- Clémence, t’es complètement
jetée !! me lança Mathilde en me regardant faire. Tu t’es prise une volée
monstre ce matin !! T’es pas calmée ?!
- Je veux juste lui
souhaiter la bienvenue, répondis-je en m’affairant.
- T’es complètement malade !
me dit ma meilleure amie. Elle peut arriver d’un moment à l’autre ! Je
suis sûre que Monsieur John ne déconnait pas le moins du monde ! Sérieux,
Clem’ ! Viens, on fout le camp !
- Pars devant ! Je
remets juste une couche et j’arrive !!
- Clémence, on est dans
le couloir de la Direction, putain ! Il n’y a pas que la nouvelle qui peut
arriver à tout moment !! Viens, on dégage de là !!
- Pars devant, j’te dis.
Je me gère !
Mathilde souffla d’agacement et s’en alla. Quant
à moi, j’attendis qu’il y ait une énorme mare de colle avant de foutre le camp
à mon tour.
- Punaise, j’en ai mis sur
ma jupe ! chuchotai-je à Mathilde en cours d’histoire.
- Silence ! gronda
Madame Constance.
- Il faut que t’ailles te
changer avant que Monsieur John voie ça ! me murmura Mathilde. C’est une
preuve de ta culpabilité !
- Je n’aurai qu’à lui
dire que j’ai renversé un aliment ce midi…, rétorquai-je. Peu importe lequel !
Soudain, je fus sortie de table avant même que
je me rende compte de ce qui m’arrivait. Trois bonnes claques tombèrent sur mon
derrière déjà douloureux. Punaise, ça faisait vraiment un mal terrible ! Mathilde
reçut la même sentence que moi avant que Monsieur John nous gronde : « Votre
professeure vous a dit de vous taire, Mesdemoiselles ! ».
Nous nous tûmes tout le reste du cours.
Monsieur John
- Alors, cette première
après-midi ? demandai-je à ma sœur en la croisant dans un couloir,
profitant que Clémence soit aux toilettes.
- Ne m’en parle pas !
me répondit Natty. Il y a déjà une pensionnaire qui a créé une mare de glue
devant la porte de mon bureau ! Mes chaussures sont fichues ! Si je
mets la main sur celle qui a fait ça… !
- C’est Clémence, répondis-je.
- Comment le sais-tu ?
- Elle a le chic pour
souhaiter la bienvenue aux nouveaux. J’ai eu un cadeau de bienvenue moi aussi. Il
n’y a qu’elle qui fait cela. Elle teste automatiquement les nouveaux pour voir
de quel bois ils se chauffent.
- La garce ! s’énerva
Natty. Je vais la chopper, tu vas voir !
- Attends, il faut qu’on fasse
les choses correctement, dis-je. Il faut lui faire passer l’envie de
recommencer et une simple fessée, même bonne, ne suffira pas. Ça la calmera un
jour ou deux mais elle est très endurante ; et je n’ai jamais vu quelqu’un
d’aussi têtu et déterminé ! Il faut qu’on élabore une mise en scène. Qu’on
la fasse trembler de peur et qu’on lui montre qu’on ne rigole pas. Il faut que
tu frappes un grand coup pour imposer ton autorité !
- Et comment allons-nous
faire ça ?
- Tu as pu faire la
connaissance de Matthieu, il me semble ? Allons le voir dans son bureau et
laisse-moi te le présenter plus en détails…
Clémence
En sortant
des toilettes, mon père-référent n’était pas là. A tous les coups, il devait
être occupé ailleurs. Parfait ! Je me rendis dans la salle des devoirs et me
mis au travail, trop heureuse de ne plus avoir le DA sur le dos, même si c’était
pour un court moment.
Soudain,
alors que je sortais de la salle des devoirs et que je m’apprêtais à aller me
détendre un peu, Madame Valérie et Madame Jeanine me tombèrent dessus :
elles m’attrapèrent chacune un bras et m’emmenèrent en cellule.
