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Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! - Chapitre 60

 


Vendredi 22 novembre 2019

 

Après les excuses publiques faites par Chaïma, Hasna, Julie et Laura – excuses qui m’étaient destinées et qui m’embarrassèrent beaucoup ! -, je pris le petit déjeuner avec mes amies. Cela me remonta le moral de pouvoir passer du temps avec elles ; de plus, Monsieur John prit soin de manger à la table de la Direction, me laissant tranquille pour le premier repas de la journée.

-    Vous pensez qu’Hasna et Chaïma vont arrêter de nous embêter, maintenant ? se renseigna Lucille. Elles passent leur temps à se moquer de tout le monde, ici !

-    Nous, le D2, on n’est pas trop concernées ! précisa Florentine. En réalité ce sont surtout les filles du D4 qu’elles embêtent !

-    Et Clémence, ajouta Mathilde.

-    Certes, mais Clémence est un cas à part ! reprit Florentine.

-    Comment ça ? m’étonnai-je.

-    Eh bien, tu es la chouchoute de la Direction donc tu fais forcément des envieuses ! expliqua Lucille. Et puis, tu es en train de t’assagir, preuve que tu commences à rentrer dans le rang… Sûrement pour faire plaisir à la Direction !

-    Je ne rentre pas dans le rang ! m’offusquai-je. Je vous rappelle que j’ai été punie plusieurs fois cette semaine ! On ne peut pas en dire autant de vous toutes !

-    Oui enfin, les grosses bêtises que tu faisais avant peuvent être considérées comme de l’histoire ancienne, ajouta Charline.

-    Mais pas du tout ! grognai-je.

J’étais piquée à vif. Je me rendis compte que je tenais à ma réputation d’élève rebelle bien plus que je ne le pensais.

-    Prouve-le ! me défia Florentine.

-    Comment ? me renseignai-je.

-    Tu as la journée pour défier les cinq membres de la Direction, répondit Lucille. Et si tu défies d’autres adultes en supplément, ce sera encore mieux !

-    Ne tombe pas dans ce piège, Clem… me conseilla Mathilde.

-    Qu’est-ce que j’y gagne ? demandai-je en ignorant ma meilleure amie.

-    Nous raconterons à qui veut bien l’entendre que tu es l’élève la moins sage de tout le Pensionnat, répondit Lucille. Et en plus de ça, je te filerai le colis rempli de bonbons que mes parents m’envoient toutes les deux semaines.

-    Clem, me dit Mathilde, je ne pense pas que ce soit une bonne idée…

-    C’est d’accord ! acceptai-je.

Mon égo me guidait, je le savais bien. Mais tant pis ! Si j’avais refusé le défi, on m’aurait traitée de poule mouillée ; et c’était tout bonnement hors de question ! Il allait falloir que je la joue fine pour éviter de potentiels dégâts fessiers. C’était le moment de montrer mes compétences en malice !

 

La journée débuta avec le cours de littérature. Monsieur Bruno avait commencé son cours depuis trois minutes lorsque Monsieur Éric entra discrètement dans la salle, prenant le relais de Monsieur John pour me surveiller. Le Directeur prit place au fond de la classe, près de la fenêtre.

Après avoir salué Monsieur Éric, le professeur de littérature annonça :

-    Aujourd'hui, nous allons travailler sur la satire et ses procédés. Vous rédigerez un court texte présentant un personnage fictif dont vous dénoncerez les défauts.

Je relevai immédiatement la tête. C’était l’occasion rêvée pour défier ce professeur que je détestais tant ! Pendant une vingtaine de minutes, j'écrivis avec un enthousiasme remarquable. J'intitulai ma rédaction : Éloge du professeur tyrannique.

Lorsque Monsieur Bruno demanda quelques volontaires pour lire leur production, je levai aussitôt la main.

—    Clémence ? fit-il avec étonnement.

—    Oui, Monsieur. J'aimerais partager mon travail.

—    Très bien. Levez-vous et venez au tableau.

Je me plaçai face à la classe, le cœur battant à tout rompre. Certaines de mes amies du D2 me lancèrent un regard malicieux. Je respirai un grand coup puis débutai ma lecture.

