Vu tous les messages reçus en privé, je
me dois de clarifier les choses : Gabriel et moi ne sommes pas
brouillés !! Dans le dernier article, j’ai écrit sous le coup de la
tristesse ; mais en réalité, mon frère n’est pas resté fâché plus de
quelques minutes contre moi. A peine avais-je publié le dernier article que
nous nous prenions déjà dans les bras !
-
Je
suis désolée d’être chiante ! lui avais-je dit.
-
Je
sais que tu ne le fais pas exprès, m’avait-il répondu. Mais ça me rend malade
de te voir dans cet état, en train de souffrir alors que ça pourrait être
évité !
Et
voilà, après un long câlin fraternel, c’était reparti comme en 40…
Pour notre dernière soirée, jeudi soir, Gabriel
et moi voulûmes sortir pour aller voir un concert au bord de la mer. Avant de
partir, je retirai mon attelle quelques instants, histoire de me masser un peu
le poignet.
-
Remets
ton attelle tout de suite !! me gronda mon frère.
-
Mais
je…
-
Remets-la !!
Je
marquai un temps de silence durant lequel Gabriel se rendit dans la cuisine. Restée
assise sur le canapé au salon, je tentai :
-
Peut-être que je peux tester sans l’attelle, juste pour ce soir ?
-
Tu
veux une fessée ?! rétorqua-t-il.
-
Non…
-
Tu
veux tester une fessée ?! Là, maintenant ?! Je te jure que je t’en
mets une !
-
Non !!
Je
remis mon attelle et restai silencieuse quelques instants. J’étais trop vexée !
Il m’avait menacée comme une enfant ! Sérieusement ! Cette menace
mettait de nouveau un coup de poignard à mon égo. L’infantilisation, mon frère
maîtrisait à merveille !
Le lendemain matin, sur le quai, les
adieux furent douloureux avec mon frère, comme d’habitude. Pourtant, je savais
qu’il viendrait à la maison dans la deuxième moitié du mois de septembre. Néanmoins,
être loin de lui est toujours un crève-cœur.
Oui,
il m’a fait chier. Ah ça… Il m’a vraiment fait chier pendant ces
vacances ! Je n’oublie aucune des fessées reçues !! Néanmoins, ce
n’était pas le bagne non plus. Et puis, toutes ces heures passées à discuter, à
se prendre dans les bras, à se taquiner… Les chamailleries, les fous-rires… Les
« engueulades » du type : « Tu me gaves ! T’es
chiante ! » « Ben toi aussi, t’es chiant ! »… Tout ça crée
une harmonie fraternelle et nous permet de préserver notre relation
fusionnelle.
Il me prodigua ses dernières
recommandations (ou plutôt ses derniers ordres !) : « Tu prends
tes médicaments et tu mets ton attelle ! Et tu ne l’enlèves pas dans le
train ! Et tu te couches tôt ! ». Jusqu’à ce que la porte du
train se referme et que celui-ci se mette en marche, mon frère continuait de me
mettre en garde, ce qui me fit beaucoup rire.
Gabriel
est juste merveilleux.
Rentrer à la maison pour retrouver Hugo
et nos deux chats, Sirius et Neville (oui, je n’aime pas du tout Harry
Potter…) fut très plaisant malgré le retour aux soucis du quotidien.
Retrouver Jeanne fut génial aussi. La rentrée approchait à grands pas et malgré
ma décision ferme de prendre une année sabbatique, cela me fit quelque chose au
cœur de ne pas avoir d’élèves cette année et de ne pas retrouver mes chers collègues...
Mais bon, j’avais décidé de me consacrer à mes projets personnels, il fallait
que je garde mon cap !
Comment gérer mon temps durant cette
année sabbatique alors que j’ai déjà du mal à me gérer au niveau
sanitaire ? Jusqu’à la prochaine rentrée, j’ai notamment deux projets qui
me tiennent à cœur : finir d’écrire mon roman et faire une formation en
littérature du XVIème au XXème siècle. Il allait falloir
beaucoup d’autodiscipline pour respecter le planning que je me suis imposé. Néanmoins,
même avec l’aide d’Hugo, Gabriel, Jeanne et maintenant Daniel, j’ai besoin de
me prouver que je peux y arriver. Si j’atteins tous mes objectifs, peut-être
que cela marquera un tournant dans ma découverte de moi-même…
D’ailleurs, je peux désormais vous parler
plus en détails de Daniel, nouveau tuteur fraîchement arrivé dans ma vie. Nous
avons pu nous rencontrer deux fois : début août lorsque nous avons bu un
verre, et mardi 1er septembre pour notre première séance.