Je me
doutai que ma mare de glue avait été découverte, tout comme son autrice.
Monsieur John
- C’est extrêmement chronophage
et épuisant pour toi, John ! me dit Lionel. Si vous voulez frapper un grand
coup avec Clémence, il faut déjà qu’on change sa punition.
- Je suis d’accord, dit
Matthieu. Au lieu que ce soit tout le temps toi qui sois sur son dos, on va se
relayer. Cela montrera que, même si tu restes son référent et qu’au final c’est
à toi qu’elle rendra des comptes, nous sommes tous soudés et prêt à ne pas la
lâcher.
- Nous sommes cinq,
poursuivit Éric. Chacun d’entre nous peut donner trois heures de son temps
chaque jour, même si ce ne sont pas trois heures d’affilées. On peut se relayer
toutes les heures !
- Clémence n’est pas le centre
du monde ! m’exclamai-je. Vaut-elle vraiment le coup que l’on passe chacun
trois heures chaque jour derrière ses fesses ?! Il faut également s’occuper
des autres pensionnaires !!
- Même si nous avons plusieurs
fortes têtes, il faut quand même avouer qu’Abigaëlle et Clémence sont les
reines du trouble, rappela Éric. 85% des bêtises qui sont commises dans cet établissement
ont un lien avec Abigaëlle ou Clémence ! Les autres ne sont que des sbires ;
ou alors, elles commettent des bêtises sans réelle gravité et sont rapidement
stoppées par une fessée. Le problème avec ces deux-là, c’est que si on les
laisse courir plus longtemps, la gravité de leurs frasques ira crescendo. Nous
ne sommes que mi-novembre, nous ne pouvons pas passer le reste de l’année dans
ces conditions ! Donc oui, Clémence doit écoper d’une surveillance constante,
et si nous devons faire la même chose avec Abigaëlle, nous le ferons !
- Eh bien, qu’est-ce qu’on
attend ? demanda Lionel en remontant ses manches. Ça ne me pose aucun
souci de les garder quarante-cinq minutes chacune sur mes genoux !
- Te souviens-tu de la
seule fois où Clémence s’est adoucie ? questionna Matthieu. La fois où
elle a vraiment eu peur ? C’est lorsqu’elle a eu à faire à Éric, toi et
moi en même temps. Ce jour-là, elle a failli se pisser dessus. Je la connais
bien : je mets ma main à couper que si elle se retrouve face à nous cinq
ce soir, cela lui mettra un énorme coup de pression.
- Tu veux qu’elle se
prenne cinq trempes ?! m’exclamai-je. Tu veux la tuer ?
- Pas besoin de cinq
trempes, répondit Matthieu. Une seule de la part de Natalia suffira. C’est elle
la nouvelle, c’est à elle que Clémence s’en est prise, c’est à elle d’imposer
son autorité. Le fait que Clémence se retrouve dans une pièce face à nous cinq
en même temps et qu’elle se prenne un savon accompagné d’une déculottée devant
nous cinq… Je suis persuadé que ça posera le décor. Surtout si on lui annonce
que désormais, nous allons tous les cinq nous relayer pour la surveiller.
- Je suis d’accord avec
Matthieu, dis-je.
- Moi aussi, affirma Éric.
- Je vous suis, dit
Lionel.
- Parfait, je vais
chauffer mes mains ! annonça ma sœur.
- Où est Clémence ? demanda
le Directeur.
- En cellule,
répondis-je. Je vais la chercher.
Clémence
Je
venais de terminer le plateau-repas que l’on m’avait apporté. J’avais une boule
au ventre. Peut-être étais-je allée trop loin, cette fois ? Madame Natalia
ne donnait peut-être pas de fessées interminables comme l’avait dit Monsieur John
(il avait donc bel et bien bluffé !) mais par contre, elle enfermait les
pensionnaires en cellule.
