Depuis le séjour d’Yves à la maison – je
pense même que ça a commencé un peu avant qu’il arrive ! – je suis entrée
dans une phase de ras-le-bol. Vous savez, le genre de phase où vous en avez
marre de tout et où vous avez envie d’envoyer paître tout le monde. Vous auriez
juste envie de rester enfermé chez vous et que tout le monde vous foute la
paix ; ou mieux : aller vivre sur une île déserte !
J’étais en plein dans cette phase. J’en
avais marre de tout.
Les vacances tombaient bien car j’en
avais marre de mes élèves, et principalement ceux qui ne fichaient rien. Cette
année, j’ai beau enseigner dans l’établissement privé le plus cher
d’Île-de-France, il n’empêche que j’ai des classes difficiles : les
parents friqués scolarisent leur rejeton dans cet internat parce qu’ils sont
dépassés et ne savent plus quoi en faire. J’en viens à penser pour certains que
ce n’est pas moi qui devrais recevoir la fessée, mais eux !
J’ai
à ma charge une classe de 6ème (je n’apprécie pas trop les 6èmes
car ils sont encore trop bébés et mettent beaucoup, beaucoup de temps à prendre
le rythme du collège, ce qui signifie qu’il faut mettre de l’énergie
supplémentaire pour être toujours derrière eux !), une classe de 5ème
(j’ai la classe avec le niveau le plus faible, ce qui fait qu’actuellement je
n’ai d’autre choix que de revoir le programme de CE2…) et deux classes de 3ème.
Si l’une de mes classes de 3ème est brillante, l’autre est profondément
difficile et fainéante (seuls 6 élèves sur 29 ont obtenu la moyenne au premier
Brevet blanc de français !). Ajoutez à cela les heures de soutien que
j’effectue auprès de deux classes de 4ème (des gosses de riches qui
se prennent pour des racailles des bacs à sable, ce qui donne deux classes très
pénibles !) et d’une classe de 2nde (les 2ndes n’ont
pas de diplôme à passer durant l’année et se prennent pour des caïds parce
qu’ils sont entrés au lycée… cela ne les rend que plus pénibles !), dans
tout ça, je vous assure qu’il y a beaucoup de claques qui se perdent !
Détrompez-vous :
j’adore mon métier, j’adore enseigner et la plupart des élèves sont vraiment
merveilleux ; mais puisque je suis dans une période de ras-le-bol, je ne
vois que le négatif !
J’en avais également marre de ma
maladie : si elle pouvait partir en vacances de temps en temps aussi
celle-là… !
Et j’en avais marre de moi-même et de ma
procrastination. Je n’avais pas touché à ma formation depuis plus d’un mois
(alors que j’aurais déjà dû envoyer deux devoirs), je ne travaillais pas mon
piano assez régulièrement, je n’avais toujours pas appelé le kiné alors que les
séances étaient essentielles pour la guérison de ma cheville… Et j’en passe.
Tout me prenait la tête. J’avais juste
envie qu’on me laisse tranquille. Plus de corrections de copies. Plus de
préparation de cours. Plus de médicaments. Plus de rendez-vous à prendre… Juste
mon canapé, mon plaid, ma télé et mes chats ; et évidemment mon amour de
mari : mais celui-ci était toujours en déplacement.
Cela faisait presqu’une semaine que
Gabriel me menaçait d’envoyer un message à Thomas sans le faire ; et cela
ne lui ressemblait absolument pas de ne pas mettre une menace à exécution. J’en
conclus qu’il avait décidé de ne pas le contacter et d’abandonner mon
suivi ; après tout, si j’en avais moi-même ras-le-bol, pourquoi mon frère
n’en aurait-il pas ras-le-bol, lui aussi ? Nous étions lundi 2 mars et Gabriel
ne répondait pas à mon message, ce qui voulait dire qu’il abandonnait. Il
m’abandonnait.