Je décrivis un professeur convaincu que la littérature avait été inventée dans l'unique but de lui permettre de distribuer des observations désagréables. Il considérait toute question comme une insolence, toute plaisanterie comme une atteinte à son autorité et toute élève intelligente comme une menace pour l'ordre établi. Je terminai par cette phrase : « Cet homme aimait tellement le silence qu'il aurait volontiers enseigné à une classe de chaises, lesquelles auraient au moins eu la délicatesse de ne jamais le contredire. »

Je levai les yeux de ma feuille et observai la classe. Certaines élèves étaient offusquées, d’autres amusées, d’autres encore affichaient des mines prudentes, guettant la réaction de notre professeur. Je tournai la tête vers Monsieur Bruno dont le visage était rouge pivoine. Il me gronda :

-    Mademoiselle Clémence !

-    Oui, Monsieur ? demandai-je en feignant une innocence parfaite.

-    Cette satire m’était-elle adressée ?! questionna-t-il.

Il rêvait que je réponde un « oui » franc et massif, pour ensuite avoir une occasion de demander au Directeur de me punir devant toute la classe. Je ne lui donnerais pas ce plaisir ! Je répondis avec une voix d’ange :

-    Mais pas du tout, Monsieur ! Dans la consigne, vous avez demandé un personnage fictif.

-    Ne me prenez pas pour un imbécile !

-    Je n'oserais jamais, Monsieur ! répondis-je alors que quelques-unes de mes camarades se retenaient de rire.

-    Votre texte est une provocation ! insista le professeur.

-    C'est une satire, Monsieur, rappelai-je. Vous venez précisément de nous expliquer que la satire sert à dénoncer les travers humains.

Monsieur Bruno ouvrit la bouche, puis la referma, ne sachant que dire. Je poursuivis :

-    Je me suis simplement efforcée d'appliquer votre enseignement.

-  Ça suffit ! entendis-je Monsieur Éric. Clémence, tu vas immédiatement présenter des excuses à ton professeur !

Je soupirai puis dit :

-    Je suis navrée, Monsieur Bruno, que mon personnage fictif vous ait autant contrarié.

Monsieur Éric ferma brièvement les yeux et gronda :

-    De véritables excuses, Clémence !

-    Je suis désolée d'avoir manqué de délicatesse, Monsieur Bruno, ajoutai-je.

Cette fois, le Directeur sembla considérer la réponse comme acceptable ; mais, lorsque je me rassis, Monsieur Éric me lança un regard qui signifiait très clairement que notre prochaine conversation ne serait pas particulièrement agréable. Je cochai mentalement une première case. J’avais provoqué Monsieur Éric et Monsieur Bruno, et ce, en moins d’une heure !

 

Durant la deuxième heure de littérature, Monsieur Lionel remplaça Monsieur Éric au fond de la classe. Monsieur Bruno nous demanda d'analyser un passage littéraire. Je levai la main :

-    Monsieur, j'ai une question.

Le littéraire me fixa avec lassitude.

-    Oui Clémence ?

-    Je voulais simplement savoir si, dans une œuvre littéraire, l'autorité d'un personnage suffisait à prouver qu'il avait raison.

-    Certainement pas ! me répondit Monsieur Bruno.

-    Donc, lorsqu'un personnage impose son opinion sans accepter la contradiction, il peut être considéré comme ridicule ?

-    Seulement dans certains cas, rétorqua le professeur.

-    Intéressant, commentai-je.

Je notai soigneusement sa réponse. Monsieur Bruno me regarda. Il commençait à bouillir de nouveau. Il me demanda :

-    Pourquoi dites-vous « intéressant » sur un tel ton, Clémence ?!

-    Je n’ai utilisé aucun ton particulier, Monsieur, me justifiai-je. Je trouve simplement votre analyse passionnante !

Devant l’amusement de certaines de mes camarades, Monsieur Lionel intervint :

-    Clémence, concentre-toi sur le texte.

-    Je suis parfaitement concentrée, Monsieur. Nous étudions les rapports entre autorité et ridicule.

-    Clémence ! me gronda le DA.

-    Oui, Monsieur ?

