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Journal d'une étudiante accueillie - Chapitre 110 (2ème partie)

 




Marie.

 

Qu’il fut difficile de tenir assise pendant trois heures cette après-midi ! Mes parents ne m’avaient vraiment pas loupée. Le plus complexe à vivre était de savoir que la réunion de ce soir mettrait un terme définitif à la vie de mon postérieur. Heureusement, il me restait toujours la crème super-efficace de Magda pour le ressusciter…

 

       Je fus sage comme une image toute l’après-midi, si bien que, fait exceptionnel, Sœur Thérèse me remonta dans le orange. Elle devint aussitôt ma professeure préférée !

      

       A quatre heures et demie, maman vint nous chercher ; et lorsqu’elle vit que j’étais remontée dans le orange, elle m’embrassa sur la joue en me disant : « Il a fallu que tu sois très sage pour que ta prof veuille bien te remonter d’une couleur ! Je suis fière de toi, Marie chérie. Tu vois quand tu veux ! ». Cet encouragement de ma mère me fit chaud au cœur, bien que je sache que cette fierté n’allait pas durer.

-    Papa n’est pas là ? se renseigna Louise alors que nous nous dirigions vers la classe de Mayeul. On ne va pas à la réunion ?

-    Je vous dépose d’abord à la maison, répondit notre mère. Ensuite, votre père et moi irons à la réunion. Noah et Nathan viendront vous garder.

-    Mais pourquoi ? demanda Louise, déçue. Pourquoi ne peut-on pas vous accompagner à la réunion ?

-    Parce que vous avez des devoirs, répondit maman.

-    Mais on pourra les faire demain ! rétorqua Louise.

Je ne comprenais pas pourquoi ma sœur était si déçue. Moi, ça m’arrangeait bien de ne pas assister à cette réunion !

-    Louise, j’ai dit non ! trancha Scarlett d’un ton ferme. Ça suffit, maintenant !

-    Mais maman…

-    Tu veux une fessée ?! Là, devant tout le monde ?! C’est ça que tu veux ?!

-    Non maman, grommela ma sœur en rivant ses yeux au sol.

-    Alors arrête de discuter !

 

En arrivant à la maison, Noah et Nathan étaient déjà là, en train de boire un café avec papa. Mayeul, Louise et moi dîmes bonjour à nos cousins puis nous installâmes pour goûter.

Avant de partir, papa vint me voir tout particulièrement et me prévint :

-    Tu as intérêt à respecter ton planning, Marie ! J’ai demandé à Nathan de te le faire appliquer à la minute près ! Et parmi tes devoirs, n’oublie pas d’avancer sur la lecture de ton livre.

-    Oui papa… dis-je, lasse.

-    Marie, tu sais déjà que tes professeures ne vont pas toutes faire ton éloge ; je souhaite donc que tu sois sage à la maison. Si l’un de tes cousins est obligé de te donner la fessée parce que tu n’as pas été sage, je te filerai un doublon ! Et cela, en plus de la punition qui va découler de la réunion parents-professeurs ! Je me fiche totalement de l’état actuel de ton derrière : si tu dois être punie, tu le seras. Nous sommes d’accords, Marie ? Tout cela est bien clair pour toi ?

-    Oui papa, répondis-je en soupirant de résignation.

-    D’accord, dit-il avant de m’embrasser. Ma princesse, je t’aime plus loin que les étoiles. Je t’en prie : sois sage !

Scarlett nous embrassa tous les trois, papa aussi.

-    Au cas où nous ne serions pas rentrés, précisa maman à ses neveux, sachez que Mayeul doit impérativement être couché à vingt-et-une heures trente à cause de ses troubles du sommeil. Pour ce qui est des filles, elles peuvent se coucher à vingt-trois heures sans problème.

-    Compris, tante Scar ! répondit Noah en mimant un salut militaire.

Après un dernier signe de la main en notre direction, nos parents sortirent de la maison.

-    C’est la première fois de toute ma vie que je n’ai pas le droit d’assister à la réunion parents-profs ! se plaignit Louise qui ne décolérait pas.

-    Moi, ça m’arrange de ne pas y aller ! avoua Mayeul. Ça aurait été un coup à prendre une déculottée devant tout le monde !

-    Totalement d’accord, appuyai-je. Je préfère largement rester à la maison !

-    Si vous avez fini de goûter, les gremlins, allez faire vos devoirs ! nous ordonna gentiment Noah.

Les gremlins ?! Ce n’est parce qu’ils avaient atteint vingt-cinq ans au moment de la réforme (et en étaient donc dispensés) qu’ils devaient nous appeler ainsi ! Après tout, nous n’avions que six ans d’écart !

Mais en y réfléchissant bien, six ans de plus, ça changeait tout. Six ans de plus, ça évitait de vivre cette maudite réforme à la noix. Avec six ans de plus, je serais définitivement libre et non emprisonnée dans une cage dorée…

 

       Obéissant à mon cousin, je me mis à faire mes devoirs jusqu’à dix-neuf heures ; mon frère et ma sœur se calèrent sur mon rythme.

