférence n'est pas trop ressentie par son frère et ses soeurs !
Les vacances de Marie chez ses parents biologiques ne vont pas être tout à fait comme elle l'imaginait ! Le flicage continue à distance malheureusement 😒
J'espère que Mayeul et Ana vivront une semaine radieuse, avec plein de bonnes surprises rien que tous les deux avec Michael et Scarlett 🙏
S'ils ont fait le choix de rester dans leur famille adoptive c'est qu'ils n'ont pas la chance d'avoir une famille biologique aussi aimante que celle de Marie ou de Louise 😢 ils ont besoin de beaucoup d'affection même s'ils ne le montrent pas.