Mardi 4 février 2020
Mon
contrôle de littérature française se déroula plutôt bien : j’étais
certaine qu’une bonne note en découlerait ! Ce fut toute contente que je
me rendis en récréation, mon estime de moi étant gonflée à bloc !
Cependant,
mon moral redescendit vite lorsque, pendant le cours de culture littéraire, Sœur
Nicole nous trouva Louise et moi en train de bavarder (en réalité, je demandais
juste à Louise si elle pouvait me dépanner d’une cartouche d’encre). Nous
descendîmes automatiquement dans le orange ; et puisque je me mis à
protester pour plaider ma cause, Sœur Nicole me descendit dans le rouge. Misère !
C’est
la peur au ventre que je passai la fin de la matinée.
A
onze heures et demie, lorsque papa se pointa à la porte de la classe, tout
souriant et de bonne humeur, cela me fit mal au cœur : je savais qu’il n’allait
pas tarder à être déçu de mon attitude. De plus, j’avais également mal au cœur pour
moi qui allais passer un sacré mauvais quart d’heure !
- Monsieur Webber, dit
une religieuse en s’approchant papa. Louise est dans le orange pour bavardages ;
et Marie est dans le rouge pour bavardages et insolence.
- Insolence ! m’exclamai-je.
Je n’ai pas été insolente ! J’ai juste expliqué que…
- Marie, tais-toi !
me gronda papa qui ne souriait bien évidemment plus.
- Il va falloir que Marie
se reprenne, monsieur Webber, poursuivit la religieuse. Son bulletin n’est déjà
pas mirobolant, sa note de latin d’hier ne va rien améliorer…
- Sa note de latin ?
s’étonna papa. Marie a eu une note de latin hier ?!
Je n’avais jamais autant prié pour que cette
religieuse ferme sa grande bouche !! Mon père me fusilla du regard. J’étais
fichue.
- Vous allez avoir des
surprises lors de la réunion de ce soir, monsieur Webber. Préparez-vous à ne
pas entendre que du bien sur Marie !
Ces religieuses étaient possédées par le démon !
En fait, c’étaient des descendantes du film d’horreur « La Nonne ». Oui,
c’étaient des Nonnes démoniaques !!!
- Je vois, dit Michael
après avoir soupiré. Puis-je récupérer mes filles ?
- Je vous en prie,
monsieur.
- On y va ! nous
lança froidement papa.
Nous le suivîmes jusqu’à la classe de Mayeul où
nous récupérâmes notre frère. Puis, une fois dans la voiture – Mayeul était
monté sur le siège avant car ni Louise ni moi n’en avions la force ! –
Michael nous gronda en demandant :
- L’une de vous est-elle
capable de me fournir une explication sur votre présence dans le rouge et le
orange ?! Vous nous faîtes payer le prochain déménagement, c’est ça ?!
- Je demandais juste une
cartouche d’encre à Louise, répondis-je d’une voix peu assurée. Sœur Nicole a
pris cela comme du bavardage et elle nous a descendues dans le orange ! Et
quand j’ai voulu plaider ma cause et lui expliquer, elle m’a descendue dans le
rouge ! Papa, je t’assure que je n’ai pas été insolente, je lui ai juste
dit que j’avais besoin d’une cartouche d’encre !
Michael soupira. Puis, il enchaîna :
- Et pour ta note de latin ?
Tu comptais me le cacher pendant combien de temps ?!
Je ne pus répondre. Là, j’étais totalement
fautive.
- Je n’ai vu aucune évaluation
dans ton agenda ni sur le site intranet. Et pourquoi as-tu une note et pas
Louise ?!
- C’était une
interrogation orale, expliqua ma sœur. Elle n’a interrogé que quelques élèves.
- Et tu as eu combien ?
se renseigna Michael avec appréhension.
- …
- Ne m’oblige pas à me
répéter, Marie Webber !! s’impatienta le chef de famille.
- Cinq, articulai-je avec
difficulté.
- Cinq ?! répéta
Michael en s’arrêtant un peu trop brusquement au feu rouge. Cinq sur vingt ?!
- Oui, affirmai-je,
pétrifiée.
- Pas étonnant que tu me
l’aies cachée !
La route jusqu’à notre domicile fut beaucoup
trop rapide à mon goût.
En
entrant dans la maison, papa nous emmena dans la cuisine où maman venait de
terminer la préparation du repas ; et il nous força à tout raconter à
Scarlett. Je pleurais déjà, mettant mes mains en position de bouclier sur mes fesses.
Louise avait la voix qui tremblait et ne tarderait pas non plus à fondre en
larmes.
- Donc si j’ai bien
compris : toi Louise, tu as des lignes à copier pour demain ?! gronda
maman.
Louise hocha la tête.
- Et toi Marie, tu as une
retenue, en plus d’une mauvaise note que tu nous as cachée ?! poursuivit
Scarlett sur le même ton.
