Comme dit dans le chapitre précédent, je
refusai de porter mon attelle. Gabriel l’apprit en en informa Daniel, qui me
convoqua chez lui dès le lundi suivant.
Seulement cinq jours s’étaient déroulés
depuis la dernière séance. Ce n’était pas bon signe que Daniel me reconvoque
aussi tôt !
Ce lundi 26 octobre, alors que je me
rendais chez mon tuteur, j’avais un drôle de pressentiment. Je n’étais pas
aussi sereine qu’à l’accoutumée ; je commençais à ressentir de
l’appréhension. C’était comme si je sentais que cette séance n’allait pas être
comme les autres…
Daniel m’accueilla avec son sourire et son
attitude accueillante, comme d’habitude. Nous nous prîmes dans les bras, puis il
me laissa entrer, fermant soigneusement la porte derrière moi. Nous discutâmes
de choses et d’autres pendant quelques minutes jusqu’à ce qu’il me
demande :
-
Il
ne te manque pas quelque chose au bras ?
Oui,
j’étais venue sans mon attelle. C’était une énorme provocation selon lui – et
selon mon frère, que j’eus au téléphone par la suite ! – et Daniel
n’apprécia pas mon geste. Je fis un instant mine de ne pas comprendre de quoi
il me parlait ; mais soudain, mon tuteur prit une attitude tout autre. Il
n’avait plus le visage bienveillant et souriant que je lui connaissais. Le
regard de Daniel se remplit d’un coup de fermeté et son corps se raidit. Je ne
l’avais encore jamais vu comme ça. Je me raidis également. Mes appréhensions
étaient en train de se confirmer.
-
A
quand remonte ta dernière fessée ? me questionna-t-il.
Rha,
cette question m’irritait. Cela m’arrangeait bien que Thomas et Gabriel ne
prononcent jamais le mot « fessée », cela m’aidait à oublier que
j’étais punie comme une enfant. Même si mon frère le prononce davantage ces
temps-ci (ce qui m’énerve !!), il le fait beaucoup moins que Daniel, qui
n’a aucun mal à nommer la façon dont il me sanctionne. Je pris énormément sur
moi pour lui répondre :
-
Mercredi.
-
Et
depuis mercredi, tu ne m’as pas écouté. Tu vas donc venir sur mes genoux.
-
Non,
s’il te plaît ! Laisse-moi tranquille !
Pour
la première fois depuis le début du tutorat, j’eus à peine le temps de
réellement protester que je me retrouvai à plat ventre sur les cuisses de mon
tuteur. Aujourd’hui n’était vraiment pas un jour comme les autres !
Daniel débuta la fessée sur mon
jean : et déjà là, ça faisait mal ! Je sentais passer les
claques et je me demandai bien comment j’allais pouvoir encaisser le
reste ! De plus, le rythme était soutenu, ne me laissant pas reprendre mes
esprits entre deux claques. J’avais raison : entre l’attitude de Daniel et
cette punition, quelque chose avait bel et bien changé aujourd’hui !
Au bout d’une ou deux minutes, mon tuteur
s’arrêta et m’ordonna :
-
Lève-toi
et baisse ton pantalon !
Quoi ?!
Les claques faisaient déjà beaucoup trop mal sur mon jean ; je protestai
vivement, ce qui me valu d’autres claques corsées accompagnées de :
-
Si
je le fais moi-même, ça sera pire !
Je
le regardai dans les yeux. Il ne bluffait pas. La mort dans l’âme, je baissai
mon jean, priant tout de même Daniel de me gracier. A peine mon pantalon
avait-il atteint le milieu de mes cuisses que mon tuteur, faisant fi de ce que
je pouvais bien bredouiller, m’attira à nouveau sur ses cuisses.
Cette séance n’était vraiment pas comme
les autres.
