Vendredi 22 novembre
2019
Après les excuses
publiques faites par Chaïma, Hasna, Julie et Laura – excuses qui m’étaient
destinées et qui m’embarrassèrent beaucoup ! -, je pris le petit déjeuner
avec mes amies. Cela me remonta le moral de pouvoir passer du temps avec elles ;
de plus, Monsieur John prit soin de manger à la table de la Direction, me
laissant tranquille pour le premier repas de la journée.
- Vous pensez qu’Hasna et
Chaïma vont arrêter de nous embêter, maintenant ? se renseigna Lucille.
Elles passent leur temps à se moquer de tout le monde, ici !
- Nous, le D2, on n’est
pas trop concernées ! précisa Florentine. En réalité ce sont surtout les
filles du D4 qu’elles embêtent !
- Et Clémence, ajouta
Mathilde.
- Certes, mais Clémence
est un cas à part ! reprit Florentine.
- Comment ça ? m’étonnai-je.
- Eh bien, tu es la chouchoute de la Direction donc tu fais forcément des envieuses ! expliqua
Lucille. Et puis, tu es en train de t’assagir, preuve que tu commences à
rentrer dans le rang… Sûrement pour faire plaisir à la Direction !
- Je ne rentre pas dans
le rang ! m’offusquai-je. Je vous rappelle que j’ai été punie plusieurs
fois cette semaine ! On ne peut pas en dire autant de vous toutes !
- Oui enfin, les grosses
bêtises que tu faisais avant peuvent être considérées comme de l’histoire
ancienne, ajouta Charline.
- Mais pas du tout !
grognai-je.
J’étais piquée à vif. Je me rendis compte que
je tenais à ma réputation d’élève rebelle bien plus que je ne le pensais.
- Prouve-le ! me défia
Florentine.
- Comment ? me
renseignai-je.
- Tu as la journée pour
défier les cinq membres de la Direction, répondit Lucille. Et si tu défies d’autres
adultes en supplément, ce sera encore mieux !
- Ne tombe pas dans ce
piège, Clem… me conseilla Mathilde.
- Qu’est-ce que j’y gagne ?
demandai-je en ignorant ma meilleure amie.
- Nous raconterons à qui
veut bien l’entendre que tu es l’élève la moins sage de tout le Pensionnat,
répondit Lucille. Et en plus de ça, je te filerai le colis rempli de bonbons que
mes parents m’envoient toutes les deux semaines.
- Clem, me dit Mathilde,
je ne pense pas que ce soit une bonne idée…
- C’est d’accord !
acceptai-je.
Mon égo me guidait, je le savais bien. Mais
tant pis ! Si j’avais refusé le défi, on m’aurait traitée de poule
mouillée ; et c’était tout bonnement hors de question ! Il allait
falloir que je la joue fine pour éviter de potentiels dégâts fessiers. C’était
le moment de montrer mes compétences en malice !
La journée débuta avec
le cours de littérature. Monsieur Bruno avait commencé son cours depuis trois
minutes lorsque Monsieur Éric entra discrètement dans la salle, prenant le
relais de Monsieur John pour me surveiller. Le Directeur prit place au fond de
la classe, près de la fenêtre.
Après avoir salué Monsieur Éric, le professeur
de littérature annonça :
- Aujourd'hui, nous
allons travailler sur la satire et ses procédés. Vous rédigerez un court texte
présentant un personnage fictif dont vous dénoncerez les défauts.
Je relevai immédiatement la tête. C’était l’occasion
rêvée pour défier ce professeur que je détestais tant ! Pendant une
vingtaine de minutes, j'écrivis avec un enthousiasme remarquable. J'intitulai
ma rédaction : Éloge du professeur tyrannique.
Lorsque Monsieur Bruno
demanda quelques volontaires pour lire leur production, je levai aussitôt la
main.
— Clémence ? fit-il avec
étonnement.
— Oui, Monsieur.
J'aimerais partager mon travail.
— Très bien. Levez-vous
et venez au tableau.
Je me plaçai face à la classe, le cœur battant
à tout rompre. Certaines de mes amies du D2 me lancèrent un regard malicieux. Je
respirai un grand coup puis débutai ma lecture.