Je ne savais pas ce qui allait m’arriver ni
combien de temps j’allais rester là ; tout ce qui m’importait, c’était de
garder mes fesses à l’abri. Je n’en pouvais plus de recevoir des claques ;
j’étais prête à faire trois jours de cellule si cela pouvait m’éviter de
recevoir ne serait-ce qu’une seule claque aux fesses !
En parlant de mes fesses, elles me faisaient
toujours mal. La douleur s’était un peu estompée au fur et à mesure de la
journée mais elles restaient sensibles quand même ! La main de Monsieur
John était on ne pouvait plus redoutable. Même le martinet semblait plus doux,
à côté !
Combien
de fessées avais-je reçu depuis mon arrivée ici ? Je ne les comptais même
plus. Ce Pensionnat était un cauchemar. Je voulais rentrer chez moi. Je voulais
que Côme et Titine viennent me chercher.
Je sais que je suis
têtue. Je sais que je suis désobéissante et obstinée. Mais si je suis ainsi, c’est
parce que les adultes sont tous des cons. Ils sont injustes.
Pourquoi un professeur a-t-il le droit de nous
dire quoi faire ? Nous aussi, savons des choses ! Nous ne connaissons
peut-être pas par cœur l’histoire du Moyen-Âge, nous ne pouvons peut-être pas
raconter de tête le processus de la photosynthèse, mais nous savons des choses !
Pourquoi ce professeur, qui se pose en maître unique du savoir se permet-il de
nous donner des ordres et de nous punir ?
Pourquoi mon frère et ma sœur veulent-ils
absolument que je fasse des études ? Pourquoi veulent-ils que j’aie mon
bac à tout prix ? Pourquoi m’avoir obligée à dire « Bonjour », « S’il
vous plaît », « Au revoir » et « Merci » quand j’étais
petite ? Combien de fessées ai-je reçu parce que j’avais, selon Côme ou
Célestine, été « insolente » alors que je ne faisais que de dire la
vérité ? Pourquoi m’obliger à porter des chaussettes unies ? Pourquoi
me forcer à manger des légumes ? Pourquoi ne pas m’acheter tout ce que je
désirais puisque nous avions l’argent pour ? Pourquoi imposer des putains
de règles aux enfants alors que les adultes ont tous les droits ?!
Les féministes veulent abattre le patriarcat ;
moi je veux abattre cette dictature des adultes sur les enfants. Je vais combattre
« l’adultarcat », même si en sortant de ce Pensionnat de malheur, je
serai moi aussi considérée comme une adulte. De plus, je me fais solennellement
la promesse que quand je serai mère, mes enfants feront tout ce qu’il leur
plaira, que Matthieu soit d’accord ou pas !
En
attendant, ce rêve de révolte ne verrait pas le jour tant que je serais enfermée
dans cette cellule.
Le scénario le plus probable et le plus
malheureux serait que Monsieur John finisse par venir me chercher et me flanque
une fessée corsée pour avoir embêté Madame Natalia. Rien qu’à la pensée d’une
nouvelle fessée de Monsieur John, j’eus envie de pleurer.
Tous les adultes qui m’entourent
dans ma vie pensent que c’est totalement normal de me coller des claques aux
fesses en cas de manquement. Tous pensent que c’est normal de m’infantiliser de
la sorte. Sérieusement, en-dehors de ce Pensionnat, qui prend encore la fessée
à dix-huit ans ?! Je l’ai assez reçue dans mon enfance pour le restant de
mes jours ! Je me souviens encore de la terreur que je ressentais quand
Côme allait chercher le martinet, ou qu’il me menaçait de me donner la Terrible !
Combien de larmes ai-je versé, à plat ventre sur les genoux de Titine ou de
Côme, à promettre que je serais sage ?!
D’ailleurs, que veut
dire « être sage » ? Respecter leurs règles à la con ? A
bas l’adultarcat !!!
Et
je suis là. A attendre ma sentence. Je suis assise sur le lit de camp, j’ai mal
aux fesses et il est peu probable que je ne reçoive pas une nouvelle fessée sous
peu. Cette perspective était loin de me réjouir.