Cela me dépitait encore plus. Si mon
frère lâchait lui aussi l’affaire, c’est que j’étais réellement un cas
désespéré. Gabriel est la personne la plus coriace que je connaisse : s’il
laissait tomber, je n’avais plus qu’à me laisser couler tout au fond de l’eau.
J’en venais même à me dire que mon absence ferait du bien à tout le
monde : mon mari, mes frères et sœur et ma mère n’auraient plus de poids à
porter. Plus besoin de me rappeler sans arrêt de prendre mes médicaments, de surveiller
les horaires afin que je mange/dorme aux bonnes heures, plus besoin de
m’accompagner aux rendez-vous médicaux… Plus besoin de me porter au quotidien.
Seule à la maison, je décidai d’envoyer
un mail à ma psy. Elle m’appela en retour et me rassura, en disant qu’il
fallait que j’arrête de paniquer et d’interpréter les silences de mon
frère : si Gabriel ne me répondait pas, peut-être que c’était juste parce
qu’il était occupé ! Cela ne signifiait pas qu’il m’abandonnait ! Je
dis alors à ma psy que j’allais tout arrêter, y compris le tutorat. Elle me
répondit que ce serait une énorme erreur : « Jusqu’à maintenant, vous
vous êtes battue contre vous-même. Il y a trop de gens qui se laissent aller et
se laissent couler au fond de l’eau. Vous, vous avez décidé de vous battre et
de maintenir la tête hors de l’eau ! Alors continuez ! Vous avez la
chance d’avoir des proches qui n’attendent que de vous aider à nager ! ».
Mouais. Enfin pour le moment, Gabriel ne
répondait plus à mes messages. Il avait décidé de m’abandonner.
-
N’importe
quoi, me dit Jeanne après que je lui ai fait part de mon mal-être.
Gabriel ? T’abandonner ? Tu as craqué, toi !
-
Il
en a marre que je fasse n’importe quoi,
répondis-je. Il lâche l’affaire.
Soudain,
une notification WhatsApp apparut mon écran d’ordinateur. C’était Thomas. Mon
rythme cardiaque accéléra d’un coup ! J’ouvris le message :
« Bonjour
Lucie. Gabriel m'a contacté. Et cela ne me plaît pas du tout. Es-tu disponible
vendredi vers 17h45 ? ».
J’envoyai de suite un message à
Jeanne :
« Bon,
en fait Gab’ n’a pas abandonné du tout. Il a appuyé sur le bouton rouge. Il a
demandé à Thomas de me convoquer. »
« Ah !
Tu vois ! Tu te fais toujours des films, toi… », me répondit-elle.
Oui, quand un de mes proches intimes ne
me répond pas pendant cinq heures, je me fais des films et part littéralement
en live. Le fait était que mon frère me montrait qu’il n’avait pas l’intention
de m’abandonner ; il avait même l’intention de me mettre un gros coup de
pression.
Le rendez-vous avec Thomas fut pris ce
samedi 7 mars après-midi. J’étais fichue.
Durant
cette semaine, je ressentis ce que, je pense, les enfants ressentent lorsqu’ils
craignent un parent plus que l’autre. Vous savez, le fameux :
« J’appelle ton père ! ». Gabriel n’était pas là en ce moment pour me recadrer et
puisqu’il ne pouvait pas venir à la maison avant le 23 mars, il faisait appel à
Thomas.
Avec ce message à Thomas, Gabriel venait
de signer mon arrêt de mort. J’étais certaine que mon ancien tuteur allait me
tuer. La dernière fois, il m’avait bien fait comprendre que si je devais
revenir le voir, ça irait très mal ; et après avoir lu le récit sur le
blog, il m’avait envoyé un message : « Je retiens que tu m’as donné
des excuses « bidon » ; et que la prochaine fois, tu ne prendras
que des fessées infantilisantes à la main si Gabriel doit me
recontacter. »
J’espérais vraiment que Thomas ait
totalement oublié qu’il m’avait écrit ça. J’espérais qu’il serait atteint d’une
amnésie temporaire ; car j’étais dans ma période je-m’en-foutiste et je
n’avais pas du tout envie de fournir le moindre effort. Je n’avais pas non plus
envie d’une séance chez Thomas.
