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Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 13 - Première partie)

 Meilleurs vœux à tous ! Je vous souhaite tout ce que le monde peut vous apporter de mieux en cette nouvelle année ! Et j'espère que les histoires de Clémence, Marie et Zoé vous tiendront toujours autant en haleine ! L.P.


Vendredi 13 décembre.

 

     7h : Monsieur Éric vint nous réveiller Mathilde et moi. Il sortit de la pièce pour nous laisser émerger. Encore un peu dans les vapes, je m’adressai à Mathilde :

-          Salut, tu as bien dormi ?

-          Non, je n’ai pas fermé l’œil, répondit-elle froidement.

-          Comment ça se fait ? m’étonnai-je.

-          Parce qu’à cause de nos défis débiles, on a complètement oublié de faire la punition de Monsieur Jean hier en salle des devoirs ! Et il nous la faut pour ce matin ! Il va nous pulvériser…

Sur le coup, mon rythme cardiaque s’accéléra : effectivement, nous étions dans un pétrin monstre. Monsieur Jean ne laisserait pas passer l’occasion de montrer à toute la classe ce qu’il inflige à celles qui ne font pas leurs punitions...

-          Mais alors explique-moi pourquoi, vu que tu es restée éveillée toute la nuit, tu n’as pas fait la tienne ?

-          J’avais trop peur que le dirlo se lève à l’improviste et me surprenne dans la salle à manger en train de copier des lignes… me répondit ma copine.

-          Mathilde, tu dois sans doute être au courant que Monsieur Éric est un être humain : il a besoin de dormir la nuit ! Comme nous tous ! Surtout avec la charge de travail qu’il a…

-          Oui, mais on ne sait jamais ! Mon père se lève la nuit, parfois ! Alors pourquoi pas lui ?

Je soupirai.

 

     Une fois préparées, nous nous rendîmes au réfectoire avec Monsieur Éric ; mais avec son super-pouvoir sorti de je ne sais où, il s’aperçut que quelque chose clochait. Avant que nous entrions dans le réfectoire, il nous demanda :

-          Qu’est-ce qui se passe ?

-          Rien du tout, Monsieur, répondit Mathilde.

-          Vous êtes sûres ?

-          Oui, Monsieur, répondis-je.

-          Bien. Dans ce cas, nous en parlerons dans mon bureau après le petit déjeuner. Je vais finir par savoir ce qui vous tracasse.

Ce vendredi 13 portait d’ores et déjà bien son nom…

 

                En s’asseyant à table aux côtés de Lou et Naomy, nous leur fîmes immédiatement part de notre inquiétude, inquiétude qui devait normalement être partagée. Mais…

-          On s’est levées cette nuit pour la faire, nous annonça Lou. Naomy s’en est rendue compte et m’a réveillée.

-          Et vous n’avez pas pensé une seule seconde à en faire deux exemplaires ?! grondai-je.

-          Si Monsieur Jean s’était aperçu qu’il y avait deux fois la même écriture, nous serions toutes les quatre mortes ! Expliqua Naomy. Et puis, on n’allait pas la faire en deux exemplaires si vous l’aviez faite de votre côté…

Je cessai de leur adresser la parole jusqu’à la fin du repas. Lou et Naomy ne sont pas des amies mais juste des copines d’internat. Point. Il allait falloir que je me mette cela dans le crâne et que j'arrête de m'attacher trop vite aux gens.

 

                Mathilde et moi fîmes mine de nous diriger dans la cour avec le reste du groupe en sortant du réfectoire ; mais le Directeur nous avait à l’œil.

-          Hep, mesdemoiselles ! Clémence, Mathilde, c’est dans mon bureau que vous allez ! Pas dans la cour !

Mathilde et moi nous lançâmes un regard désespéré et suivîmes Monsieur Éric.

 

                Une fois dans ce bureau où le paddle m’avait tant fait pleurer, le Directeur alla s’asseoir dans son fauteuil tandis que nous restâmes debout devant lui de l’autre côté du meuble.

-          Ecoutez-moi bien les filles : j’ai une journée extrêmement chargée aujourd’hui. Je ne vous ferai pas une présentation détaillée de mon emploi du temps puisque cela ne vous concerne absolument pas ; mais je puis vous assurer que je ne vais pas avoir une minute à moi. Je précise au passage que je n’aurais donc pas le temps d’être indulgent avec les élèves récalcitrantes qui passeront par mon bureau aujourd’hui. Donc, vous allez rester ici, debout, jusqu’à ce vous daignez me dire ce qui vous tracasse. Je me fiche que vous loupiez tous vos cours de la journée et que vous deviez les rattraper demain, peu m’importe. Je saurai ce qui vous turlupine.

-          Il n’y a rien qui nous turlupine, Monsieur, dis-je.

-          Faux. Vous n’avez même pas protesté lorsque je vous ai amenées là, ce qui prouve qu’il y a bel et bien quelque chose. Je veux savoir quoi.

-          Mais pourquoi ?!

-          Parce que je me dois d’être au courant de chaque fourmi qui marche dans mon Pensionnat. J’ai un rapport quotidien des surveillantes générales à ce sujet mais vous, vous ne faîtes pas partie d’un dortoir. Vous vivez dans mes appartements et il est de mon rôle de savoir ce qui se trame pour vous.

-          On ne dira rien du tout, prévins-je.

Monsieur Éric esquissa un sourire, s’empara de son téléphone, tapota quelque chose dessus puis le reposa.

