Jusqu’à il y a peu, j’étais sincèrement
convaincue que je ne m’imposais un tutorat que pour le bien de mon entourage.
Cela avait toujours été le cas : lorsque j’ai commencé à 17 ans, c’était
pour devenir plus agréable et respectueuse avec lui. Lorsque mes
différentes maladies ont été découvertes, j’ai poursuivi les tutorats pour me
maintenir en bonne santé et éviter qu’il ne s’inquiète. Mais récemment, je
me suis rendue compte que je poursuivais des objectifs personnels : ceux
inerrants à mon année sabbatique.
Jusqu’alors, j’étais professeure
contractuelle et cela me convenait bien : je pouvais naviguer du privé au
public à ma guise, et d’une académie à une autre sans que l’on n’y trouve
quoique ce soit à redire. Néanmoins, nous l’avons tous remarqué, la vie se fait
de plus en plus chère, et je n’ai d’autre choix pour augmenter mes revenus que
de passer le CAPES afin d’être titularisée. Cela faisait donc un nouvel
objectif pour cette année sabbatique : en plus de ma formation en
littérature et de l’écriture de mon roman, je me suis décidée à passer le
CAPES.
Mis à part pour mon premier bac, je n’ai
jamais échoué. Après avoir finalement décroché mon baccalauréat avec mention dans
la bonne filière, j’ai passé deux concours et six diplômes, tous obtenus avec
des résultats très respectables ; mais en y réfléchissant bien, je n’ai
jamais été seule. Tout au long de ces années d’études dans le supérieur, j’ai
toujours été en tutorat. Plus ou moins rapproché, plus ou moins strict, mais en
tutorat quand même ! Tous ces succès sont donc des succès collectifs et
ils n’auraient sans doute jamais eu lieu si mes tuteurs/tutrices n’avaient pas
été présents.
Cette année est différente car je
travaille depuis la maison. Je n’ai pas besoin de me déplacer pour suivre des
cours en présentiel, ou bien d’aller travailler sur site. Je travaille depuis
la maison et m’organise comme je le souhaite. Et pour quelqu’un avec ma
personnalité et mon caractère, c’est très dangereux.
Depuis début septembre, il y a des
journées où je suis hyper motivée et bosse à fond huit à dix heures d’affilées,
et d’autres journées que je passe affalée dans mon canapé devant une série, à
jouer aux Sims et à culpabiliser de n’être qu’une bonne à rien. Mes journées se
déroulent selon mes envies car je n’arrive toujours pas à m’autocontraindre. Et
ça, ce n’est pas bon du tout.
Je décidai donc d’envoyer un message à
Daniel pour lui demander si c’était possible pour lui d’envisager un tutorat
plus régulier. J’attrapai mon téléphone, poussai un énorme soupir puis
écrivis :
« Coucou Daniel, j'espère que tu vas bien !!
J'ai un truc à te dire, c'est assez délicat pour moi (ça
m'arrache vraiment la bouche de te dire tout ça !) donc je ne vais pas y aller
par 4 chemins.
J'ai vraiment besoin que tu sois derrière moi non-stop,
concernant ma santé bien sûr mais aussi et surtout concernant mon année
sabbatique. La seule chose qui va me motiver à travailler sera l'épée de
Damoclès que tu vas instaurer au-dessus de ma tête.
