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Focus sur... Michael





 Avertissement : ces portraits donnent MA vision des personnages. Ce n’est pas forcément la vôtre. Si vous pensez être déçus car cela ne correspond pas à la façon dont vous vous imaginiez les personnages, ou si vous souhaitez garder votre propre vision des personnages, alors ces portraits ne sont pas faits pour vous.

Amitiés, L.P.

 

Focus sur…

 

Michael

Journal d'une étudiante accueillie.


Voici comment j'ai imaginé ce personnage (image générée par IA) :


Principales informations :

 

Nom : Webber

Prénom : Michael

Date de naissance : 8 février 1981

Âge au moment de la première apparition : 38 ans

Importance du personnage : personnage secondaire

Origines : parents d'origine américaine.

Profession : architecte en informatique.

Caractère : Ancien militaire, Michael est quelqu'un de très exigeant. Perfectionniste, il déteste la demi-mesure. Michael est néanmoins quelqu'un de très altruiste, capable de se plier en quatre pour aider les autres. Dévoué à sa femme, Michael considère son épouse et ses filles adoptives comme la prunelle de ses yeux : elles sont sa priorité n°1.


Rencontre.

Des questions à poser à Michael ? N’hésitez pas à commenter ou à m’envoyer un mail, il y répondra avec plaisir !


Comment allez-vous gérer l'arrivée d'Anaïs et faire qu'elle ne se sente pas isolée face au duo fusionnel Marie/Louise, qui vont partager la même chambre ?

Nous serons particulièrement attentifs à Anaïs et à ce qu'elle ne se sente pas isolée. Louise et Marie son particulièrement bienveillantes et le fait qu'elles connaissent bien Anaïs fait qu'elles sauront nous alerter en cas de mal-être de notre nouvelle fille. Mais nous avons confiance !

Anaïs aura-t-elle droit à son petit chat elle aussi ?

Malgré le caractère injuste de la chose, la réponse est non. Nous avons bien assez de trois chats (d'ailleurs, c'est ma femme qui a insisté pour les deux derniers car je n'étais pas du tout pour !) et je refuse catégoriquement d'en avoir un de plus. A la limite, je suis prêt à lui prendre un poisson rouge !

Bon, pour le chat, c'est sans appel ! Quand c'est non, c'est non. Pas nécessaire d'investir dans un poisson rouge !

J'ai confiance en vous pour continuer à bien cadrer vos filles, en particulier Marie !

Eh merci, merci ! Il est vrai que ce n'est pas facile tous les jours mais nous avons un cap et tant que nous le garderons, tout se passera comme il faut !

Connaissiez-vous Tom et Dana avant l'arrivée de Louise et Marie ?

Nous nous étions rencontrés à l'occasion d'une journée dédiée aux familles d'accueil mais nous nous sommes juste salués.

Etant comme eux d'origine américaine, ce ne serait pas surprenant ?

Les Etats-Unis sont un très vaste pays, il est impossible de connaître tout le monde ! Quant aux expatriés, nous sommes également très nombreux !

Vous arrive-t-il de regretter des fessées administrées à Marie, notamment la dernière en date, donnée sous l'effet de la colère, courte mais cuisante, qui a eu le don de la calmer sur le champ ?

Il m'arrive parfois de me dire que j'ai été un peu trop sévère. En revanche, je ne regrette aucune des fessées données à ma fille, qui ont toutes été justifiées. Lorsque la faute est commise, en tant que parents nous avons plus ou moins de temps pour discerner s'il faut ou non punir, et si oui avec quelle intensité. Il n'y a aucun moment où j'ai regretté d'avoir donné une fessée à l'une de mes filles. Je ne donne jamais la fessée sans raison.

Est-ce que vous regrettez de ne jamais passer un week-end avec vos filles et partager avec elles des moments de détente ?

Si bien sûr ! Même si je dois bien avouer que la pause du week-end fait parfois du bien pour décompresser, il est vrai que je trouve souvent cette pause trop longue (même si elle ne dure que 48h). De plus, j'ai parfois l'impression de n'être que le "Père Fouettard". J'aimerais changer cela, les week-ends et les vacances sont d'ailleurs aussi faits pour cela. Avec le travail, nous sommes plus fatigués et donc plus irritables la semaine.

Nous venons de découvrir votre frère Caleb, sa femme et leurs enfants. Envisagez-vous réellement de leur confier vos filles, connaissant leur sévérité excessive ?

Je fais confiance à mon frère. De plus, ma femme et moi sommes tout de même souvent présents ; si nous devons confier nos filles à Caleb et Justine, ce sera pour un court moment : et nous laisserons des instructions précises. Si ça se passe mal la première fois, nous cesserons immédiatement. 

Vous avez de bonnes relations avec la famille biologique de Marie qui vous est reconnaissante de sa bonne évolution. Qu'en est-il de la famille de Louise et de celle d'Anaïs ? Les parents d'Anaïs vous sont-ils reconnaissants de l'avoir adoptée et ainsi de la remettre sur le droit chemin, ce qui semble être le cas ?

Tout se passe pour le mieux avec la famille de Louise ; mais avec la famille d'Anaïs, c'est plus compliqué ! Les parents d'Anaïs en ont beaucoup voulu à Tom et Dana, et puisqu'ensuite Anaïs fut un peu laissée à l'abandon, la situation était complexe. Je pense que les parents d'Anaïs attendent que nous fassions nos preuves ! Seul le temps leur montrera qu'ils peuvent nous faire confiance.