Ce samedi 7 mars, je me garai donc chez
Thomas pour 15h. Il faisait beau et bon, j’aurais bien aimé faire autre chose
un samedi après-midi que d’aller prendre une rouste salée chez le tuteur qui me
terrifie.
Néanmoins,
lorsque Thomas ouvrit la porte, je le pris instantanément dans mes bras. Je
devais bien avouer que j’aimais profondément Thomas et qu’il restait un repère
important pour moi.
Thomas
m’avait informée par message qu’il était fâché, mais lorsque je m’assis sur son
canapé, il commença à discuter avec moi comme si tout allait bien. Cela me
sembla de bon augure. Il y a quelques années en arrière, je me souviens qu’une
fois Thomas avait été tellement furieux qu’il n’avait pas ouvert la bouche et
avait directement débuté la séance en me flanquant une fessée salée.
Après une petite discussion détente
(notamment autour de Disneyland et de ses nouveautés, puisque Gabriel nous a
offert des pass annuels à Hugo et moi pour Noël), Thomas en vint à afficher mon
tableau sur sa télé.
Il
était déjà un peu trop rouge sur ordinateur mais sur l’immense et imposante
télévision de Thomas, c’était encore pire ! Même si j’avais toujours mon
état d’esprit « je-m’en-foutiste », je n’étais pas très à l’aise avec
mon bilan. Je comprenais aisément que mon frère ait fait appel à Thomas, même
si je lui en avais beaucoup voulu.
Gabriel
avait apparemment demandé à Thomas d’axer la séance sur ma santé. Je dis
« apparemment » puisque ni l’un ni l’autre n’a voulu me révéler le
contenu intégral de leurs échanges. Je sais juste qu’il y a eu plusieurs
messages et que Thomas m’a bien fait comprendre que Gabriel était furieux. Ça
annonçait une autre fessée pour le 23 mars, cette histoire…
Si
la séance était axée sur ma santé, cela voulait dire que Thomas me laisserait
tranquille avec la conduite et les études. C’était la première bonne nouvelle
de l’après-midi ! Néanmoins, il y avait déjà beaucoup trop à dire sur le
plan sanitaire : les médicaments n’étaient pas pris de façon régulière, je
ne faisais aucun effort pour boire assez d’eau quotidiennement, je ne
respectais pas toujours mon régime alimentaire et surtout, surtout, étant en
vacances, j’avais un rythme de sommeil lamentable. C’est pour cela que Gabriel
était furieux : le sommeil !!
Après m’avoir fortement réprimandé sur
tous ces items – Thomas haussait le ton, ce qui signifiait qu’il était
fâché ! –, Thomas se leva et prépara la pièce pour me sanctionner. Mon
cœur se mit à battre à tout rompre. J’avais envie de fuir. J’avais vraiment
envie de fuir !
Avec
Gabriel, je n’avais pas le choix : que je sois d’accord ou pas, si je
déconnais il me flanquait une fessée. Si demain je disais à mon frère que je
voulais arrêter le tutorat et ne plus jamais recevoir de fessée de toute ma
vie, il me rirait sûrement au nez en me disant : « Moi vivant ?
Je ne te laisserai pas dépérir ! Si tu dois en prendre une, je t’en mets
une ! ». Cependant, pour Thomas, j’avais fait la démarche d’aller
jusque chez lui. Conduire un peu plus de quarante-cinq minutes jusque chez
Thomas revenait à donner mon consentement pour qu’il me recadre. Même si je
craignais la réaction (qui serait sûrement de la déception) de mon entourage
proche si je refusais d’y aller, j’avais quand même le choix. J’avais choisi
d’y aller. Un choix contraint, certes, mais un choix quand même.