Je pense qu'il faudrait (si tu es d'accord et dispo bien
sûr, car ce n'était absolument pas dans le deal de départ...) que l'on cale une
date toutes les semaines pour faire un point. Puisqu'on a la "chance"
d'habiter à proximité l'un de l'autre, il faudrait qu'on fasse un point chaque
semaine (dans la mesure du possible et de nos disponibilités bien sûr)
concernant ce qui a été effectué ou non en termes de révision du concours, de
l'écriture du roman et de ma formation littéraire. Et s'il y a un jour où je
n'ai pas travaillé l'un de ces 3 items sans excuse valable, il faudrait
instaurer un barème très dissuasif. Et évidemment, on pourra aussi faire un
point sur ma santé. Ça, c'est toi qui verras.... En fait, en y réfléchissant
bien, je n'ai jamais passé un diplôme ou un concours sans tutorat strict. Et
c'est comme ça que j'ai réussi. Je sais que je t'en demande beaucoup, tu
es tout à fait libre de refuser, bien sûr. Sache que si je prends énormément
sur moi pour te demander tout ça, c'est parce que je sais que tu es capable de
me mener la vie dure... Et c'est exactement ce qu'il faut que tu fasses. J'ai
aussi besoin que tu me mettes la pression par message, que tu envoies des
messages quotidiens pour m'obliger à remplir le tableau et que tu me
réprimandes si celui-ci est mauvais... Bref, j'ai besoin que tu sois beaucoup,
beaucoup plus présent. Car là, je me relâche beaucoup trop. C'est horrible de
te dire tout ça pour moi car je sais que ça me met dans une 💩 monumentale et que ça augure de vrais
moments de torture, mais si je veux aller mieux et que mon année sabbatique
soit une réussite, je n'ai pas le choix. »
Daniel prit bonne note de mon message et
s’engagea à durcir le tutorat. Il annonça la mise en place de nouvelles règles
– dont j’attends toujours l’annonce mais que je ne vais pas non plus
réclamer ! – et cala un rendez-vous dès le début de semaine suivant, soit
le mardi 6 octobre.
J’arrivai chez Daniel en fin d’après-midi
et avec un quart d’heure de retard sur l’horaire convenu. Il me le reprocha
tandis que nous marchions jusqu’à son appartement. Je tentai de dédramatiser
mais Daniel restait inflexible. Fidèle à lui-même, il gardait sa bonne humeur
et son sourire tout en continuant de me dire qu’il ne tolérait pas le retard.
C’est assez déstabilisant d’avoir quelqu’un qui vous réprimande avec le
sourire !
Arrivés dans le hall de son tout petit
immeuble, nous découvrîmes que l’équipe de ménage était en train de nettoyer
les espaces communs. Je jubilai intérieurement :
« Chouette ! Il ne prendra pas le risque que quelqu’un entende les
claques ! ». J’attendais son feu vert pour qu’il m’autorise à rentrer
chez moi ; mais au lieu de ça, il me fit entrer dans son appartement,
ferma la porte à clé derrière nous, alluma la pièce principale, ferma les
volets et mit la musique à fond. Ascenseur émotionnel pour moi. La séance
aurait bien lieu.
Daniel est gentil et doux. Même lorsqu’il
me réprimanda pour le non-port de mon attelle au poignet puis pour mon quart
d’heure de retard, il n’avait pas l’air fâché. Il me dit pourtant :
« Je ne suis pas très content pour cela ! » mais son corps
disait tout le contraire. C’était très perturbant.
Je
dois bien avouer que je n’écoutai pas la totalité de sa réprimande, pensant à
autre chose. C’était étrange, je ne ressentais aucune peur. A cause de son
langage corporel, je m’attendais à tout moment à ce que Daniel me dise :
« Bon, tu ne recommences plus, hein ? Allez, on va boire un verre et
on n’en parle plus ! ». Je n’avais aucun stress, aucune culpabilité,
rien du tout.
Je
fus brutalement sortie de mes pensées lorsque Daniel m’ordonna :
« Baisse ton pantalon et ta culotte et viens sur mes genoux ! ».
Je dus afficher une tête complètement ahurie, puis refusai. Contrairement à la
dernière fois, mon tuteur n’attendit pas dix secondes avant de m’attraper, et
me basculer sur ses genoux et de me flanquer une fessée assez costaude sur ma
fine culotte en coton et mon très fin pantalon en lin.
Daniel
a cette horrible faculté à ne taper que sur le milieu-bas de mes fesses,
c’est-à-dire aux endroits les plus sensibles. Si le haut de mes fesses reste
toujours froid et immaculé en fin de séance, la partie inférieure de mon
derrière devient brûlante et écarlate.
