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Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 16)



Jeudi.

Neuf heures moins le quart, j’ouvre les yeux. Je désactive mon réveil. Zut, je déteste me réveiller avant qu’il sonne ! Mais puisque je m’étais endormie très tôt hier, il était sûr que je serai matinale aujourd’hui.
Je sortis de ma chambre en direction des escaliers. Je m’apprêtai à les descendre lorsque j’entendis des éclats de voix provenant du rez-de-chaussée. Je me fis la plus discrète possible.

J’arrivai dans le couloir et m’approchai de la chambre de mes parents dont la porte était entrouverte. J’entendis :
− Le problème est que tu es bien trop gentil avec Marie ! grondait Dana.
− Je savais que ça arriverait ! s’exclama Tom.
− Que quoi arriverait ? demanda Dana.
− Ce moment, où on se disputerait à cause des enfants.
− Je pensais qu’on avait la même vision des choses mais apparemment pas ! gronda Dana.
− Qu’est-ce que tu veux à la fin ?! Je lui ai collé une fessée pour nous avoir menti !
− Mais pas pour son insolence envers Pascal ! Et dans sa tête, elle se dit qu’elle pourra recommencer à sa guise puisque nous avons laissé passer ça ! Enfin, que TU as laissé passer ça !
− C’est quoi ton problème avec Marie, Dana ?! s’énerva Tom. Pourquoi es-tu autant sur son dos ?! C’est pénible, à la fin !
− Parce que j’aimerais rentrer un soir et ne pas avoir à me fâcher après elle ! Et tu remarqueras que c’est rare !
− Et si tu essayais d’abord de la comprendre, de parler avec elle, au lieu d’utiliser constamment la manière forte ?!
− Oh bien sûr ! dit Dana. Parce que ça a servi que tu lui parles ! Elle fait beaucoup moins de bêtises !
− Dana, tu me fatigues ! L’éducation, ce n’est pas QUE de la discipline ! Il y a aussi la compréhension, l’empathie, le dialogue et l’amour ! ça te dit quelque chose ?!
− Bien sûr que oui ! Et j’aime nos filles de tout mon cœur ! Marie y compris, quoique tu puisses en penser ! Mais si TU n’es pas capable d’être assez strict avec MA fille, alors JE vais prendre les choses en mains ! Il est hors de question que Marie ne file pas aussi droit que ses sœurs, tu entends ?!
− Il y a autre chose que tu vas prendre si tu continues à me parler sur ce ton ! gronda Tom. Si j’applique ta méthode et ta façon de penser, il faudrait que je te fesse sur le champ au lieu de perdre mon temps à discuter avec toi !
Bien envoyé ! Tom, un. Dana, zéro.
Après un silence de plusieurs secondes, Dana annonça :
− Je vais préparer le petit déjeuner. Les filles ne vont pas tarder.
Je me cachai pour éviter que Dana ne me croise dans le couloir, puis une fois la voie libre, je me rendis dans la salle à manger et fis mine de tout juste sortir du lit.

C’est dingue comme les adultes peuvent faire extrêmement bonne figure devant leurs enfants alors qu’ils viennent juste de se disputer. Mes parents avaient l’air de bonne humeur et décidés à passer une excellente journée. Pourtant, ils venaient de se disputer à cause de moi, ce qui me fit quand même culpabiliser un petit peu. J’étais néanmoins contente que mon père ait pris ma défense !

Pendant le petit déjeuner, le portable de Dana sonna. Elle s’éclipsa, affichant un air inquiet. Lorsqu’elle revint, elle avait l’air hyper contrariée.
− Qui était-ce ? demanda Tom.
− Ma sœur, répondit Dana. Ma mère est tombée et s’est fracturé la hanche. Il faut qu’on parte pour Santa Monica.
− Aujourd’hui ?! s’étonna Tom.
− Oui, le plus tôt possible ! Ma sœur est à Rio et elle ne peut pas laisser ses enfants seuls… Et ma mère n’a personne à part nous. Donc il faut qu’on y aille.
− Mais… et les filles ? demanda Tom.
− On peut se garder toutes seules, dit Anaïs, on est grandes !
− Dès que nous aurons le dos tourné, ce sera fêtes à gogo et compagnie ! dit Dana. Hors de question.
− Je vais appeler Kyle, annonça Tom. Je suis sûr qu’il viendra.
− Kyle ? demandâmes mes sœurs et moi. C’est qui Kyle ?
− Mon neveu, dit mon père. Le fils de ma sœur.
− Il ne sera pas contre une petite semaine en France, dit Dana.
− Euh… il parle français, Kyle ? demanda Louise. Parce que l’anglais et nous, ça fait deux !
− Oui, il parle français même s’il a un accent très prononcé, répondit Tom. Bon, je l’appelle, puis je réserve les billets.
Ça allait être top ces prochains jours sans les parents ! Je sentais que j’allais pouvoir profiter de la vie comme il faut !

Après avoir dit au revoir à nos parents qui partaient par le prochain avion en direction des Etats-Unis (et avoir reçu un million de recommandations !), mes sœurs et moi allâmes profiter du jacuzzi. Ahhh… la belle vie ! La maison pour nous seules, sans les parents sur notre dos, sans rien pour nous presser… le rêve !

A midi, nous nous fîmes livrer des pizzas, que nous mangeâmes dans le canapé devant un film. La liberté ! J’étais censée être privée de télé mais qu’importe : Tom et Dana n’étaient pas là et ne rentraient pas avant vendredi prochain !

L’après-midi, nous allâmes faire les boutiques entre sœurs. Nos cartes flambèrent et nous rentrâmes toutes les quatre à la maison plus complices que jamais et des sacs plein les mains !

Nous allâmes au restaurant pour le dîner où nous passâmes un super moment.

Nous prîmes un taxi pour rentrer à la maison. J’ouvris la porte d’entrée, suivie de mes sœurs, et allumai la lumière. Je découvris ce qui devait sûrement être Kyle, assis dans le canapé. Je sursautai, ne m’attendant pas à trouver quelqu’un.
− Co…comment êtes-vous entré ? demandai-je, abasourdie.
− J’ai un double des clés, répondit-il. Il est vingt-et-une heures. Je peux savoir où vous étiez ?!
Kyle avait en effet un bel accent américain !
– On… on était au restaurant.
– Au restaurant ?! gronda-t-il. Are you kidding me ?!
– Qu’est-ce qu’il a dit ? me chuchota Louise.
– Il demande si on se fiche de lui, répondis-je.
– Euh… Non, on ne fiche pas de vous, dit Anaïs.
Kyle se leva du canapé et ce que nous découvrîmes nous glaça le sang. Ce gars était une véritable armoire à glace ! Il devait mesurer 1m85, peser peut-être 100kgs au minimum et il était tellement musclé qu’il donnait l’impression d’être un catcheur professionnel. Il s’avança vers nous et plus il avançait, plus nous reculions, serrées les unes contre les autres.
Puisque j’étais la première à sa portée, Kyle m’attrapa par le bras, me tira, et me colla une claque sur les fesses tellement forte que je crus que j’allais décoller du sol. Il me gronda :
– Au lit ! Now !
Je n’attendis pas deux secondes pour obéir, scotchée par ce nouveau cousin, géant, qui sortait de nulle part et qui allait nous faire la misère.
Kyle claqua également mes sœurs et nous partîmes toutes les quatre nous coucher, regrettant presque que Tom et Dana soient à l’autre bout du monde….

A suivre…

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