Je décrivis un professeur convaincu que la
littérature avait été inventée dans l'unique but de lui permettre de distribuer
des observations désagréables. Il considérait toute question comme une
insolence, toute plaisanterie comme une atteinte à son autorité et toute élève
intelligente comme une menace pour l'ordre établi. Je terminai par cette phrase
: « Cet homme aimait tellement le silence qu'il aurait volontiers enseigné à
une classe de chaises, lesquelles auraient au moins eu la délicatesse de ne
jamais le contredire. »
Je levai les yeux de ma feuille et observai la
classe. Certaines élèves étaient offusquées, d’autres amusées, d’autres encore
affichaient des mines prudentes, guettant la réaction de notre professeur. Je
tournai la tête vers Monsieur Bruno dont le visage était rouge pivoine. Il me gronda :
- Mademoiselle Clémence !
- Oui, Monsieur ?
demandai-je en feignant une innocence parfaite.
- Cette satire m’était-elle
adressée ?! questionna-t-il.
Il rêvait que je réponde un « oui »
franc et massif, pour ensuite avoir une occasion de demander au Directeur de me
punir devant toute la classe. Je ne lui donnerais pas ce plaisir ! Je
répondis avec une voix d’ange :
- Mais pas du tout,
Monsieur ! Dans la consigne, vous avez demandé un personnage fictif.
- Ne me prenez pas pour
un imbécile !
- Je n'oserais jamais,
Monsieur ! répondis-je alors que quelques-unes de mes camarades se
retenaient de rire.
- Votre texte est une
provocation ! insista le professeur.
- C'est une satire,
Monsieur, rappelai-je. Vous venez précisément de nous expliquer que la satire
sert à dénoncer les travers humains.
Monsieur Bruno ouvrit la bouche, puis la
referma, ne sachant que dire. Je poursuivis :
- Je me suis simplement
efforcée d'appliquer votre enseignement.
- Ça suffit ! entendis-je
Monsieur Éric. Clémence, tu vas immédiatement présenter des excuses à ton
professeur !
Je soupirai puis dit :
- Je suis navrée,
Monsieur Bruno, que mon personnage fictif vous ait autant contrarié.
Monsieur Éric ferma brièvement les yeux et
gronda :
- De véritables excuses,
Clémence !
- Je suis désolée d'avoir
manqué de délicatesse, Monsieur Bruno, ajoutai-je.
Cette fois, le Directeur sembla considérer la
réponse comme acceptable ; mais, lorsque je me rassis, Monsieur Éric me
lança un regard qui signifiait très clairement que notre prochaine conversation
ne serait pas particulièrement agréable. Je cochai mentalement une première
case. J’avais provoqué Monsieur Éric et Monsieur Bruno, et ce, en moins d’une
heure !
Durant la deuxième
heure de littérature, Monsieur Lionel remplaça Monsieur Éric au fond de la
classe. Monsieur Bruno nous demanda d'analyser un passage littéraire. Je levai
la main :
- Monsieur, j'ai une
question.
Le littéraire me fixa avec lassitude.
- Oui Clémence ?
- Je voulais simplement
savoir si, dans une œuvre littéraire, l'autorité d'un personnage suffisait à
prouver qu'il avait raison.
- Certainement pas !
me répondit Monsieur Bruno.
- Donc, lorsqu'un
personnage impose son opinion sans accepter la contradiction, il peut être
considéré comme ridicule ?
- Seulement dans certains
cas, rétorqua le professeur.
- Intéressant,
commentai-je.
Je notai soigneusement sa réponse. Monsieur
Bruno me regarda. Il commençait à bouillir de nouveau. Il me demanda :
- Pourquoi dites-vous « intéressant »
sur un tel ton, Clémence ?!
- Je n’ai utilisé aucun
ton particulier, Monsieur, me justifiai-je. Je trouve simplement votre analyse
passionnante !
Devant l’amusement de certaines de mes
camarades, Monsieur Lionel intervint :
- Clémence, concentre-toi
sur le texte.
- Je suis parfaitement
concentrée, Monsieur. Nous étudions les rapports entre autorité et ridicule.
- Clémence ! me
gronda le DA.
- Oui, Monsieur ?
- Tu sais très bien ce
que je veux dire.
