J’avais
les yeux fixés sur les pièces de monnaie tombées au sol. Je me penchai pour en
ramasser une et la tins au creux de ma main.
- Laisse tomber,
Clem’ ! me dit Mathilde en posant sa main sur mon épaule.
Les larmes me montèrent aux yeux. Il y a
plusieurs semaines, Léa, Valentine, Capucine et Salomé m’avaient déjà envoyé
dans la tête mon statut d’orpheline. Quand me laisserait-on tranquille avec
ça ?
Une larme tomba de ma joue pour atterrir en
plein milieu de ma main, sur la pièce de monnaie. La voix de mon père murmurant
mon prénom avant de mourir résonna dans ma tête.
- Clémence ! Clémence !
entendis-je alors qu’on me secouait l’épaule.
Je levai la tête, croyant que c’était
Mathilde ; mais je me retrouvai face à Monsieur John.
- Clémence, est-ce que ça
va ? me questionna-t-il.
- Mes… mes parents,
bredouillai-je.
- Je suis au courant, je
viens de recevoir un message de Monsieur Matthieu, m’expliqua mon
père-référent. Tous les membres de la Direction sont demandés dans le bureau de
Madame Natalia. Je voulais simplement savoir si tu allais bien avant d’aller
punir ces petites pestes !
- Mes parents, répétai-je
en versant d’autres larmes. J’ai… j’ai peur d’oublier leurs visages.
Monsieur John me fixa d’un regard rempli de
compassion avant de me serrer dans ses bras. Il me garda contre lui de longues
secondes pendant lesquelles je pris tout l’amour et le réconfort dont j’avais
besoin. Le Directeur-Adjoint ne me lâcha pas avant que je prenne la décision de
mettre fin à l’étreinte.
- Clémence, est-ce que tu
veux venir avec moi dans le bureau de Madame Natalia ? me demanda mon
père-référent.
- Non, répondis-je d’une
voix tremblante.
Il se tourna alors vers Mathilde et lui demanda
de me conduire dans ses appartements afin que nous puissions passer du temps
toutes les deux.
Seulement,
une fois installées dans le canapé de Monsieur John, je pleurai toutes les
larmes de mon corps, ma tête posée sur la cuisse de Mathilde. Ma meilleure amie
me caressait les cheveux, ne sachant pas quoi faire pour me réconforter.
A force de pleurer, je finis par m’endormir.
Monsieur John
Ayant
laissé Clémence avec Mathilde, je me mis en marche vers le bureau de ma sœur. Tout
mon être bouillonnait de colère. Ces gamines s’en étaient prises à MA
fille ! Elles allaient bientôt voir de quel bois je me chauffais !
Au début de la semaine, Monsieur Éric, Monsieur
Lionel et moi avions dû réattribuer la plupart des parents-référents afin de
résoudre les problèmes de compatibilité de caractère qui existaient depuis la
mise en place de ce fonctionnement. Je m’étais battu bec et ongle pour garder
Clémence et Mathilde, trop heureux d’être le référent de ces deux jeunes
filles attachantes au possible. Même si cela me donnait du boulot et du souci,
être le père-référent de Clémence et Mathilde m’apportait un vrai bonheur. Savoir
que des petites garces s’en étaient prises à l’une d’elles me mettait hors de
moi !
Mon
émotion était telle que j’entrai sans frapper dans le bureau de ma sœur.
J’étais le dernier à arriver : Natty, Matthieu, Lionel et Éric étaient
déjà là. Les quatre pestes étaient alignées face au mur, les mains sur la tête,
attendant leur sentence.
- Où sont leurs
parents-référents ? me renseignai-je.
- Je suis la
mère-référente d’Hasna et Chaïma, me rappela ma sœur. Le père-référent de Laura
et Julie est Alexandre. Nous l’avons appelé mais il n’est pas disponible :
il donne un récital dans la ville voisine, ce soir. Néanmoins, il nous donne
carte blanche pour nous occuper de ses filles-référentes.
J’hochai la tête.
- Allons débriefer dans
la pièce d’à côté, annonça le Directeur.
- Vous quatre !
gronda Natalia aux punies. Je vous préviens tout de suite : il y a des caméras
dans toute la pièce. Si vous bougez d’un pouce, nous le saurons ! Mieux
vaut pour vous ne pas aggraver votre cas !