J’hochai la tête à mon tour. Maman se tourna
alors vers son mari :
- Je peux savoir pourquoi
elles n’ont pas encore été punies ?! Pourquoi elles n’ont pas déjà
reçu une bonne fessée à l’école ?!
- Baisse d’un ton avec
moi, Scar ! la reprit Michael. Je voulais t’en parler avant de faire
quoique ce soit.
- Allez au coin, toutes
les deux ! nous ordonna maman. Vous n’avez pas intérêt à en bouger !
Nous nous exécutâmes, n’étant pas du tout en
position de protester. Depuis l’endroit où je me tenais, je pouvais entendre
mes parents discuter :
- C’est une histoire de
cartouche d’encre, Scar.
- Et ?
- Je trouve déjà que l’école
les punit sévèrement, dit papa. Je ne me vois pas en remettre une couche.
- La raison importe peu,
Mike ! Ce que je vois, moi, c’est que nos filles ont été punies à l’école !
Si on laisse passer ça, elles vont s’autoriser de petites bêtises sous prétexte
que l’école les a déjà punies et que nous n’avons rien dit la fois précédente !
Nous nous sommes toujours dit que nous serions du côté des enseignants quoiqu’il
arrive, je ne vois pas pourquoi nous changerions d’avis !
- Très bien, admit papa après
avoir soupiré. Et pour la note de Marie ? J’applique le barème ?
- La très mauvaise note
que ta fille t’a délibérément cachée ?! Tu plaisantes, j’espère ?! Tu
vas aller bien au-delà du barème, Mike, afin de lui faire passer l’envie de
nous cacher quoique ce soit !
- Je comprends pourquoi
elle me l’a cachée. Elle avait peur de recevoir une fessée…
- Et si tu comprenais
pourquoi elle avait braqué une banque, cela t’empêcherait de la sanctionner ?!
Mais enfin, qu’est-ce qui t’arrive ?!
- La religieuse m’a dit
que nous aurions du souci à nous faire à la réunion de ce soir, concernant
Marie.
- Ce ne sera pas la
première fois qu’elle prendra deux volées dans la journée ! rappela ma
mère. Ressaisis-toi, Mike ! Nous avons décidé de ne plus rien laisser
passer, ce n’est pas le moment de flancher ! Il y a eu trop de lacunes
jusqu’à présent !
- Tu as raison…
- Si tu ne te sens pas de
punir nos filles, je vais le faire !
- Je vais m’en charger,
décida papa.
Punaise. Si ma mère n’avait pas été là, je m’en
serais peut-être bien sortie indemne. Pourquoi fallait-il que les parents
soient deux ?!
Tournée vers le coin, j’entendis papa attraper
Louise et lui coller une fessée debout sur la jupe tout en la réprimandant. Puis,
après avoir renvoyé ma sœur au coin, il m’attrapa par l’oreille.
- Aïe ! me
plaignis-je en tendant de dégager mon précieux outil d’audition.
- Viens par là, Marie !
me dit mon père en me traînant jusqu’au canapé.
Dans un désespoir de cause, je priai mon père :
- Je t’en supplie, papa !
N’écoute pas maman ! Elle veut juste me punir, et rien d’autre ! Elle
ne me comprend pas comme tu me comprends ! Pitié, papa !
- Bien sûr que si, ta
mère te comprend parfaitement, Marie ! rétorqua Michael en m’allongeant à
plat ventre sur ses genoux. Elle te comprend tout aussi bien que moi ! La différence,
c’est qu’elle ne se laisse absolument pas berner par tes jérémiades et tes simagrées !
Elle a très bien fait de me rappeler que tu es une manipulatrice hors pair !
Mon père releva ma jupe et baissa immédiatement
ma culotte. Il se mit alors à me corriger, dans un premier temps pour être
descendue dans le rouge – ce que je trouvais particulièrement injuste ! – et
dans un second temps pour lui avoir caché ma note pitoyable en latin. Et ce
deuxième temps dura longtemps. Très, très longtemps. J’étais en nage, n’en
pouvant plus, continuant de pleurer et de crier à mon père d’arrêter ;
mais ce dernier ne cessait pas le moins du monde la punition. C’était une très,
très longue fessée que j’étais en train de recevoir ; et même si je ne l’avais
pas volée, elle était très dure à encaisser !
Michael
me lâcha enfin et j’eus tout le mal du monde à calmer mes pleurs, reprendre mon
souffle et aller m’asseoir à table pour le repas.
J’en voulais à ma mère
d’avoir fait passer mon père du côté obscur. J’en voulais à ma mère de l’avoir
obligé à me punir ! J’étais très fâchée contre elle ; et quand elle
me demanda si j’avais bien pris mes médicaments, je ne pus m’empêcher de répondre
agressivement :
- Qu’est-ce que tu en as
à faire ?! C’est papa qui me gère, non ?!
Un silence de plomb suivit ma réplique, puis Scarlett
avala le contenu de sa bouche et me demanda :
- C’est à moi que tu
viens de parler ?
- Non, au Pape !
crachai-je.
