Accéder au contenu principal

Journal d'une étudiante accueillie. - Chapitre 124

 


Mercredi 19 février 2020

 

       Nous avions décidé tous les six d’un commun accord, de refuser le tournage d’un reportage. Nous ne voulions pas que la France entière pénètre dans notre vie intime. Suite à ce refus, papa et maman ont reçu une proposition pour devenir chroniqueurs dans une émission télévisée destinée à conseillers les parents d’accueil. Ils réfléchissent encore à la proposition, décidant qu’ils rendraient leur réponse ce week-end, lorsque papa rentrerait de séminaire.

        

La journée avait merveilleusement bien commencé : je m’étais réveillée en pleine forme, j’avais pris un petit déjeuner acceptable selon les critères de ma mère, et je travaillais sur le rattrapage de mes cours, assise à la table de la salle à manger. Ana et Mayeul travaillaient avec moi, et maman cuisinait pour le déjeuner. C’était presque trop parfait !

-    Manou, tu peux me filer une cartouche d’encre, s’il te plaît ? me demanda Ana.

-    Bien sûr ! répondis-je avant de lui donner l’objet désiré.

-    Je ne comprends pas pourquoi vous vous entêtez à écrire au stylo plume ! dit Mayeul. Le stylo bille est bien plus pratique !

-    On fait ce qu’on veut, nan ?! l’agressa Ana. C’est quoi ton problème ?!

-    Les enfants, ne commencez pas ! nous prévint maman qui entendait tout depuis la cuisine ouverte.

Soudain, A Thousand Years, la chanson préférée de maman, retentit, signe que quelqu’un l’appelait sur son téléphone portable. Elle se lava les mains, décrocha et activa le haut-parleur, puis se relava les mains avant de reprendre la popotte.

-    Salut Justine ! lança maman.

-    Salut Scar ! Ça va bien ?

-    Super et toi ?

-    Ça va, répondit ma tante. Je ne te dérange pas ?

-    Non, non, je suis en train de cuisiner !

-    Comme toujours ! dit Justine. J’adorerais savoir aussi bien cuisiner que toi !

-    Je peux te donner des cours, si tu veux ! proposa maman.

-    Pourquoi pas, ça pourrait être sympa ! Mais ce n’est pas pour ça que je t’appelle.

-    Dis-moi, je t’écoute ! annonça maman d’un air beaucoup moins léger.

-    Hier, quand vous êtes repartis de la maison, j’ai pris mon traitement contre les angoisses comme je le fais d’habitude…

Oh non. Mon cœur commença à s’emballer.

-    … et j’ai remarqué qu’il me manquait deux comprimés. Bien sûr, Cal’ et moi avons interrogé les enfants qui clament leur innocence ; et pour cause : les enfants n’utilisent que la salle de bains de l’étage, et mon armoire à pharmacie se trouve dans la salle de bains du rez-de-chaussée, qui n’est utilisée que par Caleb et moi. Donc je t’appelle parce que je crois me souvenir que Marie est allée dans cette salle de bains juste avant le repas pour aller aux toilettes. N’aurait-elle pas pris de deux mes comprimés ? Anaïs aussi est allée aux toilettes durant l’après-midi, donc il est également possible que ce soit elle…

Maman soupira puis demanda à Justine d’attendre quelques secondes. Elle se lava à nouveau les mains, puis vint nous voir dans la salle à manger. Elle se posta entre Ana et moi et s’accroupit à notre hauteur. Scarlett se tourna vers Ana et lui demanda de la regarder droit dans les yeux. Puis, elle la questionna :

-    Anaïs, est-ce que c’est toi qui as pris deux anxiolytiques à ta tante ?

-    Non, maman, je n’ai rien à voir avec ça ! répondit ma sœur, offusquée d’être accusée à tort.

Ma mère se tourna alors vers moi, son regard bleu plongé dans le mien, et me posa exactement la même question qu’à ma sœur. Imitant Ana, je me défendis :

-    Moi non plus je n’ai rien à voir avec ça !!

-    D’accord, dit maman.

Elle se releva, retourna dans la cuisine près de son téléphone et dit :

-    Ju ? Tu es toujours là ?

-    Oui, oui ! répondit ma tante.

-    Bon, tu as raison, conclut maman. C’est Marie qui a pris tes comprimés. Je vais régler ça avec elle.

Co…comment ?!?! Comment avait-elle pu savoir ?!

-    Ça me rassure ! dit Justine. Je craignais de m’être faite des films ! Bon, au moins l’énigme est résolue !