Néanmoins,
en voyant Thomas préparer la pièce, je n’étais plus du tout sûre de mon choix.
Je craignais vraiment ce qui allait tomber sur mon derrière. Je ne voyais aucun
instrument dans la pièce, signe que Thomas n’avait pas du tout oublié sa menace
de fessées manuelles infantilisantes. Sur le moment, j’avais envie de pleurer
avant même qu’il ne me touche ! Et en même temps, j’étais toujours dans
mon trip : « Vas-y, mets-moi une fessée, de toute façon je
continuerai de n’en faire qu’à ma tête ! Tout me saoule ! ».
-
Lève-toi,
m’ordonna Thomas lorsqu’il fut prêt à en découdre.
-
Non,
répondis-je fermement.
Je
ne sais même pas ce qui m’a poussée à répondre avec autant d’aplomb. Ça aurait
limite pu être interprété comme de l’insolence ! En temps normal, si je
n’avais pas été dans une mauvaise période, j’aurais eu bien trop peur de
répondre ainsi à Thomas !
Vous
savez, Thomas est grand. Il fait facilement une tête de plus que moi. De plus,
il est très sportif et donc musclé. Il est physiquement impressionnant ;
et il possède un regard ferme et pénétrant qui donne l’impression d’être passé
aux rayons X. Quand Thomas est fâché et qu’il me regarde, j’ai l’impression
qu’il décèle le moindre de mes mensonges, ce qui me pousse à lui dire la
vérité.
Evidemment, en réponse à mon « non »,
Thomas m’attrapa le bras et tira dessus d’un coup sec pour me faire lever. Je
me protégeai immédiatement les fesses, sachant très bien que mon accès de
confiance allait être sanctionné.
J’avais
fait exprès de mettre toutes les chances de mon côté vestimentairement
parlant : j’avais enfilé une épaisse culotte de règles (alors que je
n’étais absolument pas réglée cette semaine), un legging par-dessus, et une
longue tunique. Je savais, par expérience, que les robes et les tuniques
embêtent les tuteurs pour donner la fessée debout : il faut sans cesse la
relever, ce qui est pénible. C’étaient des petites embûches, toutes petites,
qui pouvaient peut-être faire la différence.
Seulement,
face à mon « non », Thomas releva tout de suite ma tunique, baissa
mon legging et ma culotte et me flanqua une fessée appuyée sur mes fesses nues
en me réprimandant :
-
Tu
ne vas certainement pas démarrer avec cette attitude ! Tu vas
écouter ! Quand je te dis de te lever, tu te lèves ! Tu ne discutes
pas ! C’est clair ?!
Outch,
ça débutait très mal ! Je ne m’attendais pas à être déculottée d’entrée et
je fus horriblement vexée par cette fessée debout. Mon
envie de pleurer grandit un peu plus. J’avais payé cher mon semblant de
rébellion !
Mes fesses commençaient déjà à chauffer
lorsque Thomas me demanda :
-
Regarde
ton tableau, Lucie. A ton avis, qu’est-ce qui ne va pas au niveau de ta
santé ?
-
Le
sommeil… répondis-je avec appréhension.
Normalement,
je devais me coucher à 23h tous les soirs ; mais puisque j’étais en
vacances, Gabriel m’avait autorisée à veiller jusqu’à minuit. Seulement,
lorsque je regardais la colonne du sommeil et regardais les heures de coucher,
je lisais 1h, 4h, 1h15, 2h, 1h30, 1h… Et c’était ainsi depuis le 21
février. Depuis le 21 février, il n’y avait qu’une seule date où je m’étais
couchée avant minuit. Il n’y avait qu’un seul soir où j’avais obéi à mon frère.
-
Exact,
le sommeil ! me gronda Thomas. Tu crois que c’est raisonnable de t’être
couchée à ces heures-là ? Tu crois que c’est bon pour ta santé ?
-
Non…
répondis-je, appréhendant la suite des événements.
Comme
je le redoutais, Thomas s’assit sur le canapé.
