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Journal d'une étudiante accueillie (Chapitres 5 & 6)


Vendredi.

Huit heures. J’ouvre les yeux. Je peine à m’asseoir sur mon lit : mes fesses sont trop douloureuses. Je les regarde dans le miroir : aïe. Ma jolie peau de métisse a viré au rouge vif, voire violet à certains endroits ! Mais je ne peux m’empêcher de me dire que c’était mérité ; et que même après cette bonne fessée donnée hier, Tom et Dana n’avaleraient pas la pilule de sitôt.

Pas loupé : au petit déjeuner, Dana nous informa que dorénavant, nos portables seraient géo-localisés. Peu importe où nous irions : nos parents le sauraient. En plus de nos devoirs, nous devrions également leur rendre une rédaction sur les méfaits de l’alcool, pour dimanche soir. Enfin, le couvre-feu est avancé d’une heure jusqu’à nouvel ordre.
Bien que je ne sois pas d’accord avec ces nouvelles règles, j’avais bien trop mal aux fesses pour protester. Je ressentis même le besoin de m’excuser auprès de Dana pour ce que nous avions fait, mais ma fierté empêcha ma bouche de prononcer les mots. Je me tus donc.

− Donne-moi une seule bonne raison de ne pas t’arracher les yeux !
− Marie, arrête ! me priait Louise.
Arrivée à la fac, j’avais choppé Cassandra et l’avait plaquée contre le mur. Je la tenais par le cou, rouge de colère.
− Marie, lâche-la ! me réitéra Louise. Si tu la frappes, tu passeras en conseil de discipline ! Papa et maman le sauront !
Louise avait de bons arguments. Je lâchai Cassandra, qui était livide de peur. Cependant, j’attrapai son sac et en sortis son téléphone. J’obligeai Cassandra à le déverrouiller, ce qu’elle fit. Puis, j’envoyai toutes les photos de la soirée à sa famille d’accueil.
− Mais ils vont me tuer ! protesta Cassandra.
− On sera quittes, répondis-je. Et prions pour qu’ils te tuent vraiment, ça nous fera des vacances !
Je lui rendis son téléphone, la bousculai, et partis en direction de la salle de cours.

− Excusez-moi madame, je ne me sens pas bien, annonça Cassandra en plein milieu du cours. Puis-je sortir ?
− Oui, bien sûr.
Cassandra sortit en pleurant de la salle, l’une de ses sœurs d’accueil l’accompagnant. Bien fait ! Qu’elle pleure autant qu’elle le pouvait : je ne serais pleinement satisfaite que lorsque j’aurais eu ma vengeance !

La journée se termina plutôt bien, et j’eus le soulagement le soir de retrouver ma « vie d’avant », la vraie. Mes parents, mon petit frère et surtout Matthieu, mon amoureux ! D’ailleurs, après nous être couchés dans notre lit, il me demanda :
− Bon alors, raconte ! Comment ça se passe chez ta famille d’accueil ?
− Ils donnent des fessées.
Matthieu ria.
− Sérieux ? ça va, tranquille !
− Non mais tu ne comprends pas ! Ce ne sont pas des fessées du style de celles que tu donnes aux enfants genre… une tape sur le jeans et c’est bon. Là, ils t’allongent sur leurs genoux, ils te déculottent, et t’en as pour au moins trois minutes. Au grand minimum ! Et crois-moi, même trois minutes c’est super long quand t’es en train de prendre des claques !
− Ils ont dit aux infos que les punitions corporelles étaient autorisées dans les familles d’accueil d’étudiants…
− Après, ils ne nous giflent pas ni rien… Mais ils donnent la fessée et je te jure que c’est horrible. Je préférerais largement prendre une paire de gifles, parfois !
− Qu’est-ce que t’en sais ? T’as jamais été giflée !
− Je suis sûre que je préférerais. Parce que cette semaine, j’ai eu plusieurs fessées à la main, une à la brosse, et deux au martinet. Et ça fait hyper-mal !
− C’est pour toutes celles que tu n’as pas eues étant gamine ! ria Matthieu.
Je lui donnai un coup d’oreiller. Il était méchant de se moquer ainsi de moi !
− C’est bon, je te taquine, Marie ! dit-il avant de se prendre un autre coup d’oreiller.
Il ne fallait pas me taquiner sur ce sujet-là, surtout pas !

N’empêche, m’endormir dans les bras de mon homme fût le plus beau cadeau de ce jour-là.

Dimanche.

