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Journal d'une étudiante accueillie - Chapitre 107 (2ème partie)

 



Vendredi 31 janvier 2020

 

       A tourner en rond comme ça, j’allais devenir folle ! J’avais les yeux rivés sur mon horloge en forme de chat sur laquelle je voyais l’heure défiler beaucoup trop vite à mon goût.

      

A 18h07, j’entendis papa rentrer et mon rythme cardiaque s’accéléra. Je m’assis sur mon lit, puis me relevai et fis les cents pas, avant de m’asseoir de nouveau sur mon lit.

       Michael resta un moment au rez-de-chaussée puis, à 18h19 précises, je l’entendis monter les escaliers et marcher dans le couloir en direction de ma chambre. J’avais des sueurs froides. Quelques secondes plus tard, il frappa à la porte. Je déglutis et répondis un faible : « Entrez… ». Papa actionna la poignée de la porte et pénétra dans mon cocon. Il avait le visage fermé, le regard sévère et tenait mon bulletin dans sa main droite.

-    Bonsoir Marie, dit-il en prenant mon siège de bureau pour s’asseoir dessus.

Ouh là, ça commençait mal. Il avait dit « Bonsoir Marie ». Il n’avait pas dit « Salut ma princesse », ou « Coucou mon cœur ». Je serrai mes fesses douloureuses et rétorquai un timide :

-    Bonsoir papa.

-    Tu sais pourquoi je viens te voir ?

-    A cause de mon bulletin, réussis-je à articuler malgré un système salivaire en grève.

-    Oui, mais pas seulement. Je pense qu’il est temps qu’on ait une bonne discussion tous les deux.

-    Ah oui ? demandai-je, la voix tremblante.

-    Oui, répondit Michael d’une voix assurée. Tu as beaucoup parlé à ta mère ces derniers temps ; mais avec mon travail, j’ai pris un peu moins de temps pour toi et je m’en excuse.

-    Tu as le droit d’avoir ta vie aussi ! dis-je en toute honnêteté.

-    Oui mais tu es ma fille donc tu fais partie de mes priorités. J’aurais dû être plus présent ces derniers temps, surtout que la famille a été pas mal chamboulée : il y a eu ta fracture, puis l’arrivée et le départ soudain de Daryl, l’arrivée d’Assa, la cheville de Louise, puis l’arrivée de Mayeul et Manoé, le départ brutal de Manoé, l’absence d’Anaïs pendant ces deux semaines, le décès de mon père… Et avec les changements professionnels de ta mère, ça fait beaucoup ; sans parler du cadre strict que nous t’imposons maman et moi. Quand Anaïs reviendra à la maison vendredi, tout rentrera dans l’ordre, je t’en fais la promesse.

-    D’accord papa, dis-je en me radoucissant un peu.

Après tout, peut-être qu’il n’était pas fâché et que j’avais balisé pour rien ?

-    Cependant, reprit-il, dans tout ce bazar, tu n’as pas été irréprochable non plus.

Ah. Bah non. La conversation allait finalement mal tourner…

-    Tu n’as pas cessé de nous désobéir, Marie. Tom et Dana nous avaient prévenus que tu faisais les quatre cents coups, mais je pense que ta mère et moi avons sous-estimé la situation. Nous ne nous sommes donc pas assez investis dans ton suivi. Nous avons fait beaucoup de menaces qui sont restées vaines et nous avons pris des engagements que nous n’avons pas tenus. Ce n’est pas totalement notre faute : comme je viens de le dire, notre vie de famille a été pas mal chahutée ces derniers temps : nous ne savions plus où donner de la tête ! Mais ce que je retiens de notre défaillance à ton égard, c’est que tu t’es permise de mal te comporter chez d’autres personnes, que tu t’es complètement laissée aller à l’école et que tu as réussi à rendre ta mère folle de rage par deux fois en l’espace de quelques jours.

Je rivai mes yeux vers le sol. Ça ne sentait pas bon. Ça ne sentait pas bon du tout !

