Accéder au contenu principal

Le suivi de Little Princess - Round 2 (4ème partie)

 


-            Viens ici, Lucie, m’ordonna mon frère alors qu’il s’asseyait sur le canapé.

-            Non ! répondis-je en me réfugiant dans la cuisine.

-            Lucie.

-            Non ! répétai-je.

-            Je vais devoir venir te chercher…

-            Laisse-moi tranquille !

C’était la quatrième fois en six jours. Il fallait vraiment que ça s’arrête ! Je n’en pouvais plus de recevoir autant de tannées ! Au début de ce séjour d’août, lorsque mon frère m’avait annoncé qu’il ne me lâcherait pas, je ne pensais pas qu’il irait aussi loin. Lorsqu’il m’avait menacée d’une fessée pour chaque médicament oublié, je ne pensais pas qu’il passerait à l’acte !

Je dois avouer qu’il y avait eu en moi une pointe de défi. Je voulais voir s’il allait vraiment mettre sa menace à exécution. Après la fessée de lundi, et celle de mardi, j’avais compris.

 

       Nous étions désormais vendredi, et après m’avoir attrapée très fermement par le poignet et amenée jusqu’au canapé, Gabriel me basculait en travers de ses cuisses pour la quatrième fois de la semaine. Et cette fois-ci, je n’avais plus mes règles pour freiner la descente de ma culotte au ras des fesses. Cette dernière descendit à la hauteur de d’habitude, laissant mon derrière nu entièrement exposé.

       Et je pris une nouvelle déculottée pour ce médicament oublié la veille. Ma main fut bloquée dans mon dos, ce qui me fit enrager.

Cette fessée fut plus longue que les deux précédentes : plus longue, et plus appuyée ! Dans ma tête, c’était une punition de niveau 3.

Oui, puisque mon cerveau souhaite tout le temps tout organiser, il a lui-même décidé des cinq niveaux qui existent avec Gabriel lorsqu’il est fâché.

-            Le niveau 1 donne lieu à une réflexion et/ou réprimande, accompagnée ou non d’une petite claque sur la jupe ou le pantalon. Le niveau 1 sert d’alerte, de « Tu vas trop loin ! ». Il est souvent appuyé d’un regard ferme.

-            Lorsque le niveau 2 est activé, c’est la fessée. Si c’est une déculottée, elle n’est pas très appuyée. C’est plus un rappel à l’ordre qu’une véritable punition. En tout cas, c’est ainsi que je le ressens !

-            Le niveau 3 en revanche amène une vraie déculottée manuelle qui fait vraiment très mal. Ce 3ème niveau amène les larmes, les prières et les promesses…

-            Au niveau 4, le martinet est de sortie et tout est fait pour regretter amèrement les bêtises commises.

-            Enfin, le niveau 5 (qui n’a été atteint que deux fois depuis que je connais Gabriel, grâce au Ciel !) concerne la brosse ou la claquette en cuir. Lorsque ce niveau-là est atteint, c’est que mon frère est réellement furieux. Lorsque ce niveau-là est atteint, je me souviens de cette fessée même des années après !

Je suis persuadée que Gabriel n’est même pas au courant de cette hiérarchie dans ma tête. Il va même la découvrir en même temps que vous !

 

       Bref, cette déculottée du jour était donc niveau 3, ce qui veut dire que je la sentis passer ! Elle me sembla vraiment longue, et lorsque mon frère s’arrêta, ce fut un réel soulagement.

-            Tu vas au coin ! m’ordonna-t-il en me laissant me relever.

J’obéis en pestant dans ma tête (peut-être même à voix haute, je ne me souviens plus très bien…) ; et alors que le moment était déjà assez pénible comme ça, Gabriel continua de me réprimander en m’assénant des claques assez costaudes, même par-dessus ma robe qui avait cédé à la gravité. Si vous avez déjà suivi mes aventures, vous savez alors que prendre des claques en étant au coin fait partie des choses que je hais. Je priai alors tout de suite Gabriel d’arrêter, en me protégeant avec mes mains.