-
Viens
ici ! dit-il fermement en me montrant ses genoux.
Je
me mis à protester vivement. Je venais déjà de me ramasser une déculottée
debout, il était hors de question que je me retrouve OTK ! Dans cette
position, ma tunique ne gênerait plus, je serais entravée et à la merci de la
main abominable de Thomas.
-
Ne
m’oblige pas à venir te chercher ! me prévint-il.
Je
l’obligeai quand même. Il dut se déplacer pour m’attraper le poignet et me
tirer en travers de ses cuisses. Là, je me dis que c’était le début de la fin.
J’étais dans de sales draps. J’étais dans de très sales draps. J’étais d’ores
et déjà déculottée et je sentais le pire arriver. Lorsque Thomas est fâché, il
ne fait pas semblant ; d’autant plus que Gabriel lui avait apparemment
parlé du sommeil à deux reprises ; et notamment du fait que je n’écoutais
toujours pas mon frère cette semaine malgré ma convocation chez Thomas.
Ce dernier commença alors à claquer mon
derrière et je compris immédiatement que j’avais eu raison de stresser. J’avais
eu raison d’être inquiète à l’idée d’être à nouveau convoquée chez lui.
Lors
de la consultation du tableau, avant que Thomas n’installe la pièce pour me
corriger, il m’avait posé des questions sur le pourquoi de mes couchers
tardifs. Bien que j’aie brodé comme je le pouvais, Thomas s’était vite rendu
compte que je ne faisais pas beaucoup d’efforts pour me coucher à l’heure ;
je n’allais me coucher que lorsque mon corps était vraiment épuisé et que je
n’en pouvais plus de rester éveillée.
Alors cette fessée dura. Oh oui, je peux
vous dire qu’elle dura ! Elle dura ce qui me sembla une heure ; en
réalité, j’étais peut-être restée un quart d’heure sur les genoux de Thomas…
Mais un quart d’heure à recevoir des claques gigantesques, je peux vous dire
que c’est un enfer sans nom !
Je
n’arrêtais pas de prier Thomas d’arrêter. Je ne cessais de formuler des
« Stop ! Stop ! », ce à quoi il me répondait tout en
continuant de me claquer le derrière :
-
Oui,
stop ! Stop à ton comportement irresponsable ! Tu n’en fais qu’à ta
tête ! Il va falloir que ça cesse et que tu apprennes à te comporter en
adulte, Lucie ! Pour le moment, tu agis uniquement en gamine
irresponsable ! Il faut toujours être derrière toi ! C'est insupportable !
Chaque
claque tapait autant sur mes fesses que sur mon ego ; et entendre les
réprimandes de Thomas était un calvaire ! J’entendais mon ego se fracturer
sans rien pouvoir faire ! J’étais effectivement en train de recevoir une
déculottée comme une enfant qui refuse d’aller se coucher.
Il
n’empêche que cette déculottée était horrible à recevoir. Thomas tapait
partout, y compris sur les endroits très sensibles. Parfois, quelques claques
tombaient sur les cuisses ; et même si j’avais mal, cela donnait du répit
à mes fesses !
La
main impitoyable de Thomas continuait de tomber alors que j’essayais de gigoter
pour y échapper, sans succès. Et mon bourreau du jour continuait de me gronder
comme une enfant. Je ne mis pas longtemps à me confondre en excuses :
-
Je
suis désolée ! Je suis vraiment désolée !
-
Oh
que oui, tu vas être désolée ! me répondait Thomas. Je te garantis que tu
vas vraiment être désolée !
Et
les claques continuaient de tomber. C’était infernal. J’avais déjà éclaté en
sanglots au bout d’une minute ; et cela devait bien faire sept ou huit
minutes que je pleurais en recevant cette volée.
-
Je
vais me coucher tôt ! promis-je en sanglotant.
-
Tu
m’as déjà dit ça la dernière fois, Lucie ! rétorqua Thomas. Comment je
pourrais te croire ?
