Ils
s’avancèrent dans la pièce à vivre et se dirigèrent vers la cuisine pour aller
se laver les mains. Louise et moi étions toujours à table à faire nos lignes,
et Mayeul avait reculé contre l’un des murs de la pièce, manquant de faire
tomber le cadre photo numérique posé sur le buffet.
Nous
prîmes tous les trois peur lorsque papa déboutonna ses manchettes et se mit à
retrousser les manches de sa chemise en disant :
- Les jumeaux, vous
pouvez rentrer chez vous. Tante Scarlett va vous donner votre argent. Tout
s’est bien passé ?
- Oui, très bien, oncle
Mike ! répondit Noah, soulageant considérablement Louise.
- Parfait. Bonne soirée,
les garçons !
Maman sortit deux billets de cent euros de son
portefeuille et les tendit à ses neveux, ce qui me fit halluciner. Je n’avais
presque jamais eu l’occasion de voir un billet vert de près !
Ayant
fini de retrousser ses manches, papa s’avança vers Mayeul et lui décolla une
gifle. Mon gringalet de frère fut projeté à terre.
- Mike ! cria maman.
Ça ne va pas la tête ?!
- C’est bon, il va
bien ! répondit papa.
En effet, hormis le fait qu’il se tenait la
joue en pleurant, mon frère allait bien. Papa se baissa et l’attrapa ensuite
par son pyjama au niveau de sa poitrine et le releva en tirant dessus avant de le
plaquer contre le mur. Papa soulevait son fils d’une seule main, ce qui était
aussi impressionnant que terrifiant !
- Tu as voulu nous la
mettre à l’envers, Mayeul Liam Webber ?! C’est ça ?! Tu as voulu nous
la faire à l’envers ?!
- Non, papa ! pria
mon frère. Pardon ! Pitié ! Je te demande pardon !
- Tu me demandes
pardon ?! gronda papa en portant Mayeul encore un peu plus haut contre le
mur.
- Michael, fais
attention, s’il te plaît ! l’adjura maman, inquiète pour son fils.
Louise et moi observions la scène inédite qui
se déroulait devant nos yeux terrifiés. Jamais papa n’avait été aussi en
colère !
- Tu me demandes pardon ?!
gronda papa encore plus fort. Après avoir fait les quatre cents coups pendant
des semaines avec les copains que nous t’avions interdit de voir ?! Tu
te fous de ma gueule ?!
- Non papa, pitié ! pleura
Mayeul. Je suis désolé !
- Tu peux ! rétorqua
papa.
Michael décolla Mayeul du mur et le posa à
terre avant de lâcher son pyjama. Puis, il le tourna face au mur et baissa d’un
coup sec son bas de pyjama et son slip. Papa lui ordonna ensuite de mettre ses
mains sur la tête et de ne les enlever sous aucun prétexte. Mon frère allait
prendre la fessée debout. Un spectacle insupportable pour moi. Je pris mes
affaires et voulus monter dans ma chambre mais ma mère me stoppa :
- Tu restes là, tu
t’assois et tu me termines tes lignes, Marie Webber !
J’obéis. Mes parents étaient dans une fureur
telle que ce n’était pas le moment de faire des vagues. Je ne me souvenais pas
les avoir vus dans un tel état !
- Depuis que tu es arrivé
chez nous, tu nous bernes ! gronda papa en assénant une vingtaine de
claques puissantes à son fils.
Ces claques étaient telles que j’étais
persuadée n’en avoir jamais reçu d’aussi coriaces.
Scarlett sortit un petit calepin de son sac, s’approcha
de Mayeul et gronda son fils :
- Tu nous parles de la
fois où tu as tenté d’inonder l’école en cassant la fontaine à eau ?!
- Par…don… pleura Mayeul.
- Réponds à la question
de ta mère ! gronda Michael en claquant deux fois le derrière déjà rouge
de son fils.
Mon frère prenait petit à petit conscience
qu’il était dans de très sales draps ; il pleurait déjà à outrance.
Devant son absence de réponse, papa lui flanqua
une bonne fessée ; tellement bonne que Mayeul brava l’interdiction en
tentant de mettre ses mains pour se protéger. Papa les bloqua pour pouvoir
terminer son œuvre, avant d’asséner une dizaine de claques supplémentaire à
Mayeul pour lui avoir désobéi. Mon frère remit ses mains sur la tête. Il avait
le derrière cramoisi, et Louise et moi avions l’impression que ce n’était que
le début de son calvaire.