-    Ta mère traverse une mauvaise passe, en ce moment. Elle pleure beaucoup à cause de la situation d’Anaïs. Elle s’inquiète pour toi et se demande si, un jour, tu arrêteras de faire les mauvais choix. Elle craint que Mayeul prenne le mauvais chemin à son tour car, en dehors d’Oscar, nous n’apprécions pas ses fréquentations, ce qui est source de conflit entre lui et nous. Quant à Louise, elle a l’impression de ne pas assez s’occuper d’elle tellement elle paraît débordée avec ses trois autres enfants. Elle pense qu’elle est une mauvaise mère.

-    Mais c’est faux, voyons ! protestai-je. C’est la meilleure mère du monde !

-    Je sais que toi aussi, tu traverses une phase, reprit Michael en ignorant ma réplique. C’est pourquoi tu as plus que jamais besoin d’un cadre sécurisant. Ta mère et moi avons donc pris une décision.

Oh là là… Allaient-ils m’abandonner comme Manoé ?!

Après quelques secondes de silence, mon père poursuivit :

-    J’ai décidé de réduire mes heures de travail pour être davantage disponible pour notre famille le temps que les choses se calment, annonça-t-il. De plus, ta mère et moi continuerons bien évidemment de nous occuper de vous quatre ; mais maman se concentrera sur le retour d’Ana à la maison et fera en sorte que tout se passe bien ; et moi, je vais me consacrer à toi.

-    Mais Mayeul et Louise…

-    Ne t’inquiète pas, on s’occupera également d’eux et nous serons là pour eux si besoin ; mais pour le moment, Anaïs et toi avez grandement besoin de nous, donc ta mère et moi nous partageons les tâches. Elle a beaucoup de mal à garder son sang froid avec toi en ce moment, voilà pourquoi nous avons décidé que c’est moi qui te gèrerais le temps que les choses s’aplanissent.

-    Et ça va durer combien de temps ? m’inquiétai-je.

-    Le temps qu’il faudra, annonça papa.

-    Et concrètement… ça veut dire quoi ? m’enquis-je.

-    Concrètement, ça veut dire que je vais être derrière toi à longueur de temps. Je ne vais pas louper un seul de tes médicaments, je vais vérifier chacun de tes devoirs, je vais te faire faire des exercices supplémentaires, je t’interrogerai sur tes cours tous les soirs pour être sûr que tu révises, je vais contrôler ton régime alimentaire, veiller à ce que tu aies quand même des moments de décompression, surveiller ton sommeil, bref, je vais fliquer chaque aspect de ta vie ; et je ne reprendrai pas mon travail à plein temps avant que tu ne te sois parfaitement conformée au cadre que nous t’imposons et que tu arrêtes de te mettre en danger de façon inutile. Je t’ai donc fait un emploi du temps strict dont nous parlerons demain matin, et que tu auras intérêt à respecter scrupuleusement. Si ce n’est pas le cas, tu seras immédiatement punie. Je t’enverrai au coin ou au lit, je te priverai de dessert ou d’autre chose, et si tout cela ne fonctionne pas ou si la bêtise est trop grave, je te donnerai une fessée. Et si les fessées que je te donnais jusqu’à maintenant s’avèrent inefficaces, j’augmenterai leur intensité.

Je ne savais même pas quoi répondre. De tous les scénarios que j’avais en tête, celui-là ne m’était même pas venu à l’esprit ! Je n’avais jamais été dans un pétrin aussi profond…

-    Je veux que tu aies bien en tête que ce que je viens de te dire n’est absolument pas une promesse en l’air ou une menace pour tenter de t’intimider. Ta mère et moi avons décidé de ce nouveau mode de fonctionnement cette après-midi et c’est effectif dès à présent. Je te conseille donc de rester sur le chemin que nous t’avons fixé, car si tu en sors, tu auras automatiquement à faire à moi. Cela n’exclut pas que ta mère te punisse en cas d’absence de ma part ; mais dans ce cas, tu auras un doublon. Est-ce que tu as tout compris, Marie ?

-    Oui papa, répondis-je.

-    Est-ce que tu as des questions ?

Je secouai la tête.

-    Est-ce qu’il y a des choses dont tu as envie de me parler ?

Je secouai de nouveau la tête.

-    Sache que tu pourras toujours me parler, ma princesse. Toujours. Je t’aime plus que tout.

-    D’accord papa. Moi aussi je t’aime très fort !