 

Michael.


       Si beaucoup de parents avaient décidé de se séparer pour aller plus vite, ma femme et moi souhaitâmes rester ensemble. Il est vrai que nous avions un sacré avantage sur les autres parents : nos quatre enfants partageaient la même filière. En cela, nous n’avions que dix professeures à rencontrer.

       En arrivant dans le hall, on nous donna notre feuille de rendez-vous, et la religieuse nous précisa :

-    Vous commencez par Sœur Anne de Dieu dans dix minutes. Vous n’avez que sept minutes par enseignante.

-    Sept ? s’étonna ma femme. Mais nous devons parler de nos quatre enfants !

-    Je sais madame, dit la religieuse d’un air confus. Mais nous avons fait au mieux pour que chaque parent puisse avoir un temps avec les enseignants de leurs enfants.

-    Ne t’inquiète pas chérie, dis-je à mon âme sœur. Je suis persuadé que pour Louise et Mayeul, ça ne mettra pas plus d’une minute. Il nous resta donc trois minutes pour Ana, et trois minutes pour Marie !

Scarlett acquiesça. Elle me regarda de ses magnifiques yeux, m’adressant le sourire timide qui me fait toujours craquer. Bon sang, ce que j’étais amoureux de cette femme !!!

       Nous suivîmes les panneaux et nous dirigeâmes vers la classe jaune, nous joignant à la file d’attente pour rencontrer Sœur Anne de Dieu, la professeure référente de nos quatre enfants.

-    Michael ! Scarlett ! entendîmes-nous.

Sans nous en rendre compte, nous étions placés derrière les parents Chapeau dans la file d’attente. Contents de nous voir, nous nous saluâmes chaleureusement.

-    Vos enfants ne sont pas avec vous ? demanda Béatrice.

-    Non, répondis-je, nous préférions qu’ils restent à la maison pour faire leurs devoirs et suivre leur rythme de vie habituel. Et puis, nous avons des questions à poser aux enseignantes et nous ne voulions pas qu’ils soient là.

-    Vous avez raison ! affirma Simon. Nous avons également laissé les enfants à la maison. En parlant des enfants, nous souhaitions encore nous excuser pour le comportement de notre fils vendredi soir…

-    Les adolescents font des bêtises, Simon ! le rassura Scarlett. Il ne faut pas te flageller pour ça.

-    Nous nous en voulons quand même beaucoup, avoua Béatrice. Si nous avions ne serait-ce qu’imaginé que notre fils possédait du protoxyde d’azote dans son sac à dos… Il nous avait dit qu’il voulait emmener des jeux de société et nous l’avons cru sans rechigner ! Ah ça, je peux vous dire qu’il a repris une très bonne fessée dès le lendemain. Il a bien du mal à s’asseoir en cours depuis hier matin ! C’est entièrement mérité ! Nous sommes encore très en colère contre lui !

-    Il n’avait sûrement pas pris conscience de la gravité de ses actes, tentai-je pour adoucir les parents.

-    Depuis, je pense qu’il en a bien pris conscience ! rétorqua Simon. Depuis le début de cette réforme, jamais nous n’avions été aussi sévères avec l’un de nos enfants !

-    Bon, arrêtons de parler de nous, intervint Béatrice. Comment allez-vous ? Des nouvelles d’Anaïs ?

-    Nous sommes allés la voir samedi et elle va très bien, répondis-je. Nous avons hâte de la récupérer vendredi soir !

-    Marylou nous a dit que vous déménagiez ? se renseigna Simon.

-    Oui, effectivement, répondit Scarlett. Assa est débordée, elle nous a demandé d’engager de nouveaux domestiques, et en cela la maison commençait à être étroite. Et puis, cela faisait longtemps que nous souhaitions nous installer dans ce magnifique manoir, alors…

-    Il faudra que nous venions voir ça ! s’enthousiasma Béatrice.

-    Monsieur et madame Chapeau ? appela la religieuse.

-    Ah, c’est à nous ! s’exclama Béatrice. Peut-être nous reverrons-nous tout à l’heure !

A peine Béatrice et Simon nous quittèrent que Tristan se plaça derrière nous dans la file.

-    Salut Tristan ! le saluai-je avec une poignée de main chaleureuse. Comment vas-tu ?

-    Bonjour à vous deux, dit-il avec une mine triste. Eh bien écoutez… Je ne sais pas trop comment je vais. J’ai l’impression de ne pas m’en sortir avec Magda !

-    On a tous cette impression-là, le rassura ma femme. Nous avons aussi l’impression d’être débordés, surtout avec Marie… Elle me fait criser !

-    Votre Marie est un ange comparée à Magdalena, déclara Tristan.

-    Bon, je t’avais dit que je passerais la voir pour la punir de sa mauvaise influence sur Marie, rappelai-je. Je viendrai dès demain !