Nous nous réfugiâmes tous les cinq dans la
pièce attenante au bureau de ma sœur, pièce servant souvent de petite salle de
réunion. Natty sortit son smartphone et activa l’application de gestion des caméras
de son bureau pour surveiller les quatre punies. Matthieu ne parvenait pas à
tenir en place. Après s’être assis quelques secondes, il se leva brutalement et
fit les cents pas. Nous le regardâmes faire sans rien dire.
- Bien, il nous faut
décider de la sanction à appliquer à Mesdemoiselles Hasna, Chaïma, Julie et Laura
après qu’elles aient importuné Clémence au sujet de son statut d’orpheline.
Natalia fit un résumé détaillé de ce qui s’était
passé pour rappeler à tout le monde la raison de notre présence dans cette
pièce.
- J’attends vos suggestions,
annonça le Directeur.
- La mienne est très
simple ! aboya Matthieu. Leur matraquer le derrière avec mon paddle en bois
jusqu’à ce qu’elles regrettent d’être venues au monde !
- Matthieu… tenta Éric.
- Clémence a déjà subi du
harcèlement il y a moins de deux mois de ça ! ajouta le Surveillant Général.
Il est absolument hors de question qu’elle revive quelque chose de similaire,
vous m’entendez ?! Hors de question ! Et si pour cela, il faut
empêcher les cinquante-et-une autres pensionnaires de s’asseoir jusqu’à début
juillet, soit !
- Puis-je connaître les
faits qui se sont déroulés précédemment ? demanda Natty.
Éric nous fit un résumé détaillé des
souffrances infligées à Clémence par Capucine, Valentine, Léa et Salomé.
- Ça a été assez dur
comme ça pour elle de s’en remettre, il est hors de question qu’elle revive ça !
gronda Matthieu.
- Comment va Clémence ?
se renseigna Éric. Est-ce que l’un d’entre vous est allé s’assurer de son état ?
- Elle pleurait quand je
l’ai laissée avec Mathilde, répondis-je. Elle disait qu’elle craignait d’oublier
le visage de ses parents.
Matthieu passa rapidement la main sur son
visage puis la posa sur sa hanche.
- Actuellement, elle est chez
moi avec Mathilde, ajoutai-je. Elle a refusé d’assister à la punition des
quatre filles qui l’ont embêtée.
- Elle fait bien car ça
va être du costaud ! annonça Matthieu.
Éric jeta un rapide coup d’œil vers Matthieu
puis dit :
- Bon, écoutez. Nous sommes
tous les cinq attachés à Clémence, d’une façon ou d’une autre. Nous sommes tous
touchés par son histoire personnelle. Néanmoins, nous devons nous rappeler que
Clémence a été élevée par son frère et sa sœur qui sont des gens remarquables ;
en dépit du drame familial qu’elle a vécu, Clémence a une vie heureuse et une famille
aimante.
- J’espère que tu n’es
pas en train de dire qu’on va laisser passer ! s’emporta Matthieu.
- Non, pas du tout,
répliqua Éric de son calme habituel. J’essaie juste de dire que nous devons
prendre du recul et traiter le cas de Clémence comme nous traiterions celui de
n’importe quelle élève de cette école. Nous devons donc voir les choses sous cet
angle : l’une de nos pensionnaires a été victime de harcèlement il y a quelques
semaines, et de nouveaux faits viennent de se produire. Ce qui est inquiétant,
c’est que les harceleuses ne sont pas les mêmes.
- Y’a-t-il déjà eu des
cas de harcèlement cette année, en-dehors de Clémence ? se renseigna ma sœur.
- Noémie a déjà été
importunée par Abigaëlle et Marina, répondit Lionel. Mais c’était un acte
isolé, non considéré comme du harcèlement. Je me dois d’ailleurs de préciser que
ce que viennent de faire Hasna, Chaïma, Laura et Julie est également un acte
isolé. A moins qu’elles aient déjà importuné Clémence sans que nous l’ayions su ?
- Nous l’aurions su,
répondis-je fermement.
- Nous ne pouvons donc
pas punir Hasna, Chaïma, Laura et Julie pour harcèlement, conclut Lionel.