-            Sors tes mains de là !

-            Non, répondis-je avec aplomb.

-            Sors tes mains sinon je vais aller chercher autre chose !

Oh. Je ne voulais pas atteindre le niveau 4. Alors j’obéis à grand peine.

 

       Lorsque le passage au coin fut terminé, Gabriel commença à rouvrir les fenêtres de la maison, signe que je pouvais me rhabiller, ce que je fis.

-            Tu me laisses tranquille pour les lunettes ? demandai-je prudemment.

-            On verra, me répondit-il.

Je fus soulagée. Lorsque mon frère me répond : « On verra », c’est qu’il consent à passer l’éponge. Pourtant, la veille, j’avais fait exprès de le défier parce que je savais qu’il ne pouvait pas agir, Hugo et les enfants étant présents dans la maison. Gabriel m’avait demandé de porter mes lunettes pour lire et j’avais refusé. Mon frère m’avait alors donné mes lunettes que j’avais mises… pendant trois secondes, le temps qu’il sorte de la pièce. Mais mon frère, prédisant ma réaction, était revenu sur ses pas et m’avait vue ôter mes lunettes. Ce fut ainsi trois fois d’affilées. Il avait fini par brandir sa main pour me faire comprendre que j’aurais une fessée.

Son « On verra » m’avait alors ôté la petite boule qui restait dans mon ventre. Je pouvais me rhabiller sans risquer une nouvelle déconvenue !

 

       Néanmoins, cette quatrième tannée en six jours avait eu raison de mon moral. Rhabillée, je sortis du salon pour filer dans ma chambre. Après m’être jetée sur mon lit, j’éclatai en sanglots.

Que dire de ce que je ressentais à ce moment-là ? J’étais on ne peut plus vexée et frustrée. Mis à part pour les lunettes, chaque fessée annoncée avait été donnée. Je n’avais eu aucune marge de manœuvre. Chaque désobéissance m’avait immédiatement conduite sur les genoux de mon frère ; et en plus de ces quatre déculottées, il y avait eu les regards accusateurs, les réflexions comme : « Tu veux une fessée ? » ou encore : « Il faut que je te donne une fessée ? », les petites claques isolées qui tombaient dès que je disais un mot de trop ou que j’essayais de plaisanter à propos de mes médicaments… Mine de rien, Gabriel avait imposé un cadre très strict durant ces vacances et mon égo avait bien du mal à le supporter.

Et puis, la fatigue et la douleur m’amenaient à croire que j’étais un cas désespéré. Je n’avais pas réussi à tenir un seul jour de la semaine en prenant tous mes médicaments ! Tout cela était-il vraiment nécessaire ? Est-ce que mon frère ne perdait pas son temps avec moi ? N’étais-je pas l’un de ces cas désespérés dont on s’occupe par amour malgré un espoir inexistant de réussite ?

 

       Après un bon quart d’heure à m’entendre pleurer, Gabriel vint alors s’allonger à côté de moi sur le lit.

-            Bon, qu’est-ce qu’il y a ? Dis-moi pourquoi tu pleures comme ça.

-            Je suis un cas désespéré ! me plaignis-je.

-            Tu crois vraiment que je ferais tout cela si c’était le cas ? me demanda mon frère après avoir soupiré. Tu sais, je n’ai pas pour habitude de me contenter de peu, mais cette semaine tu n’oubliais qu’un ou deux médicaments par jour. Nous sommes quand même loin des quatre ou cinq de la semaine dernière, non ?

-            Oui, répondis-je, mais je n’arrive pas à tout prendre ! Et je n’arrive pas à t’obéir tout le temps…

-            Tu peux le faire, il faut juste t’y aider, et je suis là pour ça. Mais arrête de croire que tu n’es pas capable. Tu as besoin d’un cadre, ça oui. C’est ta particularité. Mais tu es quand même capable de faire des choses par toi-même, il faut juste que tu y croies !