-    Oui ! J’aimerais que tu m’envoies le nom du médicament par téléphone, s’il te plaît, demanda maman. Je vais consulter la notice sur internet.

-    Pas de souci, je te l’envoie dès que je raccroche ! Bisous à toute la famille, et à Mike si tu l’as au téléphone !

-    Je n’y manquerai pas. Bisous à vous !!

Tante Justine raccrocha. Ma mère, qui était en train d’éplucher un concombre, me lança :

-    Je finis d’éplucher ça, et on va parler, Marie !

-    Mais je n’ai rien à voir avec tout ça, maman !! répétai-je.

-    C’est ça, continue de me mentir ! dit ma mère. Ça arrange ton cas !

Je gardai mon air ahuri, comme si je ne comprenais pas pourquoi j’étais accusée à tort. En réalité, j’étais surtout ahurie car je ne comprenais pas comment Scarlett avait pu deviner que c’était moi !

Le concombre entièrement épluché, maman se passa les mains sous l’eau, les essuya sur une serviette et fonça sur moi. Elle m’attrapa l’oreille pour me sortir de table tandis que je criais :

-    Maman ! C’est pas moi ! C’est pas moi, j’te dis !

Scarlett m’asséna deux bonnes claques sur les fesses avant de me répondre :

-    Mais bien sûr ! Continue de mentir à ta mère ancienne flic, spécialiste du langage corporel !! Je peux analyser les moindres faits et gestes de quelqu’un ; alors quand il s’agit de mes enfants avec lesquels je vis depuis plus de quatre mois, sois sûre que je ne me trompe pas !!

Ma mère me traîna jusqu’au canapé. Je la priai :

-    Maman, s’il te plaît ! J’ai encore mal à cause de la brosse ! S’il te plaît, maman !

-    Encore un mensonge ! constata-t-elle en me grondant. Si tu avais vraiment mal, tu n’aurais pas fait une bêtise plus grosse qu'un éléphant !!

Alors que ma mère m’allongeait sur ses genoux, je pensai furtivement à ma vie d’avant.

 

Il y a six mois, personne n’avait jamais levé la main sur moi. Il y a six mois, je ne savais même pas ce que c’était que de recevoir une fessée. J’étais libre de pouvoir faire ce que je voulais. Si j’avais avalé deux cachets anxiolytiques, personne ne m’aurait grondée. Si j’avais voulu perdre du poids en mangeant moins, personne ne m’aurait saoulée avec ça. Si j’avais eu des mots dans le carnet, mes parents m’auraient juste dit : « Essaie de t’assagir un peu ! ». Il y a six mois, je n’aurais jamais imaginé me retrouver allongée sur les cuisses de « Barbie mère au foyer et ninja à ses heures perdues », prête à recevoir une fessée devant mon frère adoptif, ma sœur adoptive et trois domestiques, dans un immense manoir, juste pour avoir voulu faire taire une angoisse.

 

Je ne supporte pas porter une ceinture. Je trouve ça particulièrement inconfortable. En conséquence, je ne porte que des jeggings, ou des pantalons qui me vont comme un gant, ne nécessitant pas de ceinture. Malheureusement, cela m’handicape en cas de fessée ; car mon pantalon est alors bien facile à baisser.

 

J’étais donc allongée sur les genoux de ma mère, mon jean baissé mais ma culotte encore en place.

-    Je n’ai rien fait de mal ! me défendis-je.

-    Tu es sérieuse ?! me gronda ma mère. Tu as avalé deux comprimés d’un médicament que tu ne connais même pas, sans avis médical, et tu me dis que tu n’as rien fait de mal ?!

Scarlett débuta la fessée par-dessus ma culotte ; mais j’avais déjà tellement mal à cause du passage de la brosse hier, que je me débattais comme une folle ! Ma mère dut prendre cela comme un cas de force majeure puisque je l’entendis enlever le cordon de la capuche de son sweat ; puis elle attacha mes mains avec.

-    Maman, je t’en prie ! Pitié, ne fais pas ça ! J’ai déjà trop mal aux fesses ! Maman, pitié ! Je suis désolée !

-    Tu n’as pas fini d’être désolée, Marie ! me gronda-t-elle en nouant la cordelette. Je te garantis que tu vas la prendre cette fessée, et elle va être bonne !! Je t’ai dit avant-hier que ta santé était un cas de force majeure ! Tu t’entêtes à essayer de la bousiller, donc je m’entête à essayer de t’en dissuader !

