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Le suivi de Little Princess - Bouton rouge réactivé !

 


       Gabriel repartit chez lui dans le sud de la France et mes vacances commencèrent. Cela coïncidait parfaitement avec mon envie de me relâcher malgré les recommandations du médecin.

       Comme dit dans le précédent article de mon suivi, j’avais fourni de gros efforts concernant les médicaments : je n’oubliais presque plus de prendre mon traitement et mis à part de rares oublis, cet item se stabilisait très bien. Mon frère décida donc de s’attaquer au 2ème plus gros problème : le sommeil.

       Là-dessus, je ne voulais pas céder, surtout pas pendant mes vacances ! Gabriel ne m’embêta pas trop avec la sieste mais me fixa la limite de vingt-trois heures pour aller me coucher chaque soir. Je refusai catégoriquement de me coucher aussi tôt. J’étais en vacances, pardi !

Alors, lundi dernier (le premier jour de mes vacances, quoi ! Sérieusement !), il m’envoya un message :

« Bref, tu ne veux pas te coucher. Ok. »

Je connaissais assez bien mon frère pour savoir que ce message signait mon envoi chez Thomas. Je reçus un message dès le lendemain :

« Bonsoir Lucie. Gabriel m’a contacté et je ne suis vraiment pas content. Es-tu disponible vendredi à partir de 18h ? ».

Vendredi ? Non. C’était justement la soirée que nous avions choisie Hugo, Jeanne et moi pour aller voir le biopic sur Michael Jackson. Vu comme j’étais fan de cet artiste et comme j’attendais la sortie de ce film depuis une éternité, il était hors de question que j’annule, surtout pas pour aller me faire matraquer le derrière !

Le rendez-vous fut pris pour ce lundi 27 avril. Thomas m’envoya un nouveau message :

« Je préfère être très clair : maintenant que tu es avertie qu’on va se voir, si ton comportement continue après ça, je le considèrerai comme un choix délibéré. Et je réagirai en conséquence, sans indulgence. »

Je tentai d’entrevoir une faille en demandant :

« Sur quels items dois-je axer ma concentration ? »

Je ne savais pas de quoi Gabriel lui avait parlé. Il y avait beaucoup de choses qui n’allaient pas : le sommeil en numéro 1, ça c’était clair. Couvre-feu et siestes compris. Mais il y avait aussi l’eau (je devais boire 1,5l par jour, je n’arrivais même pas à 50cl), le régime alimentaire (la colonne était entièrement rouge), mes études à distance (auxquelles je n’ai pas touché depuis 2 mois) et les excès de vitesse. Car bien qu’après la volée de mon frère, je n’aie pas osé refaire un gros excès de vitesse à plus de 40 km/h, j’étais quand même montée jusqu’à 25 km/h. Avec tout ça, je ne savais pas ce que mon frère avait dit à Thomas. Ce dernier finit par me répondre :

« Tu le sais très bien. Je t’invite à ouvrir ton fichier de suivi et à regarder le bilan de ces derniers jours. Stop au relâchement, ressaisis-toi. Notamment pour l’heure du coucher, Gabriel t’a donné des instructions claires. Tu as clairement dépassé les limites. Ça s’arrête maintenant. »

Bon, léger soulagement. Gabriel n’avait parlé que du sommeil. C’était un bon point !!!

 

       Malgré la grosse appréhension que j’avais de me rendre chez Thomas, je n’arrivais pas à me coucher tôt. C’était plus fort que moi. J’étais en vacances, pardi !!!

 

-    Du coup, on y va lundi ou mercredi à Disneyland ? me demanda Hugo alors que nous nous posions la question. Il faut que je m’arrange avec le travail.

-    Mercredi, lui répondis-je. Lundi, je ne suis pas disponible.

-    Tu n’es pas disponible ? s’étonna mon mari. Tu vas où ?

-    Chez Thomas, répondis-je.

Hugo éclata de rire avant de dire :

-    Ah bah ça, c’est bien fait pour toi ! Je n’arrête pas de te dire d’arrêter de tenir tête à Gab’ !

-    Ta gueule, répondis-je, vexée.

Mon mari continua de rire, ce qui m’énerva encore plus.

 

-    Tu n’as qu’une petite sœur et tu as décidé de la faire tuer ! me plaignis-je auprès de Gabriel alors que nous étions au téléphone en fin de semaine.