- Et la fois où tu as
crevé les pneus du vélo de ta prof ! continua maman. Tu nous en parles, de
ça ?!
Incapable de répondre, mon frère prit une autre
bonne fessée.
Papa
et maman passèrent en revue tous les méfaits de mon frère et Mayeul se prit une
fessée salée pour chacun d’eux. Cela dura longtemps ; assez longtemps pour
que j’aie le temps de finir d’écrire mes cent lignes.
- Tu as intérêt à être
irréprochable, Mayeul Liam Webber ! le grondait papa après que sa femme et
lui aient mentionné la dernière bêtise. Irréprochable, tu entends ?! Si
nous apprenons que tu as fait la moindre bêtise à l’école, tu reviendras devant
ce mur, déculotté, et on recommencera tout depuis le début ! C’est
compris ?
Etant toujours dans l’incapacité de parler,
Mayeul hocha vigoureusement la tête.
- On va te laisser
reprendre tes esprits, annonça papa. Ensuite, nous discuterons de ton conseil
de discipline !
Mon frère lança un regard terrifié à papa, puis
à maman.
- Ah, tu ne le savais
pas ? demanda Michael. Nous te l’apprenons ?! Tu passes en conseil de
discipline vendredi après-midi, mon fils ! Sois sûr que nous y serons ; et attends-toi à prendre une bonne déculottée devant tout le monde si le verdict est mauvais ! Mais nous allons en parler dans
quelques instants ; je m’occupe de ta sœur et je reviens vers toi !
Maman apporta un verre d’eau à Mayeul tandis
que papa fonçait sur moi.
- Papa, non ! le
priai-je. S’il te plaît ! Tu m’as déjà punie pour le bulletin !
- Je sais, Marie,
réagit-il. Et je t’avais dit que je te punirai également pour la réunion
parents-profs si elle se passait mal !
Michael m’attrapa par le poignet et me sortit
de table en poursuivant :
- Et tu vois, presque tous
tes professeurs ont dit que tu ne travaillais pas assez !
Ô, misère ! Même si je m’y étais attendue,
cette fessée allait être la troisième de la journée et je n’étais pas du tout
sûre de pouvoir la supporter !
- De plus, poursuivit mon
père en me penchant sous son bras, la moitié de tes professeurs ont dit que tu
n’avais pas une bonne attitude en classe, et que tu frôlais régulièrement
l’insolence ! Ce sont des choses, Marie, que nous ne pouvons pas du tout
laisser passer !
- Mais je ne me rends pas
compte que c’est de l’insolence ! plaidai-je. S’il te plaît, papa !
Lâche-moi !
- N’essaie pas de me
faire croire que tu es une idiote, Marie, parce que tu vas finir déculottée
face au mur à côté de ton frère et avec les fesses dans le même état ! Tu
sais parfaitement lorsque tu es insolente et lorsque tu ne l’es pas ! Vrai
ou faux ?!
- Vrai, chouinai-je.
- Donc ton petit jeu avec
tes profs s’arrête maintenant !
Et mon père se mit à claquer mon derrière.
Grâce à Dieu, j’avais encore mon fin bas de pyjama et ma culotte, et Michael ne
me claquait pas aussi fort que Mayeul ; mais je sentais quand même bien
passer les claques qui tombaient !
Mes fesses, qui n’avaient très certainement pas
décoloré depuis ce midi, se mirent à nouveau à me brûler très fortement. Encore
une fois, je m’attendais à cette fessée, mais ça ne la rendait pas plus supportable !
Je trouvai qu’elle durait vraiment longtemps.
En plus d’encaisser les claques mon père, il fallait que j’accuse les
réprimandes de ma mère :
- Tu es fière de toi ?! Ça
valait le coup d’avoir un gros poil dans la main et de te permettre des
réflexions à tes profs ! Tout ce que tu récoltes, c’est une fessée !
Et ce sera le cas à chaque fois que tu recommenceras tes bêtises !
Enfin, Michael s’arrêta. J’étais restée
plusieurs minutes penchée sous son bras. Ah ça, je l’avais bien sentie passer !
J’étais on ne pouvait plus décidée à travailler davantage et à me taire en
classe !
- Va au coin !
m’ordonna mon père en me lâchant. Mains derrière le dos ! Et je ne veux
pas t’entendre !
Je m’exécutai, prenant cela comme une occasion
de calmer mes pleurs et de me ressaisir.
