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Journal d'une étudiante accueillie - Chapitre 110 (3ème partie)

 


       Ils s’avancèrent dans la pièce à vivre et se dirigèrent vers la cuisine pour aller se laver les mains. Louise et moi étions toujours à table à faire nos lignes, et Mayeul avait reculé contre l’un des murs de la pièce, manquant de faire tomber le cadre photo numérique posé sur le buffet.

       Nous prîmes tous les trois peur lorsque papa déboutonna ses manchettes et se mit à retrousser les manches de sa chemise en disant :

-    Les jumeaux, vous pouvez rentrer chez vous. Tante Scarlett va vous donner votre argent. Tout s’est bien passé ?

-    Oui, très bien, oncle Mike ! répondit Noah, soulageant considérablement Louise.

-    Parfait. Bonne soirée, les garçons !

Maman sortit deux billets de cent euros de son portefeuille et les tendit à ses neveux, ce qui me fit halluciner. Je n’avais presque jamais eu l’occasion de voir un billet vert de près !

       Ayant fini de retrousser ses manches, papa s’avança vers Mayeul et lui décolla une gifle. Mon gringalet de frère fut projeté à terre.

-    Mike ! cria maman. Ça ne va pas la tête ?!

-    C’est bon, il va bien ! répondit papa.

En effet, hormis le fait qu’il se tenait la joue en pleurant, mon frère allait bien. Papa se baissa et l’attrapa ensuite par son pyjama au niveau de sa poitrine et le releva en tirant dessus avant de le plaquer contre le mur. Papa soulevait son fils d’une seule main, ce qui était aussi impressionnant que terrifiant !

-    Tu as voulu nous la mettre à l’envers, Mayeul Liam Webber ?! C’est ça ?! Tu as voulu nous la faire à l’envers ?!

-    Non, papa ! pria mon frère. Pardon ! Pitié ! Je te demande pardon !

-    Tu me demandes pardon ?! gronda papa en portant Mayeul encore un peu plus haut contre le mur.

-    Michael, fais attention, s’il te plaît ! l’adjura maman, inquiète pour son fils.

Louise et moi observions la scène inédite qui se déroulait devant nos yeux terrifiés. Jamais papa n’avait été aussi en colère !

-    Tu me demandes pardon ?! gronda papa encore plus fort. Après avoir fait les quatre cents coups pendant des semaines avec les copains que nous t’avions interdit de voir ?! Tu te fous de ma gueule ?!

-    Non papa, pitié ! pleura Mayeul. Je suis désolé !

-    Tu peux ! rétorqua papa.

Michael décolla Mayeul du mur et le posa à terre avant de lâcher son pyjama. Puis, il le tourna face au mur et baissa d’un coup sec son bas de pyjama et son slip. Papa lui ordonna ensuite de mettre ses mains sur la tête et de ne les enlever sous aucun prétexte. Mon frère allait prendre la fessée debout. Un spectacle insupportable pour moi. Je pris mes affaires et voulus monter dans ma chambre mais ma mère me stoppa :

-    Tu restes là, tu t’assois et tu me termines tes lignes, Marie Webber !

J’obéis. Mes parents étaient dans une fureur telle que ce n’était pas le moment de faire des vagues. Je ne me souvenais pas les avoir vus dans un tel état !

-    Depuis que tu es arrivé chez nous, tu nous bernes ! gronda papa en assénant une vingtaine de claques puissantes à son fils.

Ces claques étaient telles que j’étais persuadée n’en avoir jamais reçu d’aussi coriaces.

Scarlett sortit un petit calepin de son sac, s’approcha de Mayeul et gronda son fils :

-    Tu nous parles de la fois où tu as tenté d’inonder l’école en cassant la fontaine à eau ?!

-    Par…don… pleura Mayeul.

-    Réponds à la question de ta mère ! gronda Michael en claquant deux fois le derrière déjà rouge de son fils.

Mon frère prenait petit à petit conscience qu’il était dans de très sales draps ; il pleurait déjà à outrance.

Devant son absence de réponse, papa lui flanqua une bonne fessée ; tellement bonne que Mayeul brava l’interdiction en tentant de mettre ses mains pour se protéger. Papa les bloqua pour pouvoir terminer son œuvre, avant d’asséner une dizaine de claques supplémentaire à Mayeul pour lui avoir désobéi. Mon frère remit ses mains sur la tête. Il avait le derrière cramoisi, et Louise et moi avions l’impression que ce n’était que le début de son calvaire.