Tout comme pour Tom, Marie occupe une place particulière dans votre cœur. Avez-vous l'impression d'accorder la même attention à Louise et Anaïs ; et de les aimer autant que Marie ?

Ma mère me disait toujours que chaque parent honnête et digne de ce nom a un enfant préféré... J'avoue que pour moi, c'est Marie.

Marie... Marie gagne à être connue. Elle m'apprend chaque jour à aimer les autres malgré leurs défauts et à accepter chacun tel qu'il est. Elle m'apporte énormément. Elle a un cœur énorme. C'est la plus affectueuse de nos filles, celle qui se blottit toujours contre nous... Il n'y a pas un jour où elle ne nous fait pas de câlin, elle nous écrit : "Je t'aime" à la fin de chaque message même si elle est en colère... J'espère d'ailleurs que nous réussissons à lui rendre tout l'amour qu'elle nous donne. Alors oui, c'est une vraie chipie mais au moins, on ne s'ennuie pas ! La routine n'existe pas avec Marie !

Louise est déjà plus introvertie, plus discrète et de fait, moins expressive. Pour passer du temps avec elle, il faut aller à sa rencontre. Ce sont les moments que nous passons seuls avec elle, Scarlett et moi, qui nous donnent d'apprendre à connaître Louise. Il est vrai que nous lui accordons moins d'attention qu'à Marie puisque nous n'avons presque jamais rien à lui redire : c'est une excellente élève, elle est sage et obéissante. Cela ne veut pas dire que nous ne l'aimons pas extrêmement fort !! C'est juste qu'elle est beaucoup plus autonome que Marie à tous les niveaux, que ce soit au niveau scolaire, affectif, moral... Louise est déjà une jeune femme, tandis que Marie a encore un gros côté "petite fille".

Quant à Anaïs, eh bien, il nous faut encore du temps pour apprendre à la cerner. Cela ne fait pas longtemps qu'elle est chez nous et même si nous sommes déjà très attachés à elle, je pense que notre amour pour elle augmentera au fur et à mesure du temps, comme ça a été le cas avec Louise et Marie. 

Nous savons que Marie a reçu de nombreuses et douloureuses fessées depuis son arrivée chez vous, et Louise assez peu. Qu'en est-il d'Anaïs, qui semblait plutôt désobéissante dans son ancienne famille ?

Oh, Anaïs n'est pas épargnée ! Même si elle est relativement sage, il est hors de question que nous la laissions sortir du cadre que nous lui imposons. Toutefois, je m'attendais à ce qu'elle soit particulièrement coriace ; Scar et moi sommes agréablement surpris par son attitude !

Vous avez hérité d'une petite dernière exécrable. Pour laquelle vous tentez le tout pour le tout. C'est tout à votre honneur.

Son cas est complexe... Vous en êtes conscients puisque vous aimeriez qu'elle se confie sur de possibles traumatismes.

Vos vécus, à vous et votre femme y sont-ils pour quelque chose ?

Je ne dirais pas que Manoé est exécrable ; elle est en colère contre le monde entier et nous devons trouver la source de cette colère. Aussi, il est vrai que j'étais très en colère étant ado, contre mes parents. J'avais tendance à me venger sur tous ceux qui s'approchaient de moi. C'est mon grand frère Caleb, auquel je me suis confié, qui m'a sauvé. Scarlett et moi aimerions faire la même chose pour Manoé.

Elle ne va pas devenir un ange du jour au lendemain. Ne pensez-vous pas qu'il est prématuré de vouloir l'intégrer dans une famille avec un père, une mère et 4 frère et sœurs ?

Je pense que c'est exactement ce qu'il lui faut ! Elle va apprendre la compassion, le partage et l'altruisme. Et la discipline !

L'abandon par sa mère biologique alors qu'elle était bébé est un traumatisme d'emblée. Son père biologique a certainement voulu compenser cette absence, provoquant chez elle le sentiment que tout lui est dû.

Croyez-vous pouvoir remédier à ce comportement sans détruire l'équilibre familial ? Louise la déteste, Marie est son souffre-douleur et Anaïs est prête à lui faire sa fête !

Notre famille est solide. Manoé apprendra, comme les autres, à se comporter correctement chez nous.

Vous aviez l'espoir que Manoé s'intègre à votre famille. Cela n'a pas été le cas et vous avez décidé de la mettre en pension. Comment s'est passée la séparation ? Comment Manoé a-t-elle réagi ? Etait-ce une séparation définitive ?

La séparation a été très dure car Manoé nous en a énormément voulu. Elle m'a hurlé que nous l'abandonnions, ce qui était vrai. J'ai tenté de ne pas culpabiliser mais c'était très compliqué. J'ai eu l'impression d'avoir failli à ma mission de père... Mais Scarlett et moi avons fait ce que nous pouvions pour elle. Nous devions penser au bien-être de Marie, Louise, Anaïs et Mayeul. 

Oui, c'est une séparation définitive. Nous avons remis Manoé entre les mains de personnes plus compétentes que nous.

Comment vivez-vous le fait d'être parents à temps complet de quatre enfants ? Avez-vous l'impression d'être débordés parfois ? 