-          Je m’en doutais, reprit-il. Je commence à bien vous connaître, surtout toi Clémence. C’est pour cela que j’ai activé un minuteur sur mon téléphone. Il sonnera toutes les trois minutes. Tant que vous ne me direz rien, vous prendrez une fessée toutes les trois minutes ; et puisque je n’avais à la base vraiment pas le temps de jouer à ce petit jeu aujourd’hui, je vous garantis que ce ne seront pas de petites fessées ! Je vous déconseille de perdre du temps, et je vous déconseille également de mentir, parce que je le saurai !

J’avalai bruyamment ma salive et pris une bonne respiration. Bon, il allait falloir que je serre les dents une fois de plus. Je lançai un regard à Mathilde : cette poule mouillée pleurait déjà et m’envoyait un gros signal comme quoi elle allait tout balancer. Mais de toute façon, nous allions nous faire tuer : soit par le dirlo, soit par le prof de littérature…

-          C’est soit lui, soit Monsieur Jean… chuchotai-je dans l’oreille de Mathilde.

-          Clémence ! me gronda le dirlo.

Je repris place. Je ne savais pas si ma phrase avait eu un effet quelconque sur mon amie, mais toujours est-il qu’elle la bouclait malgré ses larmes qui continuaient de couler.

 

                La minuterie retentit. Monsieur Éric lâcha son dossier des yeux, recula son siège et s’approcha de nous. Par stratégie, il commença par Mathilde : il cala mon amie sous son bras et la fessa sur sa jupe. Mathilde, pas résistante pour un sou, gigotait et criait déjà de douleur alors qu’elle avait encore sa jupe et sa culotte ! Cependant, elle se tut, ce qui lui valut de ma part un signe de tête en guise de félicitations à la fin de sa fessée.

Puis, le Directeur s’en prit à moi et me colla exactement la même tannée qu’à Mathilde. Je reconnaissais bien là la main impitoyable de Monsieur Éric ; pour autant, je serrai les dents et pensai fortement au moment où tout cela allait finir.

Le Directeur me lâcha et retourna s’asseoir. Il éteignit la sonnerie de sa minuterie et la fit redémarrer. Il reprit la lecture de son dossier.

 

                Trois minutes plus tard, la minuterie se manifesta à nouveau. Monsieur Éric se leva et se dirigea vers Mathilde.

-          S’il vous plaît, Monsieur… pria-t-elle.

-          Il n’y a qu’une seule façon d’arrêter cela, Mathilde. Et elle est très simple.

Mon amie se retrouva calée une nouvelle fois sous le bras du Directeur et sa jupe fut relevée. Elle prit de nouveau une bonne tannée, puis ce fût mon tour. Mes fesses commençaient déjà sérieusement à me brûler mais ce ne serait pas pire qu’avec Monsieur Jean.

Monsieur Éric retourna s’asseoir et réenclencha le minuteur.

 

Trois minutes plus tard, le Directeur se leva de nouveau à l’appel de son téléphone portable. Il cala Mathilde sous son bras, la déculotta entièrement et commença à la fesser. Les claques paraissaient vraiment violentes et je dois avouer que j’appréhendais de les recevoir à mon tour ! Mathilde pleurait, criait, se débattait, jusqu’à ce qu’elle craque :

-          Ok, c’est bon ! Je vais le dire ! Je vais le dire ! Je vous en supplie, Monsieur, arrêtez ! Je vais vous dire ce qui ne va pas…

Le Directeur s’arrêta instantanément. Il lâcha Mathilde et annonça :

-          Je t’écoute.

-          Monsieur Jean nous a donné une punition hier, parce qu’on n’avait pas su répondre à une question qu’il nous a posé. Clémence et moi, on a oublié de faire cette punition… On a peur d’aller en cours car on sait que Monsieur Jean va nous tuer… Voilà ce qui nous tracasse.

Mathilde m’adressa un regard rempli d’excuses mais je ne pouvais pas lui en vouloir d’avoir avoué.

-          Vous appréhendez donc d’assumer votre bêtise ! C’est bien ça ?! nous gronda le Directeur.

Ma meilleure amie et moi baissâmes les yeux au sol : oui, c’était effectivement le cas.

                Soudain, la sonnerie du Pensionnat retentit, signe que nous devions aller en classe.

-          Vous allez immédiatement vous rendre en cours et assumer votre acte ! Même si cela s’avère extrêmement douloureux ! Bienvenue dans la vie d’adulte, mesdemoiselles ! Dépêchez-vous de vous rendre en classe ! Et n’essayez même pas de sécher ce cours ; ou alors, faîtes-en sorte que je ne vous retrouve pas !

Nous sortîmes du bureau de Monsieur Éric et Mathilde m’attrapa de suite par le bras :

-          On se casse !

-          Quoi ?! m’étonnai-je.

-          On se casse, j’ai dit !

-          Mais Mathilde, on ne peut pas !

-          Bien sûr que si, on peut ! On se débrouillera ! Il est hors de question de se faire défoncer !

-          Mathilde, tu es au courant que ce n’est rien qu’une fessée ?! Plutôt bonne, certes… Mais juste une fessée ! ça ne va pas nous tuer !

-          Fais ce que tu veux, moi, je me casse !

-          Pour aller où ?

-          Je ne sais pas encore… Je verrai bien une fois que je me serai barrée d’ici !

-          Mathilde, ce n’est pas une bonne idée…

-          Fais ce que tu veux, moi, je m’en vais !

 

Mathilde courut vers l’issue de secours et s’y engouffra. Par instinct de protection envers mon amie, je la suivis, me demandant bien dans quel pétrin cette nouvelle aventure allait encore me mener…

 

A suivre...

Commentaires

  1. Vœu exaucé LP : les aventures de Clémence tiennent toujours autant en haleine ... sinon plus ! Merci =)

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