Je lui adressai un sourire.
- Bien sûr, Monsieur.
Cinq minutes plus tard, Monsieur Bruno nous
demanda d'identifier les procédés comiques du passage. Je répondis avec une
précision irréprochable ; il fut obligé de reconnaître que ma réponse
était excellente. Néanmoins cela ne l'empêcha pas de me regarder comme s'il
envisageait sérieusement de m’allonger sur ses genoux pour me flanquer une
bonne fessée. Dommage qu’il ne puisse pas le faire !
À la fin de l'heure,
Monsieur Lionel m'arrêta dans le couloir.
- Tu t'amuses beaucoup,
ce matin ?
- J'apprécie énormément
la littérature, Monsieur ! répondis-je.
- Je parle de ton
comportement, Clémence ! Tu es parfaitement capable de participer
intelligemment sans provoquer ton professeur à chaque intervention !
- Mais je participe
intelligemment ! me défendis-je.
- Et tu provoques ton
professeur.
Je réfléchis une seconde puis répondis :
- Les deux activités ne
sont donc pas incompatibles.
- Certes, me dit le DA,
mais l’une de ces deux activités peut rapidement te conduire à recevoir une
déculottée ! Je te laisse deviner laquelle !
Je baissai la tête et ne répondis pas. J’avais
réussi à provoquer Monsieur Lionel, la mission était donc accomplie. Inutile d’aller
plus loin et de m’attirer davantage d’ennuis. Il ne me restait plus que
Monsieur John, Madame Natalia et surtout Matthieu. Les trois plus difficiles…
Madame Natalia s’installa
au fond de la classe au tout début du cours d’histoire-géographie.
- Fermez vos cahiers !
aboya Madame Constance de sa mauvaise humeur habituelle. Nous allons commencer
par une interrogation orale ! Mademoiselle Clémence, à vous l’honneur !
Madame Constance m'interrogea sur les conséquences
politiques de la Première Guerre mondiale. Je répondis longuement, en
présentant les bouleversements territoriaux, les difficultés de la paix et les
fragilités des nouveaux équilibres européens.
- Tout est exact,
reconnut-elle. Ça vous fait un 20/20, Mademoiselle Clémence.
- Merci, Madame, dis-je
poliment.
- Vous voyez que vous
êtes capable de travailler sérieusement lorsque vous le voulez ! me
tacla-t-elle.
A quel moment ne travaillai-je pas sérieusement ?!
J’étais la meilleure élève de l’établissement ! Piquée au vif, je rétorquai :
- Et vous, vous voyez que je
suis capable de répondre correctement sans avoir besoin d'être terrorisée.
Un silence s'abattit sur la classe. Madame
Constance posa lentement son stylo puis demanda :
- Pardon ?!
- Je disais simplement
que la connaissance et la peur ne sont pas nécessairement liées, étayai-je.
- Clémence, vous allez
cesser immédiatement vos commentaires ! me gronda la prof.
- Bien, Madame, dis-je.
- Vous mériteriez une
bonne fessée pour l’insolence dont vous venez de faire preuve ! ajouta l’historienne.
- Dommage que vous ne
puissiez pas me la donner, rétorquai-je alors que mes camarades poussaient de
discrets cris de stupeur.
- Moi, je peux !
intervint Madame Natalia. Ne me tente pas, Clémence. J’ai déjà la main qui me
démange !
En effet, mieux valait ne pas la tenter. Ce
serait plus difficile que prévu de provoquer subtilement la nouvelle SG… Je me
tus et gardai le silence… pendant exactement quatre minutes, c’est-à-dire jusqu’à
ce que Madame Constance évoque l'importance de l'obéissance aux institutions
dans certaines périodes historiques. Je ne pus m’empêcher de lever la main :
- Madame, peut-on
considérer qu'une institution est toujours légitime lorsqu'elle exige
l'obéissance ?
- Cela dépend du contexte
historique, répondit Madame Constance.
- Donc, l'obéissance
n'est pas une vertu absolue ?
- Ce n'est pas le sujet.
- Pourtant, cela me
paraît directement lié à votre explication.
- Clémence ! entendis-je Madame
Natalia. Arrête immédiatement ce petit jeu !