Pour le moment, nous sommes très fatigués et nous avons un peu de mal à penser à nous et à notre couple. Nous avons besoin de temps pour prendre nos marques ; mais nous adorons le rôle de parents !

Décidément votre métier de parents n'est pas de tout repos ! Et apparemment ne laisse pas beaucoup de place à votre vie de couple...

Je vous l'accorde !

Oncle Caleb ne sera plus très disponible pour se charger de vos enfants en votre absence. ... (oh quoique ? Vous-mêmes avez bien géré les filles Dubois en plus de vos quatre filles !).

Effectivement, mais je doute que ma belle-soeur soit d'accord avec le fait d'avoir d'autres enfants à charge en plus des siens...

Envisagez-vous toujours la possibilité de les laisser à des baby-sitters gouvernementaux ? 

Non, effectivement, ce n'est plus du tout d'actualité !

Vous dîtes avoir donné à Mayeul une volée comme vous n'en aviez jamais donné ? Avez-vous oublié celles reçues par Marie après son vol ? Après sa fugue ? Sa tricherie aux examens ? Sa sortie en boîte ?

Je réitère mes propos : sans avoir oublié toutes celles données à Marie, j'ai donné à Mayeul une volée comme je n'en avais jamais donné.

Tout d'abord, je vous présente mes sincères condoléances.

Merci beaucoup.

Avec ce qui est arrivé à Anaïs, comment pouvez-vous faire confiance à un collaborateur gouvernemental pour s'occuper de Marie (qui n'est pas très en forme actuellement) pendant une semaine ? A moins que vous ne le connaissiez plus particulièrement ?

Il est vrai que Scarlett et moi avons rencontré Tristan à plusieurs reprises lors des réunions pour familles d'accueil : c'est quelqu'un de très respectable, gentil, et qui a de profondes valeurs. Le fait qu'il travaille au gouvernement nous importe peu. Marie est effectivement dans une mauvaise passe, et cela nous déchire le cœur de devoir la laisser. Cependant, nous voulions nous assurer qu'elle continue à avoir un cadre strict pour éviter de tomber dans diverses dérives en notre absence. Nous savons que tout ira bien pour elle. Anaïs et Marie ont des caractères très différents : je connais ma fille, je sais qu'elle n'explosera pas à l'instar de sa sœur. Contrairement à Anaïs qui a un sacré caractère mais qui sait tout de même s'autogérer, Marie a vraiment besoin d'un cadre permanent. Si elle n'est plus cadrée, c'est là que la catastrophe se produit. La placer chez Tristan cette semaine était la meilleure solution pour conserver ce cadre.

Scarlett a fait le choix de vous accompagner dans cette épreuve et vous soutenir. Est-ce raisonnable de déstabiliser à nouveau les enfants déjà bien éprouvés par la situation d'Anaïs et risquer de fragiliser un peu plus la famille ?

Je pense que la famille ressortira de tout cela fortifiée et non fragilisée. Une fois ces mauvais moments passés, je ne doute pas que nous retrouverons très rapidement notre unité familiale et nous serons plus proches que jamais. Ma femme et moi ne partons qu'une semaine, tout ira bien pour les enfants. Nous ne les abandonnons pas !

Anaïs vit un terrible cauchemar, limite de la torture, victime d'une réelle injustice !!! J'ai beaucoup de peine pour elle.

Comment vivez-vous cette situation, vous qui l'aviez confiée en toute innocence à un sadique qui s'est acharné sur elle ?

Nous essayons de ne pas trop culpabiliser : c'est déjà assez difficile de savoir notre fille dans ce centre de malheur, inutile de nous flageller incessamment. Nous l'avions confié à quelqu'un d'homologué, nous ne pouvions pas savoir que ce type ne correspondait pas à nos attentes ou à celles de nos enfants. Néanmoins, nous savons maintenant que nous ne nous absenterons plus, sauf en cas d'extrême urgence, ou durant les vacances, quand les enfants rentreront dans leurs familles biologiques.

Avait-elle déjà eu une telle réaction vis-à-vis de vous ? De Scarlett ?

Anaïs est très impulsive, je pense qu'elle a des traumatismes enfouis au fond d'elle qui ressortent de cette façon. Néanmoins, elle n'a jamais osé entrer dans un rapport de force avec moi ni avec ma femme.

Marie réagit par l'insolence, Anaïs a tendance à utiliser la force ?

Marie a effectivement beaucoup de répondant, alors qu'Anaïs n'est pas une bonne oratrice ; par conséquent, ses émotions ressortent de façon physique : elle prend du poids et parle avec les poings lorsqu'elle se fâche. C'est aussi pour cela que je suis plus sévère avec elle lorsque je la corrige : je sais qu'elle encaisse mieux les tannées que les autres.

Après sa réaction envers le père de Scarlett, en aviez-vous parlé avec elle ?

Non, il est vrai que nous ne nous sommes pas trop alarmés sur le moment...

Vous réitérez que la volée comme vous n'en aviez jamais donné à Mayeul est plus sévère que celles données à Marie, cela inclut aussi celle données aux personnes externes comme celles de Mathieu après la boîte de nuit (ou même celles données à Cassandra) ?

Effectivement, je réitère.

Vous avez aussi récemment sorti le martinet exclusivement pour lui. Bien que ce soit pour des bêtises plutôt graves, son compte est bien inférieur à la liste astronomique de bêtises de Marie par exemple, pourquoi le punir si sévèrement ? Est-ce parce que c'est un garçon ?