J’eus
beau promettre, jurer même que j’allais m’améliorer, Thomas ne me lâchait pas.
Les claques spatiales tombaient toujours sur mon pauvre derrière qui, à l’heure
qu’il était, devait être aussi rouge qu’un champ de fraises.
Je
ne me souvenais même pas que Thomas m’ait déjà gardée aussi longtemps sur ses
genoux. Peut-être fut-ce le cas mais cela est complètement sorti de ma mémoire.
Tout ce que je savais, c’était que cette fessée OTK n’en finissait pas !
Je ne pouvais même pas mettre mes mains pour me protéger car contrairement à la
dernière séance chez Thomas, là j’étais plutôt mal installée sur ses cuisses ;
j’étais en biais et j’avais besoin de mon bras droit pour m’appuyer et ne pas
tomber. Mon bras gauche, lui, était bloqué : je n’avais aucun espace pour
faufiler ma main jusqu’à mon derrière. Je m’étais donc agrippée au tee-shirt de
Thomas et tentais d’encaisser au mieux cette punition tout en pleurant et en priant
Thomas de stopper son horrible main.
-
Thomas,
pitié ! Pitié, je t’en prie ! Arrête !
-
C’est
moi qui devrais te dire ça, Lucie ! rétorquait-il en continuant de taper. Pitié,
Lucie ! Pitié, arrête de faire n’importe quoi avec ta santé !
Je
tentai d’essayer de me relever plusieurs fois mais sans succès : Thomas
avait enroulé son bras autour de ma taille et me bloquait dès que j’essayais de
me remettre debout. Je pensai alors à me laisser glisser à terre ; mais
Thomas aurait vite fait de me remettre sur ses genoux et de punir sévèrement ma
tentative d’esquive.
Je
n’avais aucune échappatoire. Les claques continuaient de tomber, tout comme les
réprimandes infantilisantes de Thomas, que je ne supportais plus d’entendre. Je
ne pouvais m’empêcher de pleurer et de prier pour que ça s’arrête !
Après de nouvelles réprimandes
accompagnées de claques très salées, Thomas me libéra enfin. En me relevant, je
pris conscience que j’étais totalement en nage. Je pleurais à en avoir des
spasmes et avais du mal à me calmer. Je venais vraiment de ramasser une sacrée
trempe ; je n’aurais jamais pensé que Thomas me garderait autant de temps
sur ses genoux ! Là-dessus, je l’avais vraiment sous-estimé !
-
Va
là-bas, me dit Thomas en me désignant le mur. Tu vas aller réfléchir face au
mur comme une gamine irresponsable !
Il
tapait encore sur mon ego qui avait pourtant déjà éclaté en mille morceaux,
tout comme mon mental. J’obéis, n’ayant pas d’autre choix, surtout après la
volée monumentale que je venais de recevoir.
-
Mains
sur la tête ! m’ordonna Thomas. Tu n’as pas intérêt à bouger, je te
préviens !
Je
n’avais absolument pas l’intention de désobéir : j’avais trop mal aux
fesses pour ça ! J’enfouis mon visage dans mes mains et tentai de calmer
mes pleurs. J’essayais de me répéter que la fessée était terminée et qu’il ne
servait à rien que je continue de pleurer pour le moment, même si je
savais bien que Thomas n’en avait très certainement pas fini avec moi…
Au bout de quelques instants, Thomas m’appela
à lui. J’avançai, fébrile. Il installa un bloc-notes et un stylo sur la table
et me demanda de m’asseoir. J’avais beaucoup trop en mémoire les fameuses
lignes qu’il me faisait écrire jadis et les fessées debout qui les accompagnaient.
Lorsque Thomas me demanda de m’asseoir sur la chaise, m’attendant au pire, je
chuchotai un « Putain… » que, je ne sus par quel malheur, Thomas
entendit.
-
Qu’est-ce
que tu viens de dire ?! me gronda-t-il en m’attrapant le poignet.