Lorsque la cordelette fut correctement nouée, il m’était totalement impossible de bouger mes bras ou mes mains. Mes avant-bras avaient été noués ensemble dans le bras de mon dos : je ne pouvais plus les bouger !

Ma mère enleva son sweat, puis prit le chouchou qu’elle avait autour du poignet et attacha ses cheveux avec. Ensuite, elle maintint fermement ma taille avec son bras gauche, laissant à son bras droit – et notamment à sa main droite ! – tout le loisir de me claquer le postérieur. Enfin, elle baissa ma culotte.

-    Maman, pitié !! la suppliai-je en commençant à pleurer.

-    On va reprendre depuis le début, annonça-t-elle en ignorant totalement mes prières. Qu’est-ce que tu as pris exactement ?

-    Un médicament contre l’angoisse, répondis-je, ayant toujours l’espoir d’éviter cette tannée.

-    Nous sommes donc d’accords que tu m’as menti jusqu’à présent ! conclut ma mère.

Je venais de me vendre toute seule. La conséquence fut immédiate : Scarlett me claqua les fesses avec force et rigueur. Les claques me faisaient déjà tellement mal que les larmes vinrent toutes seules ! Je commençais déjà à émettre de petits cris de douleur. Cela n’augurait rien de bon pour la suite !

 

-    Où l’as-tu trouvé ? me demanda ma mère après avoir cessé les claques.

-    Dans l’armoire à pharmacie, répondis-je entre deux larmes.

-    Donc nous sommes invités chez des gens, et tout ce que tu trouves à faire, c’est fouiller dans leurs affaires ?! me gronda Scarlett.

Et elle reprit les claques, tout en me réprimandant :

-    Qu’est-ce que c’est que ce comportement ?! C’est inapproprié et malpoli de fouiller chez les gens !! Est-ce que tu es malpolie, Marie ?!

-    No…n ma…man… pleurai-je en gigotant comme je le pouvais sous les claques.

-    Alors pourquoi tu te comportes ainsi ?! Tu n’as plus intérêt à refaire ça !! Tu as compris ?!

-    O…ui… mam…mam…an…

Elle s’arrêta de nouveau, ce qui introduisit une nouvelle question :

-    Quel médicament as-tu avalé ?

-    Un…un méd…ic…ament c…co…contre l’an…goisse…

-    Ça, tu me l’as déjà dit ! Je veux le nom du médicament !

-    Hy…hy… euh…

-    Tu ne sais même pas ce que tu as pris !! vociféra Scarlett. Tu as pris de l’hydroxyzine !! Est-ce qu’au moins tu connais ce médicament ?!

Je tentai de lui expliquer que ma mère biologique en avait pris après son accident de voiture. Scarlett dut décoder entre les pleurs mais elle comprit ma réponse. Elle me demanda :

-    Et quels sont les effets secondaires de ce médicament, Marie ?! Est-ce qu’au moins tu les connais ?!

-    N…on ma…m…an…

-    Constipation, nausées, vomissements, entre autres ! me gronda-t-elle. C’est compatible avec ta maladie, non ? Tu ne trouves pas ?!

-    Par…par…d…don…

-    C’est à ton corps qu’il faut demander pardon, Marie ! reprit ma mère. Tu prends des médicaments sans regarder la notice ! Non mais franchement !! Je suis furieuse contre toi !!

Je sentis immédiatement sa fureur tomber sur mes pauvres fesses. J’eus horriblement mal. Ma mère me filait vraiment des claques costaudes et mon fessier meurtri avait bien du mal à encaisser tout ça !

Au bout d’une nouvelle bonne minute – peut-être fut-ce plus long ! – ma mère s’arrêta et me demanda :

-    Pourquoi est-ce que tu as ressenti le besoin de prendre ces cachets ?!

-    J’étais angoissée à cause du repas, répondis-je d’une traite, souhaitant éviter d’avoir un spasme.

-    Et au lieu de venir m’en parler, tu as préféré faire une énorme bêtise !!

-    Je… je croyais que tu allais me gronder…, mentis-je, en désespoir de cause.

-    Ah non, Marie ! s’exclama maman. Ne joue pas à ça avec moi ! A chaque fois que tu es venue me voir pour me parler, j’ai toujours été ouverte, disponible et à l’écoute ! On se serait isolées, on aurait parlé puis on aurait fait un exercice de respiration pour t’aider à te calmer. Ne me fais surtout pas gober que tu craignais de venir me voir !! La vérité, c’est que tu as choisi la facilité, comme toujours ! Et une fois de plus, où t’amène la facilité, Marie ?! Sur mes genoux !! Je suis vraiment très en colère contre toi !!