-    Tu sais très bien ce que je veux dire.

Je lui adressai un sourire.

-    Bien sûr, Monsieur.

Cinq minutes plus tard, Monsieur Bruno nous demanda d'identifier les procédés comiques du passage. Je répondis avec une précision irréprochable ; il fut obligé de reconnaître que ma réponse était excellente. Néanmoins cela ne l'empêcha pas de me regarder comme s'il envisageait sérieusement de m’allonger sur ses genoux pour me flanquer une bonne fessée. Dommage qu’il ne puisse pas le faire !

 

À la fin de l'heure, Monsieur Lionel m'arrêta dans le couloir.

-    Tu t'amuses beaucoup, ce matin ?

-    J'apprécie énormément la littérature, Monsieur ! répondis-je.

-    Je parle de ton comportement, Clémence ! Tu es parfaitement capable de participer intelligemment sans provoquer ton professeur à chaque intervention !

-    Mais je participe intelligemment ! me défendis-je.

-    Et tu provoques ton professeur.

Je réfléchis une seconde puis répondis :

-    Les deux activités ne sont donc pas incompatibles.

-    Certes, me dit le DA, mais l’une de ces deux activités peut rapidement te conduire à recevoir une déculottée ! Je te laisse deviner laquelle !

Je baissai la tête et ne répondis pas. J’avais réussi à provoquer Monsieur Lionel, la mission était donc accomplie. Inutile d’aller plus loin et de m’attirer davantage d’ennuis. Il ne me restait plus que Monsieur John, Madame Natalia et surtout Matthieu. Les trois plus difficiles…

 

Madame Natalia s’installa au fond de la classe au tout début du cours d’histoire-géographie.

-    Fermez vos cahiers ! aboya Madame Constance de sa mauvaise humeur habituelle. Nous allons commencer par une interrogation orale ! Mademoiselle Clémence, à vous l’honneur !

Madame Constance m'interrogea sur les conséquences politiques de la Première Guerre mondiale. Je répondis longuement, en présentant les bouleversements territoriaux, les difficultés de la paix et les fragilités des nouveaux équilibres européens.

-    Tout est exact, reconnut-elle. Ça vous fait un 20/20, Mademoiselle Clémence.

-    Merci, Madame, dis-je poliment.

-    Vous voyez que vous êtes capable de travailler sérieusement lorsque vous le voulez ! me tacla-t-elle.

A quel moment ne travaillai-je pas sérieusement ?! J’étais la meilleure élève de l’établissement ! Piquée au vif, je rétorquai :

-    Et vous, vous voyez que je suis capable de répondre correctement sans avoir besoin d'être terrorisée.

Un silence s'abattit sur la classe. Madame Constance posa lentement son stylo puis demanda :

-    Pardon ?!

-    Je disais simplement que la connaissance et la peur ne sont pas nécessairement liées, étayai-je.

-    Clémence, vous allez cesser immédiatement vos commentaires ! me gronda la prof.

-    Bien, Madame, dis-je.

-    Vous mériteriez une bonne fessée pour l’insolence dont vous venez de faire preuve ! ajouta l’historienne.

-    Dommage que vous ne puissiez pas me la donner, rétorquai-je alors que mes camarades poussaient de discrets cris de stupeur.

-   Moi, je peux ! intervint Madame Natalia. Ne me tente pas, Clémence. J’ai déjà la main qui me démange !

En effet, mieux valait ne pas la tenter. Ce serait plus difficile que prévu de provoquer subtilement la nouvelle SG… Je me tus et gardai le silence… pendant exactement quatre minutes, c’est-à-dire jusqu’à ce que Madame Constance évoque l'importance de l'obéissance aux institutions dans certaines périodes historiques. Je ne pus m’empêcher de lever la main :

-    Madame, peut-on considérer qu'une institution est toujours légitime lorsqu'elle exige l'obéissance ?

-    Cela dépend du contexte historique, répondit Madame Constance.

-    Donc, l'obéissance n'est pas une vertu absolue ?

-    Ce n'est pas le sujet.

-    Pourtant, cela me paraît directement lié à votre explication.

-    Clémence ! entendis-je Madame Natalia. Arrête immédiatement ce petit jeu !