Je compris que j’avais été trop loin lorsque
papa entreprit de se lever ; mais maman le stoppa en posant sa main sur l’avant-bras
de son mari. Puis, elle me regarda et me dit calmement mais fermement :
- Puisque tu n’as pas le
droit de bouger durant ton repas, je vais attendre que tu aies fini de manger.
Ensuite, nous aurons une petite discussion dans ta chambre.
Prenant conscience de mes erreurs et ayant déjà
le derrière très douloureux suite à la rouste de mon père, je me radoucis et
dis :
- Je te demande pardon,
maman. Je n’aurais pas dû te parler comme ça.
- C’est certain,
dit-elle.
- Je ne recommencerai
plus, ajoutai-je.
- Je vais m’en assurer,
affirma-t-elle avant de mettre un brocoli dans sa bouche.
Je jetai un regard suppliant à mon père :
mais il était fâché contre moi. Aucune chance qu’il se rallie à ma cause.
Le repas se termina dans une tension palpable ;
et j’avais seulement fini ma clémentine depuis cinq petites minutes que Scarlett
m’ordonna :
- Marie, va te laver les
mains et monte dans ta chambre. J’arrive.
- Mais maman…
- Tu es en train de
discuter un ordre, Marie Webber ?! Après l’insolence et l’irrespect dont
tu as fait preuve envers moi tout à l’heure ?!
- Mais je me suis excusée !
- Certes, mais tu n’as
pas été punie. Monte dans ta chambre !
- Mais je me suis excusée !
répétai-je en sentant les larmes me monter aux yeux.
Mon père intervint en m’attrapant par le bras
pour me sortir de table. Il m’asséna trois bonnes claques sur la jupe et me
gronda :
- Ça suffit, Marie !
Tu obéis à ta mère, maintenant ! File !
La mort dans l’âme et
pleurant à chaudes larmes, j’obéis.
Quelques minutes plus
tard, Scarlett entra dans mon cocon. Elle avait le regard ferme et était
visiblement toujours mécontente. Assise sur mon lit, je pleurais toujours.
- Maman, je suis vraiment
désolée…
- Je t’ai entendue Marie.
Je vais simplement m’assurer que tu ne permettras jamais plus de me parler
ainsi !
Ma mère me fonça dessus et m’attrapa le poignet
pour me faire me lever. Puis, elle s’assit sur mon lit à l’endroit où je me
tenais quelques secondes auparavant, et me bascula sur ses genoux. Ô misère !
Pauvre de moi !
Scarlett releva ma jupe et baissa ma culotte,
laissant découvrir ma lune qui devait encore être cramoisie. Puis elle se mit à
faire pleuvoir des claques assez costaudes qui me firent immédiatement gigoter.
Elle dût m’immobiliser.
J’étais
toujours impressionnée par la force de ma mère, cette femme toute menue. Bien
qu’elle soit musclée, son corps restait très féminin et on ne la pensait pas
redoutable pour un sou ; mais quand elle se mettait à donner la fessée, on
la sentait passer !!
Au
bout d’un moment, Scarlett cessa les claques. Sans me lâcher pour autant, elle
me gronda :
- Vas-tu encore t’aviser
d’être insolente et irrespectueuse envers moi, Marie ?!
- Non maman ! répondis-je
entre deux larmes.
- Tu as parfaitement le
droit d’être fâchée contre moi et de penser que je suis trop sévère ou trop
stricte ; en revanche, je refuse catégoriquement que tu dépasses les
bornes en t’adressant à moi comme tu l’as fait tout à l’heure ! C’est bien
compris ?!
- Oui maman, répondis-je
la voix tremblante.
- La prochaine fois que
tu me manqueras de respect, ce n’est pas cinq minutes que tu passeras sur mes
genoux, mais dix ! Tu entends ?!
- Oui maman, répétai-je
pensant que c’était enfin terminé.
Mais non. Elle reprit les claques. C’était
insupportable ! Je la priai, l’adjurai pour qu’elle cesse ce calvaire ;
et il finit enfin, après plusieurs minutes de pur cauchemar. Scarlett me lâcha
et me laissa me relever et me rhabiller. Avant de sortir de ma chambre, elle me
regarda droit dans les yeux et me prévint :
- Ne me parle plus jamais
comme ça !
J’hochai la tête, ayant bien retenu la leçon.
- Va te débarbouiller le
visage, il va bientôt être l’heure de repartir à l’école. Je t’aime, mon cœur.
Et elle sortit de ma chambre.
Le pire, c’est que je n’étais pas au bout de
mes peines : ce soir, à dix-sept heures, la réunion parents-professeurs
débuterait, signant mon arrêt de mort.
A suivre…

L'attente va être dure ...vite la 2ème partie 🙏
RépondreSupprimerOui, Marie et son franc parler. Mais là, les fessées étaient méritées sauf pour le bavardage. Une explication devrait avoir lieu entre les parents et la bonne sœur, hors la présence de Marie, bien sûr pour ne pas décrédibiliser l'enseignante.
RépondreSupprimer