-    Mais dès que tu ne seras plus là, elle me refera les quatre cents coups ! dit le porte-parole du Gouvernement. Je suis débordé au travail car il y a encore plein de choses à régler concernant la nouvelle réforme ; et je suis débordé à la maison avec Magdalena ! Et en plus, je me plains auprès de vous qui avez quatre enfants !

-    Mais nous sommes deux à les gérer, précisa ma femme. Ça change tout.

-    J’ai l’impression d’être le pire père du monde, annonça Tristan, les larmes lui montant aux yeux. Je crois qu’il n’y a pas un seul jour où je ne lui donne pas la fessée ! Mais elle persiste dans ses bêtises !

-    Cela veut dire que tu n’es pas assez dissuasif, dis-je.

-    Pardon ? s’enquit Tristan.

-    Nous avions contacté notre conseiller lorsque nous nous sommes sentis désemparés et débordés avec Marie, narra Scarlett. Il nous a dit que si elle ne s’assagissait pas, c’était parce que nous n’étions pas assez dissuasifs. Alors, nous avons augmenté la force des claques et la durée des fessées. Notre fille n’est pas devenue un ange comme tu sembles le dire ; en revanche, elle a drastiquement ralenti ses bêtises ! Quand elle a commencé à comprendre que si elle désobéissait, elle passerait un certain temps sur nos genoux à prendre une correction très salée, elle s’est assagie ! Quand elle est arrivée chez nous, elle prenait au moins une fessée par jour ; aujourd’hui, nous en sommes à environ deux par semaine, ce qui est un sacré progrès ! Et il y a eu plusieurs semaines sans une seule fessée, il n’y a pas si longtemps que ça !

-    Ces derniers temps, il y a eu une recrudescence de bêtises chez Marie, poursuivis-je. Nous avons donc décidé que je ne la lâcherais pas d’une semelle. Je lui ai établi un planning strict et la moindre faute est sanctionnée. Essaie de faire pareil avec Magda. Je t’assure que quand ta fille verra que pour la moindre incartade, elle se retrouvera avec sa jupe relevée, sa culotte aux chevilles et une bonne fessée d’une dizaine de minutes, elle va rentrer dans le rang !

-    Tu crois ? me demanda Tristan, plein d’espoir.

-    J’en suis persuadé ! répondis-je. Et je passerai dès demain pour ouvrir le bal.

-    Monsieur et madame Webber ? appela la religieuse.

-    Oui, nous arrivons ! répondit Scarlett.

-    Ça n’a pas traîné avec les Chapeau, lui chuchotai-je à l’oreille. J’espère qu’avec nous non plus…

Nous dîmes au revoir à Tristan d’un signe de la main puis pénétrâmes dans la classe.

      

       Sœur Anne de Dieu ferma la porte derrière nous et nous fit signe de nous asseoir. Cette religieuse d’une cinquantaine d’années bien tassée avait vraiment l’air acariâtre et mégère. Elle avait le visage fermé et donnait la très forte impression de nous juger. C’était ce que j’avais pensé d’elle la première fois que je l’avais vue et mon avis n’avait pas franchement changé.

 

Scarlett.

 

       J’appréhendais grandement ce que cette bonne femme allait nous dire ; et même si j’étais prête à punir nos enfants comme il le fallait s’ils s’étaient mal comportés, j’étais également prête à en découdre avec n’importe quel enseignant qui critiquerait notre progéniture ou la façon de les élever.

Michael posa sa main sur ma cuisse, sûrement pour tenter de se rassurer. Je me retins de l’embrasser car la religieuse aurait sans doute trouvé cela inconvenant, elle dont le vagin devait abriter des toiles d’araignées datant du siècle dernier et dont la libido devait être morte et enterrée.

-    Bonjour, monsieur et madame Webber. Je suis Sœur Anne de Dieu, responsable de la filière de vos enfants. En tant que professeure principale, je vais me permettre de prendre un peu plus de sept minutes, quitte à prendre du retard sur mes prochains rendez-vous. En effet, nous devons parler de vos quatre enfants et j’ai beaucoup de choses à dire sur certains d’entre eux !

J’avalai ma salive et me préparai, un carnet de notes et un stylo à la main, prête à encaisser les coups et à riposter si nécessaire. Je sentis la main de mon mari se resserrer sur ma cuisse : il était prêt, lui aussi !

-    Commençons par votre fils, Mayeul. Pour le moment, Mayeul maintient sa moyenne à un niveau convenable, bien qu’il puisse mieux faire. Le problème est qu'il a une touffe de poils dans la main ! Il passe plus de temps à rêver et à fabriquer des cocottes en papier qu’à écouter et noter le cours !

-    Pourquoi n’avons-nous pas été mis au courant de cela ? questionna mon époux. Nous n’avons eu aucun retour de votre part qui mentionnait une telle attitude chez Mayeul !

-    Je suis actuellement en train de vous mettre au courant, monsieur Webber, rétorqua sèchement la religieuse. C’est à cela que servent les réunions parents-professeurs.