- Il a entièrement
raison, ajouta Natty.
- Il faut en revanche que
nous dissuadions une potentielle récidive, précisai-je. Il faut que la punition
soit assez sévère pour que cet acte isolé ne se transforme justement pas en
harcèlement !
- Là-dessus, nous sommes tous
d’accord, approuva Éric.
- Je propose une bonne
déculottée à la main, ferme et assez longue pour les dissuader, suggéra ma sœur.
- Quand tu dis « longue »… ?
me renseignai-je pour en avoir le cœur net.
- Un quart d’heure, répondit
Natty, ou bien vingt minutes. Ne nous arrêtons pas jusqu’à ce que nous soyons
sûrs et certains qu’elles ne recommenceront pas. Et demain matin, je les ferais
s’excuser publiquement auprès de Clémence devant tout le réfectoire.
- Cet acte mérite bien
plus qu’une déculottée à la main ! protesta Matthieu.
- Ne sous-estime pas le
pouvoir d’une humiliante et vexante fessée traditionnelle, répliqua Natty. Je me
suis forgée une réputation sans utiliser aucun instrument. Je joue sur la
puissance des claques et la longueur de la fessée. Tu m’as déjà vue à l’œuvre, Matthieu,
tu sais très bien ce que ça donne. Après, peut-être que vous ne vous sentez pas
de taille à rivaliser avec mon endurance, Messieurs !
Ma sœur était vraiment douée. Elle savait
pertinemment qu’elle pouvait obtenir ce qu’elle voulait en appuyant sur l’égo
des hommes. Avoir cinq frères lui avait servi !
- Bien sûr que si !
rétorqua Matthieu. Je parie même que je tiens plus longtemps que toi !
- Ça suffit, intervint Éric.
Nous ne sommes pas là pour comparer nos compétences punitives mais pour
sanctionner quatre élèves qui ont mal agi. Je valide la proposition de Natalia.
Partons pour une déculottée d’un quart d’heure, puis voyons la réaction de nos
quatre chipies. Néanmoins, avant de passer à l’acte, je veux les interroger :
je veux savoir qui a eu l’idée de cette idiotie. Je les interrogerai
personnellement. Ensuite, je m’éclipserai et vous pourrez vous charger de les
mettre sur vos genoux.
Nous acquiesçâmes et sortîmes de la pièce pour
rejoindre le bureau de ma sœur. Lionel, Matthieu, Natty et moi nous mîmes en
retrait, regardant Éric agir dans un premier temps.
- Venez vous mettre en
ligne devant moi ! ordonna-t-il avant de s’asseoir sur le bureau en chêne
massif de Natalia.
Tandis qu’il balançait discrètement ses pieds
dans le vide, il attendit qu’Hasna, Chaïma, Laura et Julie s’exécutent.
- Vous pouvez enlever vos
mains de vos têtes, dit-il d’un ton calme mais ferme avant que les filles
obéissent. Bien. Vous vous êtes mises dans un sacré pétrin, jeunes filles, je
peux vous le dire !
Éric sortit son téléphone de sa poche en
annonçant jeter un œil aux dossiers des concernées. Il tapota son écran et lut :
- Commençons par Laura. Le
9 novembre, tu as joué un rôle moteur dans l'organisation d'une réunion
clandestine de pensionnaires pendant la nuit. Heureusement pour toi, il n’y
avait pas eu de conséquences graves pour ton derrière. Aujourd’hui va sûrement
être la plus grosse punition reçue depuis ton arrivée ici !
Laura baissa la tête, sûrement pour camoufler
ses larmes. Je n’avais cependant aucune pitié pour elle !
- Ensuite, Julie ! reprit
Éric. Tu étais jusqu’ici d’une sagesse remarquable ! Je me demande bien ce
qui a pu se passer !
- Je suis désolée,
Monsieur, bredouilla-t-elle.
- T’ai-je autorisée à
prendre la parole ?!
Julie se tut. Elle était visiblement
terrorisée.
- Hasna, continua le
Directeur. Tu as participé à la mutinerie en lançant des documents
administratifs et scolaires avec Manon. Ensuite, on nous signalé des moqueries
répétées envers d'autres pensionnaires, avec Chaïma. Le 17 novembre, tu as été
privée de sortie au lasergame après avoir été insolente envers la gouvernante
de ton dortoir. Tu as déjà un dossier bien rempli, Mademoiselle !