-    Je ne t’envoie pas à la mort ! relativisa mon frère. Je t’envoie vers ton trépas fessier. Tu vas sûrement avoir du mal à marcher… Mais tu ne vas pas mourir !

-    Tu ne connais pas Thomas.

-    Arrête, Lucie. De toute façon, tu n’avais qu’à m’écouter.

 

 

En me garant devant chez Thomas hier soir à 18h, je n’en menais pas large du tout. Premièrement, il y avait trois pigeons qui traînaient pas loin de la voiture ; et étant ornithophobe, il me fallut un courage monstre pour sortir de mon véhicule et m’éloigner de ces diaboliques volatiles. Deuxièmement, j’allais chez Thomas. Je pense que ça se passe de commentaires.

 

Thomas m’ouvrit sa porte.

-    Tu as des lunettes ? lui demandai-je.

-    Toi aussi, répondit-il en souriant. C’est fou, hein ! Tu as vu, j’ai remarqué que tu avais des lunettes !

-    Mais c’est juste que c’est la première fois que je te vois avec ! expliquai-je.

-    Pourtant, ça fait longtemps que je les ai, me dit Thomas.

-    Je ne t’ai jamais vu avec, justifiai-je.

Thomas est grand, il a une silhouette de sportif et est très séduisant. C’est le genre de gars qui peut se permettre d’être hyper pointilleux en matière de nanas, puisqu’il peut clairement avoir n’importe laquelle. Je suis persuadée que rien qu’en claquant des doigts, cinq filles tomberaient à ses pieds.

Bref, ses lunettes lui donnaient un petit côté Clark Kent qui lui allait vachement bien.

Je pénétrai dans l’entrée, enlevai mes chaussures et me rendis dans le salon en faisant comme chez moi. Je posai mon sac à mains et m’assis sur le canapé. Thomas me proposa à boire, j’acceptai.

 

       Nous discutâmes autour des sensations fortes (sports extrêmes et manèges à sensation), puis la discussion dévia sur la fête d’Halloween au Parc Astérix (j’avais cru mourir d’un arrêt cardiaque plusieurs fois cette soirée-là tellement j’ai eu peur !) et sur le manoir de Paris. Si je disais à Thomas que j’étais une vraie flipette et que j’avais très, très peur de ces trucs-là, lui me confia qu’il savait que c’étaient des acteurs et qu’il trouvait juste ça cool et marrant. Hugo est pareil. Ce soir-là à Astérix, il m’avait regardé taper des sprints en étant pourchassée par des monstres tandis que lui riait, en marchant les mains dans les poches. Ah, les garçons !

       Soudain, Thomas cassa l’ambiance en annonçant que nous allions parler du pourquoi de ma présence chez lui. Son corps de raidit et son regard se remplit de fermeté et de mécontentement. La phase détente était terminée, et l’attitude de Thomas le prouvait.

-    Tu es d’accord ? me demanda-t-il.

Il me demandait si j’étais d’accord pour que l’on parle du tableau ? Il était donc en train de me redemander mon consentement. Sur le moment, je ne sus quoi répondre. J’avais envie de lui dire non et de prendre mes affaires et de me tirer. Mais je n’avais absolument pas envie d’assumer la réaction de mon frère. Je répondis alors un minuscule : « Moui… » à Thomas, qui afficha le tableau sur sa télé.

       Je le dis à chaque fois, mais voir mon tableau affiché en grand écran sur la télévision de Thomas le rend encore pire. J’ai l’impression de commettre toutes les erreurs du monde alors que je me suis quand même améliorée sur pas mal de choses.

       Puisque Gabriel l’avait dirigé là-dessus, Thomas n’axa sa concentration que sur le sommeil. Après m’avoir félicitée pour l’amélioration de la prise de mon traitement, il alla directement à la colonne affichant mes heures de coucher.

       En dix-neuf jours, il n’y avait que deux cases vertes. L’heure moyenne de coucher tournait autour d’1h30 du matin ; et il y avait une case à 3h40 et une autre à 4h.

Lorsque Thomas me demanda des explications, je lui répondis grosso modo que j’étais en vacances et que je n’avais pas envie de me coucher tôt ; et qu’en plus, ça me saoulait qu’on me prenne la tête avec ça.