Je vis la mâchoire de Michael se crisper. Il était irrité.

-    Il va rapidement falloir mettre votre fils au travail pour qu’il exploite pleinement ses capacités et ne se contente pas de la médiocrité, résuma Sœur Anne de Dieu. De plus, Mayeul a de très mauvaises fréquentations qui ne vont pas tarder à le pousser à faire des bêtises.

-    Oui, répondit mon mari. A ce propos, nous ne sommes pas non plus satisfaits des fréquentations de Mayeul. Mis à part le petit Oscar Vesson, nous ne faisons pas confiance à ses autres copains : Anthony et Félix Lefort, et Nicolas Champêtre. Nous avons formellement interdit à Mayeul de fréquenter ces trois enfants-là !

-    Manifestement, il vous désobéit, annonça la religieuse.

-    Merci pour l’information, dis-je. Nous allons y remédier.

-    Très bien, acquiesça la Sœur avec un signe de tête. Passons à Louise.

Je finis de noter ce qui avait été dit sur mon fils puis fermai les yeux en soupirant discrètement. Cette Sœur n’avait pas intérêt à dire du mal de MA Louise !

-    Votre petite Louise est fabuleuse, débuta la religieuse.

Je sentis la main de Mike se détendre un petit peu.

-    Elle est sérieuse, elle fournit un travail remarquable et ses résultats sont excellents. De plus, son attitude est, la plupart du temps, excellente. Non vraiment, votre fille et une enfant modèle et c’est un bonheur de l’avoir dans cet établissement !

-    Nous vous remercions, dis-je, emplie de fierté, notant tous ces compliments.

J’avais hâte de serrer ma fille dans mes bras et de lui dire ô combien j’étais fière d’elle !

-    En ce qui concerne Anaïs, poursuivit la religieuse, nous avons quelques petits soucis. Bien qu’elle suive ses cours à distance depuis dix jours…

-    Elle sera de retour à l’école dès lundi, assura Mike.

-    Oui, c’est ce que j’avais noté, dit la religieuse. Mais bien qu’elle suive ses cours à distance, vous avez bien remarqué que son bulletin est médiocre. Anaïs peine à maintenir une moyenne générale au-dessus de 10. Votre fille est loin de fournir le travail demandé en première année de licence ; et si elle a validé son premier semestre, elle n’est en revanche pas sur la bonne voie pour valider le deuxième !

-    Que peut-on faire pour l’aider ? demandai-je, le stylo prêt à noter et preneuse de tout conseil.

-    Sévir, bien sûr ! répondit la religieuse comme si cela relevait de l’évidence la plus remarquable. Je n’ai pas d’enfant et je n’ai pas à vous juger ; mais je travaille dans l’enseignement depuis assez longtemps pour vous dire qu’Anaïs n’est pas assez cadrée. Elle ne vous craint pas ! Une enfant qui ne craint pas ses parents donne la porte ouverte à toutes les dérives ! Je ne doute pas que vous pensez faire de votre mieux avec Anaïs, mais il va falloir redoubler de sévérité. Autrement, votre fille continuera d’aller droit dans le mur.

-    Vous… vous pensez qu’Anaïs ne nous craint pas ? s’enquit mon mari, estomaqué.

C’était bien la première fois qu’on lui disait que quelqu’un – en-dehors de ses parents, son frère et moi – ne le craignait pas ! J’intervins :

-    Sans vouloir vous contredire, ma Sœur, lorsqu’Anaïs se met à nous désobéir, elle prend une bonne fessée très corsée ; plus corsée même que les fessées que peuvent prendre son frère et ses sœurs. Nous ne lui laissons rien passer et même si nous avons pu montrer quelques faiblesses ces derniers temps…

-    C’est certain ! me coupa la Sœur, courroucée.

-    … nous avons toujours veillé à garder un cadre strict et sécurisant pour nos enfants, finis-je.

-    De toute évidence, il ne l’est pas assez pour Anaïs, qui ne travaille que peu et dont l’attitude – avant son départ – n’était absolument pas irréprochable !

-    Nous en prenons note, dis-je en baissant la tête pour m’exécuter et tenter de garder ma cordialité.

-    Et enfin, nous allons passer à Marie.

Je retins mon souffle. Tout comme Louise, Marie était la prunelle de mes yeux : mais je commençais à la connaître assez pour savoir qu’elle était tout à fait capable de nous cacher des choses. Nous n’allions pas tarder à en avoir le cœur net…

-    La moyenne générale de Marie est médiocre ; et dans ma matière, elle n’est que de 7, 43 ! débuta la Sœur. Il y a beaucoup de laisser-aller de la part de votre fille, monsieur et madame Webber ! Sans vouloir vous ordonner quoique ce soit, il est grand temps de la remettre au pas !

-    Oui, admit mon mari, depuis la remise du bulletin vendredi, nous avons remis les pendules à l’heure avec notre fille.

-    Tant sur le plan du travail que sur l’attitude ? se renseigna Sœur Anne de Dieu, à priori douteuse.