En effet. Scarlett me le reproche beaucoup mais il est vrai que j'ai tendance à être bien plus exigeant avec Mayeul qu'avec les filles ; je ne vais pas vouloir entendre ses justifications et je suis plutôt très sévère avec mon fils. C'est d'ailleurs ce que nous appréhendions ; dans notre dossier initial de demande pour être famille d'accueil, nous avions demandé à n'avoir que des filles pour éviter les dérives.

J'ai la chance que ma femme me freine pas mal et m'aide à ouvrir les yeux sur ma trop grande sévérité envers Mayeul. Il n'empêche que j'ai des progrès à faire. J'exige des choses de mon fils que je n'exige pas de mes filles ; et puisque Mayeul est un garçon, je pars du principe - sûrement erroné - qu'il supporte mieux les fessées qu'il reçoit.

Vous êtes un excellent père, aimant, impliqué, parfois sévère, mais qui sait surtout donner un cadre sécurisant et épanouissant à ses enfants en leur transmettant d'excellentes valeurs qui les accompagneront tout au long de leur vie. 

Eh bien, merci !

Bien que le système politique soit questionnable, je trouve que votre classement parmi les 20 meilleures familles d'accueil du pays est mérité.

Waouh, quel compliment ! Merci !

Cela dit, c'est précisément pour ces raisons qu'il y a 2 situations en particulier ("choix" éducatifs) de votre part que je trouve totalement incohérents avec vos valeurs et votre mode de fonctionnement habituels, et que je ne parviens pas à expliquer. Cela m'intéresserait d'avoir votre vision avec du recul sur ces 2 situations : 

1. Je me permets de revenir encore vers cette "volée telle que vous n'en aviez jamais donnée" à Mayeul. Vous êtes quelqu'un de sévère mais profondément juste. Et, si ce sont les actes et leurs conséquences que vous punissiez, vous avez toujours - à ma connaissance - aussi valorisé les valeurs, les motivations et les intentions qui sous-tendaient ces actes - et, en dehors d'une éventuelle punition de ces actes/conséquences, les notions d'explications, de réconfort ou de pardon me semblent centrales dans votre rapport à vos enfants.

Ici, Mayeul à l'époque très doux et discret, s'enfuit pour aller soutenir sa soeur Anaïs au tribunal. Je ne mets pas en question les conséquences potentiellement négatives de l'acte, sur Mayeul et même plus largement sur votre famille. Néanmoins, cet acte est motivé par un amour fraternel profond, une solidarité, et une certaine forme de sens de la justice et de courage - même si celui-ci frôle la bêtise. Ce sont, à mon sens, des qualités de "coeur" que vous chérissez, que vous tentez de cultiver dans votre foyer et qui vous attendrissent particulièrement chez Marie par exemple (et alimentent votre relation particulière avec elle). Je ne peux que m'interroger, si c'était précisément Marie qui avait été à la place de Mayeul, sur la manière dont vous auriez réagi. Je ne doute, en aucun cas, d'une correction sévère et mémorable pour punir les actes et les risques de conséquences encourues. Néanmoins, compte tenu des motivations de ces actes (et leur gravité effective), je ne peux que douter que vous auriez donné à l'une de vos filles "une volée telle que vous n'en aviez jamais donné", et qu'une telle réaction est totalement justifiée et proportionnée. Surtout, j'ai trouvé assez déroutantes votre intransigeance voire votre froideur envers Mayeul avec Scarlett suite à cette correction, comme si "tout était à jeter" et que l'acte en lui-même était mal intentionné. Si il était important de souligner les responsabilités de chacun (vous prenez la charge de la défense de vos enfants) et l'obéissance qu'ils vous doivent, j'ai l'impression que vous avez réagi comme si l'acte en lui-même était mauvais - tel qu'auraient pu agir des Manoé ou Cassandra par exemple (dénoncer à la police, ou chercher avec cruauté à "enfoncer" ou nuire à Anaïs ou autre membre de la famille sciemment et volontairement). Cela rejoint, au-delà de la correction en tant que telle, les notions d'explication/pardon/réconfort dont je parlais et dont j'ai trouvé l'absence dans ce cas particulièrement "violents" et injustes.

Je comprends votre point de vue. Ma réaction s'explique par la peur panique que nous avons eue Scarlett et moi de perdre toute notre famille. Nous venions déjà de perdre Anaïs - chose qui nous a réellement et profondément impactés - et nous refusions de perdre nos autres enfants. Par son geste, même si cela partait de bonnes intentions, Mayeul a délibérément mis tout le monde en danger : il aurait très bien pu se faire embarquer par la police !

J'ai très, très fortement marqué le coup, non seulement parce que j'ai eu très peur, mais aussi parce que je voulais qu'il comprenne que ses actes auraient pu avoir des conséquences terribles. Je refusais catégoriquement qu'il puisse penser à récidiver. Voilà le pourquoi de cette très grosse volée. Je reconnais néanmoins que ma frayeur a fortement accentué ma sévérité.