J’étais
en train de réfléchir à comment renverser l’adultarcat quand la porte de la
cellule s’ouvrit : Monsieur John apparut dans l’encadrement. Je me levai
de mon lit et reculai contre le mur, mes mains instinctivement posées sur mes fesses
pour les protéger.
- J’ai juste voulu aller
aux toilettes et tu en as profité pour bizuter la nouvelle Surveillante Générale,
me dit Monsieur John. Je t’ai laissée quelques minutes seule et tu as échappé à
ma surveillance et commis une bêtise.
- Vous êtes très fâché ?
me risquai-je à demander.
- Oui, je suis très fâché,
répondit-il froidement.
- Vous allez me donner
une fessée ? m’enquis-je pour en avoir le cœur net.
- Viens avec moi.
- Si je viens, vous ne me
taperez pas ? demandai-je.
- Ce n’est pas une négociation,
Clémence, me répondit-il. Si tu ne viens pas, je viendrai te chercher moi-même
et alors je te donnerai une fessée pour ne pas avoir immédiatement obéi.
J’avalai ma salive, pris mon courage à deux
mains et sortis de la cellule, suivie de près par Monsieur John.
- Où sont les autres
pensionnaires ? questionnai-je.
- En train de se détendre
dans leurs dortoirs, me répondit le DA.
- Où allons-nous ?
- Dans le bureau du
Directeur.
- Quoi ?! m’exclamai-je,
la peur prenant possession de mon corps. Monsieur, non ! Pitié !
Monsieur Éric va me tuer !
- Il ne va pas être le
seul, m’annonça mon père-référent. Avance, Clémence, ou je te fais avancer avec
des claques aux fesses !!
Une boule dans le ventre, une autre dans la
gorge, les larmes au bord des paupières, j’avançai jusqu’à la porte du bureau
de Monsieur Éric. La fessée était inévitable, je le savais. Putain d’adultarcat !
Monsieur
John frappa à la porte du bureau.
- Entrez ! annonça-t-il.
Mon père-référent ouvrit la porte et je vis un
spectacle terrifiant. Les quatre membres de la Direction étaient présents, y
compris la nouvelle ! Avec Monsieur John, qui referma la porte du bureau
derrière nous, tous les membres de la Direction étaient réunis pour … moi. Uniquement
pour moi. A cause de ma mare de glue. Le souvenir de mon face à face avec les
trois membres de la Direction était encore bien présent dans mon esprit. C’était
encore à l’heure actuelle le pire moment de ma vie. Je n’aurais pas dû faire de
bêtises. J’aurais dû écouter Mathilde. J’aurais dû écouter Côme et Célestine
qui m’ont plusieurs fois demandée de m’assagir. J’aurais dû écouter Matthieu, Monsieur
Éric et Monsieur John. Je n’aurais pas dû faire confiance à mon esprit de rébellion
tout pourri. C’était à cause de cet esprit de rébellion que j’étais là, face
aux cinq membres de la Direction, avec une envie irrésistible de me faire pipi dessus
et avec mes larmes coulant toutes seules sur mes joues.
- Bonsoir Clémence, me
dit le Directeur. Approche. Tiens-toi debout au milieu du tapis et mets tes mains
derrière le dos.
J’obéis. Ils étaient à cinq contre une. Je ne
pouvais faire autrement que d’être docile.
- Sais-tu pourquoi tu es
là ? me demanda Monsieur Éric.
- Je… je crois,
répondis-je en essuyant avec mon épaule une des larmes qui me chatouillait la
joue.
Je lançai un regard à mon aimé pour y chercher
un peu de soutien mais je n’y vis que de la fermeté et de l’intransigeance. Je
n’avais absolument aucun allié dans cette pièce, y compris l’homme de ma vie.
- Si tu crois le savoir,
dis-nous pourquoi tu es ici, m’ordonna le Directeur.
- C’est… à cause… de la
mare de glue que j’ai faite devant la porte du bureau de Madame Natalia, dis-je
en triturant les mains qui étaient derrière mon dos.