-    Nous vous l’affirmons, dis-je fermement.

-    Contrairement à Anaïs, Marie vous craint encore beaucoup, déclara la religieuse. Vous avez donc une partie à jouer : et vous devez la gagner !

-    Très bien, ma Sœur, dis-je. Aussi, puisque vous êtes la professeure principale de nos enfants, nous aurions des questions à vous poser.

-    Je vous écoute, dit la littéraire.

-    Nous payons une sacrée fortune pour pouvoir scolariser nos enfants dans votre établissement. En ce sens, pouvez-vous nous expliquer le fait que certains de nos enfants aient pu commettre autant de bêtises dans l’enceinte de vos murs ? Si vous trouvez qu’ils ne sont pas assez cadrés à la maison, nous pensons à l’inverse qu’ils ne le sont pas assez à l’école. Comment Magdalena Duchemin a-t-elle pu subtiliser les bulletins de nos filles ? Comment Marylou Chapeau a-t-elle pu introduire des cigarettes ? Comment avez-vous pu laisser une bagarre éclater ?

-    Madame, dit Sœur Anne de Dieu en se ratatinant un peu, nous ne pouvons pas savoir ce que chaque élève a derrière la tête ; et par conséquent, nous ne pouvons pas prévenir chaque bêtise !

-    Nous sommes d’accord, dit Mike. Mais si les pièces importantes étaient verrouillées et les élèves fouillés à leur entrée dans l’établissement, par exemple, cela irait sans doute beaucoup mieux !

-    Et si vous nous autorisiez à corriger physiquement vos enfants, je vous garantis qu’ils se tiendraient davantage à carreaux ! rétorqua la Sœur d’un ton ferme.

-    Il est absolument hors de question que nos enfants reçoivent des gifles, des coups de canne, des coups de ceinture ou tout autre punition en vigueur dans cet établissement ! rappela mon mari en tentant de garder son calme. Ma femme et moi nous chargeons nous-mêmes de punir nos enfants avec de très bonnes fessées à main nue et c’est très efficace !

-    De toute évidence, pas tant que ça, rétorqua la religieuse. Sinon, ils auraient tous 17 de moyenne générale et n’auraient jamais quitté le vert !

-    Vous voulez tester pour voir si c’est assez dissuasif, ma Sœur ? menaça mon mari. Ma main est toute prête !

La religieuse afficha la même tête que si mon mari et moi l’avions giflée. Lorsqu’elle réussit à reprendre ses esprits, elle bégaya :

-    Quel… quel culot ! Com…Comment osez-vous ?!

-    Nous avons bien pris en note tout ce que vous nous avez dit, ma Sœur, intervins-je. Nous allons agir en conséquence avec nos enfants et faire en sorte qu’ils se tiennent à carreaux et travaillent correctement. En retour, nous aimerions que nos enfants évitent d’être soumis à des tentations telles que le tabac ou la violence. Nous vous souhaitons une bonne soirée, ma Sœur.

Nous nous levâmes, serrâmes la main de la religieuse – Mike la serra peut-être un peu trop fermement ! – puis sortîmes de la pièce avant de nous diriger vers notre prochain rendez-vous.

-    Tu y es allé fort ! dis-je à mon mari alors que nous marchions dans le couloir.

-    Tu as vu sa tête ?! pouffa mon homme. Rien que pour ça, je ne regrette pas de l’avoir dit !

Nous rîmes ensemble.

-    Il n’empêche, elle ne nous a rien appris, dis-je lorsque j’eus fini de rire. Mayeul, Ana et Marie ne travaillent pas assez et il faut que l’on soit plus vigilants concernant les fréquentations de Mayeul, et le comportement d’Ana et Marie.

-    Rien qu’on ne sache déjà, soupira mon mari. Quel est le prochain rendez-vous ?

-    Sœur Marie-Josèphe, répondis-je en regardant la feuille. Prof de latin !

-    Oh là là ! se lamenta mon époux avec appréhension. Marie va en prendre pour son grade !

La professeure de latin était disponible et nous prit tout de suite, ce que nous appréciâmes. Elle était vieille, semblant approcher les soixante-dix ans. Son teint pâle faisait presque peur et ses yeux noirs semblaient nous fusiller. Nous nous installâmes à table, sans nous douter un seul instant de la soufflante que nous allions recevoir.

-    Comment est-il possible que trois de vos quatre enfants aient des résultats aussi misérables dans ma matière ?! Le latin est la base de tout !! La base de notre langue !!

-    Le latin est surtout une langue morte, intervint mon mari pour tenter de dédramatiser.

-    Dieu vous entend, monsieur Webber ! le réprimanda-t-elle.

-    Et Il sait que j’ai raison, rétorqua Mike avant de se prendre un coup de coude de ma part.

-    Pouvez-vous détailler, à propos de nos enfants ? demandai-je en restant aimable au prix de nombreux efforts. Nous aimerions que nous puissiez dresser un commentaire pour chacun d’entre eux.