2. a. Un second cas radicalement inverse est celui de la sortie en boîte de nuit avec Marie et Mathieu. Vous avez donné une raclée absolument monumentale à Mathieu sous les yeux de Marie, puis donné certes une déculottée, mais loin d'être du même calibre (seulement 2 ou 3 minutes) ; et surtout, que ce soit dans l'intensité des corrections ou dans votre manière de les justifier, vous avez totalement appuyé la version de Marie comme quoi la quasi-totale responsabilité reposait sur Mathieu.

Cela ne peut que me surprendre, au regard d'autres situations.

En rejetant la quasi-totalité de la faute de la soirée sur Mathieu, vous validez ce que vous punissez et cherchez à corriger habituellement de Marie : ce sont les actes et leurs conséquences qui comptent, et non ni ses doutes/hésitations/pensées au moment de les connaître, ni ses regrets à posteriori. Marie a cette fâcheuse tendance à, une fois la bêtise commise, trouver toujours des explications et justifications, et notamment - de façon un peu enfantine - à rejeter la faute sur les autres pour justifier ses choix. C'est d'ailleurs ici précisément ce qu'il se passe dans la dispute avec Mathieu dans la prison : elle rejette totalement la responsabilité sur lui. Or, comme il l'indique dans sa réponse, il ne nie en aucun cas être à l'initiative de la soirée, mais en aucun cas il n'a forcé Marie. Cette dernière avait des moyens de communication, de transport, ou simplement de refuser plus fermement et en aucun cas elle n'aurait été mêlée à cette soirée. Si elle a reçu des incitations, elle a sciemment fait le choix de suivre Mathieu et ses amis, dans l'intention assumée de passer elle aussi une excellente soirée. Si elle a su mettre des limites sur la drogue en refusant, elle aurait pu incontestablement faire de même bien avant (faux papiers, boîte de nuit, consommation de drogue de ses amis et conduite, etc.)

Contrairement à Mayeul dans le cas précédent, son acte - bien qu'elle ne soit pas l'instigatrice - n'est en aucun cas motivé par des valeurs morales : ce n'est pas pour "protéger" ses amis ou prendre soin d'eux qu'elle accepte de les suivre, mais fondamentalement pour passer une bonne soirée. En faisant cela, elle fait clairement le choix :

1) de commettre une infraction à la loi très grave (boîte de nuit, faux papiers)

2) de se mettre fortement en danger, avec; dans les 2 cas, des conséquences potentiellement sérieuses. 

2 fautes qui, à mon sens, sont précisément les plus sévèrement punies habituellement de votre part. En la punissant nettement moins que Mathieu, vous cautionnez son discours de déresponsabilisation, sous prétexte que son petit ami serait à l'initiative et comme s'il ne s'agissait pas d'un choix volontaire (bien qu'avec incitations) de sa part. J'ai trouvé cela extrêmement surprenant au regard de vos valeurs éducatives et que cela dénotait particulièrement avec au moins 3 autres cas :

1) La soirée interdite chez vous organisée par vos enfants : Marie en était à l'origine et l'instigatrice (avec Anaïs) -> Vous avez pourtant appliqué une correction absolument identique à vos 4 enfants, voire plus sévère aux premiers (en public - ce à quoi Marie a échappé) ;

2) La fessée au paddle suite à la bagarre entre vos 4 enfants : vous avez totalement fait fi des détails de responsabilité de l'histoire (qui est à l'initiative, ou "le plus responsable" - en l'occurrence probablement Manoé et Marie comme vous le saviez pertinemment au regard de leurs tempéraments) pour punir les actes et leurs conséquences avec une égale sévérité et envoyer un message fort ("pas de nuisance volontaire entre membres de la famille").

Je dois bien admettre que, cette fois-ci, Marie m'a complètement entourloupé. J'ai vu rouge - vraiment, vraiment très rouge ! - lorsque j'ai compris que c'était son petit ami qui l'avait mise en danger ; je me suis donc largement focalisé sur lui, occultant le fait que ma fille aussi avait fait des choix. Cette fois-là, j'ai laissé place à une discussion qui n'avait pas lieu d'être : j'aurais dû stopper de suite les explications de ma fille et la punir très sévèrement pour ses actes. Le fait que son petit ami soit largement impliqué m'a vraiment fait vriller : j'avais l'impression de ne plus me contrôler ! J'ai donc eu du mal à résonner. 

Lorsque nous avons débriefé, Scarlett et moi en sommes arrivés à la conclusion que Marie nous avait bernés. Il fallait maintenant apprendre de nos erreurs pour qu'elle ne réussisse plus à le faire !

2.b. (suite des 3 cas) :

3. Enfin, la consommation de drogue lors de la soirée avec toutes les familles d'accueil.

Vous avez certes donné une correction magistrale à Jordan avec cette déculottée publique, notamment pour punir le danger qu'il a fait courir en ramenant de la drogue dans votre maison et auprès de vos enfants. -> Cela pourrait précisément ici s'approcher du cas de boîte de nuit avec Mathieu et Marie.

Or, force est de constater que, dans ce cas, Mayeul et Louise ont respectivement eu droit ensuite au martinet et à la brosse - soit vraisemblablement 2 des corrections les plus sévères que vous ayez données (avec ce retour historique du martinet !) et intrinsèquement plus fortes que celle donnée à Jordan.

Si je ne doute pas que la drogue soit une ligne rouge pour laquelle il vous était indispensable de marquer le coup, je ne peux que comparer les 2 situations : consommer de la drogue, à priori légère (capsules grises) dans votre maison remplie d'amis et d'adultes (Mayeul/Louise), est-il véritablement plus grave et plus dangereux (santé) que sortir en boîte avec des faux papiers et des amis ayant consommé de la drogue (Marie) ? 