Hasna soutint le regard d’Éric comme pour le défier. Je n’aurais aucun scrupule à la laisser entre les mains de ma sœur. Natty
la fera très vite plier !
- Et enfin, Chaïma !
dit Éric. Toi aussi tu as été impliquée dans les troubles collectifs, n’est-ce
pas ? Et tu fais partie des élèves, avec Hasna, qui se moquent
régulièrement des autres pensionnaires.
Tout comme Hasna, Chaïma défiait le Directeur
du regard. Ma sœur avait sans doute plus de boulot avec ses filles-référentes
que moi avec les miennes ! Éric posa son téléphone sur le bureau, marquant
un temps de pause. Puis il reprit en demandant :
- Qui a eu l’idée d’embêter
aussi cruellement Clémence ?
Forcément, il n’obtint aucune réponse. Hasna et
Chaïma continuaient de le défier tandis que Laura et Julie pleuraient silencieusement
en regardant le sol.
- Personne n’a de réponse
à me donner ? s’enquit le Directeur.
Non, visiblement, aucune des quatre n’était
disposée à parler.
- Très bien, poursuivit Éric.
Enlevez immédiatement vos jupes et vos culottes.
Hasna et Chaïma ne flanchèrent pas, Laura et
Julie affichèrent des mines horrifiées.
- J’ai dit « immédiatement » !
répéta mon patron en haussant le ton. Si je dois le faire moi-même, vous aurez
les fesses écarlates avant même que les DA et les SG ne posent la main sur vous !
Laura et Julie s’exécutèrent, doublant leurs
larmes. Hasna et Chaïma ne bougèrent pas. Elles avaient sûrement décidé de se
la jouer dures à cuire. Éric attendit cinq secondes puis se leva du bureau pour
s’approcher des deux récalcitrantes. Il commença par Hasna : il enferma
ses poignets dans une main puis dégrafa sa jupe de l’autre. Tandis que cette
dernière tombait au sol, le Directeur baissa la culotte de l’élève ;
culotte qui se retrouva rapidement au sol. Puis, avec sa main libre, Éric
asséna dix claques sur les fesses d’Hasna ; dix claques tellement fortes
que leur bruit résonna dans toute la pièce et que l’élève fut déséquilibrée à chaque
coup. Le Directeur réitéra ce processus avec Chaïma. Effectivement, les deux
jeunes filles avaient déjà le derrière écarlate, arborant par endroits la trace
des doigts d’Éric ! Puis, alors que les deux récalcitrantes affichaient
enfin une attitude apeurée, il attrapa leurs mentons et leur gronda :
- Continuez d’essayer de me
défier et je serai votre pire cauchemar ! Vous êtes insolentes jusque dans
vos regards, Mesdemoiselles ! Je vous garantis que ça va changer ;
vous allez apprendre à baisser les yeux et à rester à votre place comme le
reste de vos camarades !
Éric retourna s’asseoir sur le bureau et
questionna à nouveau :
- Qui a eu l’idée d’embêter
si cruellement Clémence ?
Aucune réponse. Le Directeur se tourna vers Lionel
et lui demanda :
- Lio, tu pourrais aller
me chercher une canne dans mon bureau, s’il te plaît ?
- Tout de suite, répondit
le Directeur-Adjoint.
Avant même que Lionel ne sorte de la pièce,
Julie craqua :
- C’est Hasna ! C’est
Hasna qui a eu l’idée ! Elle en a d’abord parlé à Chaïma et ensuite elles
ont demandé au dîner qui voulait bien les suivre !
- Et tels des moutons de
panurge, vous avez accepté, dit Éric à Julie et Laura. Et je peux savoir
pourquoi vous vous en êtes prises à Clémence ?
- Là c’était Clémence mais
ça aurait pu être n’importe qui d’autre, répondit Laura. Hasna et Chaïma se
moquent de tout le monde à longueur de temps depuis la rentrée ! Si on ne
le dit pas, c’est parce qu’on a peur qu’elles nous le fassent payer !
- Nous passons donc d’un
acte isolé à un vrai harcèlement, précisa Éric en nous regardant tous les
quatre. Un harcèlement qui concerne l’ensemble des élèves et non plus seulement
Clémence !