-    Vous pourrez également en parler avec Sœur Agnès du Saint-Esprit, qui a pris en charge quelques cours de latin durant mon absence pour raisons de santé. Néanmoins, je veux bien détailler.

-    Merci, puisque c’est le but d’une réunion parents-professeurs ! asséna Mike avant que je lui donne un autre coup de coude.

-    Je vais procéder par ordre alphabétique, annonça la Sœur. Anaïs a de grosses difficultés en latin, et son manque de travail et d’intérêt pour la matière n’arrange rien. Elle semble prendre un malin plaisir à faire tout autre chose que d’écouter, ce qui a failli lui coûter une exclusion de cours, peu avant son départ en camp de redressement. Elle doit absolument se mettre au travail, et il va très certainement lui falloir des cours de soutien !

-    C’est noté, dis-je en liant l’acte à ma parole.

-    Louise est une élève brillante et modèle, poursuivit la Sœur.

Son visage s’illumina lorsqu’elle parla de ma fille. Elle faisait encore plus peur.

-    Je n’ai rien à vous dire sur votre fille, mis à part qu’il faut qu’elle continue ainsi !

-    Nous vous remercions, ma Sœur, dit fièrement mon époux.

-    Marie a de très grandes capacités, poursuivit la religieuse, mais elle délaisse totalement ma matière, au point qu’elle obtient des résultats catastrophiques ! Monsieur et madame Webber, je vous assure que si Marie travaillait ne serait-ce qu’un petit peu, elle obtiendrait très facilement la moyenne. Votre fille est très loin d’être bête, elle comprend très rapidement et n’a pas besoin de longues explications. Mais elle refuse de s’investir en latin, ce qui lui donne donc une moyenne absolument misérable.

-    Vous avez marqué sur son bulletin mensuel que Marie avait un manque de sérieux et de respect en classe, intervint Mike. Vous confirmez ?

-    Oui, je confirme ! Marie frôle l’insolence à chaque fois qu’elle intervient en classe. Elle fait tout pour ne pas être ouvertement insolente – et donc ne pas être punie – car elle est très intelligente et connaît les limites ; mais je vous assure que ses remarques sont à la limite de l’acceptable.

-    Avez-vous des paroles concrètes en tête ? me renseignai-je.

-    Il est compliqué de vous dire ça là, à brûle-pourpoint… Et puis je ne prends pas le temps de noter…

-    Ce n’est rien ma Sœur, dit Mike. Nous vous remercions de votre retour et nous recadrerons Marie sur ce point.

La Sœur se racla la gorge puis poursuivit :

-    Pour ce qui est Mayeul, il fait beaucoup trop le pitre en latin. En cela, il n’écoute que la moitié du cours et sa moyenne est passable.

-    Attendez, je crois que j’ai mal entendu ! intervint Michael. Mayeul fait le pitre ?!

-    Ça n’apparaissait pas sur le bulletin ! poursuivis-je.

-    Non, parce que c’est Sœur Agnès qui a rédigé l’appréciation, et avec elle, votre fils se tient plutôt correctement. Mais avec moi… Il passe son temps à faire le guignol, avec ses copains Anthony, Félix et Nicolas. Il lance des avions en papier à travers la classe, par exemple. L’autre jour, je lui ai confisqué une sarbacane et je l’ai envoyé au coin pour le reste du cours.

-    Quand était-ce ? demandai-je.

-    Jeudi, il me semble, répondit la latiniste.

-    Jeudi, Mayeul était dans le vert ! me rappelai-je. Nous rentrions tout juste des Etats-Unis, je me souviens bien qu’il était dans le vert. Pourquoi n’était-il pas dans le rouge ? Pourquoi n’avons-nous pas été prévenus de son mauvais comportement ?

-    Il arrive qu’à l’intercours, votre fils et ses amis prennent eux-mêmes leurs badges pour les changer de couleur, avoua Sœur Marie-Josèphe. Nous ne nous en sommes rendues compte qu’aujourd’hui.

Je sentis la colère monter. Michael gronda :

-    Alors là, il va nous entendre ! Je vous garantis qu’il ne va pas recommencer ce type d’âneries !

-    Et on laisse tomber les couleurs, ma Sœur ! ordonnai-je expressément. S’il y a quoique ce soit, contactez-nous directement et nous ferons le nécessaire. Il est hors de question que notre fils nous fasse tourner en bourrique !

-    C’est d’accord monsieur et madame Webber, je vous contacterai dès qu’il y aura le moindre impair.


Michael.

 

En sortant de la salle, nous étions furieux. Mayeul était très discret et n’ouvrait pas beaucoup la bouche : nous savions désormais pourquoi ! Il faisait tous ses coups en douce ! Marie et Anaïs, elles, avaient au moins l’obligeance de les faire sous notre nez !

-    Je n’aurais jamais pensé cela de Mayeul ! râlait ma femme.