Je répondais à Thomas comme s’il n’allait rien dire, comme s’il allait laisser passer. Je ne savais pas ce que j’avais en tête à ce moment-là, mais ce n’étaient certainement pas les conséquences. Je pense aussi avoir été quelque peu revigorée par le fait que mon frère n’ait parlé que d’un item. Je me suis dit que finalement, je n’allais pas prendre si cher que ça ! Pourtant, j’aurais vraiment mérité que Gabriel m’accable davantage. Même Thomas en était étonné.

       Devant mon attitude contestataire assumée, Thomas déclara :

-    Bon, je pense que ce n’est pas la peine de discuter plus longtemps !

Et il se leva pour aller fermer les volets, allumer la lumière et bouger la table basse.

Ô misère ! C’était pour maintenant.

-    Lève-toi Lucie.

-    Non ! S’il te plaît, laisse-moi tranquille !

-    Une fois !

Je ne bougeai pas et continuai de le prier.

-    Deux fois !

Résignée, j’entrepris de me lever. Lorsque Thomas dit : « Trois fois ! », j’étais en train de me lever ; mais j’avais réagi trop tard pour lui. Une fois debout, il remonta ma courte robe, baissa mon cycliste et ma culotte d’un coup et me flanqua une dizaine de bonnes claques sur mes fesses nues en disant :

-    En plus, tu m’obliges à faire un décompte ! Tu ne vas pas commencer avec cette attitude-là, Lucie ! Je te préviens tout de suite !

J’accusai ce recadrage musclé en me frottant les fesses. Et ça ne faisait que de commencer. Thomas me gronda :

-    Regarde l’écran ! Regarde la colonne de tes heures de coucher ! Tu trouves ça normal, Lucie ? Tu trouves ça normal de te coucher à ces heures-là alors que Gabriel t’a imposé une règle claire ?!

-    Non, répondis-je. Je suis désolée…

-    Oui, tu vas être désolée ! rétorqua-t-il en m’attrapant le bras. Tu vas vraiment être désolée, Lucie !

Thomas s’assit sur le canapé et me bascula sur ses genoux en même pas deux secondes. Il remonta ma robe, baissa encore un peu plus mon cycliste et ma culotte en coton noir, et débuta la fessée.

       Thomas tapa tout de suite très fort sur les fesses ; mais il tapa aussi sur mes cuisses. Aux premières claques qui tombèrent sur les cuisses, je sus que j’étais en partie sauvée. En effet, les claques sur les cuisses ne me font pas grand-chose au niveau mental. Je ne les associe pas à la fessée, je n’ai donc pas l’impression d’être punie. Si une claque sur la cuisse tombe en guise d’avertissement, je l’accuserai davantage que si elle tombe à répétition. Pour moi, ça ne fait pas partie de la fessée.

       Thomas claquait vraiment très fort mes fesses et mes cuisses ; et si les claques sur les fesses me vexaient en plus de me faire mal, les claques sur les cuisses me faisaient juste… mal. Mais cela donnait un répit non-négligeable à mon égo.

       Thomas ne me garda que quelques minutes sur ses genoux (je dirais quatre ou cinq) ce qui me fit dire que le pire était à venir. Je connaissais trop bien mon ancien tuteur pour savoir qu’il ne s’arrêterait pas là.

       Et en effet. Après m’avoir envoyée une ou deux minutes au coin – il m’ordonna de mettre mes mains sur la tête mais je lui désobéis consciemment, heureusement il n’y eut pas de représailles ! – il me demanda de venir près de lui. J’hésitai, puis reculai.

-    Pourquoi tu recules ? me demanda-t-il.

Je ne répondis même pas tellement la réponse était évidente.

-    Viens là, Lucie. Viens assumer tes actes ! Ne m’oblige pas à venir te chercher !

J’avançai à contre cœur, craignant de récolter une nouvelle salve. Thomas cliqua sur la première case en haut de la colonne correspondant à mes heures de coucher et m’ordonna :

-    Fais-moi une phrase contenant tes excuses, la date et l’heure de coucher.

-    Je… Je suis désolée de m’être couchée à 3h40, le mardi 7 avril.

Thomas s’approcha de moi et je sus immédiatement ce qui allait tomber. Je mis directement mes mains sur mes fesses et priai Thomas pour qu’il ne me punisse pas. Ne se démontant pas, mon ancien tuteur attrapa mes deux mains et ma robe, les emprisonna toutes trois dans mon dos en les maintenant grâce à sa main puissante, et me colla une sacrée fessée debout avec son autre main.