- Oui, c’est plus grave que
ce qu’on imaginait, commenta Lionel.
- Avez-vous été contraintes
de suivre Hasna et Chaïma ? questionna le Directeur à Julie et Laura.
- Oui, elles nous ont
forcées ! répondit Julie.
- Menteuse !
intervint Chaïma. Quand on a proposé aux autres filles de venir avec nous,
Laura et Julie ont accepté en disant que ça pourrait être marrant !
- En disant que ça
pourrait être marrant ?! tonna le Directeur. Vous avez pensé que ça
pourrait être marrant de vous moquer d’une de vos camarades dont les parents
sont tragiquement décédés ?! Ça vous ferait également rire si on se
moquait de vos parents respectifs ?! Hein ?!
- Non Monsieur, répondit
Chaïma tandis que les autres secouaient la tête.
Éric se leva à nouveau – occasionnant un mouvement
de recul chez les quatre punies – et s’avança vers nous. Il nous déclara :
- On s’en tient à ce qu’on
a décidé tout à l’heure ; mais Chaïma et surtout Hasna méritent un bon
supplément !
- Je suis leur mère-référente,
je m’occuperai du supplément, annonça Natty. Faîtes-moi confiance, elles ne se
moqueront plus de personne !
Éric hocha la tête en signe d’approbation.
Puis, il se tourna vers les quatre élèves et annonça :
- Vous allez recevoir la
punition que vous méritez ; et lorsque ce sera fait, vous écrirez une
lettre d’excuses d’au moins vingt lignes à Clémence, lettre que vous lirez demain
matin devant tout le réfectoire.
- Plutôt crever ! cracha
Hasna.
- C’est ce qu’on verra !
intervint ma sœur. En attendant, je vais m’occuper personnellement de ton cas !
Elle s’avança et attrapa Hasna par l’oreille
avant de l’entraîner vers une chaise où elle s’assit; et bascula l’insolente à
plat ventre sur ses cuisses.
Vu son état de colère bouillonnante, Lionel et
moi laissâmes à Matthieu le soin de s’occuper de Chaïma. Lionel attrapa Laura,
j’attrapai Julie.
Bientôt,
les seuls bruits que l’on entendait dans le bureau de Natalia étaient les
claques qui tombaient et les pleurs des punies.
Lorsque
le quart d’heure fut passé, Lionel et moi nous arrêtâmes, estimant que Laura et
Julie avaient été correctement sanctionnées. En revanche, Matthieu et Natalia
poursuivirent; puisque malgré leurs gémissements et leurs pleurs, Hasna et
Chaïma n’avaient toujours pas capitulé. En effet, leur attitude montrait qu’elles
continuaient d’entretenir le peu de fierté qu’elles avaient. Si les SG s’arrêtaient
maintenant, les moqueries recommenceraient dès demain.
Lionel
raccompagna Julie et Laura dans leur dortoir tandis que je restai là, bras
croisés, à regarder Hasna et Chaïma recevoir la fessée – et quelle fessée !
Me demandant ce que je pouvais bien faire pour abattre
leur fierté et les faire capituler, je décidai d’appuyer là où ça faisait mal :
- Eh bien, vous avez l’air
fin, ainsi déculottées et punies ! Vous n’avez pas honte de recevoir la
fessée, Mesdemoiselles ?! A votre place, je me sentirais vraiment humilié !
Alors, qu’est-ce que ça fait d’être du côté de l’opprimé, pour une fois ?
- Monsieur John vous a
posé une question ! gronda ma sœur en accentuant les claques sur le
derrière d’Hasna.
Par fierté ou par justice, Matthieu l’imita.
Hasna finit par lâcher :
- Pardon ! Pitié, pardon !
On ne recommencera plus !
- Oui, promis !
ajouta Chaïma qui attendait sûrement le feu vert de son amie pour demander grâce.
Je fis signe à ma sœur et à Matthieu de
continuer à taper, puis ajoutai :
- Vous ne recommencerez
plus, hein ? Mais comment pouvons-nous en être sûrs ? Comment pouvons-nous
savoir que vous dîtes la vérité ?
- On vous le jure !
gémit Hasna.