Si je prenais cinq fessées, je ne pourrais plus
m’asseoir pour le restant de mes jours.
- La mare de glue,
commenta Monsieur Lionel. Tu donnes des titres à tes bêtises, maintenant ?
C’est ta signature ?
- Non Monsieur, répondis-je
en baissant les yeux.
- Y’en a assez de tes bêtises,
Clémence ! me gronda le Directeur. Même avec la surveillance constante de
Monsieur John, tu ne te calmes pas ! Pourquoi as-tu joué ce tour à Madame Natalia,
hein ?! Pourquoi ?!
- Je… Je…
- Tu quoi ?! s’énerva
Monsieur Éric. Réponds, Clémence !
Je ne pouvais dire : « Je n’aime pas
les nouveaux ! ». Je brodai alors :
- Je… voulais juste m’amuser
un peu…
- T’amuser ?! me
gronda Madame Natalia dont j’entendais la voix pour la première fois. Mes chaussures
sont bonnes à jeter ! Nous n’avons pas la même manière de s’amuser,
Clémence ! Moi, ce qui va m’amuser, c’est de te donner une bonne fessée !
Je voulus la prier de ne pas le faire mais
selon l’adultarcat dans lequel je vivais, elle était dans son bon droit. Je lui
avais causé du tort, elle avait le pouvoir de me punir pour cela. Je gardai
alors ma bouche close et laissai mes larmes doubler leur nombre.
- Tu n’as rien à dire à
Madame Natalia ?! me questionna Monsieur Lionel.
- Je… vous présente mes
excuses pour avoir fichu en l’air vos chaussures, Madame, répondis-je.
- Qu’est-ce qu’on va
faire de toi, Clémence ? me demanda Matthieu.
J’eus un coup au cœur en entendant sa voix. Il
était dans son rôle de Surveillant Général. S’il y avait bien quelqu’un qui
séparait sa vie privée et sa vie professionnelle, c’était bien lui !
- Je ne sais pas,
Monsieur, répondis-je.
- Quand as-tu prévu d’arrêter
tes bêtises ?! poursuivit Matthieu. As-tu convenu d’une date limite ou
souhaites-tu prendre la fessée tous les jours jusqu’au mois de juin ?! Tu
vas prendre la fessée pendant encore sept mois ?! Ça représente plus de
deux cents jours, Clémence ! Si on enlève les vacances scolaires, ça fait
encore cent soixante-dix jours. Cent soixante-dix fessées, à condition que tu n’en
prennes qu’une par jour ! Nous tous ici présents savons que ce n’est pas
garanti ! La preuve aujourd’hui ! Tu te rends compte de ce que ça
représente ?!
- Oui Monsieur,
mentis-je, n’en ayant aucune idée.
- Alors qu’est-ce qu’on
fait ? me demanda Monsieur John. As-tu l’intention de te calmer ?! D’apprendre
enfin à respecter les règles ?!
- Oui Monsieur !
répondis-je.
- Pour l’heure, j’ai un différend
à éclaircir avec toi, jeune fille ! m’annonça Madame Natalia en prenant
une chaise pour la mettre au centre de la pièce.
Je me mis à paniquer. Je venais déjà de me
faire réprimander par les cinq membres de la Direction en même temps, je n’allais
quand même recevoir une fessée devant eux tous ! Ce serait le summum de la
honte !!!
Je pleurais déjà lorsque la Surveillante Générale
s’avança pour m’attraper. Je reculai, refusant qu’elle m’empoigne.
- Clémence ! me
gronda Monsieur John. Je te conseille de coopérer ! Ne va pas me dire que
ce n’est pas mérité !
- Pitié ! priai-je.
Pas la fessée ! Pas devant tout le monde !
- C’est toi qui as voulu
cette situation ! me dit Monsieur Éric. Le jour où tu arrêteras tes
bêtises, ta vie ici s’améliorera drastiquement !