-    Et la fois où tu as crevé les pneus du vélo de ta prof ! continua maman. Tu nous en parles, de ça ?!

Incapable de répondre, mon frère prit une autre bonne fessée.

 

       Papa et maman passèrent en revue tous les méfaits de mon frère et Mayeul se prit une fessée salée pour chacun d’eux. Cela dura longtemps ; assez longtemps pour que j’aie le temps de finir d’écrire mes cent lignes.

-    Tu as intérêt à être irréprochable, Mayeul Liam Webber ! le grondait papa après que sa femme et lui aient mentionné la dernière bêtise. Irréprochable, tu entends ?! Si nous apprenons que tu as fait la moindre bêtise à l’école, tu reviendras devant ce mur, déculotté, et on recommencera tout depuis le début ! C’est compris ?

Etant toujours dans l’incapacité de parler, Mayeul hocha vigoureusement la tête.

-    On va te laisser reprendre tes esprits, annonça papa. Ensuite, nous discuterons de ton conseil de discipline !

Mon frère lança un regard terrifié à papa, puis à maman.

-    Ah, tu ne le savais pas ? demanda Michael. Nous te l’apprenons ?! Tu passes en conseil de discipline vendredi après-midi, mon fils ! Sois sûr que nous y serons ; et attends-toi à prendre une bonne déculottée devant tout le monde si le verdict est mauvais ! Mais nous allons en parler dans quelques instants ; je m’occupe de ta sœur et je reviens vers toi !

Maman apporta un verre d’eau à Mayeul tandis que papa fonçait sur moi.

-    Papa, non ! le priai-je. S’il te plaît ! Tu m’as déjà punie pour le bulletin !

-    Je sais, Marie, réagit-il. Et je t’avais dit que je te punirai également pour la réunion parents-profs si elle se passait mal !

Michael m’attrapa par le poignet et me sortit de table en poursuivant :

-    Et tu vois, presque tous tes professeurs ont dit que tu ne travaillais pas assez !

Ô, misère ! Même si je m’y étais attendue, cette fessée allait être la troisième de la journée et je n’étais pas du tout sûre de pouvoir la supporter !

-    De plus, poursuivit mon père en me penchant sous son bras, la moitié de tes professeurs ont dit que tu n’avais pas une bonne attitude en classe, et que tu frôlais régulièrement l’insolence ! Ce sont des choses, Marie, que nous ne pouvons pas du tout laisser passer !

-    Mais je ne me rends pas compte que c’est de l’insolence ! plaidai-je. S’il te plaît, papa ! Lâche-moi !

-    N’essaie pas de me faire croire que tu es une idiote, Marie, parce que tu vas finir déculottée face au mur à côté de ton frère et avec les fesses dans le même état ! Tu sais parfaitement lorsque tu es insolente et lorsque tu ne l’es pas ! Vrai ou faux ?!

-    Vrai, chouinai-je.

-    Donc ton petit jeu avec tes profs s’arrête maintenant !

Et mon père se mit à claquer mon derrière. Grâce à Dieu, j’avais encore mon fin bas de pyjama et ma culotte, et Michael ne me claquait pas aussi fort que Mayeul ; mais je sentais quand même bien passer les claques qui tombaient !

Mes fesses, qui n’avaient très certainement pas décoloré depuis ce midi, se mirent à nouveau à me brûler très fortement. Encore une fois, je m’attendais à cette fessée, mais ça ne la rendait pas plus supportable !

Je trouvai qu’elle durait vraiment longtemps. En plus d’encaisser les claques mon père, il fallait que j’accuse les réprimandes de ma mère :

-    Tu es fière de toi ?! Ça valait le coup d’avoir un gros poil dans la main et de te permettre des réflexions à tes profs ! Tout ce que tu récoltes, c’est une fessée ! Et ce sera le cas à chaque fois que tu recommenceras tes bêtises !

Enfin, Michael s’arrêta. J’étais restée plusieurs minutes penchée sous son bras. Ah ça, je l’avais bien sentie passer ! J’étais on ne pouvait plus décidée à travailler davantage et à me taire en classe !

-    Va au coin ! m’ordonna mon père en me lâchant. Mains derrière le dos ! Et je ne veux pas t’entendre !

Je m’exécutai, prenant cela comme une occasion de calmer mes pleurs et de me ressaisir.