Je tournai innocemment la tête vers elle.

-    Quel petit jeu, Madame ?

-    Celui qui consiste à transformer chaque cours en tribunal contre l'autorité, répondit la Surveillante Générale.

-    Mais nous parlons d'histoire politique ! me défendis-je.

-    Continue comme ça et tu vas t’attirer de gros ennuis, jeune fille ! me gronda-t-elle.

-    Je commence à avoir l'impression que tout le monde me prête des intentions que je n'ai pas ! protestai-je.

Madame Natalia s'approcha de ma table et se pencha vers moi en me grondant :

-    Tu vas écouter ton professeur, prendre des notes et garder tes commentaires pour toi. Est-ce compris ?

-    Oui, Madame.

-    Et enlève ce ton insolent dans ta voix !

Je m'efforçai de retrouver une expression neutre, ce qui me demanda un effort considérable.

-    On peut dire que la case « Madame Natalia » est cochée ! me chuchota Mathilde lorsque la SG fut retournée à sa place.

 

Pour la deuxième heure d’histoire, Monsieur Matthieu prit la relève. Il entra dans la salle, salua Madame Constance et s'installa à son tour. Lorsqu’il passa devant moi, je sentis son irrésistible parfum. Que c’était dur de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras ! Je lui adressai un sourire discret, il me répondit par un regard prudent.

Madame Constance nous distribua un exercice de géographie que je terminai rapidement. Puis, m’ennuyant, je commençai à dessiner au crayon à papier dans la marge de mon cahier une carte imaginaire du Pensionnat. J'y indiquai cinq territoires : le royaume d'Éric, la principauté de John, l'empire de Lionel, la forteresse de Natalia et la mystérieuse république de Matthieu. Mathilde se pencha pour regarder et étouffa un rire.

-    C'est quoi, la mystérieuse république de Matthieu ? me chuchota-t-elle.

-  Un territoire dont les frontières sont strictement surveillées, murmurai-je.

Elle rit et attira l’attention de Madame Constance.

-    Mathilde ! Reprenez-vous ou vous allez finir au coin !

-    Pardon, Madame ! s’excusa ma meilleure amie.

Soupçonnant quelque chose, mon amoureux s'approcha de notre table. Il s’accroupit à notre hauteur pour ne pas déranger les camarades en train d’effectuer l’exercice, puis nous demanda :

-    Je peux savoir ce qui vous amuse ?

-    Rien, Monsieur, répondit Mathilde.

Matthieu me regarda dans les yeux puis jeta un œil à mon cahier. Il découvrit rapidement la carte que je venais de dessiner. Son visage resta parfaitement sérieux lorsqu’il me demanda :

—    Clémence, peux-tu m'expliquer ce dessin ?

—    C'est un exercice de géographie politique, répondis-je.

—    Je vois.

Il lut les différentes inscriptions. Je vis très distinctement le coin de sa bouche tressaillir lorsqu'il découvrit sa république ; mais il retrouva immédiatement son sérieux.

-    Efface-moi ça.

-    Pourtant, Monsieur, j'ai pris soin de respecter les spécificités de chaque territoire, me justifiai-je.

-    Efface-moi ça immédiatement avant que je me fâche ! insista-t-il en fouillant dans ma trousse pour me tendre ma gomme.

-    Oui Monsieur… grommelai-je.  

A la fin du cours, mon homme m'arrêta dans le couloir :

-    Tu as décidé de tester la patience de tout le monde aujourd'hui ?

-    Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, répondis-je.

-    Tu crois réellement que je ne vois pas ce que tu fais ? Que mes collègues et moi ne discutons pas entre nous au sujet de ta surveillance ?

Je haussai les épaules en disant :

-    J'aime beaucoup la géographie.

-    Et tu aimes encore davantage provoquer les adultes.

-    C'est possible.

Il secoua la tête.

-    Tu es incorrigible ! me lança-t-il.

-    Mais vous m'aimez bien quand même ! répondis-je en souriant.

Il me lança un regard mi-attendri mi-agacé. Puis, sans que je m’y attende, il m’attrapa par le bras et me flanqua cinq bonnes claques sur ma jupe, là, en plein milieu du couloir !