Je tournai innocemment la tête vers elle.
- Quel petit jeu, Madame
?
- Celui qui consiste à
transformer chaque cours en tribunal contre l'autorité, répondit la Surveillante
Générale.
- Mais nous parlons
d'histoire politique ! me défendis-je.
- Continue comme ça et tu
vas t’attirer de gros ennuis, jeune fille ! me gronda-t-elle.
- Je commence à avoir
l'impression que tout le monde me prête des intentions que je n'ai pas !
protestai-je.
Madame Natalia s'approcha de ma table et se
pencha vers moi en me grondant :
- Tu vas écouter ton
professeur, prendre des notes et garder tes commentaires pour toi. Est-ce
compris ?
- Oui, Madame.
- Et enlève ce ton
insolent dans ta voix !
Je m'efforçai de retrouver une expression
neutre, ce qui me demanda un effort considérable.
- On peut dire que la case
« Madame Natalia » est cochée ! me chuchota Mathilde lorsque la
SG fut retournée à sa place.
Pour la deuxième heure d’histoire,
Monsieur Matthieu prit la relève. Il entra dans la salle, salua Madame
Constance et s'installa à son tour. Lorsqu’il passa devant moi, je sentis son
irrésistible parfum. Que c’était dur de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras !
Je lui adressai un sourire discret, il me répondit par un regard prudent.
Madame Constance nous
distribua un exercice de géographie que je terminai rapidement. Puis, m’ennuyant,
je commençai à dessiner au crayon à papier dans la marge de mon cahier une
carte imaginaire du Pensionnat. J'y indiquai cinq territoires : le royaume
d'Éric, la principauté de John, l'empire de Lionel, la forteresse de Natalia et
la mystérieuse république de Matthieu. Mathilde se pencha pour regarder et étouffa
un rire.
- C'est quoi, la
mystérieuse république de Matthieu ? me chuchota-t-elle.
- Un territoire dont les
frontières sont strictement surveillées, murmurai-je.
Elle rit et attira l’attention de Madame
Constance.
- Mathilde ! Reprenez-vous
ou vous allez finir au coin !
- Pardon, Madame ! s’excusa
ma meilleure amie.
Soupçonnant quelque chose, mon amoureux s'approcha
de notre table. Il s’accroupit à notre hauteur pour ne pas déranger les
camarades en train d’effectuer l’exercice, puis nous demanda :
- Je peux savoir ce qui
vous amuse ?
- Rien, Monsieur,
répondit Mathilde.
Matthieu me regarda dans les yeux puis jeta un œil
à mon cahier. Il découvrit rapidement la carte que je venais de dessiner. Son
visage resta parfaitement sérieux lorsqu’il me demanda :
— Clémence, peux-tu
m'expliquer ce dessin ?
— C'est un exercice de
géographie politique, répondis-je.
— Je vois.
Il lut les différentes inscriptions. Je vis
très distinctement le coin de sa bouche tressaillir lorsqu'il découvrit sa
république ; mais il retrouva immédiatement son sérieux.
- Efface-moi ça.
- Pourtant, Monsieur,
j'ai pris soin de respecter les spécificités de chaque territoire, me
justifiai-je.
- Efface-moi ça immédiatement avant
que je me fâche ! insista-t-il en fouillant dans ma trousse pour me tendre ma gomme.
- Oui Monsieur… grommelai-je.
A la fin du cours, mon homme m'arrêta dans le
couloir :
- Tu as décidé de tester
la patience de tout le monde aujourd'hui ?
- Je ne vois pas de quoi
vous voulez parler, répondis-je.
- Tu crois réellement que
je ne vois pas ce que tu fais ? Que mes collègues et moi ne discutons pas entre
nous au sujet de ta surveillance ?
Je haussai les épaules en disant :
- J'aime beaucoup la
géographie.
- Et tu aimes encore
davantage provoquer les adultes.
- C'est possible.
Il secoua la tête.
- Tu es incorrigible !
me lança-t-il.
- Mais vous m'aimez bien
quand même ! répondis-je en souriant.
Il me lança un regard mi-attendri mi-agacé.
Puis, sans que je m’y attende, il m’attrapa par le bras et me flanqua cinq
bonnes claques sur ma jupe, là, en plein milieu du couloir !