-
Quand
je te dis de faire quelque chose, Lucie, c’est tout de suite ! Je vais
être beaucoup moins patient que la dernière fois !
Cette
bonne fessée – je dis bonne car, à l’instar de tous les autres tuteurs m’ayant
profondément marquée (Gabriel, Thomas et Robin), Daniel donne de très bonnes
claques !! – dura une ou deux minutes mais eu raison de ma
résistance ; lorsque mon tuteur me demanda à nouveau de me déshabiller,
j’obtempérai.
Mes fesses nues – du moins, leur partie
basse ! – reçurent une fessée de plusieurs minutes pour punir le non-port
de mon attelle ainsi que mon retard. Mon retard ?! Je n’avais pas reçu de
fessée pour ce motif depuis plus de treize ans (et en cela, je m’en souviens
parfaitement puisque j’étais alors arrivée avec trois heures de retard, ayant
oublié de mettre un réveil. Mon tuteur, lui, avait pris sur son temps de
travail pour me recevoir. Quand je suis arrivée, tous les autres items sont
passés à la trappe ; et du haut de mes vingt-et-un ans, j’ai reçu une
fessée manuelle magistrale sur ses genoux ; tellement magistrale que je me
rappelle encore chaque détail aujourd’hui !). Daniel justifia :
-
Si
tu es en retard avec moi, ça veut dire que tu te permets d’être en retard
ailleurs ! Et ça, c’est inadmissible !
Vu
le calibre des claques qui tombaient, je me gardai bien de lui dire qu’en
effet, je cours toujours après le temps et suis systématiquement en retard
partout où je vais !
J’avalai difficilement le fait d’être
punie pour mon retard mais tentai de relativiser en me disant que je payais
pour toutes les fois où mon retard avait mis quelqu’un dans la 💩.
En revanche, lorsque, poursuivant les
claques, Daniel embraya sur le non-port de mon attelle, là, je trouvais ça
injuste. Je la portais, mon attelle ! Ça me faisait assez ch*er comme ça,
d’ailleurs ! Mais soudain, il précisa sa pensée : Gabriel lui avait
envoyé un message pour lui dire qu’étant donné mon manque de sérieux quant au
port de cette fichue attelle, les blessures étaient loin d’être guéries, ce qui
avait entraîné une prolongation jusqu’au 31 octobre. Et c’était ça que Daniel
punissait. Et ça, c’était justifié. Mon manque de sérieux quant à la réparation
de mon poignet justifiait totalement cette douloureuse fessée.
Je suis gauchère. Cette attelle au
poignet gauche est d’une gêne sans nom. Elle prend quasiment tout mon
avant-bras et je ne peux plus rien faire lorsque je la porte ! Je ne peux
plus cuisiner, écrire, je ne peux plus manger correctement… même pour m’essuyer
aux toilettes je suis obligée de prendre mon autre main, ce qui est carrément
moins pratique ! Ma vie est vraiment compliquée avec cette fichue attelle.
Donc oui, je l’enlève facilement. De plus, je ne peux plus m’occuper du linge
correctement – le plier ou l’étendre me fait horriblement mal ! – ce qui
ajoute des tâches ménagères à Hugo, puisque je ne peux gérer ni le linge, ni la
cuisine… Bref, c’est un enfer. Donc je l’enlève. Je préfère avoir mal et
pouvoir utiliser mes deux mains plutôt que d’être handicapée à ce point.
Seulement, depuis l’annonce de cette
prolongation par le médecin, je la portais tous les jours. Cela m’aurait donc
parut totalement injuste que Daniel me punisse pour ça. Mais non, en réalité,
il me punissait pour cette prolongation médicale. Totalement justifiée.
J’accusai alors cette fessée du mieux que
je pus, assurant que j’allais porter mon attelle. C’était vraiment
douloureux ; et les claques tombaient à un rythme soutenu – environ deux
par seconde – ce qui ne me laissait même pas le temps d’accuser l’une et de me
préparer à la suivante. Tout ce que je déteste.