En
moins de deux secondes, je me retrouvai à nouveau sur ses genoux à recevoir
une très bonne fessée.
-
Je
te demande juste de t’asseoir sur la chaise et toi, tu lâches un juron ?! C’est
une façon de se comporter, ça, Lucie ?! C’est une façon de parler ?!
J’eus
beau m’excuser, Thomas me garda sur ses genoux pendant une ou deux minutes, ce
qui me sembla très sévère pour un simple gros mot ! Je dus formuler des excuses
en bonne et due forme pour que Thomas me lâche et me fasse écrire des lignes.
« Je
suis désolée de m’être couchée en retard le samedi 21 février. » me
dicta-t-il. Et je devais écrire la même chose pour toutes les dates, jusqu’au 6
mars. Thomas me donna cinq minutes pour le faire.
En
écrivant, je vous assure que j’étais persuadée que j’allais reprendre une fessée
pour chaque date. Durant l’éternelle fessée OTK que je venais de recevoir pour ma
mauvaise gestion du sommeil, j’avais promis à Thomas de me coucher plus tôt. Je
lui avais promis maintes et maintes fois pour qu’il arrête enfin de me claquer les
fesses ; en revanche, je n’avais strictement pas parlé de la sieste quotidienne
que je devais faire et qui est autant, si ce n’est plus importante. Le médecin
m’avait prévenue – et je l’avais très vite remarqué – que je déclenchais
systématiquement une crise de douleur lorsque je n’avais pas fait de sieste
dans la journée. En revanche, cette même crise de douleur n’était pas
systématique lorsque je n’avais pas eu mes 10h de sommeil la nuit (dans la
limite du raisonnable, bien sûr…).
Cependant,
la sieste restait ma bête noire. C’était encore plus dur pour moi d’aller à la
sieste que de me résoudre à me coucher tôt. Techniquement, il m’était tout à
fait possible de faire la sieste tous les jours : même au travail, j’avais
une pause de minimum une heure et demie le midi. Si je ne voulais pas utiliser
la salle de repos (personne ne l’utilise, du coup elle sert un peu de débarras
et ne donne pas franchement envie d’y aller !), je pouvais tout à fait aller
me poser dans ma voiture. Et à la maison, j’avais tout le loisir d’aller me
coucher ; mais comment me résoudre à aller dormir alors que la journée battait
son plein ?
J’avais
donc fait exprès de ne rien promettre à Thomas sur ce plan-là, et j’avais fait en
sorte de ne mentionner que les heures de coucher tardives (ce qui était déjà
pas mal !) pour éclipser totalement les siestes non-faites.
-
Il te
reste une minute ! me prévint Thomas alors que je continuais d’écrire les
lignes.
-
Je
n’aurai jamais fini ! protestai-je.
-
Je
t’ai demandé de parler ?! me gronda-t-il.
Ce
fut pile à ce moment-là que je m’aperçus que j’avais changé. Il y a encore
quelques années, voire quelques mois, j’aurais rétorqué un insolent « Si j’ai
envie de parler, je parle ! », quitte à m’attirer des conséquences
ultra-cuisantes ; mais aujourd’hui, je réussis à me retenir de répondre –
au prix d’efforts colossaux, vous pouvez me croire ! Pourtant, Dieu sait ô
combien j’avais envie de me rebeller et d’envoyer Thomas se faire cuire un œuf ;
mais la peur de la fessée qui en découlerait m’arrêta net.
Grâce au Ciel, Thomas ne me flanqua pas d’autre
fessée pour le sommeil. Il fallait dire que le quart d’heure (peut-être
était-ce même plus long que ça !) que je venais de passer sur ses genoux aurait
calmé n’importe qui !
Thomas concentra alors son attention sur
les médicaments. Sur les sept médicaments que je dois prendre quotidiennement,
six étaient pris de façon irrégulière. Puisque Thomas ne m’avait pas donné d’autre
indication que de me lever de ma chaise, je compris que la redoutée fessée
debout me ferait payer ma flemme de prendre mes médicaments.