Je reçus une fessée magistrale sur ma
fine culotte. Les larmes coulèrent avant la dixième claque. C’était sans nul
doute une fessée du même calibre que Thomas ! Que ça faisait mal ! Et
lorsque Daniel baissa mon ultime rempart, un calvaire sans nom débuta.
-
Tu
n’as pas remis ton attelle ! Je t’avais pourtant demandé de la
remettre ! Et tu m’as désobéi dès le lendemain, c’est ça ?!
-
L’après-midi,
bafouillai-je d’une voix étouffée par les pleurs.
-
Dès
l’après-midi même ! Alors que tu sortais de chez moi, tu n’as pas remis
ton attelle ! Tu n’as donc pas compris la leçon ! Donc non seulement
tu ne portes pas ton attelle, mais en plus tu m’as menti ! En recevant le
message de Gabriel puis en lisant le récit, j’ai découvert que tu avais décidé de
me tenir tête, et que tu pouvais en plus me manipuler et me mentir ! Ça,
ça ne passe pas !
Vu
la fessée colossale que j’étais en train de recevoir, je le compris bien !
Depuis le début du tutorat avec Daniel, il ne m’avait jamais autant
punie ! C’était la toute première fois que je prenais une aussi sévère
dérouillée !
-
Si
tu ne m’obéis pas, c’est tous les jours que tu vas recevoir la fessée !
C’est ce qu’il te faut, Lucie ? Il faut que tu reçoives une fessée tous
les jours ?!
-
Non !
répondis-je entre deux larmes.
Il
bluffait, hein ? Il ne pouvait quand même pas me convoquer tous les
jours ! Non, c’était certain qu’il bluffait. La panique se tut en moi. Du
calme, Lucie. Il bluffe.
Les
claques étaient atrocement douloureuses, le rythme était rapide ne me laissant
pas le temps d’accuser les claques, et je me sentais vraiment comme une enfant
en train d’être punie, recevant une sanction à la hauteur de ma tromperie.
L’infantilisation était bien présente et était très certainement autant
responsable de mes larmes que les claques.
Je dus rester au moins dix bonnes minutes
sur les genoux de mon tuteur à recevoir cette horrible tannée. Il faisait des
micro-pauses pour me réprimander mais malheureusement, ce n’était pas suffisant
pour me permettre de récupérer. J’étais persuadée que mes fesses étaient déjà
cramoisies tant elles me brûlaient. J’avais l’impression d’être chez
Thomas !
Si Daniel avait appris que j’étais
menteuse et manipulatrice (et par conséquent, que je le menais par le bout du
nez depuis le début du tutorat), j’avais moi aussi appris une chose sur
laquelle j’avais pourtant un avis indubitablement tranché : l’autorité et la crainte peuvent
s’installer bien après la première séance. Le changement radical de Daniel en
était la preuve vivante !
Ces dix interminables minutes passées sur
les genoux de Daniel eurent raison de ma volonté de contradiction ; quand
mon tuteur me demanda d’aller au coin, j’obéis sans protester. J’avais beaucoup
trop mal aux fesses pour refuser quoique ce soit !
Ce temps passé au coin me parut une
éternité mais je m’y tins tranquille. J’avais besoin de reprendre mes esprits
et d’encaisser ce changement radical dans le tutorat. La récré était terminée.
Daniel était réellement furieux. Il me rappela qu’il n’aimait pas beaucoup
recevoir un message de mon frère et qu’il n’était pas content que je lui aie
menti. Je l’avais compris.
Jeudi
matin, je devais passer la radio pour vérifier l’état de mon poignet. Daniel
ajouta :
-
Si
jamais tu te prends une prolongation du port de l’attelle parce que tu n’as pas
été sérieuse, je te garantis que ça va mal aller !!
Je
pris sur moi pour ne pas déglutir bruyamment. Après la rouste que je venais de
recevoir, je n’avais pas du tout envie que « ça aille mal ! ».
Il
ne fallait pas que j’aie une prolongation du port de mon attelle. Vraiment pas.