Il
n’y eut pas de pleurs de ma part mais j’étais bien contente que cette horrible
fessée se termine !
Forcément, Daniel m’ordonna d’aller au
coin. Je refusai. Il répliqua : « Soit tu vas au coin, soit
c’est la fessée debout. ». Menace de gamine. Je fus horriblement
vexée ; mais ne souhaitant pas aggraver mon cas, je consentis à aller au
coin en lâchant un « Putain ! » que Daniel punit en me donnant
une dizaine de claques debout, claques qui pourraient être qualifiées de
« tapes » tellement elles étaient légères comparé à ce que je venais
de prendre.
Après le passage au coin, Daniel me
réprimanda (je ne sentais toujours pas son mécontentement) pour tout le reste
du tableau : le sommeil, les quelques médicaments oubliés, l’eau non-bue,
et la procrastination concernant mon année sabbatique. Il s’arrêta longuement
sur la première note obtenue concernant ma formation en littérature (9/20,
après discussion avec le correcteur cette note était due à une incompréhension
méthodologique et donc injustifiée !) et j’eus beau lui expliquer que
c’était une incompréhension, Daniel me « gronda » pour cela, me rappelant
qu’Hugo et moi nous serrions la ceinture cette année pour que je puisse
effectuer mon année sabbatique et que je me devais d’avoir de bien meilleurs
résultats. Mon tuteur stoppa le sermon pile au moment où j’étais prête à lui
dire d’aller se faire foutre. Heureusement donc, la catastrophe fut évitée.
D’ailleurs, j’ignore comment il aurait réagi à une telle insulte…
-
Donc
pour tout cela, pour tout ce que je viens de te dire, tu vas recevoir une
trèèèès longue fessée !
Je
le vis régler le chronomètre de son téléphone sur quinze minutes.
Je pris un air totalement outré. Il
savait ce que signifiait quinze minutes à recevoir des claques ou pas ?!
Je n’avais pas reçu de fessée aussi longue depuis… depuis Robin. Car après
bonne réflexion, je crois que même Gabriel dans ses mauvais jours se stoppait
aux alentours de dix minutes, ce qui représentait déjà une éternité à mes
yeux !
Après avoir largement protesté, je me
tentai de me raisonner et de faire appel à mon expérience, me remémorant
les différents tuteurs que j’ai connus : Daniel était du genre solide, à donner
de très bonnes claques, oui. Mais j’avais de gros doutes sur son endurance.
J’étais certaine que pour le coup, si je me mettais à faire ma tête de mule
comme je le fais parfois avec mon frère, je remporterais la partie contre
Daniel (à défaut de la perdre systématiquement avec Gabriel).
Et j’eus raison. Si Daniel assura les
sept premières minutes avec constance et dureté (heureusement que le rythme
était lent – peut-être une claque par seconde – ce qui m’aidait à encaisser
plus facilement la douleur) me faisant regretter mes égarements, les huit
autres minutes furent beaucoup plus laborieuses, ponctuées de très nombreuses
pauses. Je recevais une dizaine de claques, puis il faisait une pause et me
sermonnait. Et me donnait une vingtaine de claques, puis faisait une pause et
me sermonnait. Reprenait avec une quinzaine de claques, puis me sermonnait…
J’étais convaincue qu’il n’en pouvait plus, ce qui m’arrangeait bien. J’avais
déjà le derrière cramoisi et brûlant vu le calibre des claques que je recevais.
Je savais maintenant que les fessées que je pourrais recevoir de Daniel seraient
sévères mais courtes. Heureusement. Avec Robin, elles étaient sévères et
trèèèès longues, c’était un supplice !
Bien
sûr, durant la deuxième moitié de ce quart d’heure, je sortis mon plus beau
rôle de comédienne pour faire croire à Daniel que je n’en pouvais plus. En
réalité, c’était bien moins compliqué à supporter qu’une sévère fessée rapide
et sans pause de deux ou trois minutes !
Retour au coin après être restée allongée
quinze minutes sur les genoux de mon tuteur. Je fis exprès de redire un gros
mot, il ne le releva pas. Parfait. Je fais bien de tester plusieurs fois :
le cadre bouge.