C’était le retour du surnom affectueux et des « Je t’aime ». J’eus un espoir.

Mon père me sourit tendrement, puis reprit une mine sérieuse avant de déclarer :

-    Bien, maintenant nous allons parler de ton bulletin.

Et merde ! Cet ascenseur émotionnel était vraiment éprouvant !

-    Papa… commençai-je.

-    Oui ? demanda-t-il.

-    Je suis désolée, avouai-je sincèrement.

-    On va finir par mettre un copyright sur cette phrase à force de te l’entendre dire !

-    Mais c’est vrai ! insistai-je. Je suis vraiment désolée !

-    Je te crois. Mais ça ne suffit pas.

Mon père appuya ses avant-bras sur ses genoux et tint la feuille entre ses mains. Baissant les yeux pour en lire le contenu, il déclara :

-    Je suis très fier de toi en anglais, Marie. Au-delà du fait que je me réjouis que tu excelles dans ma langue maternelle, j’apprécie le fait que tu t’investisses dans cette matière. Tu y as des facilités. Je refuse donc catégoriquement que tes résultats chutent en anglais, compris ?

-    Oui papa, répondis-je en appréhendant la suite.

-    Tu es également très douée en histoire et en géographie. Pourquoi n’as-tu pas choisi une filière centrée sur ces matières ?

-    Je voulais aussi étudier la littérature alors j’ai pris un cursus qui me permettait de faire les deux, expliquai-je.

-    Quoiqu’il en soit, je suis très fier de toi aussi pour ces deux matières-là. Tu as quand même trois matières avec de très bons résultats, cela mérite d’être souligné !

-    Merci ! m’exclamai-je. Parce que maman…

-    Laisse ta mère tranquille, me coupa Michael. Vu comme tu l’as épuisée cette semaine, on va lui donner du répit. Dans cette pièce, il n’y a que toi et moi. C’est à moi que tu dois rendre des comptes.

-    Oui papa, dis-je, de plus en plus stressée.

-    On va maintenant aborder les matières qui fâchent, continua papa. Littérature française, la matière avec le plus gros coefficient. Tu as 7,43 de moyenne : pas étonnant avec ton 1/20 de lundi…

-    Je suis désolée…

-    Tais-toi, dit froidement mon père. Je ne veux pas t’entendre.

Son regard très ferme scella mes lèvres.

-    L’appréciation dans cette matière n’est vraiment pas glorieuse : « Résultats insuffisants au regard des exigences universitaires. Le travail manque de rigueur et l’implication demeure trop limitée. ». Tu ne t’investis donc pas dans cette matière alors que c’est la plus importante !

Michael haussait le ton. Ça y est, c’en était fini de moi !

-    Lève-toi, m’ordonna-t-il.

-    Papa, s’il te plaît…

-    Si je dois te lever moi-même et te contraindre, je te mets un doublon ! annonça l’informaticien. Lève-toi et viens ici !

J’obéis à contrecœur, la bouche tremblante et une larme roulant sur ma joue droite. J’avançai uniquement de trois minuscules petits pas. Mon père fit alors rouler mon fauteuil de bureau dans lequel il était assis jusqu’à moi. Je réprimai mon envie de reculer.

-    Te souviens-tu du barème que nous avions instauré lorsque tu es arrivée à la maison ?

Je secouai la tête.

-    C’est normal, nous ne l’avons pas tenu jusqu’alors. A partir de maintenant, pour chaque note que tu ramèneras, je te garantis que je vais l’appliquer ! D’autant plus qu’il est parfait, ce barème ! On va donc le réinaugurer avec ton premier bulletin du second semestre ! Quelle meilleure occasion ?!

-    Papa, je t’en prie…

-    C’était donc cinq claques sur les fesses par point en-dessous de 16/20, poursuivit-il en ignorant ma prière. Les claques étaient données sur la culotte pour une note en-dessous de 12/20, et déculottées pour une note en-dessous de 8/20. En littérature française, tu as donc une moyenne de 7,43. Dommage pour toi !

Michael se leva, passa une main dans l’élastique de mon bas de pyjama et celui de ma culotte, et tira d’un coup sec, les faisant tous deux descendre à mes chevilles. Je positionnai automatiquement des mains défensives mais mon père les maîtrisa tout de suite. Je le priai une nouvelle fois mais il y resta sourd et débuta la série des quarante-cinq claques que je devais recevoir sur mes fesses nues.