Madame Natalia finit par m’attraper par les
cheveux car je me débattais trop pour qu’elle attrape mon poignet ou mon
oreille. Recevoir la fessée devant mes camarades qui étaient logées à la même
enseigne que moi en cas de faute était une chose ; la recevoir devant cinq
adultes fâchés contre moi en était une autre !
La nouvelle Surveillante Générale me tira par
les cheveux jusqu’à la chaise qu’elle avait installée. Elle s’assit dessus puis
me bascula sur ses genoux. Madame Natalia était fine mais avait l’air d’avoir
du muscle, contrairement à moi qui étais une véritable brindille. J’ai toujours
été fine ; et en cet instant, j’aurais bien aimé avoir un peu de muscles
ou de poids supplémentaire pour m’extirper du pétrin dans lequel j’étais !
- Vu que tu as besoin que
je te montre de quel bois je me chauffe, on va tout de suite passer aux choses
sérieuses ! annonça Madame Natalia.
Elle remonta ma jupe et baissa ma culotte. Ma
lune fut exposée aux cinq regards braqués sur moi.
- Tes fesses sont légèrement
roses, commenta la nouvelle SG. Tu as reçu une fessée ce matin ?
- Oui Madame, répondis-je,
honteuse comme je ne l’avais jamais été.
- Par qui et pourquoi ?
questionna Madame Natalia.
- Par… par Monsieur John
parce que j’ai insulté Monsieur Bruno de connard.
Je sentis Monsieur Matthieu et Monsieur Lionel
s’agiter d’indignation. Je n’avais jamais été autant humiliée !
- Monsieur Bruno est ton
professeur de… ? s’enquit Madame Natalia.
- Littérature, répondis-je.
- Eh bien, dit la SG.
Monsieur John a eu raison de te corriger pour avoir insulté ton prof ! Ce
ne sont pas des choses qui se font ! Tu es d’accord avec moi, Clémence ?
- Oui Madame, répondis-je
à mi-voix.
- C’est comme mettre une
tonne de glue devant le bureau de la nouvelle Surveillante Générale,
reprit-elle. Ça non plus, ça ne se fait pas !
Et elle débuta les claques. Elles n’étaient pas
aussi puissantes que son homologue masculin et ses supérieurs, mais sur mes
fesses déjà meurtries, je les sentais déjà bien passer !
Et Monsieur John n’avait pas bluffé. C’était
long. Très long. Trop long. Beaucoup trop long. Au bout plusieurs minutes à
gémir sous les claques, je la priai :
- Madame, pitié !
- Tu t’es amusée avec la
colle tout à l’heure, non ? me répondit-elle sans s’arrêter. C’est bien ce
que tu as dit ! Eh bien, c’est à mon tour de m’amuser, Clémence ! Et je
commence tout juste !
Plus les claques tombaient, plus cette fessée
devenait insupportable. Elle allait finir par m’avoir sur la durée, comme Monsieur
John l’avait dit. D’ailleurs, mes fesses continuaient d’être rougies quand j’entendis :
- Alors, tu crois
toujours que je bluffais, Clémence ? Quand je t’ai dit que si tu atterrissais
sur les genoux de Madame Natalia tu en aurais pour un moment, j’étais très
sérieux ! C’est dommage que tu l’apprennes à tes dépens !
Effectivement, elle ne s’arrêtait pas ! Je
commençais vraiment à être au bout de ma vie. Mes pleurs se faisaient de plus
en plus bruyants. Je tentai de mettre ma main pour me protéger mais elle la
neutralisa en me disant :
- Oh non, jeune fille !
Certainement pas ! Tu vas assumer jusqu’au bout !
J’entendis les hommes se servir un verre de
whisky pendant que Natalia m’avait allongée sur ses cuisses et me donnait la
fessée ! Était-ce possible d’être encore plus humiliée que ça ?!
- Natty, tu veux un truc
à boire ? lui proposa mon père-référent.
- Elle est un peu occupée,
là, je crois ! commenta Monsieur Lionel.
- Elle le boira tout à l’heure,
rétorqua Monsieur John.