Daniel annonça la fin de la séance, je me
rhabillai et la tension redescendit. Nous discutâmes, il me proposa son aide
pour réviser (pacifiquement, cette fois !), ce que j’appréciai. Néanmoins,
je préfère réviser seule. Mon frère m’a traumatisée lorsque j’étais en licence
à me faire réviser quatorze fois les mêmes choses et à me filer deux ou trois
claques aux fesses si je soupirais d’agacement ou que je me relâchais.
Avant que je parte, Daniel me prévint
qu’il ne voulait plus recevoir de message de Gabriel disant que je me
comportais mal et surtout que je ne portais pas mon attelle. Il le répéta trois
fois. Je compris.
Je ne revis pas Daniel la semaine
suivante car j’étais indisposée et fis une crise intestinale corsée pour
laquelle je me retrouvai à l’hôpital, où l’on me diagnostiqua une autre maladie
intestinale, ce qui monte le compte à 4. J’aurais encore longtemps en mémoire
la phrase de mon gastro-entérologue après qu’il m’ait donné les nouvelles
recommandations sur mon hygiène de vie : « Vous n’avez jamais
fait le service militaire ? Eh bien désormais, votre vie va y
ressembler ! ». Oui ben, je vais faire de mon mieux, hein !
Moi qui déteste les contraintes, je vais faire en sorte de me maintenir en vie
tout en profitant quand même des belles choses qu'elle m’offre, et on verra
bien pour le reste !
Pour mon anniversaire qui remonte à début
juin, j’avais décidé de ne pas faire de fête avec mes amis comme je le fais
tous les ans. A la place, j’ai demandé à mon mari de passer un week-end seule
avec Jeanne, Gabriel et lui. Je voulais que nous soyons juste tous les quatre
pendant deux jours et demi et profiter de mon petit cocon avec trois des cinq
branches de mon étoile. A cause des disponibilités de chacun, le week-end ne
put pas être fixé avant le 16 octobre.
Gabriel débarqua donc le 15 au soir à la
maison. J’étais, comme à chaque fois, super contente de le revoir.
En
ce moment, mon frère est dans un bon mood. Il est toujours aussi présent
concernant les items de mon tableau mais il est moins sévère. Gabriel
fonctionne par période, au gré de ses émotions, de son état de fatigue et des
événements qui se produisent dans sa vie personnelle. Je suppose qu’il en est
de même pour tout être humain ! En tout cas, mon frère est dans une
« bonne » période en ce moment : il continue de me saouler – en
ce moment, son truc, c’est mon attelle ! – mais il est beaucoup plus
patient, ce qui m’arrange grandement.
Le vendredi 16, Gabriel avait une mission
à remplir au sein de mon ancien collège. Je l’y emmenai, ce qui me donna
l’occasion de faire plein de câlins à mes anciens collègues qui me manquent
cruellement.
Nous rentrâmes à la maison aux alentours
de quinze heures trente et mon frère insista pour que j’aille à la sieste. Une
longue bataille de presque trois quarts d’heure s’en suivie, qui déboucha sur
une fessée donnée sur ma culotte qui me calma net. La prochaine étape serait
une déculottée ; et qu’elle soit donnée allongée ou debout, je ne voulais surtout
pas la prendre. Je finis par m’endormir en quelques minutes.
En me réveillant, j’enrageai. A chaque
fois que je m’endormais, je donnais raison à mon frère de me mettre à la
sieste. Forcément, il jubila d’avoir gagné, ce qui me fit encore plus enrager.
Ce fut vraiment cool de passer deux jours
et demi tous les quatre. Nous visitâmes une ville médiévale et fîmes
différentes activités (dont une balade contée dans les souterrains, et un
escape game que nous remportâmes à dix-sept secondes de la fin !). Même si
ce week-end entraîna beaucoup de fatigue pour nous quatre, nous étions ravis de
le passer ensemble.