Encore une fois, heureusement que je prenais des claques sur les cuisses. Cela m’aidait à dédramatiser la situation malgré la douleur.

       Si vous avez lu le tutorat avec Thomas figurant dans cette rubrique, vous savez très bien ce qui s’est passé par la suite. Mon bourreau du jour m’a fait dire une phrase d’excuses par date et m’a flanqué la fessée debout qui correspondait. Et ce n’était pas une petite fessée debout, hein ! A chaque fois, je peux vous dire que les claques résonnaient dans tout l’appartement et que mes fesses – ou mes cuisses – les sentaient bien passer !

       D’ailleurs, à un moment, je n’en pouvais tellement plus que je pensai à utiliser la psychologie inversée : si je me mettais à prier Thomas d’arrêter de taper sur les cuisses, j’étais persuadée qu’il ferait le contraire et concentrerait tous ses efforts uniquement sur mes cuisses. Ainsi, je n’aurais que la douleur à gérer. Le côté humiliation, vexation et infantilisation fondrait comme neige au soleil.

Hélas, au moment de prononcer la phrase, il y eut un court-circuit dans mon cerveau ; et au lieu de dire : « Arrête de taper sur les cuisses, s’il te plaît ! », la phrase qui sortit de ma bouche fut : « Arrête de taper sur les fesses, s’il te plaît ! ».

Vous ne pouvez même pas savoir ô combien je m’auto-fustigeai, m’insultant de débile profonde ne sachant même pas prononcer une phrase correctement ! Car comme je l’avais prédit, Thomas fit l’inverse de ce que je lui avais demandé et concentra tous ses efforts sur mes fesses.

Ainsi, je reçus deux énormes fessées debout ultra vexantes et infantilisantes, ne comportant que des claques sur les fesses. Ce fut à ce moment-là que je faillis craquer. Ce fut à ce moment-là que mon mental fut bien atteint et que les premières larmes coulèrent. J’avais les deux mains bloquées dans le dos et je recevais une déculottée debout. C’était vraiment très dur à encaisser. Rien que d’y repenser en l’écrivant, j’en ai encore une boule dans la gorge ! J’ai tellement été marquée par ces deux fessées debout-là, qu’à l’heure où je vous écris, je peux même vous dire pour quelle date je les ai reçues : le 21 avril pour un coucher à 1h30, et le 22 avril pour un coucher à 1h. Sur ces deux dates-là, Dieu sait ô combien j’ai morflé. Pour tout le reste, c’était très loin d’être une partie de plaisir mais grâce aux claques sur les cuisses, mon mental a tenu le coup.

      

       Les dix-sept fessées debout passées, je n’en pouvais plus. Mes cuisses étaient HS et mes fesses aussi. Pourtant, il me restait encore pas mal de mental. Après un passage au coin où j’osai même me masser le derrière – Thomas réagit en me collant quatre violentes claques sur le derrière qui me calmèrent fiça ! – mon ancien tuteur me rappela. Ce fut à ce moment-là que Thomas me demanda :

-    Il s’est passé quoi le 21 avril, Lucie ?

Je cherchai un très long moment – et Thomas dût m’aider ! – avant de répondre :

-    Tu m’as envoyé un message.

-    Et qu’est-ce que je te disais dans ce message ?

-    Que si je continuais de me coucher tard alors que je savais qu’on se voyait, tu le prendrais comme un choix délibéré, résumai-je.

-    Exactement. Il n’était pas clair mon message, Lucie ?

-    Si…

-    Mais tu l’as fait quand même ! me gronda Thomas. J’appelle ça du foutage de gueule, Lucie ! Tu as continué de te coucher tard malgré l’interdiction de Gabriel et mon message ! Là ce que t’es en train de me dire en faisant ça, c’est « Va te faire foutre ! ».

-    Non, pas du tout ! mentis-je.

Si. C’était exactement ce que ça voulait dire, en fait. J’étais en vacances, alors à moins d’avoir Gabriel ou Thomas à la maison quotidiennement pour me forcer à me coucher à l’heure, ils pouvaient faire toutes les menaces du monde, je n’en avais rien à carrer. Le problème, c’était qu’il fallait assumer, maintenant.

