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Journal d'une étudiante accueillie - Chapitre 112 *Bonus*

 


       Les enfants couchés, Michael et Scarlett se servirent un verre de vin et s’installèrent sur le canapé. Scarlett posa ses jambes sur les cuisses de son mari, son dos reposant sur l’accoudoir.

-    Je crois qu’on peut l’éteindre, dit Michael en désignant le babyphone posé sur la table basse, montrant Marie en train de dormir.

-    Laissons-le jusqu’à ce que nous allions nous coucher, conseilla Scarlett. Juste pour être sûrs.

Michael hocha la tête pour montrer qu’il était d’accord.

-    Quelle journée ! dit l’informaticien après avoir soupiré. On n’a même pas eu une minute à deux pour débriefer de ce qu’il s’était passé !

-    Tu veux qu’on débriefe sur les enfants ? se renseigna Scarlett.

-    J’aimerais bien, oui, si tu es d’accord.

-    Ok, mais promets-moi qu’ensuite, on s’occupera un peu de nous. J’espère que tu n’as pas oublié mes grands talents de masseuse !

-    Tu comptes me masser ?

-    Je compte bien masser chaque millimètre carré de ton corps, dit l’ancienne flic d’une voix enjôleuse.

-    Dans ce cas, commençons ce débrief au plus vite afin qu’il soit vite terminé !

Le couple prit chacun une gorgée de vin rouge puis Michael demanda :

-    Par qui on commence ?

-    Faisons du moins compliqué au plus compliqué, décida Scarlett. Louise.

-    Que veux-tu que l’on dise sur Louise ? s’étonna Michael.

-    Tu n’as pas remarqué qu’elle était bizarre depuis qu’elle est rentrée de l’école ? se renseigna la mère de famille, atterrée par le fait que son mari ne soit pas très observateur. C’était comme si elle portait un poids qu’elle devait à tout prix nous cacher !

-    C’est peut-être en rapport avec le retour d’Ana, dit Mike.

-    Non, c’est autre chose, affirma Scar. Il s’est passé quelque chose à l’école.

-    Hum… dit le chef de famille, pensif. Il va falloir qu’on mène l’enquête.

-    Ensuite… Mayeul ? proposa la mère au foyer.

Michael ria avant de dire :

-    Alors lui, pas besoin d’être fin pour voir qu’il est calmé ! Il est doux comme un agneau depuis mardi !

-    Tu as remarqué ses « Bonjour papa », « merci maman », « oui papa », « d’accord maman » ? demanda Scarlett en souriant. Bientôt, il sera encore plus sage que Louise ! Je crois bien que nous lui avons fichu une peur bleue !

-    En tout cas, même les religieuses ont dit qu’il avait été exemplaire aujourd’hui. C’est le but que nous cherchions à atteindre, non ? On sait maintenant qu’avec notre fils, il faut frapper un très grand coup pour qu’il rentre immédiatement dans le rang !

-    Pourvu que ça dure, ajouta Scarlett.

-    Je suis peut-être optimiste mais je pense que ça durera !

-    Passons à Marie, intervint Scar.

Cette fois-ci, Michael soupira avant de demander :

-    Tu crois que notre plan a marché ? On a réussi à tenir trente-sept minutes, quand même !

-    Seul l’avenir nous dira si c’est le cas, dit la cheffe de famille. Le problème avec Marie, c’est que lorsqu’on bouche un tunnel de sortie, elle en creuse un autre, et un autre, et un autre…

-    Au bout d’un moment, j’imagine qu’on les aura tous stoppés ! dit Michael. Et puis le problème jusqu’à aujourd’hui était qu’on la laissait creuser. Si, comme Hugues nous l’a dit, on évite toute discussion avec elle et qu’on s’en tient à bêtise égale sanction immédiate, peut-être qu’elle commencera à comprendre… Notre fille est une très bonne oratrice. Tels les hommes d’Ulysse, nous devons mettre de la cire dans nos oreilles pour éviter d’entendre son chant.

-    Tu es en train de comparer notre fille à une sirène diabolique ?! s’offusqua Scarlett en se redressant, enlevant ses jambes de son mari.

-    Oui, il y a parfois où elle est vraiment diabolique !

-    Moi je la voyais plutôt telle… Ariel. Encore enfant dans sa tête, mais elle veut quand même s’affranchir de ses parents pour faire tout ce qu’elle veut ! Et c’est l’originale de la fratrie !

-    Oui, ce n’est pas bête, dit Mike. Tu analyses très bien les choses. Quoiqu’il en soit, nous devons rester sourds à ses déclarations et appliquer une discipline stricte. Hugues nous a demandé d’imposer une dictature au sein de notre maison et c’est exactement ce que nous allons faire !

-    Marie avait aussi ce truc, dit Scarlett, songeuse.

-    Ce truc ? se renseigna Michael.

-    Le même que Louise. Porter un poids sans pouvoir le divulguer. Je suis vraiment persuadée qu’il s’est passé quelque chose à l’école.

-    Affaire à suivre, donc ! annonça Michael.