Mais
pendant ce week-end, je ne portai pratiquement pas mon attelle de toute la
journée de dimanche, sans que personne ne s’en aperçoive. Hugo tilta en début
d’après-midi, je finis par être obligée de la porter à partir de seize heures
trente, sur le chemin du retour.
Lorsque
nous sommes tous les deux, mon mari ne me réprimande que très rarement. Avant
ce week-end à quatre, je n’avais pas porté mon attelle pendant toute une
semaine sans qu’il n’y trouve rien à redire ; mais dès que Gabriel est là,
il se sent pousser des ailes et entre en mode « tuteur » lui
aussi, ce qui a le don de m’agacer au plus haut point. Je deviens alors
agressive envers lui, à la limite de l’insolence (et encore, j’essaie de me
maîtriser parce que mon frère est là…). J’ai beaucoup de mal à comprendre ce
changement de comportement en fonction de la présence/absence de Gabriel.
Qu’est-ce que ça m’énerve !!
Après être rentrés du week-end dimanche
soir, Hugo partit se coucher et Gabriel et moi restâmes seuls dans la cuisine,
attendant que je prenne mes médicaments.
-
Je
vais envoyer un message à Daniel pour lui dire que tu ne mets pas ton
attelle !
-
Non,
ne fais pas ça ! lui dis-je, me rappelant la menace de mon tuteur s’il
recevait à nouveau un message de Gabriel. Il va me tuer !
Mon
frère me fixa dans les yeux pendant deux ou trois secondes avant de me
dire :
-
Tu
n’as pas peur.
-
Si,
j’ai peur ! Il va vraiment me tuer !
Effectivement,
je n’avais pas peur là, tout de suite. Ça ne servait à rien. Cela faisait bien
longtemps que je ne craignais plus une séance avant les quelques minutes la
précédant. Sauf avec Thomas. Là, je flippais une bonne semaine avant !
-
Si
tu te couches à 23h30, je n’envoie pas de message à Daniel, me dit mon frère.
-
23h30 ?!
m’exclamai-je. Mais je ne vais même pas avoir le temps de lire !
-
Bon,
minuit, annonça Gab’ après avoir réfléchi. A minuit, tu dors ! Sinon
j’envoie un message à Daniel.
A
force de négociation, mon frère me laissa jusqu’à minuit quinze. C’était
vraiment sympa qu’il soit dans une bonne période en ce moment : j’obtenais
de lui des choses pour lesquelles il était inflexible auparavant !
Seulement, je ne portai pas mon attelle
le lendemain, ni le surlendemain. Alors, lorsque j’allai voir Daniel en ce
mercredi 21 octobre, je savais que Gab’ lui avait envoyé un message.
Vu le nombre de fois où il m’avait
menacée s’il recevait un message de mon frère, j’imaginais que Daniel se
fâcherait. J’imaginais qu’il sortirait la brosse (un enfer absolu !) ou
pire, qu’il me gronde haussant le ton tout en ponctuant sa réprimande de très
bonnes claques sur mes fesses nues, comme il le ferait pour une enfant. Comme
l’avait fait Gabriel pour mes 45 km/h d’excès de vitesse. Le pire des
scénarios. Pire que la brosse, pire que tout. Me faire littéralement crier
dessus à coups de gestes brusques et de claques très appuyées, ça, c’est
vraiment le pire des scénarios.
Heureusement, il n’y eut rien de tout ça.
Je débarquai chez Daniel durant sa pause
méridienne. Le temps étant compté, je fis exprès d’arriver quelques minutes en
retard – il va le découvrir en lisant ces lignes…
Après un rapide sermon – son visage était
déjà un peu plus fermé que la dernière fois – il m’informa donc qu’il avait
reçu un message de mon frère. Mais il n’y eut pas de réelle conséquence. Ouf.
Tant mieux. Je me détendis instantanément.
Quelques minutes plus tard, je me
retrouvai néanmoins directement déculottée, allongée sur ses cuisses, et reçus
une très bonne fessée – encore une fois heureusement que le rythme était
lent ! – pour le non-port de mon attelle et la procrastination du
quotidien.