Thomas me flanqua à nouveau une fessée debout, mais celle-ci fut très, très, très salée. Je ne pouvais pas dire que ce n’était pas mérité. J’avais totalement fait fi de sa menace, n’en faisant qu’à ma tête comme c’était très souvent le cas. Cette fessée debout était justifiée mais punaise, qu’est-ce que j’ai dégusté ! Encore une fois, heureusement que les cuisses étaient là pour amortir le choc mental ! Sinon, il aurait été certain que j’aurais fondu en larmes et capitulé.

 

       Thomas me renvoya au coin. Mes fesses et mes cuisses me brûlaient mais mon mental était toujours présent. Je réfléchissais d’ailleurs à tout ça. Comment se faisait-il que les claques sur les cuisses ne m’atteignent pas ? Comment se faisait-il qu’il n’y ait que la fessée qui fonctionne avec moi ? C’était quand même assez dingue. Je pourrais me faire boxer ou tabasser, je serais capable d’encaisser tout en restant sur mes positions.

C’est d’ailleurs ce qui m’était arrivé un jour où une bande de quatre jeunes m’avait tabassée pour avoir mon portefeuille. J’avais encaissé les coups en tentant de me protéger comme je le pouvais ; mais à aucun moment je n’avais cédé et donné mon portefeuille. Quitte à mourir sous les coups. Je m’en étais sortie avec pas mal d’ecchymoses, deux côtes cassées et de gros dégâts intestinaux et vertébraux.

 Rien ne fonctionnait pour me faire entendre raison. Rien, sauf une fessée. Comme si c’était la seule case impossible à verrouiller dans mon esprit. Ma faiblesse. La fessée est ma kryptonite.

 

Lorsque Thomas me rappela à lui et que ce passage au coin fut terminé, il me demanda de m’asseoir et de rédiger une lettre d’excuses. Je lui demandai de pouvoir me rhabiller avant de m’asseoir, il accepta. J’attrapai le stylo mais soufflai d’agacement. Thomas l’entendit immédiatement et m’ordonna :

-    Lève-toi !

-    Non, c’est bon, je suis désolée ! priai-je.

Thomas est plus fort que moi. Je me retrouvai immédiatement penchée sous son bras et à nouveau déculottée. Je repris une volée sur les fesses et les cuisses… et dus me rasseoir pour écrire. J’écrivis trois ou quatre lignes pour m’excuser auprès de Thomas, tout en choisissant bien mes mots pour éviter de me mettre dans le pétrin à l’avenir et qu’on me reproche d’avoir fait des promesses en l’air ou pire, qu’on me punisse pour ce motif.

-    Et Gabriel ? demanda-t-il après que je lui ai lu la lettre.

-    Ben quoi Gabriel ? m’étonnai-je.

-    Tu n’as rien à lui dire ? Tu n’as pas d’excuses à lui faire ?

Je faillis répondre : « Non », mais je savais que Thomas ne laisserait pas passer. Cependant, je savais aussi que Thomas enverrait une photo de cette lettre d’excuses à Gabriel, et cela m’arrachait vraiment la gueule de faire des excuses à mon frère. Comme quoi, le mental était encore loin d’être brisé…

Je soufflai à nouveau d’agacement. Thomas me repencha sous son bras, me redéculotta, et j’eus droit à une nouvelle salve sur les fesses et les cuisses.

Je consentis à écrire une phrase d’excuses (un peu détournées) à mon frère, puis Thomas signala la fin de la séance.

 

       Il y a des choses qui me sont impossibles à avouer à quelqu’un, et notamment quelqu’un qui possède ma kryptonite. Il m’était impossible d’avouer en face à face à Thomas que les claques sur les cuisses ne provoquent rien d’autre que la douleur, que je n’ai pas le sentiment d’être punie mais plutôt de souffrir pour rien, et que sur les 45 minutes de séance que nous venions de faire, la moitié des claques que j’avais reçues étaient tombées sur les cuisses. Impossible d’avouer à Thomas que je n’étais pas pleinement repentante. Si j’avais fait tout ça, j’aurais vraiment craint qu’il me mette sur ses genoux et que j’y passe un quart d’heure à prendre des claques uniquement sur les fesses.