-    Aïe ! Mais qu’est-ce que j’ai fait ?! m’enquis-je en me frottant les fesses.

-    Tu sais aussi bien que moi que c’est ce que tu mérites depuis ce matin ! se justifia-t-il. De plus, je souhaite te dissuader de poursuivre tes âneries ! Tâche d’être irréprochable cet après-midi !

-    Je vais faire de mon mieux, répondis-je en rivant mes yeux vers le sol.

-    Tu as tout intérêt ! précisa-t-il en me regardant avec méfiance.

Tandis que je le regardai s’éloigner, Lucille et Florentine s’approchèrent de moi. Lucille me demanda :

-    Ça va, tu n’as pas trop mal aux fesses ?

-    Ferme-la ! lui lançai-je.

-    En tout cas, c’était bien joué ce matin ! commenta Florentine. Et tu as ajouté Monsieur Bruno et Madame Constance au palmarès, c’est un sacré exploit ! Il ne manque plus que Monsieur John et le défi sera relevé !

Oui, Monsieur John. Ne dit-on pas que l’on garde toujours le meilleur pour la fin ?

 

       Alors que j’allais entrer dans le réfectoire, mon père-référent m’attrapa par le bras et m’entraîna à l’écart. Si je n’en fus pas surprise, je restai néanmoins sur mes gardes ; Matthieu venait de me recadrer et je n’avais pas envie d’un autre recadrage de ce genre…

-    Tu m’expliques ?! me gronda-t-il.

-    Que voulez-vous que je vous explique, Monsieur ? questionnai-je.

-    Pourquoi tu as décidé d’être insolente et provocatrice aujourd’hui ?!

Bon, allez, il fallait que je coche la dernière case. Mes amies me regardaient de loin, je ne devais pas flancher. Je répondis sur un ton mielleux :

-    Auriez-vous l’extrême obligeance d’étayer vos propos ?

-    Tu es en train de te ficher de moi, là ?!

-   Non, Monsieur. Je vous présente mes plus sincères excuses, Monsieur. Je ne souhaitais nullement offenser votre auguste autorité. Je vous saurais gré de me pardonner.

-    Bon, ça suffit les bêtises ! décréta le DA.

Monsieur John me pencha immédiatement sous son bras et releva ma jupe. Alors qu’il baissait ma culotte, je le priai :

-    Non, pardon, Monsieur ! Pardon ! J’arrête ! Promis, j’arrête !

-    Oui, tu vas arrêter, Clémence ! C’est certain !

Devant toutes mes amies qui regardaient la scène, ainsi que devant d’autres camarades qui attendaient d’entrer dans le réfectoire, et même devant des Gouvernantes qui veillaient à l’ordre, mon père-référent me flanqua une fessée déculottée, courte mais intense. Lorsqu’il me lâcha pour me laisser me rhabiller, je sentais que mes fesses me brûlaient. Monsieur John me gronda :

-    Si j’entends encore une seule fois d’ici ce soir que tu as été insolente ou provocatrice, je te garantis que tu vas passer un long moment sur mes genoux avant d’aller au lit ! C’est compris ?!

-    …

-    Est-ce que c’est compris ?!

-    Oui, Monsieur, répondis-je, penaude.

-    Bien ! Va te mettre à table !

 

Je décidai de me tenir à carreaux tout le reste de la journée. Les filles du dortoir n°2, elles, s’attelèrent à raconter que j’étais l’élève la plus rebelle du Pensionnat.

 

Au dîner, Abigaëlle vint me voir :

-    Alors Clémence, il paraît que tu m’as piqué mon titre ? me demanda-t-elle.

-    Je ne savais pas qu’il t’appartenait ! répondis-je.

-    Si, il est à moi ! Et je compte bien le récupérer !

-    C’est ce qu’on va voir ! lui lançai-je.

-    Très bien, dit-elle. Dans ce cas, demain, c’est à moi de jouer ! Je vais rapidement reprendre mon titre, ma p’tite Clémence ! Tu n’es clairement pas au niveau !

-    Que la bataille commence, lui lançai-je.

 

A suivre…

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