Cette fessée debout commençait très mal : mes fesses n’avaient pas totalement cicatrisé d’hier et cette nouvelle volée fut insupportable. Et il restait encore quatre matières…

A la fin des quarante-cinq claques, mon père se rassit sur le fauteuil et poursuivit :

-    Grammaire avancée, 10,77. Travail personnel nettement insuffisant. Bravo, ma fille ! Néanmoins, à 10,77, tu as gagné le droit de remonter ta culotte.

Je ne me le fis pas dire deux fois ; mais mon père fit exprès d’accentuer les trente claques reçues pour que je les sente bien tomber, même à travers ma culotte. Je pleurais déjà abondamment, et il restait trois matières.

-    Culture littéraire ! enchaîna Michael. 10,33 ! Manque d’investissement. Ben voyons !

Ma culotte resta bien en place mais la trentaine de claques qui tomba fut fortement douloureuse. Ça y est, j’étais certaine d’avoir les fesses rouge pivoine !

-    Passons à la culture générale, continua mon père. 12,45. Manque de sérieux dans le travail. Tu as néanmoins gagné le droit de remonter ton bas de pyjama.

Je m’exécutai en quatrième vitesse et reçus les vingt claques qui, même amorties par deux couches de vêtements, rougirent encore un peu plus mon derrière. Recevoir la fessée de la part de mon père, c’était vraiment de la torture !

-    Et on termine par le latin !

-    Pitié, papa ! J’t’en supplie…

-    Ce sont TES résultats, Marie ! Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même ! 4,5 de moyenne ! Travail personnel inexistant : tu m’étonnes ! Je ne suis vraiment pas content !

Mon père me déculotta de nouveau et me donna les soixante claques correspondant à ma moyenne de latin. Je n’en pouvais plus ; je ne savais même pas comment j’allais faire pour m’asseoir à table ce soir !

Cependant, c’était la dernière matière : j’allais être délivrée !!!

Michael attrapa mon menton et leva ma tête pour me forcer à le regarder :

-    A partir de maintenant, chaque note en-dessous de 16/20 sera soumise à ce barème ! Tu as compris ?

-    Oui papa, sanglotai-je en commençant à me rhabiller.

-    Laisse tes vêtements au sol, m’ordonna-t-il sévèrement. On n’a pas encore réglé ton comportement en classe !

-    Quoi ?! m’affolai-je. Mais papa, on a fait toutes les matières !

-    Oui, et je ne me suis attardé que sur tes notes et ton manque de travail. Etant donné que cinq profs sur huit font état de ton mauvais comportement, je pense qu’il faut que je te fasse une piqûre de rappel sur ta façon de te tenir en classe !

Jouant ma dernière carte, je sortis mon plus grand rôle d’actrice – je n’avais pas beaucoup d’efforts à faire mis à part surjouer un peu ! – et tombai à genoux devant mon père en le priant :

-    Papa, je t’en prie ! Je serai sage, je te jure que je serai sage ! Je travaillerai consciencieusement, je serai tous les jours dans le vert, je vais être une élève modèle ! Je t’en supplie, papa !

-    Arrête un peu ta comédie ! me gronda-t-il en attrapant mon bras et me relevant d’un coup sec. J’en ai assez de tes promesses en l’air ! Tu veux toujours faire ce que bon te semble sans jamais en assumer les conséquences ! Mais la vie, ça ne fonctionne pas comme ça, Marie ! Dans tous les systèmes du monde, si tu agis mal, tu es sanctionné ! Comment tu feras à la fin de tes études, hein ?! Tu agiras selon ta volonté au travail, quitte à ce que cela porte préjudice à tes collègues ?! Tu refuseras d’être polie avec la boulangère parce que tu seras de mauvaise humeur ?! Je rejette catégoriquement l'idée que tu deviennes l’une de ces filles mal éduquées qui font n’importe quoi ! Je refuse que MA fille finisse ainsi !