Dans les 2 cas pourtant, l'attitude de vos enfant me semble strictement identique : ne pas être à l'initiative de la bêtise mais avoir fait sciemment le choix de la suivre et y participer. 

La comparaison est très pertinente et l'explication est toute simple : Scarlett et moi avons appris de nos erreurs avec Marie. Nous nous sommes promis de ne plus nous faire avoir, voilà pourquoi Mayeul et Louise ont été sévèrement punis. Nous évoluons et apprenons de nos fautes ! Si demain Marie recommence ce genre d'âneries, elle ne pourra plus s'asseoir pendant un petit moment... !

Je me permets audacieusement ces 2 remarques car, comme je vous le disais en préambule, je vous trouve excellent père, et ces 2 situations me semblent particulièrement étonnantes au regard de l'éducation que vous portez habituellement.

Je serai intéressé d'avoir votre vision à posteriori, potentiellement avec du recul et au regard des arguments que j'ai pu avancer ; et vous remercie par avance pour votre réflexion.

Eh bien, j'espère vous avoir éclairé ! 

Commentaires

  1. Comment allez-vous gérer l'arrivée d'Anaïs et faire qu'elle ne se sente pas isolée face au duo fusionnel Marie/Louise, qui vont partager la même chambre ?
    Aura-t-elle droit à son petit chat elle aussi ?
    J'ai confiance en vous pour continuer à bien cadrer vos filles, en particulier Marie !

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  2. Bon pour le chat, c'est sans appel ! Quand c'est non, c'est non.
    Pas nécessaire d'investir dans un poisson rouge 😆🤣😂

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  3. Connaissiez-vous Tom et Dana avant l'arrivée de Louise et Marie ?
    Etant comme eux d'origine américaine, ce ne serait pas surprenant ?

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  4. Vous arrive-t-il de regretter des fessées administrées à Marie, notamment la dernière en date, donnée sous l'effet de la colère, courte mais cuisante qui a eu le don de la calmer sur le champ, ?

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  5. Est-ce que vous regrettez de ne jamais passer un week-end avec vos filles et partager avec elles des moments de détente ?

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  6. Nous venons de découvrir votre frère Caleb, sa femme et leurs enfants. Envisagez-vous réellement de leur confier vos filles, connaissant leur sévérité excessive ?

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  7. Vous avez de bonnes relations avec la famille biologique de Marie qui vous est reconnaissante de sa bonne évolution.
    Qu'en est-il de la famille de Louise et de celle d'Anaïs ?
    Les parents d'Anaïs vous sont-ils reconnaissants de l'avoir adoptée et ainsi de la remettre sur le droit chemin, ce qui semble être le cas ?

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  8. Tout comme pourTom, Marie occupe une place particulière dans votre coeur.
    Avez-vous l'impression d'accorder la même attention à Louise et Anaïs et de les aimer autant que Marie ?

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  9. Nous savons que Marie a reçu de nombreuses et douloureuses fessées depuis son arrivée chez vous et Louise assez peu.
    Qu'en est-il d'Anaïs qui semblait plutôt désobéissante dans son ancienne famille ?

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  10. Vous avez hérité d'une petite dernière exécrable. Pour laquelle vous tentez le tout pour le tout. C'est tout à votre honneur.
    Son cas est complexe ... vous en êtes conscients puisque vous aimeriez qu'elle se confie sur de possibles traumatismes.
    Vos vécus, à vous et votre femme y sont-ils poyr quelque-chose ?
    Elle ne va pas devenir un ange du jour au lendemain Ne pensez-vous pas qu'il est prématuré de vouloir l'intégrer dans une famille avec un père, une mère et 4 frères et soeurs ?
    L'abandon par sa mère biologique alors qu'elle était bébé est un traumatisme d'emblée. Son père biologique a certainement voulu compenser cette absence, provoquant chez elle le sentiment que tout lui est dû.
    Croyez-vous pouvoir remédier à ce comportement sans détruire l'équilibre familial ? Louise la déteste, Marie est son souffre-douleur et Anaïs est prête à lui faire sa fête !





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  11. Vous aviez l'espoir que Manoé s'intègre à votre famille. Cela n'a pas été le cas et vous avez décidé de la mettre en pension.
    Comment s'est passée la séparation ? Comment Manoé a-t-elle réagi ?
    Etait-ce une séparation definitive ?

    Comment vivez-vous le fait d'être parents à temps complet de 4 enfants ?
    Avez-vous l'impression d'être ďébordés parfois ?

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  12. Décidément votre métier de parents n'est pas de tout repos ! Et apparemment ne laisse pas beaucoup de place à votre vie de couple 🤔
    Oncle Caleb ne sera plus très disponible pour se charger de vos enfants en votre absence. ... (oh quoique ? Vous -mêmes avez bien géré les filles Dubois en plus de vos quatre filles !)
    Envisagez-vous toujours la possibilité de les laisser à des baby-sitters gouvernementaux ?
    Vous dites avoir donné une volée à Mayeul comme vous n'en aviez jamais donné ?
    Avez-vous oublié celles reçues par Marie après son vol ? Après sa fugue ? Sa tricherie aux examens ? Sa sortie en boîte
    ?