-    Moi non plus ! Et je sens qu’on n’a pas fini d’en apprendre !

 

En effet. Sœur Annabelle, la jeune et belle professeure d’anglais ne tarit pas d’éloge sur Louise et Marie ; elle nous apprit en revanche qu’Anaïs ne travaillait pas assez et que Mayeul était un vrai filou ! Il avait même triché pendant le dernier contrôle. Pourquoi n’avions-nous pas été mis au courant ?!

Sœur Nicole, professeure de culture littéraire d’origine africaine, pointa le manque de travail d’Anaïs et Marie, et les bêtises en douce de Mayeul.

-    Tu m’étonnes qu’il nous a demandé si nous voulions voir tous les professeurs ! me rappelai-je en rejoignant la file d’attente devant la classe de Sœur Geneviève. Il craignait que nous apprenions des choses ! Il va en passer du temps sur mes genoux, je peux te le garantir !

-    On a tous fait des bêtises étant mômes, ria le père de famille attendant juste devant nous.

Nous préférâmes ne pas relever. Dès notre retour à la maison, Mayeul aurait droit à une très longue fessée bien salée !

 

Marie.

 

       Nous finîmes nos devoirs pour dix-neuf heures. Assa avait fait réchauffer le gratin de pâtes préparé par maman et nous nous mîmes à table. Nous avions l'habitude que Mayeul ne soit pas de nature très bavarde mais là, il s'était carrément réfugié dans le mutisme et avait l'air de souffrir !

-    Qu’est-ce qui ne va pas ? lui demandai-je.

-    Papa et maman vont me tuer ! explosa-t-il.

-    Oh, je pense qu’ils me tueront bien avant toi ! rétorquai-je en tentant de garder un ton léger.

-    Tu ne comprends pas, Marie ! dit-il avec un trémolo dans la voix. Je ne suis pas sage du tout à l’école !

-    Comment ça ? interrogea Louise.

-    Je fais des bêtises en douce, avoua mon frère. Je m’arrange toujours pour que papa et maman ne soient pas au courant… Mais depuis l’annonce de cette réunion parents-profs, j’ai une boule dans le ventre qui refuse de disparaître ! Je n’avais pas du tout prévu qu’il y ait une réunion parents-profs, moi !

-    Mais enfin, qu’est-ce que tu as fait ?! m’inquiétai-je.

-    J’ai lancé des boules de papier et des avions à travers la classe, j’ai lancé des projectiles avec une sarbacane, j’ai mis de la colle sur la chaise de la prof de littérature, j’ai crevé les pneus du vélo de Sœur Nicole…

Louise et moi en restâmes bouches bée.

-    Et tout ça, sans te faire prendre ?! s’étonna Louise.

-    Il faut absolument que tu me donnes des cours ! déclarai-je, impressionnée, avant que Louise m’assène une tape sur le bras.

-    Et tu es sûr qu’ils savent que c’est toi ? se renseigna notre sœur.

-    Oui, depuis aujourd’hui les religieuses se sont aperçues qu’on changeait nos badges de couleur…

-    Oncle Mike et tante Scar vont te massacrer ! ria Nathan.

-    C’est clair ! approuva Noah. Tu ne vas plus pouvoir t’asseoir pendant cinq jours !

Si je n’avais pas craint des représailles, je leur aurais bien crié de la fermer. Après tout, Mayeul était déjà assez mal comme ça !

 

Scarlett.

 

       Nous sortions de notre ultime rendez-vous lorsque la Mère Supérieure vint nous trouver pour nous demander de la suivre dans son bureau. Bon sang, nos enfants avaient-ils braqué le coffre de l’école ?!

-    Monsieur et madame Webber, asseyez-vous, je vous prie.

Nous nous exécutâmes, anxieux.

-    Je voudrais vous parler de vos enfants : Anaïs, Marie et Mayeul.

Oh punaise. La directrice de l’établissement n’avait encore rien expliqué que j’avais déjà envie de leur filer à tous les trois une bonne fessée à la brosse !

-    Comme vous l’avez sûrement compris en consultant son bulletin, les résultats de Marie ne sont pas satisfaisants, et pour cause : votre fille ne se donne pas les moyens de travailler correctement. Or, elle a de grandes capacités et facilités. Je suis persuadée que jusqu’à l’obtention de son baccalauréat en juin dernier, elle s’était toujours reposée sur ses acquis. Je pense que le fonctionnement de l’université la déboussole quelque peu car quatre-vingts pourcents de la réussite universitaire repose sur le travail personnel. La filière littéraire est une filière exigeante, monsieur et madame Webber. Jusqu’à présent, seule Louise fournit un travail suffisant.

-    Nous avons pris conscience de tout cela, effectivement, dis-je. Depuis ce week-end, nous avons remis les pendules à l’heure avec nos enfants et nous avons exigé qu’ils nous ramènent un bien meilleur bulletin en février.