Il s’empara de nouveau de mon bulletin puis poursuivit :

-    Regarde-moi ça ! En littérature française : « une attitude plus sérieuse et respectueuse est attendue » ! Ça veut donc dire que tu n’es ni sérieuse, ni respectueuse en cours ?!

-    Si, papa ! tentai-je pour me défendre, ma dernière carte à jouer s’étant soldée par un échec.

-    Donc ta prof ment ?! C’est ce que t’es en train de me dire ?!

-    Non, je vais t’expliquer…

-  C’est moi qui vais t’expliquer quelque chose, Marie ! Je vais t’expliquer comment la vie fonctionne !

Mon père m’attrapa de nouveau par le bras et alla s’asseoir sur mon lit avant de me basculer ses genoux. Je n’eus pas le temps de protester qu’une première salve tomba sur mon derrière nu, brûlant et endolori. J’eus beau crier et me débattre, Michael me donna la fessée pendant une bonne minute. Puis, il s’arrêta. Sans me lâcher, il me réprimanda :

-    Grammaire avancée : « l’attitude passive de Marie nuit au bon déroulement des enseignements » !

Mon bulletin était encore sur mon bureau. Cela voulait dire que mon père venait de réciter l’appréciation de ma prof, de tête. Comme moi, il avait retenu par cœur le contenu de ce papier de malheur, ce qui en disait long sur son mécontentement !

-    Tu fais quoi au juste pour avoir une attitude passive, hein ?! Oh mais dis-moi : ce n’est pas dans ce cours-là que tu as été surprise en train de dessiner ?! Peu importe ; ça non plus, ça ne passe pas !

Et la fessée reprit. Je pleurais tellement que j’en avais la migraine : ma tête menaçait d’exploser ; mais j’étais trop préoccupée par les claques je recevais pour m’en soucier.

Après une autre longue minute, papa s’arrêta de nouveau et récita :

-    Culture littéraire : « attitude parfois inappropriée en cours » ! Tu m’expliques ?!

Je tentai de reprendre mon souffle et de calmer mes pleurs mais c’était vraiment très compliqué. Devant mon silence, mon père décida de reprendre les claques pendant une nouvelle minute qui me parut être une éternité.

Il se stoppa de nouveau et me gronda :

-    Culture générale : « prises de parole déplacées et attitude contestataire » ! Attitude contestataire ! Non mais c’est une blague ?!

-    Pitié, papa ! réussis-je à articuler.

-    Crois-moi Marie, tu vas t’en souvenir de cette fessée ! Plus jamais tu ne vas me ramener un bulletin pareil !!!

Et les claques reprirent. Je n’arrivais même pas à m’estimer heureuse de ne pas recevoir d’instrument, tellement la main de mon père martelait sévèrement mon derrière. Il ne tapait pas plus fort que d’habitude, mais en temps normal ses claques étaient déjà redoutables ; et sur mes fesses meurtries par la punition d’hier, cela rendait cette déculottée très sévère !

Et il s’arrêta de nouveau après une bonne minute de claquée.

-    Et en latin, Marie, je crois que c’est le summum, là ! « Manque de sérieux » ! « Manque de respect » ! « Une remise en question immédiate est indispensable ! ». J’ai vraiment honte que ce bulletin parle de MON enfant ! Ta mère et moi passons vraiment pour des parents laxistes qui laissent leurs enfants être irrespectueux !

Et les claques reprirent de plus belle durant une nouvelle minute. Mes mains étaient coincées dans le creux de mes reins et Michael me maintenait tellement bien que je ne pouvais pas me débattre. J’étais fichue, condamnée à serrer les fesses et à encaisser la dure fessée que mon père me donnait.

-    Et on atteint l’apothéose avec l’appréciation générale ! gronda Michael en me relevant de ses genoux pour aller prendre mon bulletin sur mon bureau.

Je profitai de ce répit pour me masser activement les fesses. Mon Dieu, quelles étaient douloureuses ! Quelles étaient brûlantes ! Tellement brûlantes qu’on aurait sûrement pu faire cuire du bacon dessus sans problème !

-    Lis-moi ça ! m’ordonna mon père en me mettant la feuille sous les yeux. Lis-moi l’appréciation générale !