Gabriel tenta de me remonter le moral durant une bonne demi-heure, jusqu’à ce qu’Hugo et les enfants rentrent. Mon mari prit alors le relais – lui qui a l’habitude de mes grosses crises émotionnelles ! – et m’expliqua :

-            Tu as été vexée, ma chérie. Voilà ce qui se passe. Ça fait une semaine que Gabriel te tombe dessus et tu as du mal à gérer ça… Tu apprends la vexation et la frustration.

-            Oui ben effectivement, je ne gère rien du tout ! lui dis-je en séchant mes larmes.

-            C’est ce que je dis, me répondit-il. Tu es en train d’apprendre. Et vu ton hypersensibilité d’HPI, il est logique que tu partes en bad trip.

-            J’ai l’impression d’être un boulet qui n’évolue pas ! avouai-je en recommençant à pleurer.

Mon mari s’attela alors à dresser la liste des choses sur lesquelles j’avais positivement évolué grâce aux différents tutorats que j’avais eus, mais également grâce à mes proches, et surtout grâce à lui.

-            Redis encore une fois que tu n’évolues pas et je me fâche ! me menaça gentiment mon mari. Tu es une perfectionniste, ma chérie. Et comme tu penses toujours que c’est « tout ou rien ! », tu es persuadée que si tu ne réussis pas parfaitement les choses, c’est que tu échoues.

-            Ben oui…

-            Que fais-tu de la nuance ?

La nuance. Non seulement je suis incapable de la concevoir lorsqu’il s’agit de moi mais en plus j’abhorre ce mot !

 

       Hugo trouva les mots qu’il fallait, comme d’habitude. Je me confiai alors à Gabriel en disant – cela m’arracha chaque millimètre de la bouche ! – que j’allais faire des efforts mais qu’en contrepartie, il ne devait absolument pas me lâcher.

-            Oh mais je n’ai pas l’intention de te lâcher, Lucie. Je vais continuer de te mettre des trempes. Ce sera long et douloureux.

-            Je sais, répondis-je. De mon côté, je vais tout faire pour me battre et fournir davantage d’efforts.

-            Merci de me dire ça, dit-il alors que nous nous prenions dans les bras.

Ce que je venais de dire, mon frère avait terriblement besoin de l’entendre. Jusqu’à maintenant, je ne m’étais pas rendue compte à quel point ce besoin était profond.

-            Je t’aime plus que tu ne peux l’imaginer, lui dis-je.

-            Et moi donc, me rétorqua-t-il.

 

Depuis mon retour à la maison, je fournis davantage d’efforts qu’avant, même si mes moments de flemme et de « Je-m’en-foutiste » sont toujours bien présents. Néanmoins, je lutte davantage contre eux.

J’espère juste que tout cela reculera le prochain passage sur les genoux de Gabriel. J’ai encore l’impression d’avoir pris assez de fessées pour cinq siècles !

 

A suivre…

Commentaires

Les stars du blog :

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 1)

Ça y est, nous y sommes. Mon pire cauchemar est arrivé. Monsieur X. a été élu à la Présidence de la République et il va appliquer son programme. Je m’appelle Marie, j’ai 18 ans, et je vais aller au bagne pour la première fois de ma vie. Enfin, au bagne... J'exagère légèrement. Je vais en fait aller en famille d’accueil, famille dans laquelle je vivrai la semaine ; je pourrai rentrer voir ma famille, dont l’homme de ma vie, le week-end. J’ai eu mon bac littéraire en juin dernier, mention très bien. J’ai décidé d’entamer une licence de Lettres afin de réaliser mon rêve : devenir professeure des écoles. Mais Monsieur le Président de la République l’a décrété : « Tous les étudiants de 18 à 25 ans seront accueillis en structure pour le bien de leurs études ». Pour le bien de nos études ? Pff, tu parles ! Encore des propos démagogues ! Alors me voilà inscrite à l’université Jules Verne de *****, dans laquelle je vais passer minimum trois ans, pour me former au métier de professeu...