Après des adieux déchirants à ma famille (et le mot déchirant n’est pas une exagération : on aurait dit que je partais pour un an au bagne alors que je les reverrais dans seulement cinq jours et que même si Tom et Dana étaient sévères, c’était loin d’être le bagne, chez eux !), Matthieu me déposa chez mes parents adoptifs à l’heure imposée par le couple à savoir 18h30. Lorsque j’ouvris la porte, ils m’accueillirent chaleureusement, tout comme mes sœurs. J’étais la dernière à arriver, la famille était donc au complet.
− Aujourd’hui, c’est notre anniversaire de mariage et nous aimerions le partager avec vous, nous dit Tom. Si vous êtes d’accord, nous vous proposons d’aller au restaurant.
Nous affichâmes toutes les quatre un grand sourire et acceptâmes avec grand plaisir.

Tom et Dana nous amenèrent dans un restaurant italien haut de gamme et hors de prix. Malgré le malaise provoqué par le genre de clientèle du restaurant et par tous ces serveurs habillés en costard-cravate, nous passâmes un vrai moment de complicité, comme une vraie famille. Tom et Dana nous montrèrent les photos de leur mariage : comme ils paraissaient jeunes !
− Et le fait de ne pas avoir voulu d’enfant plus tôt, vous ne le regrettez pas aujourd’hui ? demanda Jeanne.
− Si, mais vous êtes là maintenant, et cela nous donne du baume au cœur, dit Dana.
− Vous n’êtes pas de notre sang, continua Tom, mais nous allons quand même contribuer à votre entrée dans le monde adulte, et surtout corriger vos travers pour que vous puissiez avoir une vie sereine. Dana et moi avons donc quatre filles, pour trois ans minimum, et cela nous fait vraiment plaisir.
− Quand nous avons appris que nous allions être famille d’accueil, cela a été une joie immense ! poursuivit Dana.
− Et nous, on n’arrête pas de faire des bêtises, dis-je en culpabilisant.
− Ce qui est tout à fait normal puisque nous vous avons imposé un cadre dont vous n’aviez absolument pas l’habitude, dit Tom, du jour au lendemain. Et puis, vous ne nous connaissez pas ! Vous avez donc besoin de nous tester un minimum…
− Oui ben je crois qu’on a assez testé comme ça ! dit Louise.
Tom et Dana rirent.
− Et pourquoi nous punir avec une fessée ? demandai-je. Pourquoi ne pas nous punir dans nos chambres ou nous priver de quelque chose ?
− Parce que c’est la méthode la plus radicale, répondit Dana. Une gifle calme quelques minutes et une privation ne calme pas du tout. En revanche, l’humiliation et la douleur sont de très bons remèdes contre la récidive !
Elle n’avait pas tort. Il est vrai qu’après une fessée, on n’a pas du tout envie de refaire une bêtise !
− Vous allez en prendre encore un sacré paquet avant de filer droit, nous prévint Tom. Mais une fois que ce sera le cas, vous nous remercierez !
J’avais déjà envie de les remercier. Ce couple me touchait vraiment droit au cœur. Nous les connaissions depuis à peine une semaine et ils se souciaient déjà entièrement de notre bien-être et de notre avenir !

Le repas avançant, Dana regarda sa montre et me dit :
− Marie, il est l’heure de tes médicaments.
− Je…je les ai oubliés, répondis-je.
Dana soupira, fouilla dans son sac et en sortit une plaquette de comprimés.
− Je ne pourrais pas toujours être là pour y penser, me gronda-t-elle. La prochaine fois que tu les oublies, gare à tes fesses ! C’est compris ?!
− Oui maman, répondis-je en baissant la tête.
J’avalais mes comprimés. Dana m’avait fait cette réflexion devant le serveur, qui attendait que l’on choisisse nos desserts. J’étais vraiment honteuse !

A la fin du repas, nous sortîmes du restaurant et Tom reçut un mail qu’il consulta sur son smartphone. Il nous annonça :
− Votre professeure d’anglais est malade. Votre cours de demain matin est reporté.
− Trop cool ! s’exclama Anaïs. On va pouvoir faire une grasse mat’ !
− Non, nous vous laisserons des exercices d’anglais à faire, annonça Dana.
− Mais ça ne se fait pas ! s’écria Anaïs. Il est tard, on devrait déjà être couchées à la base ! Demain, on sera fatiguées !
− Il n’est que 21h, Anaïs. Dit Dana après avoir consulté sa montre. Cesse tes jérémiades !
− Je m’en fous, moi, je dormirais demain ! insista Anaïs.
Tom colla une violente claque sur le derrière d’Anaïs, claque qui résonna dans tout le parking souterrain. Heureusement qu’il n’y avait pas grand monde !
− Tu feras tes exercices demain matin, gronda Tom, comme tes sœurs, si tu ne veux pas te retrouver en travers de mes genoux demain soir ! Maintenant, tu la boucles ou je te jure que je te flanque immédiatement une déculottée !
Anaïs la boucla. Nous montâmes tous les six dans l’Espace dernier cri de Tom et Dana et rentrâmes à la maison.

Je m’endormis très vite, la digestion du copieux dîner ayant bien aidé !


A suivre…

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