-
Ton
attelle mériterait une séance à elle toute seule ! me réprimanda-t-il en
me claquant les fesses.
Je
retins ma respiration, de peur qu’il annonce que la prochaine fois, nous ne
nous verrions que pour ça. Heureusement, ce ne fut pas le cas et je recommençai
à respirer.
Tout
en abattant sa terrible main sur mes fesses, il me réprimanda de nouveau pour
mon 9/20, il me rappela encore les difficultés financières dans lesquelles Hugo
et moi nous plongions pour que je puisse mener à bien mes projets… Deux choses
que j’avais déjà entendues que je ne supportais pas qu’on me répète !
Cette fessée fut dure à encaisser,
notamment parce que Daniel accéléra le rythme en fin de salve, ce qui me fit
lui mentir : je lui promis de porter mon attelle. Je m’en voulus de lui
mentir, parce que j’étais déterminée à ne plus la porter – de toute façon, je
n’ai plus aucune douleur au poignet donc cette prolongation était vraiment
exagérée ! – mais je voulais à tout prix qu’il cesse les claques ; et
tant que je ne lui avais pas assuré que j’allais travailler tous les jours et
porter mon attelle, il continuait la fessée.
-
C’est
l’attelle ou la fessée, Lucie ! Tu n’as que ces deux options-là !
Oui
enfin… En ce moment je suis fatiguée, donc têtue. Et j’ai décidé que ça me
saoulait de porter cette p*tain d’attelle qui m’entrave dans tous mes gestes.
Ni Daniel, ni Gabriel ne sont là au quotidien. Seule la menace d’une énorme
rouste qui me ferait vraiment flipper de dingue pourrait me conduire à la porter
tous les jours jusqu’au 31 octobre. En attendant, fuck. Je n’ai pas envie. Mon
poignet va très bien.
Je me sortis donc de cette fessée par un
mensonge – je déteste ça et je ne suis vraiment pas fière de moi… - et Daniel
m’envoya au coin. Je le testai un peu en disant un gros mot, en râlant,
histoire de voir s’il réagissait ou pas. Il répondit à mes sollicitations mais
sans plus. Parfait.
Daniel étant pris par le temps – il
devait retourner travailler – ne me laissa pas aussi longtemps que d’habitude
au coin. Il m’ordonna de revenir vers lui et me sermonna, comme la dernière
fois, pour tout le reste du tableau avant de m’ordonner de m’allonger sur ses
cuisses. Je refusai, autant pour le tester que par refus catégorique de
recevoir une nouvelle rouste. Daniel attendit trois secondes avant de se lever
et de me flanquer une fessée debout. Elle fut plutôt bonne, assez pour me vexer
(d’autant plus qu’il avait bloqué mes deux mains dans mon dos !) et pour
me faire plier. A contrecœur, je m’installai sur ses genoux.
Je pris à nouveau une longue fessée,
toujours à rythme lent, heureusement, ce qui me permettait de mieux
l’encaisser. Je restai peut-être quatre ou cinq bonnes minutes à recevoir de
très bonnes claques et à me faire réprimander, notamment sur le sommeil avec
lequel je n’arrive pas à faire autre chose que n’importe quoi.
Cette
nouvelle fessée me fit réfléchir, il ne pouvait en être autrement. Bien que je
ne me sentais pas humiliée ou infantilisée sur le moment, il est vrai que
j’étais davantage encline à faire des efforts, rien que pour éviter d’avoir à
nouveau mal aux fesses !
A la fin de cette horrible tannée, je
pris de nouveau une fessée debout – moins forte que la première – pour avoir
refusé d’aller au coin. J’y allai finalement quelques minutes avant que Daniel
me laisse enfin tranquille.
Je ne sais pas si, finalement, il va
instaurer de nouvelles règles, s’il va me convoquer la semaine prochaine ou
non… Je n’en sais fichtrement rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il faut que
je fournisse davantage d’efforts. Comme toujours, c’est une affaire à
suivre !
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