Tout à l’heure ?! Mais combien de temps
cette démone allait-elle me punir ?!
- Je veux bien un scotch,
dit-elle.
- Un scotch ? s’étonna
Matthieu. Elle me plaît, cette nouvelle collègue !
J’eus envie de hurler de jalousie. En même temps,
à ce moment précis, il était logique que Matthieu soit davantage attiré par une
très belle brune quarantenaire qui boit du scotch et qui sait se faire
respecter, plutôt que par une gamine blondinette qui pleure parce qu’elle
reçoit une fessée !
Je commençais à gigoter très sérieusement. C’était
insupportable ! Chaque claque qui tombait était terrible ! Je
préférais de très loin prendre une fessée puissante mais courte plutôt que de
vivre un sempiternel calvaire tel que celui-ci !
- Cesse de gigoter
Clémence sinon je vais devoir bloquer tes jambes et ce sera encore plus pénible !
me prévint Madame Natalia.
- Pitié ! Madame, pitié !
Je suis désolée !
- Oh, je me doute que tu
es désolée, Clémence ! Tes fesses commencent à avoir une belle couleur rouge, signe que la fessée commence tout juste à être efficace ! En général c’est le moment où la punie s’excuse platement !
Je ne savais plus quoi dire ni quoi faire. Cette
femme avait réponse à tout, et elle ne s’arrêtait pas !!
Je dus encaisser cette fessée pendant plusieurs
autres minutes avant qu’elle ne me lâche enfin. Quand je me relevai de ses
cuisses, j’eus un léger tournis, conséquence de mes pleurs abondants. Madame
Natalia me tendit un mouchoir pour que je nettoie mon nez avant d’aller prendre
son verre et d’avaler une petite gorgée de scotch.
- J’ai cru que tu allais
battre mon record ! dit Monsieur Lionel.
- Quel est ton record ?
s’enquit la nouvelle.
- Dix-huit minutes. Avec Abigaëlle.
- Je n’en étais qu’à onze
minutes avec Clémence, rétorqua Madame Natalia en jetant un coup d’œil à sa
montre. Je suis encore loin de ton record ! Tu me diras, peut-être que je
le battrai à l’avenir, ça dépendra du comportement de cette demoiselle !
Elle posa son verre sur la table basse puis s’approcha de moi et dégrafa ma jupe, qui tomba à terre. Puis, elle me menaça : « Tu
n’as plus intérêt à me provoquer, Clémence ! » avant de m’asséner une
énorme claque sur à l’arrière de ma cuisse gauche.
- Oui Madame, pleurai-je.
- Ta mare de glue était
une déclaration de guerre ! Malheureusement pour toi, il ne vaut mieux pas
m’avoir comme ennemie !
La SG baissa ma culotte à nouveau, neutralisa mes
mains défensives et me flanqua six claques sur les fesses.
- Essaie encore de me
défier, Clémence ! poursuivit-elle. Je suis là pour le reste de l’année et
je peux très bien te pourrir la vie, jeune fille ! Nous pouvons tous les
cinq te pourrir la vie !
- D’ailleurs, il n’y a
pas que Monsieur John qui va t’avoir à l’œil, poursuivit le Directeur. Puisque
tu as réussi à le semer, à partir de maintenant nous te surveillerons tous les
cinq ! Tu auras sans arrêt un membre de la Direction derrière tes fesses !
Nous nous relaierons toutes les heures.
- Et bien sûr, je
prendrai la dernière heure, celle avant que tu te couches, m’informa Monsieur
John. Si l’un d’entre nous a été obligé de te corriger dans la journée pour
quelque raison que ce soit, nous règlerons nos comptes le soir !
Monsieur Éric s’avança vers moi et me dit :
- Tu ne gagneras pas ce
combat, Clémence. Je te conseille vivement de capituler.
- Oui Monsieur, murmurai-je
entre deux sanglots.
- Bien, je crois que
Matthieu a encore quelque chose à régler avec Clémence, annonça Monsieur John. Sortons.