J’avais beaucoup de réticences vis-à-vis
de l’âge de Daniel : il a six ans de moins que moi. Il m’est en effet difficile
d’accepter l’autorité de quelqu’un de plus jeune que moi ; mais Robin
avait fourni un sacré travail avec moi – même si ça s’est mal terminé, je me
dois quand même de souligner tous les bienfaits qu’il m’a apportés ! – et il
était pourtant plus jeune que moi. Je décidai donc d’accepter que Daniel
devienne mon tuteur.
Daniel est grand, même plus grand que
Gabriel et Thomas. Il mesure sans aucun doute entre 1m90 et 1m95 et avec sa carrure,
il pourrait facilement être embauché comme videur de boîte de nuit. S’il est
impressionnant physiquement, Daniel est profondément gentil et bienveillant. Je
peux lire dans ses yeux qu’il souhaite bien faire. C’est vraiment le genre de
personne à qui on peut faire confiance.
Lors de notre première rencontre début
août, nous avions parlé pendant une heure ; et même si Daniel se disait
strict et intransigeant, j’avais beaucoup de mal à le croire. Il paraissait tellement
gentil ! De plus, même s’il m’expliqua sa façon de faire (semblable à tout
tuteur efficace qui se respecte), je n’arrivais pas à le prendre au sérieux.
Daniel est parti en vacances de son côté,
je suis partie en vacances du mien. J’étais évidemment sous l’étroite
surveillance de Gab’, et même si Daniel et moi nous envoyions tout de même des
messages, il savait que j’étais entre de bonnes mains.
J’ai beaucoup provoqué Daniel par
message. Je voulais voir où étaient ses limites : et elles étaient très,
très larges ! Daniel mit beaucoup de temps (je trouve) à déclencher une séance.
Je pense que comme il savait que je revenais de chez Gabriel, il n’avait pas voulu
me tomber dessus tout de suite… Quoiqu’il en soit, il fallut vraiment que j’aille
loin dans la provocation pour que Daniel annonce qu’il viendrait chez moi pour
remettre les points sur les i. J’avais l’impression d’avoir moi-même déclenché
cette séance en faisant exprès de le pousser dans ses retranchements : il
fallait que je sache de quel bois il se chauffait. Il fallait que je sache si j’allais
avoir un tuteur qui tenait la route ou non.
Daniel n’habitant qu’à 25 minutes de chez
moi, il profita de sa pause méridienne pour venir à la maison. Lorsque je lui
ouvris, je le sentis très, très stressé. Il m’avait déjà avoué par message qu’il
avait la pression, ce que je peux tout à fait comprendre. Comme dit Gabriel, je
suis « un gros poisson ». Daniel voulait être à la hauteur de Thomas,
Gab’ et/ou Robin et il se mettait beaucoup de pression. Mon empathie légendaire
l’invita à entrer et à se mettre à l’aise dans la maison.
Je lui offris à boire, il refusa. Il
voulut passer immédiatement aux choses sérieuses. Je remballai mon attitude de
peste pour cette fois car mon frère m’avait demandé d’être conciliante avec
Daniel. Je savais que derrière cette demande se cachait une menace ; je
fis donc en sorte de ravaler ma provocation et d’être très gentille avec le
nouveau venu, bien que je mourusse d’envie de le titiller.
-
Bon,
j’ai vu qu’il n’y avait pas beaucoup de rouge dans ton tableau, c’est plutôt
pas mal pour le moment.
Euh…
Il avait des lunettes pourtant, non ? Ok les médicaments étaient pris,
mais pour le reste, ce n’était pas très glorieux…
-
En
revanche, il y a quelque chose pour lequel je ne suis vraiment pas content, c’est
ta provocation envers moi. Je suis même furieux.
J’étais
totalement déstabilisée. Je ne savais pas du tout comment réagir ; et pour
cause : Daniel n’avait absolument pas changé d’attitude, ni de ton, ni de
regard… D’habitude, lorsque la conversation de courtoisie est terminée et que l’on
passe aux réprimandes et à l’annonce de la punition, tous les tuteurs changent
d’attitude. Leur regard se raffermit, leur corps se tend, parfois le ton est
légèrement haussé… On voit qu’on attaque un sujet grave. Cela me permet de voir
que l’on ne rigole plus et que les conséquences vont devoir être appliquées.