Le tutorat de Little Princess (séance 3)

Comme vous avez pu le voir, j'ai changé le titre de cette rubrique. D'abord parce que je le trouvais trop long, ensuite parce qu'il devenait mensonger : Thomas n'est plus mon "nouveau" tuteur mais mon tuteur, tout simplement !   Nous ne nous étions pas vus depuis le lundi 7 décembre. Du 7 décembre au 6 janvier : un mois de « mise à l’épreuve » après la rouste de la dernière fois.   A peine deux jours après ce recadrage musclé, j’avais de nouveau testé Thomas, mais cette fois-ci je m’étais bien assurée que ce soit à distance. Jusqu’ici, toutes mes tentatives de rébellion avaient purement et simplement échouées, et j’en avais payé les frais. Restait ma toute dernière carte et j’hésitais vraiment à la jouer. Et puis tant pis, je me lançai.                 Depuis le début du semestre, ça ne passe pas avec ma prof d’histoire : je ne vous referai pas ici le récit de mon altercation v...

Le tutorat de Little Princess - Partie 3 (Préambule (3) - Et m*rde...)

                  Il paraît que c’est cela que l’on appelle « avoir sacrément merdé »…                     Lorsque ma mère était enceinte de ma sœur et moi, ce fut une grossesse difficile : déni de grossesse les quatre premiers mois, puis perte de ma jumelle. A six mois et demi, s’ils voulaient me donner une chance de vivre, il fallait accoucher ma mère.                   L’une des grosses conséquences de cette naissance très prématurée : de nombreuses malformations dues au fait que mes organes n’ont pas eu le temps de se placer correctement. Si la plupart sont bénignes, en revanche ma malformation intestinale pose problème. J’ai ce qu’on appelle un « mésentère commun complet ». Une malformation inte...

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 26)

  Mercredi 9 octobre 2019.                   Pas de grasse matinée ce matin : Héloïse nous réveilla à neuf heures pour que nous puissions travailler un peu sur nos cours. J’étais grognon au possible en me réveillant, comme cela m’arrive rarement. En m’asseyant à table au petit déjeuner, je fus agacée par Anaïs, toujours pleine d’énergie et en forme le matin. Je déteste les gens du matin. Ou les gens. Ou le matin.                   Après m’être préparée et habillée pour la journée, je remontai dans ma chambre et me sentis toujours aussi grognon. Je ne savais pas encore pourquoi mais j’avais l’impression que cette journée allait être désagréable au possible. Personne n’avait intérêt à me voler dans les plumes : je m’étais levée du pied gauche !          ...

Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 17)

 Ce chapitre a été écrit par Marie, une fan du blog. Malgré mes quelques commentaires et réécritures, elle a fait un excellent travail ! Bravo à elle ! Mardi 17 septembre 2019.   Lorsque Monsieur Éric toqua à la porte pour nous réveiller, j’étais très motivée pour me lever (ce qui est très rare !). Aujourd’hui sera une belle journée : d’abord parce que le mardi reste la meilleure journée de la semaine grâce à Madame Kelly, la prof la plus adorable du Pensionnat ; ensuite parce que j’ai réfléchi à un plan pour me venger de Monsieur Jean et de Monsieur Nicolas. Ce sera discret (enfin autant que faire se peut), rapide et efficace. Je sais bien que lorsque nous nous ferons attraper la punition sera salée ; mais je ne supporte pas l’idée de laisser croire à nos professeurs qu’ils ont tout le pouvoir (même si ce n’est peut-être pas tout à fait faux). Pour mener à bien mon plan, il me faudrait l’aide de mes amies. Je vais tout faire pour les convaincre de me...