Je
ne fis qu’entendre ce qui se passa ensuite, à savoir mon père qui attrapa une
des chaises de la salle à manger pour s’y asseoir et y basculer mon frère en
travers de ses genoux. Puis, j’entendis Mayeul récolter une nouvelle très,
très, très bonne fessée, sous les réprimandes de nos deux parents.
Le temps me semblait long au coin mais il
devait être encore plus long pour mon frère qui le passait sous la main
impitoyable de papa ! Je me promis de ne plus faire de vague à l’école et
de ne jamais passer en conseil de discipline. Il était certain que je ferais
tout pour ne pas me retrouver dans la même situation que mon frère !
Enfin,
la fessée de Mayeul cessa. Mon frère fut immédiatement envoyé au lit sans
ménagement. Le pauvre était dans un état désastreux et devait prendre comme une véritable délivrance le fait d'être envoyé au lit !
Louise termina à son tour d’écrire ses lignes
et resta à table pour tenir compagnie à mes parents qui s’installaient pour
dîner. En mangeant, ils ne cessèrent de faire l’éloge de ma sœur, lui répétant
leur fierté et ô combien ils étaient heureux qu’elle soit une élève modèle.
Depuis le coin, j’entendais tout cela et
j’enrageais. Pourquoi ne nous avaient-ils pas déjà abandonnés Mayeul, Anaïs et
moi puisqu’ils n’aimaient que leur petite Louise, si parfaite ?! Je crois
bien que c’était la première fois que je ressentais une aussi grosse jalousie
envers ma sœur !!
Mes
parents terminèrent leur repas et débarrassèrent la table avant de se laver les
mains. Puis j’entendis ma mère venir vers moi. Elle m’asséna quatre bonnes
claques sur mon fessier en train de refroidir puis me gronda :
- Tu as intérêt à te
tenir à carreaux pour le reste de la semaine, Marie ! Tu entends ?
- Oui maman, répondis-je
en me frottant les fesses.
- Dans ce cas, file te
préparer pour aller au lit.
- Mais, il n’est que
vingt-deux heures ! protestai-je. D’après le planning de papa, j’ai le
droit de me détendre jusqu’à vingt-trois heures !
- Certes, répondit ma
mère, mais je pense que nous avons assez entendu parler de toi pour
aujourd’hui !
Bougonne, je partis dans la salle de bains en
claquant la porte derrière moi.
Lorsque
mes parents vinrent me border, je crachai :
- Ne perdez pas votre
temps avec moi ! Allez plutôt dire bonne nuit à votre parfaite petite
Louise !
Michael eut un mouvement de recul, comme si ma
réplique lui avait asséné un coup de poing dans le ventre. Puis, il me
dit :
- Arrête de raconter
n’importe quoi, ma princesse ! Nous t’aimons tout autant que ta
sœur !
- Je suis sûre que
certaines profs ont dit du bien de moi ! plaidai-je. Pourtant, vous n’avez
complimenté que Louise ! Moi, j’ai juste eu le droit à une fessée !
- C’est vrai, Marie
chérie, concéda Scarlett. Nous t’avons déjà dit au moment de la réception de
ton bulletin que nous étions très fiers de toi en anglais, histoire et
géographie. Et c’est le cas ! Tes trois profs ont bien dit que, même si tu
pouvais encore mieux faire, tu étais une super élève et que c’était un bonheur
de t’avoir dans leur classe. Il n’empêche qu’il y a plus eu de négatif que de
positif.
- Nous prenons note de ce
que tu viens de nous dire et à l’avenir, dit papa, nous essaierons de ne pas
seulement punir le négatif mais aussi de valoriser le positif.
- Merci ! dis-je,
mi-agacée mi-adoucie.
- Aller, dors bien ma
princesse, dit papa en m’embrassant sur le front avant que maman l’imite. Nous
t’aimons plus que tout au monde !
Mes parents sortirent de ma chambre et,
puisqu’il n’était que vingt-deux heures et que je savais qu’ils n’allaient pas
venir vérifier ce que je faisais tant qu’il n’y aurait pas de bruit, je me
relevai. Dans un premier temps, j’allai attraper sur ma coiffeuse la crème
super-efficace de Magdalena pour m’en appliquer une généreuse couche sur chaque
fesse. Puis, j’attrapai mon livre d’école (l’édition intégrale des
Misérables de Victor Hugo) et me mis à lire jusque tard dans la nuit.
A suivre…

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