Rassemblant le souffle qu’il me restait encore, je lus en pleurant :

-    « Les résultats de Marie demeurent… inégaux et insuffisants… dans… dans certaines mat…ières, ne répondant pas pleine… pleinement aux attentes du niv…eau universi…si…sitaire. Le man…que de tra…travail et de ré…gularité est aggravé par des prob…lèmes de com…comporte…tement, notam…ment une at…ti…titude jugée parfois inso…lente et inap…pro…priée envers les ensei…seignants. Une remise en ques…tion séri…euse est indis…pensa…ble afin de per…mettre la pour…suite du cur…cursus dans des condi…di…conditions satis…fai…santes… »

-    Cette appréciation parle vraiment de MA fille ?! me gronda papa. C’est MA fille qui se comporte comme ça ?! Regarde-moi, Marie !

Toujours debout, au milieu de ma chambre à me masser les fesses et à tenter de contrôler mes pleurs, je levai un regard larmoyant vers mon père.

-    « Le manque de travail et de régularité est aggravé par des problèmes de comportement, notamment une attitude jugée parfois insolente et inappropriée envers les enseignants » ! récita-t-il en ne me quittant pas des yeux. Il n’y a rien qui te chagrine, là ?! Parce que moi, il y a plusieurs mots qui me mettent en rogne ! « Problèmes de comportement », par exemple !

Michael dégagea mes mains, me pencha sous son bras et me fila une nouvelle claquée costaude. Mes fesses n’allaient certainement pas tarder à fondre !

Il s’arrêta de nouveau, puis sans me lâcher continua de me réprimander :

-    « attitude insolente », ça me met également en rogne ! MA fille est insolente ?! Non mais je rêve !!

Et la fessée reprit pour mon plus grand malheur. Je crus que mon père ne s’arrêterait jamais de me claquer les fesses. Par mes agissements, je venais de déclencher une fessée éternelle…

-    Je te garantis que tu vas la faire, cette remise en question ! tempêtait mon père en continuant de me claquer les fesses. Plus jamais tu ne me ramèneras un bulletin pareil, Marie !! Sinon tout ce que tu es en train de recevoir depuis que je suis entré dans cette chambre, c’est le martinet qui te le donnera ! Tu m’entends ?!

-    Ou…i… pa…pa… ! Stop ! Stop !

-    Et toi, tu les stoppes tes bêtises ?! Hein ?! Alors je ne vois aucune raison de stopper la fessée !!

Il s’arrêta tout de même au bout de quelques minutes et m’autorisa enfin à me rhabiller. Voilà près d’une demi-heure que mon père était entré dans ma chambre. Cette punition m’avait parue une éternité ! Il n’était vraiment plus question que je me comporte mal à l’école !

       Michael attrapa mon oreille et m’emmena jusqu’à la salle de bains.

-    Lave ton visage, m’ordonna-t-il.

Celui-ci était dans un sale état. Mes yeux étaient bouffis, mes joues inondées de larmes tantôt humides tantôt sèches, mes sécrétions nasales coulaient à flots et mes lèvres continuaient de trembler car je n’avais toujours pas calmé mes pleurs.

Je mouillai mon gant de toilette à l’eau chaude, le savonnai puis le passai sur mon visage. Quelques secondes plus tard, j’avais une face toute propre, excepté les nouvelles larmes qui abondaient.

Mon père m’attrapa de nouveau par l’oreille et me conduisit dans la cuisine où, sur la petite table d’appoint m’attendaient mes médicaments et un repas chaud. Michael me dit alors :

-    Tu manges et tu vas au lit. Tu as tellement pleuré aujourd’hui que tu dois avoir la migraine, et tu es très certainement terriblement fatiguée.

-    Je ne veux pas aller me coucher, papa ! dis-je sur le ton de la prière.

Oui, j’étais fatiguée et j’avais mal à la tête ; mais il n’était que sept heures moins dix !

Ma mère, qui s’affairait en cuisine avec Assa, haussa les sourcils et regarda mon père qui répliqua :

-    Et moi, je ne veux pas que tu sois fainéante, irrespectueuse et insolente.

-    Pitié, papa ! le priai-je.

-    Tu es punie, Marie. Je ne cèderai pas. Donc tu prends tes médicaments, tu manges et tu vas au lit.