-    J’espère vraiment que cette fessée de trente-sept minutes va grandement la ralentir dans ses agissements, histoire que nous puissions découvrir ce qu’elle prépare. Et j’espère de tout cœur qu’elle est calmée ; car si nous devons appliquer le plan B, je ne sais pas si je vais pouvoir le supporter !

-    Hugues nous a dit d’agir ainsi pendant deux semaines, rappela l’architecte en informatique. On a deux semaines pour voir si notre nouvelle méthode fonctionne ou pas. Ne pense pas au plan B tout de suite !

-    Oui, tu as raison. Bon, et pour Ana ?

-    Tu veux dire l’enfant que nous avons récupéré à la place d’Anaïs ? rectifia Michael. Car nous sommes bien d’accords que nous n’avons pas du tout récupéré notre fille !

-    Qu’est-ce qui a bien pu se passer ?! s’alarma Scarlett. Elle agit tel un robot qui ne ressent rien et agit de façon automatique ! On dirait que ça ne la touche pas d’être rentrée à la maison !

-    Elle a quand même gardé son impulsivité, dit Mike. Je l’ai entendue brailler sur Marie puis sur Louise tout à l’heure, lorsqu’elles ont voulu tour à tour lui demander ce qu’elle avait. Sa colère est toujours là, et elle a l’air plus puissante que jamais…

-    Et tu as remarqué ce tatouage sur son bras ? demanda Scar. Je croyais que c’était un truc éphémère mais elle l’a toujours…

-    Oui, et je crois que Marie veut également découvrir ce que c’est.

-    Quoi ?!

-    Une fois que nous étions assis tous les deux sur le canapé en rentrant d’une visite au centre de redressement, Marie a laissé sous-entendre quelque chose… Comme si elle voulait mener une enquête, quitte à se mettre en danger. En tout cas, c’est l’impression que ça m’a donnée.

-    Mike, pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant ?! Putain mais c’est hyper grave !!

-    Je viens tout juste de faire le lien avec le retour étrange d’Anaïs, son tatouage et la conversation avec Marie, se défendit-il. Pardonne-moi de ne pas avoir un esprit aussi vif que le tien !

-    Oh ce n’est pas vrai… Marie est du genre à prendre des risques inconsidérés…

-    Calme-toi, Scar ! N’oublie pas qu’on la flique tout le temps ! Elle ne peut pas faire le moindre faux pas sans qu’on soit au courant. Si elle fait quoique ce soit, on le saura ! Et puis, on a la chance que Marie craigne encore une bonne fessée, ce qui n’est de toute évidence plus le cas d’Ana.

-    On va avoir besoin de renfort sur ce coup-là, déclara la mère de famille.

-    Qu’est-ce que tu veux dire ? se renseigna Michael.

-    Aujourd’hui, j’ai reçu en entretien une femme qui postulait pour être la gouvernante des filles. Cette nana a fait des études de mentalisme. Elle sait décrypter le moindre geste, la moindre expression… Elle saura nous dire si Ana et/ou Marie cache(nt) quelque chose.

-    Ah quoi bon puisque tu le fais déjà très bien ? demanda Mike. Tu es un détecteur de mensonges à toi toute seule !

-    Mais je ne suis pas infaillible, répondit sa femme. Et mon amour de mère m’aveugle parfois. Je vais immédiatement rappeler cette fille et lui dire qu’on l’embauche.

-    Au fait, on n’a toujours pas réglé cette histoire à propos de la gouvernante des filles et du valet de pied de Mayeul.

-    Quelle histoire ?

-    Auront-ils le droit de les corriger ? demanda Michael. Tu te souviens, on s’était posés la question.

-    Non, trancha catégoriquement Scarlett. S’il faut corriger physiquement nos enfants, nous nous en chargerons. En revanche, ils pourront les réprimander ou les envoyer au coin si nécessaire ; mais personne d’autre que mon mari et moi ne lèvera la main sur mes enfants !

-    Caleb l’a déjà fait…

-    Parce que nous étions absents et que c’était un cas d’extrême urgence. Non, les employés ne lèveront pas la main sur nos enfants, Michael ! Je croyais que le débat était clos !

-    Ne te fâche pas, je suis d’accord avec toi.

-    Il va falloir qu’on prie pour que Marie soit sage et qu’Anaïs se dé-robotise, déclara Scarlett. En attendant que Dieu nous exauce, nous allons embaucher cette mentaliste.

Scarlett attrapa son téléphone et écrivit un message à la nouvelle embauchée.

-    Et maintenant, puis-je avoir le massage que tu m’as promis ?

 

A suivre…

La suite !

Commentaires

  1. L'état a lavé le cerveau d'Anaïs, c'est aussi simple que ça. Pas sûr que ce soit réversible... Ça s'appelle un conditionnement. L'être humain en elle n'existe plus ou il est tellement réprimé qu'il en devient invisible, inaccessible. D'Anaïs n'a plus d'âme...Et elle n'a même plus de raison de vivre. Plus rien ne l'atteint...

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    1. C'est l'arme ultime des dictateurs 😡 😪😪😪
      Prions pour qu'elle retrouve un peu de son âme 🙏
      L'AMOUR fait parfois des miracles
      Et les Webber ont les moyens de s'entourer des meilleurs thérapeutes.
      🙏🙏🙏

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