 

       Je ne fis qu’entendre ce qui se passa ensuite, à savoir mon père qui attrapa une des chaises de la salle à manger pour s’y asseoir et y basculer mon frère en travers de ses genoux. Puis, j’entendis Mayeul récolter une nouvelle très, très, très bonne fessée, sous les réprimandes de nos deux parents.

Le temps me semblait long au coin mais il devait être encore plus long pour mon frère qui le passait sous la main impitoyable de papa ! Je me promis de ne plus faire de vague à l’école et de ne jamais passer en conseil de discipline. Il était certain que je ferais tout pour ne pas me retrouver dans la même situation que mon frère !

 

       Enfin, la fessée de Mayeul cessa. Mon frère fut immédiatement envoyé au lit sans ménagement. Le pauvre était dans un état désastreux et devait prendre comme une véritable délivrance le fait d'être envoyé au lit !

Louise termina à son tour d’écrire ses lignes et resta à table pour tenir compagnie à mes parents qui s’installaient pour dîner. En mangeant, ils ne cessèrent de faire l’éloge de ma sœur, lui répétant leur fierté et ô combien ils étaient heureux qu’elle soit une élève modèle.

Depuis le coin, j’entendais tout cela et j’enrageais. Pourquoi ne nous avaient-ils pas déjà abandonnés Mayeul, Anaïs et moi puisqu’ils n’aimaient que leur petite Louise, si parfaite ?! Je crois bien que c’était la première fois que je ressentais une aussi grosse jalousie envers ma sœur !!

       Mes parents terminèrent leur repas et débarrassèrent la table avant de se laver les mains. Puis j’entendis ma mère venir vers moi. Elle m’asséna quatre bonnes claques sur mon fessier en train de refroidir puis me gronda :

-    Tu as intérêt à te tenir à carreaux pour le reste de la semaine, Marie ! Tu entends ?

-    Oui maman, répondis-je en me frottant les fesses.

-    Dans ce cas, file te préparer pour aller au lit.

-    Mais, il n’est que vingt-deux heures ! protestai-je. D’après le planning de papa, j’ai le droit de me détendre jusqu’à vingt-trois heures !

-    Certes, répondit ma mère, mais je pense que nous avons assez entendu parler de toi pour aujourd’hui !

Bougonne, je partis dans la salle de bains en claquant la porte derrière moi.

 

       Lorsque mes parents vinrent me border, je crachai :

-    Ne perdez pas votre temps avec moi ! Allez plutôt dire bonne nuit à votre parfaite petite Louise !

Michael eut un mouvement de recul, comme si ma réplique lui avait asséné un coup de poing dans le ventre. Puis, il me dit :

-    Arrête de raconter n’importe quoi, ma princesse ! Nous t’aimons tout autant que ta sœur !

-    Je suis sûre que certaines profs ont dit du bien de moi ! plaidai-je. Pourtant, vous n’avez complimenté que Louise ! Moi, j’ai juste eu le droit à une fessée !

-    C’est vrai, Marie chérie, concéda Scarlett. Nous t’avons déjà dit au moment de la réception de ton bulletin que nous étions très fiers de toi en anglais, histoire et géographie. Et c’est le cas ! Tes trois profs ont bien dit que, même si tu pouvais encore mieux faire, tu étais une super élève et que c’était un bonheur de t’avoir dans leur classe. Il n’empêche qu’il y a plus eu de négatif que de positif.

-    Nous prenons note de ce que tu viens de nous dire et à l’avenir, dit papa, nous essaierons de ne pas seulement punir le négatif mais aussi de valoriser le positif.

-    Merci ! dis-je, mi-agacée mi-adoucie.

-    Aller, dors bien ma princesse, dit papa en m’embrassant sur le front avant que maman l’imite. Nous t’aimons plus que tout au monde !

Mes parents sortirent de ma chambre et, puisqu’il n’était que vingt-deux heures et que je savais qu’ils n’allaient pas venir vérifier ce que je faisais tant qu’il n’y aurait pas de bruit, je me relevai. Dans un premier temps, j’allai attraper sur ma coiffeuse la crème super-efficace de Magdalena pour m’en appliquer une généreuse couche sur chaque fesse. Puis, j’attrapai mon livre d’école (l’édition intégrale des Misérables de Victor Hugo) et me mis à lire jusque tard dans la nuit.

 

A suivre…

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