Le Directeur, ses deux Adjoints et
la Surveillante Générale sortirent de la pièce, nous laissant Matthieu et moi
seuls dans le bureau de Monsieur Éric.
Après s’être assuré que la porte était fermée
et que nous étions vraiment seuls, Matthieu posa son verre et vint me prendre dans
ses bras. Restée debout, ma culotte baissée et ma jupe à terre, je blottis ma
tête dans son cou et me laissai aller à pleurer toutes les larmes de mon corps.
- Pourquoi vous me faîtes
ça ? sanglotai-je.
- Pour ton bien, me
répondit mon aimé.
Je n’eus pas la force de répondre. Quel bien y’avait-il
à me claquer les fesses tous les jours ?!
- Clémence, toutes les
règles qui sont instaurées dans cette école ont pour but de faire de toi quelqu’un
de bien, d’éduqué et de compatible avec la société. Je t’en prie, fais-nous
confiance et arrête de lutter.
- Tu parles de confiance ?!
m’emportai-je en me dégageant de l’étreinte de Matthieu. Tu n’as pas arrêté de
flirter avec la nouvelle toute la journée !
Tandis que je me rhabillai, Matthieu me demanda :
- Attends, c’est pour ça
que tu t’en es prise à elle ?!
- En partie, avouai-je. En
petite partie.
- Clémence, tu ne peux
pas partir en vrille dès que je parle à une fille ! Ou dès que je deviens
ami avec une fille !
- Une fille qui vient de
me massacrer le derrière, précisai-je.
- Une fille qui a fait
son travail, c’est-à-dire te discipliner ! Exactement comme je l’ai fait
samedi soir ! Cesse de tout mélanger ! C’est toi que j’aime. Si tu ne
me fais pas confiance là-dessus, notre couple est voué à l’échec.
Ne tenant plus, je me jetai à nouveau dans ses
bras. Il me serra très fort contre lui et me dit :
- Aller viens, je te
ramène chez John.
Mon amoureux me doucha
et je me laissai faire. Après être passée sur les genoux de Madame Natalia, je n’étais
plus qu’une loque.
Matthieu m’aida à m’essuyer
et à enfiler mon pyjama. Il me brossa les cheveux et me coucha. Je n’eus même pas
le courage de faire ma prière : j’effectuai seulement mon signe de croix.
Matthieu alla chercher de la pommade à l’infirmerie et vint m’en mettre sur la totalité
de mon fessier.
- Je ne devrais pas faire
ça, me dit-il. Il faut que tu aies mal pour que tu retiennes la leçon !
- Pourquoi tu le fais,
alors ? demandai-je en remontant mon sous-vêtement une fois que la pommade
eut pénétré.
- Parce que tu vas être
surveillée toute la semaine et que tu n’es pas au bout de tes peines, me
répondit Matthieu.
- Tu me donnerais une
fessée ? Dès demain ? Après tout ce que j’ai pris aujourd’hui ?!
- Bien sûr que oui, Clem’ !
Je ne comprends même pas que tu me poses la question ! C’est à toi de t’assagir
et non à moi de devenir laxiste !
Je soupirai de désespoir. Matthieu m’embrassa
et se leva de mon lit.
- Tu ne restes pas avec
moi ? lui demandai-je.
- Il faut que j’aille
voir mes filles-référentes, répondit-il. En plus, Kéliyah a eu une mauvaise
note. Elle m’avait dit qu’elle n’avait pas besoin d’apprendre car elle
connaissait sa leçon, et elle a eu 5/20. Il faut que j’aille lui montrer mon mécontentement.
- Quand est-ce que tu me
surveilles demain ? me renseignai-je.
- Le planning n’est pas
encore fait. Monsieur Éric doit nous l’envoyer dans la soirée. Dors bien, Clem’.
Je t’aime. A demain.
- Moi aussi je t’aime.
Je m’endormis rapidement, fatiguée par cette
journée à pleurer !!
A suivre…

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