Ce serait comme avouer à Gabriel qu’il n’est pas assez sévère avec moi et ce, 80% du temps. Lui avouer en face à face qu’il y a des fois où je passe cinq minutes sur ses genoux là où je devrais en passer quinze, que parfois il stoppe la séance là où la leçon commence à peine à rentrer, et que je joue souvent la comédie, me forçant même à verser des larmes de crocodile, pour qu’il croie que je suis pleinement repentie.

       Je l’écris, là, maintenant, parce que j’ai passé un pacte d’honnêteté avec l’autrice que je suis ; mais jamais je n’aurais pu avouer tout cela en face à Thomas ou à Gabriel. Cela reviendrait à leur donner directement le bâton pour me battre… Je n’en suis pas encore à ce stade-là.

 

       Heureusement pour mes fesses, mes cuisses et moi, Gabriel n’avait donc parlé que du sommeil à Thomas. Ce dernier en fut lui-même surpris et me fit remarquer qu’il y a d’autres items qui auraient mérité d’être recadrés ; mais Thomas se basait sur ce que mon frère lui avait dit. Dieu merci !

 

       Après cette séance éprouvante, Thomas et moi bûmes un verre d’eau et discutâmes. Moins vexée et calmée qu’à l’ordinaire, et souhaitant obtenir des réponses à mes questions, je me décidai à parler sincèrement avec Thomas. Il y avait beaucoup d’interrogations que je n’avais jamais osé lui soumettre. Je me lançai :

-    Est-ce que tu me trouves chiante ? En tant que tutorée, je veux dire. Est-ce que tu me trouvais chiante ?

-    Pas forcément, répondit-il. Ça dépend du caractère de chacun… Qu’est-ce que tu entends par chiante ?

-    Récalcitrante, précisai-je. Est-ce que tu me trouves plus récalcitrante que les autres filles ?

-    Ah ça, oui ! dit Thomas. Oui, tu es récalcitrante ! Mais pour le reste, comme je te le dis, ça dépend du caractère de chacun…

J’en fus étonnée. Si même Thomas me trouvait récalcitrante, lui qui était le tuteur qui m’impressionnait le plus, cela devenait un fait totalement avéré !

-    Et… tu penses quoi de moi ? m’enquis-je. Je te pose des questions parce que tu ne parles pas. Alors je n’ai jamais su ce que tu pensais de moi.

Thomas est un taiseux. Lorsqu’il dit quelque chose, il pèse chacun de ses mots et tout est parfaitement réfléchi. Il se tut quelques secondes pour réfléchir à ma question avant de me répondre :

-    Tu es… intelligente. Tu parles très bien. Tu es maligne, et tu vas toujours essayer de te faufiler pour trouver une solution afin d’obtenir ce que tu veux. Et s’il n’y a qu’un chemin pour y arriver, tu vas le prendre coûte que coûte. Et tu es manipulatrice, aussi.

Eh ben ! Jamais je n’aurais pensé que Thomas m’avait aussi bien cernée. C’était assez fou ! Même après un an de tutorat ensemble puis cinq ans de séparation, je n’aurais jamais pensé qu’il me connaisse aussi bien. Comme il avait raison ! Encore à l’heure actuelle, je ne peux m’empêcher de manipuler mes proches pour obtenir ce que je veux, même si je les aime plus que ma propre vie. Je m’en veux pour ça, et en même temps je n’arrive pas à m’auto-frustrer… Je vais préférer manipuler un proche pour obtenir ce que je veux plutôt que de renoncer à l’objet de mon désir. Ecrit comme cela, j’ai vraiment l’impression d’être une garce qui ne mérite pas tant d’amour et d’attention !!

-    Tu sais, je t’aime Thomas. Lui dis-je pour la première fois depuis que l’on se connaît. Pas dans le sens je suis amoureuse de toi, hein !

-    Oui, j’ai bien compris, dit-il.

-    Mais je t’aime, vraiment.

-    C’est réciproque, répondit-il.

-    Qu’est-ce qui t’a poussé à accepter de me revoir occasionnellement ? questionnai-je.

-    Je me suis dit que si tu m’envoyais un message, c’est parce que c’était ton dernier recours, répondit-il.

-    Oh oui ! confirmai-je. C’était vraiment mon tout dernier recours ! Je n’avais pas du tout envie de te contacter !

-    Je me doute. J’en ai conclu que tu en avais vraiment besoin donc…

Je me tus. Nous discutâmes encore un peu jusqu’à ce que je demande :

-    Et si Gabriel t’envoyait un message dès la semaine prochaine pour te dire que ça ne va toujours pas ?