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  13. Tout d'abord, je vous présente mes sincères condoléances.

    Avec ce qui est arrivé à Anaïs, comment pouvez-vous faire confiance à un collaborateur gouvernemental pour s'occuper de Marie (qui n'est pas très en forme actuellement), pendant une semaine ? A moins que vous ne le connaissiez plus particulièrement ?

    Scarlett a fait le choix de vous accompagner dans cette épreuve et vous soutenir.
    Est-ce raisonnable de déstabiliser à nouveau les enfants déjà bien éprouvés par la situation d'Anaïs et risquer de fragiliser un peu plus la famille ?

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  14. Anaïs vit un terrible cauchemar, limite de la torture, victime d'une réelle injustice !!!
    J'ai beaucoup de peine pour elle 😔

    Comment vivez-vous cette situation, vous qui l'aviez confiée en toute innocence à un sadique qui s'est acharné sur elle 😒 ?

    Avait-elle déjà eu une telle réaction vis-à-vis de vous ? De Scarlett ?

    Marie réagit par l'insolence, Anaïs a tendance à utiliser la force ?
    Après sa réaction envers le père de Scarlett, en aviez-vous parlé avec elle ?




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  15. Vous réitèrez que la volée comme vous n'en aviez jamais donné à Mayeul est plus sévère que celles données à Marie, cela inclut aussi celles données aux personnes externes comme celles de Mathieu après la boite de nuit (ou même celles données à Cassandra) ?

    Vous avez aussi récemment sorti le martinet exclusivement pour lui. Bien que ce soit pour des bêtises plutôt graves, son compte est bien inférieur à la liste astronomique de bêtises de Marie par exemple, pourquoi le punir si sévérement ? Est-ce parce que c'est un garçon ?

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  16. Vous êtes un excellent père, aimant, impliqué, parfois sévère, mais qui sait surtout donner un cadre sécurisant et épanouissant à ses enfants en leur transmettant d’excellentes valeurs qui les accompagneront tout au long de leur vie. Bien que le système politique soit questionnable, je trouve que votre classement parmi les 20 meilleures familles d’accueil du pays est mérité.
    Cela dit, c’est précisément pour ces raisons qu’il y a 2 situations en particulier (« choix » éducatifs) de votre part que je trouve totalement incohérents avec vos valeurs et votre mode de fonctionnement habituels, et que je ne parviens pas à expliquer. Cela m’intéresserait d’avoir votre vision avec du recul sur ces 2 situations :
    1)Je me permets de revenir encore vers cette « volée telle que vous n’en aviez jamais donnée » à Mayeul.
    Vous êtes quelqu’un de sévère mais profondément juste. Et, si ce sont les actes et leurs conséquences que vous punissez, vous avez toujours – à ma connaissance – aussi valorisé les valeurs, les motivations et les intentions qui sous-tendaient ces actes – et, en dehors d’une éventuelle punition de ces actes/conséquence, les notions d’explications, de réconfort ou de pardon me semblent centrales dans votre rapport à vos enfants.
    Ici, Mayeul à l’époque très doux et discret, s’enfuit pour aller soutenir sa sœur Anaïs au tribunal. Je ne mets en question les conséquences potentiellement négatives de l’acte, sur Mayeul et même plus largement sur votre famille. Néanmoins, cet acte est motivé par un amour fraternel profond, une solidarité, et une certaine forme de sens de la justice et de courage – même si celui-ci frôle la bêtise. Ce sont, à mon sens, des qualités de « cœur » que vous chérissez, que vous tentez de cultiver dans votre foyer et qui vous attendrissent particulièrement chez Marie par exemple (et alimentent votre relation particulière avec elle). Je ne peux que m’interroger, si c’était précisément Marie qui avait été à la place de Mayeul, sur la manière dont vous auriez réagi. Je ne doute, en aucun cas, d’une correction sévère et mémorable pour punir les actes et les risques de conséquences encourues. Néanmoins, compte tenu des motivations de ces actes (et leur gravité effective), je ne peux que douter que vous auriez donné à l’une de vos filles « une volée telle que vous n’en aviez jamais donnée », et qu’une telle réaction est totalement justifiée et proportionnée. Surtout, j’ai trouvé assez déroutantes votre intransigeance voire votre froideur envers Mayeul avec Scarlett suite à cette correction, comme si « tout était à jeter » et que l’acte en lui-même était mal intentionné. Si il était important de souligner les responsabilités de chacun (vous prenez la charge de la défense de vos enfants) et l’obéissance qu’ils vous doivent, j’ai l’impression que vous avez réagi comme si l’acte en lui-même était mauvais – tel qu’auraient pu agir des Manoé ou Cassandra par exemple (dénoncer à la police, ou chercher avec cruauté à « enfoncer » ou nuire à Anais ou autre membre de la famille sciemment et volontairement). Cela rejoint, au-delà de la correction en tant que telle, les notions d’explication/pardon/réconfort dont je parlais et dont j’ai trouvé l’absence dans ce cas particulièrement « violents » et injustes.