Thomas
me donna six fessées debout pour les six médicaments pris irrégulièrement.
Puisque je n’arrêtais pas de mettre mes mains pour me protéger, Thomas les
bloquait dans mon dos d’une main – ce qui lui permettait du coup de maintenir
ma tunique levée ! – et me punissait de l’autre.
J’étais
on ne peut plus vexée. Je vous assure que niveau infantilisation, on ne peut
pas faire pire ! Mes mains bloquées dans le dos, je tentais de me cambrer
en avant pour échapper aux claques, tout en pleurant et en priant Thomas d’arrêter.
On aurait vraiment dit une enfant qui passe un très sale quart d’heure !
Je pense d’ailleurs que mes larmes étaient autant dues à la douleur qu’à l’humiliation.
Pour le coup, j’aurais vraiment souhaité que Thomas prenne n’importe quel
instrument plutôt qu’il me punisse de la sorte !
Quand j’eus accusé les six longues et
douloureuses fessées debout, Thomas me renvoya au coin. Puis, il me demanda de
rédiger un mot de repentance. Dans ce mot, je m’engageai à me coucher plus tôt et
à prendre mes médicaments de façon plus régulière. Je fis exprès de ne faire
aucune allusion à la sieste pour que tout le monde arrête de me saouler avec
cette pause quotidienne obligatoire !
En me prenant dans ses bras pour me signifier
la fin de la séance, Thomas m’annonça qu’il comptait sur moi et que si Gabriel
devait le recontacter pour les médicaments ou le sommeil, ça irait très mal. Je
n’osai pas demander à Thomas si le sommeil signifiait uniquement les couchers
tardifs ou s’il incluait la sieste. Je pense que sa réponse ne m’aurait pas
plu. Alors que je me rhabillais, Thomas ajouta :
-
Si
cela n’avait tenu qu’à moi, on aurait discuté d’autres colonnes ! Mais
puisque Gabriel ne m’en a pas parlé, je ne dirai rien.
Je savais très bien de quoi il parlait :
les textos au volant et les excès de vitesse. Là-dessus, je pouvais m’estimer
très heureuse que mon frère n’ait rien dit à Thomas : je crois que j’aurais
pris très cher !
Il
se pouvait même que Thomas ait voulu parler de ma formation à laquelle je ne
suis vraiment pas assidue. Là aussi, je pense que j’aurais reçu une bonne
volée. Au final, moi qui avais détesté mon frère d’avoir contacté Thomas, je me
rendais compte qu’il avait été plutôt clément en omettant quelques items.
Hugo ne voulait pas que j’entame ma
formation sans en parler à Gabriel. Mon mari m’avait dit, mot pour mot : « Si
tu n’as pas la menace d’une fessée de temps en temps, tu ne travailleras pas du
tout ! ». Force est de constater qu’il a raison. Gabriel se concentre
uniquement sur ma santé – ce qui est déjà un très gros morceau et en cela, il
est admirable ! – ce qui me permet de me relâcher un peu sur le reste.
En rentrant à la maison, je reçus un
message de Jeanne :
« Alors ?
Comment ça a été chez Thomas ? »
« Je
suis vivante. Vivante et calmée. »
Je suis toujours dans ma période « je-m’en-foutiste ».
Néanmoins, depuis mon départ de chez Thomas hier après-midi, je me suis couchée
tôt hier soir et tous mes médicaments ont été pris. En ce qui concerne la
sieste, la conduite et les études, c’est une autre paire de manches. Il va me
falloir un peu de temps pour sortir de ma mauvaise période et me remotiver !
A
suivre…
Un petit coup de blues 😏 Tu as profité de tes vacances pour vivre à ton rythme et souffler un peu 👍c'est tout à fait compréhensible.
RépondreSupprimerL'essentiel est de te reprendre 😏
Courage 🙏