Or
là, je ne percevais aucun changement dans l’attitude de Daniel. Il m’avait dit
qu’il était furieux sur le même ton que : « Je suis allé acheter des
yaourts. ». Une phrase déclarative, platonique, dans laquelle je ne
percevais absolument pas sa colère, encore moins sa fureur ! Thomas m’aurait
grondée, Gabriel aurait employé un ton glacial… Robin, Yves, Antoine… Tous
auraient à minima haussé légèrement le ton. Mais pas Daniel. Soit il était
stressé, soit il fonctionnait autrement. Quoiqu’il en fût, je remarquai que la
boule de peur habituellement présente dans mon ventre lorsque je sais que mes
fesses vont trinquer n’était pas présente. Peut-être était-ce à son tour de prendre
des vacances après avoir bien travaillé chez mon frère ?
-
Tu
préfères le canapé ou la chaise ? me demanda-t-il.
Oh.
Il me demandait mon avis ? Sérieusement ? Il me demandait mon avis
sur la façon de me sanctionner ? Bon, d’accord…
-
Le
canapé, lui répondis-je, pour éviter que j’aie des maux de ventre…
Daniel
alla s’asseoir sur le canapé et me demanda de venir en travers de ses genoux.
Je le priai un peu, juste pour le principe, car je n’avais absolument pas peur.
Mais alors vraiment pas. Au bout de deux ou trois secondes j’allai de moi-même
m’allonger en travers de ses genoux, chose qui aurait été impossible avec
quelqu’un que je crains. Jamais ô grand jamais je n’aurais été aussi
coopérative avec mon frère ou Thomas, ou Robin. Je ne pensais même plus à la
demande de Gabriel d’être conciliante avec Daniel ; je ne pensai qu’à l’absence
totale de peur que je ressentais. Et puis, je dois avouer que je partais un peu
la fleur au fusil en me disant : « Vu les tannées monumentales que j’ai ramassées
pendant deux semaines, il va falloir qu’il soit performant, le garçon !! ».
Daniel
souleva ma robe et asséna les premières claques. Je déchantai. La force des
claques allait avec son gabarit ; et mon nouveau tuteur avait bien lu avec
attention la rubrique tutorat de ce blog puisqu’il concentrait ses efforts aux
endroits sensibles. C’était particulièrement pénible ! C’était une fessée
en bonne et due forme, une fessée que, potentiellement, je pourrais craindre à
l’avenir.
Néanmoins,
il y avait autre chose qui me déstabilisait : Daniel me punissait en silence.
Il n’y avait aucune réprimande. Je n’avais pas du tout l’habitude de ça !
Thomas et Gabriel n’arrêtent pas de me réprimander pendant la fessée ;
mais là rien. Silence total. On n’entendait que le bruit des claques et mes
gémissements.
J’étais
partie confiante. Trop confiante. Je ne m’étais pas méfiée. Cette fessée durait
longtemps et était franchement costaude. Sur ce point-là, Daniel cochait toutes
les cases !
Ce qui me sauva, un peu fut que Daniel ne
tapait pas « en rythme ». Je n’en reviens pas de devoir à nouveau
écrire sur la technicité d’une fessée mais je dois quand même vous expliquer
comment je vois et ressens les choses.
Dans
l’imaginaire collectif (enfin, peut-être est-ce seulement dans mon imaginaire…),
une fessée est donnée « en rythme » : les claques tombent, les
unes après les autres, suivant la même cadence et la même régularité, alternant
chaque fesse. En tout cas, c’est l’image que j’ai dans la tête. J’ai toujours
vu des fessées être données ainsi, et c’est ainsi que me les donnaient Gab’,
Thomas, Robin, Yves… Et ce sont particulièrement ces fessées-là qui participent
à mon infantilisation. Quand il n’y a pas d’« organisation » dans les
claques (désolée, je n’ai pas d’autre mot qui me vienne à l’esprit !), j’ai
davantage l’impression que mes fesses sont une sorte de punching-ball sur
lequel s’amuse un tuteur.
Vu la force des claques données par Daniel,
je me rendais bien compte que cette tannée n’était pas un amusement mais une
réelle punition ; néanmoins, la honte et l’infantilisation ne venaient
pas. L’absence de réprimande et d’organisation me préservaient de tout cela.