-    Je suis contente que le message soit passé, sourit la vieille femme. Passons à Mayeul. Nous avons découvert aujourd’hui que votre fils était, avec certains de ses camarades, à l’origine de plusieurs incidents ayant eu lieu dans l’école depuis quelques semaines…

Heureusement que nous étions assis. En plus de tout ce que les professeurs nous avaient dit sur Mayeul, il s’avérait que notre fils avait tenté d’inonder l’école, crevé les pneus du vélo d’une enseignante, tagué un mur, essayé de faire péter des pétards dans les toilettes et ne se tenait pas bien du tout en cours.

       Notre Mayeul, que nous pensions discret et introverti, taiseux et plutôt sage s’avérait être une véritable petite terreur !

-    Pourquoi n’avons-nous pas entendu parler de tout ça ?! demandai-je, affligée.

-    Je vous l’ai dit, madame. Nous avons découvert le pot-aux-roses aujourd’hui.

-    Mais, même nos filles n’ont rien dit ! dis-je.

-    Je doute que vos filles soient au courant, madame. Tout cela s’est passé dans le quartier des garçons et nous avons fait en sorte que ça ne s’ébruite pas pour éviter que le quartier des filles soit contaminé par cette fièvre de rébellion.

-    Mais même les autres parents d’accueil n’en ont pas parlé ! réfléchis-je à haute voix.

-    Ils devaient également ignorer cela, madame. Les garçons ne se confient pas autant que les filles à leurs parents.

Après avoir accusé le coup, Mike demanda :

-    Pensez-vous qu’il a fait tout cela de son plein gré, ou est-ce à cause de ses mauvaises fréquentations ?

-    Je pense que Mayeul est très influençable, répondit la Mère Supérieure. Mais il n’est tout de même pas le dernier à faire des bêtises.

-    Je vois, dit Mike.

-    Voilà pourquoi, monsieur et madame Webber, je vous demanderai de bien vouloir venir ici-même à quatorze heures trente ce vendredi, pour assister au conseil de discipline de Mayeul.

Douche froide. Vu le comportement abject de notre fils, c’était à prévoir ; mais ça faisait beaucoup à encaisser !

-    Nous serons présents, dit Mike. Seulement, nous ne vous garantissons pas que Mayeul pourra s’asseoir. Ni en classe, ni lors de son conseil de discipline.

-    Je comprends, dit la Mère Supérieure. Avant de conclure notre entretien, je voulais simplement revoir avec vous les modalités du retour d'Anaïs à l'école…

 

Marie.

 

       Après nous être douchés et mis en pyjama – ce fut la croix et la bannière pour que Mayeul accepte de quitter son jean épais, mais nous le convainquîmes tous que, de toute façon, il prendrait très certainement une déculottée, qu’il soit en jean ou en pyjama ! – nous nous rassemblâmes dans la salle à manger. Louise et moi écrivions nos lignes (« Je ne dois pas bavarder pendant le cours. ») tandis que Mayeul faisait les cents pas en attendant le retour de papa et maman. Si j’étais également angoissée, je ne l’étais quand même pas autant que mon frère qui semblait se liquéfier sur place.

-    Pourquoi aujourd’hui ? demandait-il à… on ne savait qui. Pourquoi aujourd’hui ?! Pourquoi fallait-il que les Sœurs découvrent que c’était moi aujourd’hui ?! L’univers a créé une conspiration pour m’anéantir, il n’y a pas d’autre réponse à ça !

-    Mayeul, calme-toi, tu vas creuser le sol à force de faire les cents pas ! lui dis-je. Et puis, de toute façon, c’est fait, maintenant !

-    Assieds-toi, va ! lui dit Nathan. Profite, tant que tu le peux encore !

Les jumeaux rirent, ce que je trouvai particulièrement cruel.

-    Notre frère d’accueil, Benoît, est un petit diable comme toi ! dit Noah. Notre père passe son temps à le mettre sur ses genoux !

-    Fermez-la ! s’exclama Louise à la surprise générale. Vous ne voyez pas qu’il stresse et qu’il n’est déjà pas bien, là ?! Vous ne voulez pas lui foutre la paix, un peu ?! Merde, à la fin !

Nos cousins se levèrent et s’avancèrent vers Louise pour riposter lorsque nous entendîmes la porte d’entrée s’ouvrir.


Papa et maman rentraient.

 

A suivre…

Commentaires

  1. Pas de grosse surprise pour Anaïs et Marie 😒
    C'est la douche froide en ce qui concerne Mayeul 😕
    Il faut se méfier de l'eau qui dort !
    C'est quand-même dur pour Scarlett et Michael !!!
    Heureusement que Louise est là pour les réconforter l 😊
    Bravo Michael pour sa répartie ... la soeur aurait pu répondre ''tel père, telle fille'' 🤣🤣🤣
    La suite promet d'être chaude, voire brûlante 😪
    L'attente est ''cruelle''. !!! 🙏

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    Réponses
    1. Elle ne sera pas longue... La suite ce soir, à 21h ! :)

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    2. Super 😃
      Merci et ... bonnes vacances !

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