- Oui, on vous le jure !
répéta Chaïma.
- Vous ne vous moquerez
plus de personne ? demandai-je.
Les deux jeunes filles m’assurèrent que non.
- Si jamais nous apprenons
que l’une de vous deux, ou les deux, se moque à nouveau d’une pensionnaire,
cette fessée n’aura été qu’un apéritif ! menaçai-je. C’est bien clair pour
vous deux ?!
- Oui Monsieur, gémirent-elles en chœur.
Matthieu et Natalia s’arrêtèrent. Ma sœur attrapa
ensuite ses deux filles-référentes par l’oreille et les conduisit dans leur
dortoir sans leur laisser le temps de se rhabiller.
- Viens avec moi, dis-je
à Matthieu.
J’emmenai le SG jusqu’à mes appartements. Nous
découvrîmes Mathilde assise dans le canapé, endormie en position assise.
Clémence était allongée, endormie elle aussi, la tête posée sur la cuisse de sa
copine.
- Je te laisse t’occuper
de Clémence, je vais aller coucher Mathilde, annonçai-je.
Matthieu prit Clémence dans ses bras, la portant
à la façon d’une jeune mariée et l’emmena dans sa chambre. Je pris Mathilde dans mes
bras de la même façon pour l’emmener jusqu’au dortoir n°2.
Monsieur Matthieu
- Qu’est-ce qui se passe ?
me demanda Clémence alors que je la portais dans sa chambre.
- Chut, rendors-toi mon cœur,
lui murmurai-je.
- Matthieu ? questionna-t-elle
en ouvrant à moitié les yeux.
- Oui mon cœur, lui
répondis-je. C’est moi.
Je la déposai délicatement sur son lit et lui
embrassai le front tandis qu’elle replongeait dans le sommeil. Ne souhaitant
pas que l’inconfort de ses vêtements la réveille durant la nuit, j’entrepris de
la déshabiller pour la mettre en pyjama : je lui enlevai ses chaussures et
ses chaussettes, puis dégrafai sa jupe en lui laissant toutefois sa culotte. Je
sentais le désir monter en moi et je ne tenais pas à craquer maintenant. Cela
reviendrait à lui manquer de respect et je n’étais pas ce genre d’homme. Je lui
ôtai son chemisier tout en lui laissant son soutien-gorge – la décision de me
montrer sa poitrine nue lui revenait à elle, et à elle seule ! – ;
même en sous-vêtements, elle était d’une beauté époustouflante. Je m’arrêtai
quelques secondes pour l’admirer.
- J’ai froid… murmura-t-elle.
Sortant de ma contemplation, je fouillai dans son
placard et trouvai une chemise de nuit que je lui enfilai. Puis, je la fis se glisser
dans ses draps bien chauds et m’allongeai à côté d’elle en lui caressant les
cheveux jusqu’à ce qu’elle sombre dans un sommeil profond.
Je mourais d’envie de dormir avec elle cette
nuit ; mais ce n’était pas convenable. Je me contentai de lui chuchoter à
l’oreille, tout en ne pouvant pas décoller ma main de sa magnifique chevelure
dorée :
- Je ne laisserai jamais
quelqu’un te faire du mal en toute impunité. Je me battrai contre vents et
marées pour que tu sois heureuse, mon petit cœur. Tu es la prunelle de mes
yeux. Merci de m’aimer et de faire partie de ma vie.
Comme si elle m’avait entendue, elle se tourna
sur le côté et agrippa une main à ma veste de costume. J’étais coincé, condamné à rester
là jusqu’à ce qu’elle me lâche en changeant de position. C’est ce que je fis,
me rendant complètement soumis à cette gamine de dix-huit ans dont j’étais fou
amoureux.
A suivre…

Une journée qui avait bien mal commencé ... mais ...
RépondreSupprimerLes coupables ont été sévèrement punies, il n'y avait aucun doute là-dessus ! Il ne faut pas toucher à Clémence 😡
Et voilà une nouvelle occasion pour Mathieu de passer un moment privilégié avec sa chère Clémence 🥰
Avec la complicité de Mr John 🤫
Mathilde a droit également à son moment de douceur de la part de son père référent ... elle le mérite bien 😘
Merci pour cette belle suite 🙏