Au bout d’un moment qui me parut vraiment
long, Daniel ouvrit enfin la bouche pour me dire : « On va passer à
la fessée déculottée. » sur le même ton gentil et bienveillant. Dans ma
tête, je fis directement une analogie avec une visite au musée. Cela me donna l’impression
qu’il me disait : « On va maintenant passer à la salle dédiée aux
artistes baroques. ». La douleur était là, sans nul doute, mais sans la
dimension psychologique qui entoure tout ce qui fait une fessée, j’avais du mal
à me sentir vraiment punie.
Cette déculottée dura un long moment. Ça commençait
vraiment à faire très mal ! Daniel ouvrait très ponctuellement la bouche
pour dire un truc du style : « A force de me provoquer, tu te
retrouves sur mes genoux pour une bonne fessée déculottée. », mais puisque
son ton était toujours le même, ses paroles résonnaient de façon presque creuse
dans ma tête. J’étais vraiment très déstabilisée. Cela ne m’empêchait pas de
gémir à volonté, les claques étant vraiment corsées !
Enfin, il s’arrêta et je pus me relever.
-
Va
au coin, m’ordonna-t-il.
-
Non.
Je
sais, il fallait que je sois conciliante mais là mon coco, tu m’en demandais
trop !
-
Allez,
va au coin.
-
Non.
Il
entreprit de me donner une fessée debout mais il fut très maladroit (je
pense que c’était le stress, encore une fois) : il eut déjà du mal à bloquer ma
main tout en maintenant ma robe avec laquelle il peinait à se dépatouiller (je veux
bien croire que ce n’est pas évident !) et lorsqu’il m’asséna des claques
aux fesses, celles-ci avaient perdu toute leur intensité. On était très loin des
très bonnes claques que j’avais reçues OTK. Là, c’étaient des « claquounettes »
que même un enfant aurait supporté sans difficulté. Il ne maîtrisait donc pas la
fessée debout, ce qui était un énorme point bonus pour moi !
Néanmoins,
au bout de la deuxième salve, je me remémorai la demande déguisée en menace de
mon frère et finis par me rendre au coin. Si j’allais aussi loin avec Daniel qu’avec
Jean, je savais que mon frère ne laisserait pas passer, cette fois-ci !
-
C’est
bon, là ?! lui demandai-je alors que j’étais face au mur, pour tester un
peu Daniel.
-
Comment
ça ? demanda-t-il.
-
Je
peux sortir ?
-
Tu
sortiras du coin quand je l’aurai décidé !
-
…ou
pas ! Je fais ce que je veux !
J’avais
fait exprès de dire cette phrase pour le tester ; Daniel réagit
immédiatement en me remettant sur ses genoux. Cette fois-ci, il dut m’attraper
pour m’y emmener : je n’avais quand même pas envie de me reprendre des
claques ultra-costaudes pendant plusieurs minutes !
Une
nouvelle fessée OTK me tomba dessus, toujours aussi silencieuse et désorganisée,
mais douloureuse au possible. Il y eut même quelques fois où, cédant devant la
force des claques, je dis :
-
C’est
bon ! Je suis désolée !
-
Tu
n’as pas fini d’être désolée ! On ne fait que commencer, Lucie !
Outch.
Cela me mit un premier coup au mental.
Effectivement, ce « recadrage »
dura longtemps et je dus ensuite retourner au coin.
Daniel finit par me parler du tableau :
mon régime alimentaire, mes heures de repos, mon année sabbatique… Tous les items
où il y avait du rouge furent évoqués et je refis un très long tour sur ses
genoux pour payer mes manquements.
Daniel a du potentiel. Beaucoup, beaucoup
de potentiel. Bien sûr, les limites sont très larges (j’ai l’impression que
tant que je n’aurai pas braqué une banque, il n’y aura aucune séance de
déclenchée !), il n’a pas encore accès à mon mental et quelques-unes de mes
faiblesses ne sont (heureusement !) pas maîtrisées. Néanmoins, on passe
quand même un très sale quart d’heure sur ses genoux, c’est certain !
A voir sur la durée.
Lorsque Daniel s’en alla, nous nous
prîmes dans les bras. C’est quelqu’un de profondément gentil et bienveillant,
et ça, c’est l’essentiel !
A suivre…
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