-    La semaine prochaine ?!

-    Oui, répondis-je.

Il fallait que j’en aie le cœur net. Il me restait encore une semaine de vacances et je n’avais toujours pas envie de me coucher tôt. Mais je n’avais pas non plus envie de revenir chez Thomas. Je n’en avais pas du tout, du tout envie ! Et en même temps, je me disais qu’il restait deux semaines avant que je revoie Gabriel, et que Thomas avait accepté de me recadrer « occasionnellement », ce qui signifiait une fois toutes les cinq à huit semaines, dans ma tête. Donc j’étais tranquille. En tout cas, c’est ce que je pensais. Mais il fallait que j’en aie le cœur net.

Thomas réfléchit quelques instants puis me dit :

-    Non. N’y pense même pas.

Bon. Il n’avait pas répondu : « Je ne pourrai pas me rendre disponible. » ou « Il faudra que tu voies avec ton frère. ». Il avait répondu : « N’y pense même pas. ». Ça voulait dire qu’il n’excluait pas la possibilité de me revoir bientôt si mon frère le lui demandait. Ça contrariait beaucoup mes plans, ça ! Je finis par lâcher :

-    Tu me fais chier.

-    Moi je te fais chier ?! s’étonna-t-il.

-    Oui, répondis-je. Je t’aime mais tu me fais chier.

-    Je pourrais te dire exactement la même phrase mot pour mot !

Je ris.

 

       Après avoir parlé un peu de mon livre avec Thomas – qui en est un des relecteurs – je pris la décision de prendre la route du retour. Comme l’avait prédit Gabriel, j’avais du mal à marcher ! Avec mes fesses et mes cuisses en feu, je n’en menais pas large !

       Mais ça aurait pu être pire.

 

A suivre…

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                  Il paraît que c’est cela que l’on appelle « avoir sacrément merdé »…                     Lorsque ma mère était enceinte de ma sœur et moi, ce fut une grossesse difficile : déni de grossesse les quatre premiers mois, puis perte de ma jumelle. A six mois et demi, s’ils voulaient me donner une chance de vivre, il fallait accoucher ma mère.                   L’une des grosses conséquences de cette naissance très prématurée : de nombreuses malformations dues au fait que mes organes n’ont pas eu le temps de se placer correctement. Si la plupart sont bénignes, en revanche ma malformation intestinale pose problème. J’ai ce qu’on appelle un « mésentère commun complet ». Une malformation inte...

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 26)

  Mercredi 9 octobre 2019.                   Pas de grasse matinée ce matin : Héloïse nous réveilla à neuf heures pour que nous puissions travailler un peu sur nos cours. J’étais grognon au possible en me réveillant, comme cela m’arrive rarement. En m’asseyant à table au petit déjeuner, je fus agacée par Anaïs, toujours pleine d’énergie et en forme le matin. Je déteste les gens du matin. Ou les gens. Ou le matin.                   Après m’être préparée et habillée pour la journée, je remontai dans ma chambre et me sentis toujours aussi grognon. Je ne savais pas encore pourquoi mais j’avais l’impression que cette journée allait être désagréable au possible. Personne n’avait intérêt à me voler dans les plumes : je m’étais levée du pied gauche !          ...

Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 17)

 Ce chapitre a été écrit par Marie, une fan du blog. Malgré mes quelques commentaires et réécritures, elle a fait un excellent travail ! Bravo à elle ! Mardi 17 septembre 2019.   Lorsque Monsieur Éric toqua à la porte pour nous réveiller, j’étais très motivée pour me lever (ce qui est très rare !). Aujourd’hui sera une belle journée : d’abord parce que le mardi reste la meilleure journée de la semaine grâce à Madame Kelly, la prof la plus adorable du Pensionnat ; ensuite parce que j’ai réfléchi à un plan pour me venger de Monsieur Jean et de Monsieur Nicolas. Ce sera discret (enfin autant que faire se peut), rapide et efficace. Je sais bien que lorsque nous nous ferons attraper la punition sera salée ; mais je ne supporte pas l’idée de laisser croire à nos professeurs qu’ils ont tout le pouvoir (même si ce n’est peut-être pas tout à fait faux). Pour mener à bien mon plan, il me faudrait l’aide de mes amies. Je vais tout faire pour les convaincre de me...