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  17. 2 (A) Un second cas radicalement inverse est celui de la sortie en boite de nuit, avec Marie et Mathieu. Vous avez donné une raclée absolument monumentale à Mathieu sous les yeux de Marie, puis donné certes une déculottée, mais loin d’être du même calibre (Seulement 2 ou 3 minutes) ; et surtout, que ce soit dans l’intensité des corrections ou dans votre manière de les justifier, vous avez totalement appuyé la version de Marie comme quoi la quasi-totale responsabilité reposait sur Mathieu.
    Cela ne peut que me surprendre, au regard d’autres situations.
    En rejetant la quasi-totalité de la faute de la soirée sur Mathieu, vous validez ce que vous punissez et cherchez à corriger habituellement de Marie : ce sont les actes et leurs conséquences qui comptent, et non ni ses doutes/hésitations/pensées au moment de les connaitre, ni ses regrets a posteriori. Marie a cette fâcheuse tendance à, une fois la bêtise commise, trouver toujours des explications et justifications, et notamment – de façon un peu enfantine – à rejeter la faute sur les autres pour justifier ses choix. C’est d’ailleurs ici précisément ce qu’il se passe dans la dispute avec Mathieu dans la prison : elle rejette totalement la responsabilité sur lui. Or comme il l’indique dans sa réponse, il ne nie en aucun cas être à l’initiative de la soirée, mais en aucun cas il n’a forcé Marie. Cette dernière avait des moyens de communication, de transport, ou simplement de refuser plus fermement et en aucun cas elle n’aurait été mêlée à cette soirée. Si elle a reçu des incitations, elle a sciemment fait le choix de suivre Mathieu et ses amis, dans l’intention assumée de passer elle aussi une excellente soirée. Si elle a su mettre des limites sur la drogue en refusant, elle aurait pu incontestablement faire de même bien avant (faux papiers, boite de nuit, consommation de drogue de ses amis et conduite, etc.).
    Contrairement à Mayeul dans le cas précédent, son acte – bien qu’elle ne soit pas l’instigatrice - n’est aucun cas motivé par des valeurs morales : ce n’est pas pour « protéger » ses amis ou prendre soin d’eux qu’elle accepte de les suivre, mais fondamentalement pour passer une bonne soirée. En faisant cela, elle fait clairement le choix 1) de commettre une infraction à la loi très grave (boite de nuit, faux papiers) et 2) de se mettre fortement en danger, avec dans les 2 cas des conséquences potentiellement sérieuses. 2 fautes qui, à mon sens, sont précisément les plus sévèrement punies habituellement de votre part. En la punissant nettement moins que Mathieu, vous cautionnez son discours de dé-responsabilisation, sous prétexte que son petit ami serait à l’initiative et comme si il ne s’agissait pas d’un choix volontaire (bien qu’avec incitations) de sa part. J’ai trouvé cela extrêmement surprenant au regard de vos valeurs éducatives et que cela dénotait particulièrement avec au moins 3 autres cas :
    1) -La soirée interdite chez vous organisée par vos enfants : Marie en était à l’origine et l’instigatrice (avec Anaïs) -> Vous avez pourtant appliqué une correction absolument identique à vos 4 enfants, voire plus sévère aux premiers (en public – ce à quoi Marie a échappé)
    2) -La fessée au paddle suite à la bagarre entre vos 4 enfants : vous avez totalement fait fi des détails de responsabilité de l’histoire (qui est à l’initiative, ou « le plus responsable – en l’occurrence probablement Manoé et Marie comme vous le saviez pertinemment au regard de leurs tempérament) pour punir les actes et leurs conséquences avec une égale sévérité et envoyer un message fort (« pas de nuisance volontaire entre membres de la famille »).

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  18. 2B (suite des 3 cas) :
    3) -Enfin, la consommation de drogue lors de la soirée avec toutes les familles d’accueil.
    Vous avez certes donné une correction magistrale à Jordan avec cette déculottée publique, notamment pour punir le danger qu’il a fait courir en ramenant de la drogue dans votre maison et auprès de vos enfants. -> Cela pourrait précisément ici s’approcher du cas boite de nuit avec Mathieu et Marie.
    Or, force est de constater que, dans ce cas, Mayeul et Louise ont respectivement eu droit ensuite au martinet et à la brosse – soit vraisemblablement 2 des corrections les plus sévères que vous ayez donné (avec ce retour historique du martinet !) et intrinsèquement plus fortes que celle donnée à Jordan.
    Si je ne doute pas que la drogue soit une ligne rouge pour laquelle il vous était indispensable de marquer le coup, je ne peux que comparer les 2 situations : consommer de la drogue, a priori légère (capsules grises) dans votre maison remplie d’amis et d’adultes (Mayeul/Louise), est-il véritablement plus grave et plus dangereux (santé) que sortir en boite avec des faux papiers et des amis ayant consommé de la drogue (Marie) ?
    Dans les 2 cas pourtant, l’attitude de vos enfants me semblent strictement identique : ne pas être à l’initiative de la bêtise mais avoir fait sciemment le choix de la suivre et y participer.

    Je me permets audacieusement ces 2 remarques car, comme je vous le disais en préambule, je vous trouve excellent père, et ces 2 situations me semblent particulièrement étonnantes au regard de l'éducation que vous portez habituellement.
    Je serai intéressé d’avoir votre vision a posteriori, potentiellement avec du recul et au regard des arguments que j’ai pu avancer ; et vous remercie par avance pour votre réflexion.

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    1. Merci pour la réponse & les (super) explications, très claires et pertinentes ! Ravi de cet échange :)

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