-    Mais mes amis viennent à la maison…

-    Attends, je rêve ou tu continues de discuter après la fessée que je viens de te filer ?! demanda mon père sur le ton de l’aberration. Tu en veux une autre ?!

Je reculai contre le mur en secouant vivement la tête.

-    C’est bien ce que je pensais ! Alors tu t’assois, tu prends tes médicaments et tu manges !

La mort dans l’âme, je pris place tant bien que mal sur la chaise et avalai mes médicaments. Michael s’adressa alors à sa femme :

-    Je vais prendre ma douche ; tu peux la surveiller ?

-    Bien sûr, chéri, répondit Scarlett. Vas-y.

J’attrapai ma fourchette et enfournai une part de gratin d’aubergines au parmesan dans ma bouche.

 

       Mon père sortit de la douche pile au moment où je finissais mon dessert. Il avait enfilé une chemise bleue qui mettait ses yeux en valeur et un pantalon à pinces qui lui allait comme un gant. Il était vraiment très classe !

-    Aller, Marie, me dit-il en tentant de boutonner ses manchettes. Tu vas te brosser les dents et tu vas au lit.

-    Mais papa…

Il me lança un regard ferme qui me décida à ne pas insister avec lui. Je tentai alors :

-    Maman, s’il te plaît…

-    Nous avons décidé que tu étais punie, Marie, déclara-t-elle. Alors tu es punie. Bonne nuit, ma chérie. Je t’aime.

-    Aller, file ! poursuivit Michael.

Je mis du temps à me lever de ma chaise. Mon père ayant enfin terminé d’attacher sa manchette droite, s’attaqua à la gauche en disant :

-    Si je dois venir t’attraper, je vais t’emmener dans la salle de bains avec de bonnes claques aux fesses !

Cette menace me fit me lever, dire un timide : « Bonne nuit, maman. » ; et me rendre dans la salle de bains pour me brosser les dents et vider ma vessie, Michael m’attendant dans le couloir. Puis, je me dirigeai dans ma chambre comme si j’allais à l’abattoir et me couchai douloureusement dans mon lit.

Papa me borda et me prévint :

-    Si j’apprends que tu t’es relevée, Marie, je te colle une fessée debout d’une demi-heure.

-    Une demi-heure ?! m’enquis-je, horrifiée.

-   Une demi-heure, répéta-t-il. Et je pense que tu me connais assez désormais pour savoir que je ne plaisante pas.

Je fermai légèrement les yeux, tombant de fatigue mais luttant contre le sommeil. Je n’avais plus d’énergie pour me battre contre mon père, il ne me restait plus que le sommeil comme ennemi…

-  Normalement, personne ne viendra te déranger ; nous allons interdire l’étage à toute personne étrangère au foyer. Ne te relève pas, Marie ! Je te préviens !

-    Oui papa, répondis-je.

-    Dors bien ma princesse, dit-il alors en m’embrassant sur le front. Je t’aime énormément.

-    Moi aussi, bougonnai-je.

Mon père sortit de ma chambre et j’eus beau lutter, le marteau dans ma tête gagna le combat : je m’endormis en quelques secondes.

 

A suivre…

La suite !

Commentaires


  1. Quel chapitre !
    Ah là , après la sévère correction infligée par son père, et les annonces de Michael, l'attitude de Marie à l'école devrait changer radicalement 😏

    En effet jusqu'à maintenant, le suivi parental s'est avéré défaillant, le flicage annoncé ayant été éphémère. Marie n'a pas évolué en matière de résultats scolaires ni de comportement.

    Pauvre Marie punie ... et privée de soirée 😒
    En même temps, vue la raclée qu'elle a prise, je crois qu'elle aurait eu du mal à en profiter 🤔

    Un petit bonus est-il prévu pour nous partager cette soirée ? 😉

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Ça y est, nous y sommes. Mon pire cauchemar est arrivé. Monsieur X. a été élu à la Présidence de la République et il va appliquer son programme. Je m’appelle Marie, j’ai 18 ans, et je vais aller au bagne pour la première fois de ma vie. Enfin, au bagne... J'exagère légèrement. Je vais en fait aller en famille d’accueil, famille dans laquelle je vivrai la semaine ; je pourrai rentrer voir ma famille, dont l’homme de ma vie, le week-end. J’ai eu mon bac littéraire en juin dernier, mention très bien. J’ai décidé d’entamer une licence de Lettres afin de réaliser mon rêve : devenir professeure des écoles. Mais Monsieur le Président de la République l’a décrété : « Tous les étudiants de 18 à 25 ans seront accueillis en structure pour le bien de leurs études ». Pour le bien de nos études ? Pff, tu parles ! Encore des propos démagogues ! Alors me voilà inscrite à l’université Jules Verne de *****, dans laquelle je vais passer minimum trois ans, pour me former au métier de professeu...