- Aïe ! Mais qu’est-ce
que j’ai fait ?! m’enquis-je en me frottant les fesses.
- Tu sais aussi bien que
moi que c’est ce que tu mérites depuis ce matin ! se justifia-t-il. De
plus, je souhaite te dissuader de poursuivre tes âneries ! Tâche d’être
irréprochable cet après-midi !
- Je vais faire de mon
mieux, répondis-je en rivant mes yeux vers le sol.
- Tu as tout intérêt !
précisa-t-il en me regardant avec méfiance.
Tandis que je le regardai s’éloigner, Lucille
et Florentine s’approchèrent de moi. Lucille me demanda :
- Ça va, tu n’as pas trop
mal aux fesses ?
- Ferme-la ! lui
lançai-je.
- En tout cas, c’était
bien joué ce matin ! commenta Florentine. Et tu as ajouté Monsieur Bruno
et Madame Constance au palmarès, c’est un sacré exploit ! Il ne manque
plus que Monsieur John et le défi sera relevé !
Oui, Monsieur John. Ne dit-on pas que l’on
garde toujours le meilleur pour la fin ?
Alors
que j’allais entrer dans le réfectoire, mon père-référent m’attrapa par le bras
et m’entraîna à l’écart. Si je n’en fus pas surprise, je restai néanmoins sur
mes gardes ; Matthieu venait de me recadrer et je n’avais pas envie d’un
autre recadrage de ce genre…
- Tu m’expliques ?!
me gronda-t-il.
- Que voulez-vous que je
vous explique, Monsieur ? questionnai-je.
- Pourquoi tu as décidé d’être
insolente et provocatrice aujourd’hui ?!
Bon, allez, il fallait que je coche la dernière
case. Mes amies me regardaient de loin, je ne devais pas flancher. Je répondis sur
un ton mielleux :
- Auriez-vous l’extrême
obligeance d’étayer vos propos ?
- Tu es en train de te
ficher de moi, là ?!
- Non, Monsieur. Je vous
présente mes plus sincères excuses, Monsieur. Je ne souhaitais nullement
offenser votre auguste autorité. Je vous saurais gré de me pardonner.
- Bon, ça suffit les
bêtises ! décréta le DA.
Monsieur John me pencha immédiatement sous son
bras et releva ma jupe. Alors qu’il baissait ma culotte, je le priai :
- Non, pardon, Monsieur !
Pardon ! J’arrête ! Promis, j’arrête !
- Oui, tu vas arrêter,
Clémence ! C’est certain !
Devant toutes mes amies qui regardaient la
scène, ainsi que devant d’autres camarades qui attendaient d’entrer dans le
réfectoire, et même devant des Gouvernantes qui veillaient à l’ordre, mon père-référent
me flanqua une fessée déculottée, courte mais intense. Lorsqu’il me lâcha
pour me laisser me rhabiller, je sentais que mes fesses me brûlaient. Monsieur
John me gronda :
- Si j’entends encore une
seule fois d’ici ce soir que tu as été insolente ou provocatrice, je te
garantis que tu vas passer un long moment sur mes genoux avant d’aller au lit !
C’est compris ?!
- …
- Est-ce que c’est
compris ?!
- Oui, Monsieur, répondis-je,
penaude.
- Bien ! Va te mettre à table !
Je décidai de me tenir
à carreaux tout le reste de la journée. Les filles du dortoir n°2, elles, s’attelèrent
à raconter que j’étais l’élève la plus rebelle du Pensionnat.
Au dîner, Abigaëlle
vint me voir :
- Alors Clémence, il
paraît que tu m’as piqué mon titre ? me demanda-t-elle.
- Je ne savais pas qu’il
t’appartenait ! répondis-je.
- Si, il est à moi !
Et je compte bien le récupérer !
- C’est ce qu’on va voir !
lui lançai-je.
- Très bien, dit-elle. Dans
ce cas, demain, c’est à moi de jouer ! Je vais rapidement reprendre mon
titre, ma p’tite Clémence ! Tu n’es clairement pas au niveau !
- Que la bataille
commence, lui lançai-je.
A suivre…

Commentaires
Enregistrer un commentaire
Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?