Je priai pour que mon poignet se soit remis comme il fallait, même si durant la
consultation de mardi, le médecin ne paraissait pas très optimiste. Je
craignais énormément que Daniel ne me reflanque une déculottée mémorable, et je
n’avais pas envie de revivre ça, même pour tout l’or du monde ! Et puis,
je craignais de prendre un doublon de la part de mon frère. Quand Gabriel se
met vraiment en colère, que je le fais « vriller » comme il dit, je
vous garantis que même les murs de la maison sont prêts à trembler. La fessée
que je prends est particulièrement coriace !
Pour
stopper le stress qui s’emparait de moi, je m’autorassurai : il y avait
plusieurs possibilités :
-
Soit
la radio se passait bien et il n’y aurait aucun problème ;
-
Soit
la radio montrait un poignet encore à vif et recommandait une prolongation du
port de l’attelle. Il me faudrait alors compter sur deux choses : le fait
que Daniel ne me punisse finalement pas si sévèrement que ça, et le fait que
Gabriel ait carrément oublié cet épisode la prochaine fois que je le verrais.
Je
savais que mon frère allait m’engueuler par téléphone. C’était fort probable.
Ou au moins, qu’il montrerait son agacement. S’il était fort fâché, il ne
dirait rien : ne commenterait pas et se contenterait d’envoyer un message
à Daniel. Bon, si je n’avais à faire « qu’ » à mon tuteur, ce serait
déjà terrible mais ça passerait vite – en une demi-heure, peut-être. En
revanche, si mon frère décidait de m’annoncer qu’il me tomberait dessus
lorsqu’on se verrait, je n’aurais plus qu’à prier pour qu’il oublie. Vraiment.
Après ce passage au coin, Daniel me rappela
et m’annonça :
-
Bon,
pour ce qui est de l’attelle et du mensonge, je considère que tu as été punie. Maintenant,
on va jeter un œil au tableau.
Le
sommeil était toujours catastrophique – même s’il l’était un peu moins que
d’habitude – et j’avais fait pas mal d’efforts. Je pris tout de même une fessée,
mais beaucoup moins redoutable que la précédente. Ça n’avait rien à voir !
Je me radoucis et entrepris même de tester à nouveau Daniel :
-
Retourne
au coin, ordonna-t-il après avoir asséné la dernière claque.
-
Nan !
refusai-je.
Outch ;
la salve que je reçus immédiatement me prouva que mon tuteur n’avait pas passé
l’éponge. Accusant cette nouvelle série de claques costaude, je me relevai de
ses cuisses et me rendis au coin, lâchant sans le vouloir un juron. Ce juron me
valut une fessée debout ultra-vexante. Quelques larmes coulèrent sur mes joues,
tant j’étais vexée et frustrée d’être ainsi infantilisée. Comme j’avais envie
de l’envoyer se faire foutre ! Mais je ne pouvais pas me le
permettre ; pas dans l’état dans lequel se trouvaient mes fesses. Je ne
pouvais pas reprendre une fessée. J’allais déjà avoir très certainement mal aux
fesses pendant les trois prochains jours !
Cette séance fut vraiment éprouvante et
marqua sans nul doute un tournant dans le tutorat. Daniel a réussi un coup de
maître : imposer la crainte !
En rentrant chez moi, j’enfilai
immédiatement mon attelle.
« Méfie-toi, il est capable de t’en
faire voir de toutes les couleurs ! » m’avait prévenue mon frère au
sujet de Daniel. J’aurais préféré que Gabriel ait tort…
Il faut que je me tienne correctement.
Et surtout, il faut que la radio ait une
conclusion positive !
A suivre…
J'avoue que j'avais quelques doutes sur l'efficacité de Daniel ... je n'en ai plus !
RépondreSupprimerBonne chance pour la radio, pour l'état de ton poignet surtout ... mais pas seulement !!!