Le tutorat de Little Princess (séance 3)

Comme vous avez pu le voir, j'ai changé le titre de cette rubrique. D'abord parce que je le trouvais trop long, ensuite parce qu'il devenait mensonger : Thomas n'est plus mon "nouveau" tuteur mais mon tuteur, tout simplement !   Nous ne nous étions pas vus depuis le lundi 7 décembre. Du 7 décembre au 6 janvier : un mois de « mise à l’épreuve » après la rouste de la dernière fois.   A peine deux jours après ce recadrage musclé, j’avais de nouveau testé Thomas, mais cette fois-ci je m’étais bien assurée que ce soit à distance. Jusqu’ici, toutes mes tentatives de rébellion avaient purement et simplement échouées, et j’en avais payé les frais. Restait ma toute dernière carte et j’hésitais vraiment à la jouer. Et puis tant pis, je me lançai.                 Depuis le début du semestre, ça ne passe pas avec ma prof d’histoire : je ne vous referai pas ici le récit de mon altercation v...

Le tutorat de Little Princess - Partie 3 (Préambule (3) - Et m*rde...)

                  Il paraît que c’est cela que l’on appelle « avoir sacrément merdé »…                     Lorsque ma mère était enceinte de ma sœur et moi, ce fut une grossesse difficile : déni de grossesse les quatre premiers mois, puis perte de ma jumelle. A six mois et demi, s’ils voulaient me donner une chance de vivre, il fallait accoucher ma mère.                   L’une des grosses conséquences de cette naissance très prématurée : de nombreuses malformations dues au fait que mes organes n’ont pas eu le temps de se placer correctement. Si la plupart sont bénignes, en revanche ma malformation intestinale pose problème. J’ai ce qu’on appelle un « mésentère commun complet ». Une malformation inte...

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 26)

  Mercredi 9 octobre 2019.                   Pas de grasse matinée ce matin : Héloïse nous réveilla à neuf heures pour que nous puissions travailler un peu sur nos cours. J’étais grognon au possible en me réveillant, comme cela m’arrive rarement. En m’asseyant à table au petit déjeuner, je fus agacée par Anaïs, toujours pleine d’énergie et en forme le matin. Je déteste les gens du matin. Ou les gens. Ou le matin.                   Après m’être préparée et habillée pour la journée, je remontai dans ma chambre et me sentis toujours aussi grognon. Je ne savais pas encore pourquoi mais j’avais l’impression que cette journée allait être désagréable au possible. Personne n’avait intérêt à me voler dans les plumes : je m’étais levée du pied gauche !          ...

Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 17)

 Ce chapitre a été écrit par Marie, une fan du blog. Malgré mes quelques commentaires et réécritures, elle a fait un excellent travail ! Bravo à elle ! Mardi 17 septembre 2019.   Lorsque Monsieur Éric toqua à la porte pour nous réveiller, j’étais très motivée pour me lever (ce qui est très rare !). Aujourd’hui sera une belle journée : d’abord parce que le mardi reste la meilleure journée de la semaine grâce à Madame Kelly, la prof la plus adorable du Pensionnat ; ensuite parce que j’ai réfléchi à un plan pour me venger de Monsieur Jean et de Monsieur Nicolas. Ce sera discret (enfin autant que faire se peut), rapide et efficace. Je sais bien que lorsque nous nous ferons attraper la punition sera salée ; mais je ne supporte pas l’idée de laisser croire à nos professeurs qu’ils ont tout le pouvoir (même si ce n’est peut-être pas tout à fait faux). Pour mener à bien mon plan, il me faudrait l’aide de mes amies. Je vais tout faire pour les convaincre de me...