Et les claques reprirent, fortes, impitoyables. Cette fois-ci, j’avais beau pleurer toutes les larmes de mon corps et crier pour que ça s’arrête, Scarlett ne cédait pas. Elle me claqua les fesses pendant au moins sept ou huit bonnes minutes, ce qui les rendit très certainement écarlates. En tout cas, elles me brûlaient et étaient très, très douloureuses !!

       A la fin de cette salve, ma mère dénoua la cordelette autour de mes avant-bras, ce qui me soulagea considérablement. Puis, elle me laissa me relever et me rhabiller, avant de se lever à son tour. Elle m’attrapa le menton et me gronda :

-    C’est terminé, Marie ! Je ne veux plus que tu joues avec ta santé ! Je vais te surveiller comme le lait sur le feu ! Tu as compris ?!

-    Oui maman, répondis-je alors que je me massais les fesses par-dessus mon jegging.

-    C’est une grosse bêtise que tu m’as faite, Marie ! continua-t-elle sans me lâcher. Pour la peine, ce soir, demain soir et vendredi soir, tu iras au lit à vingt-et-une heures ! Tu es punie !

J’accusai l’annonce. L’avantage des vacances, c’était justement de pouvoir se coucher à pas d’heure !! Bon, je me rattraperai la semaine prochaine chez mes parents biologiques.

-    De plus, ajouta Scarlett, tu as vraiment intérêt à filer droit jusqu’à ce que tu t’en ailles samedi matin ! Je te jure qu’à la moindre incartade, je te flanque une fessée ! Je vais être totalement intolérante avec toi, Marie ! J’ai été obligée de te remettre d’équerre deux jours d’affilés, je pense que ça suffit, maintenant ! Tu entends ?!

-    Oui maman, répondis-je d’une voix encore tremblante.

-    Prends tes affaires et va dans ta chambre ! ordonna ma mère. Je t’ai assez vue pour ce matin !

Je me dépêchai de remballer toutes mes fournitures et de me réfugier dans mon cocon. Je fermai la porte derrière moi, jetai mes affaires sur mon bureau en désordre et allai m’allonger sur mon lit pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Je n’en pouvais déjà plus de maman et de sa sévérité à toute épreuve. Je voulais que papa revienne !

 

       A midi, on frappa à la porte : c’était Ana.

-    Ça va ? me demanda-t-elle.

J’haussai les épaules puis me rallongeai sur mon lit. Elle entra dans ma chambre, fermant la porte derrière elle puis vint s’allonger près de moi.

-    J’en peux plus de cette réforme, dis-je. Si seulement les châtiments corporels étaient illégaux comme avant…

-    Ils vont plutôt dans le sens inverse, malheureusement ! me rappela Ana. Au retour des vacances, on va même se prendre la fessée à l’école !

Je laissai un moment de silence puis dis :

-    Je crois que l’univers a créé des gens qui peuvent être sages comme Louise, et des gens qui ne peuvent pas être sages, comme moi. Je pense que je suis calibrée pour ne rien écouter. Et puis de toute façon, si j’étais tout le temps sage, ma vie serait ennuyeuse à mourir ! Regarde Louise : aux yeux de nos parents, c’est l’enfant parfaite ! Elle est tout le temps sage ! C’est vraiment ennuyeux !

Ana ria, étant d’accord avec moi.

-    Est-ce qu’il t’arrive de penser à la vie que tu aurais eue s’il n’y avait pas eu la réforme ? lui demandai-je.

-    Oui, ça m’arrive, répondit ma sœur. Mes parents qui se disputent, ma mère biologique qui continue de me détester, mes frères qui n’en ont toujours rien à foutre de moi, ma sœur qui fait comme si elle ne me connaissait pas… Et mon père qui fait ce qu’il peut dans tout ça. La vraie vie de merde, quoi !

-    Ah ouais, murmurai-je. Chaud.

-    Ici au moins, mes parents m’aiment et s’occupent vraiment de moi. Certes, il ne faut pas déconner ; mais je te garantis que si tu avais vécu, comme moi, dans des familles qui n’en ont rien à foutre de ta gueule, tu considérerais Michael et Scarlett comme des sauveurs ! Certes, dans ces familles-là tu ne prends pas de trempe… mais du coup, tu ne prends rien tout court. Tes parents s’en foutent que tu sois là ou pas. Que tu manges ou pas. Que tu travailles à l’école ou pas… Ils s’en fichent royalement que tu existes ou pas.

-    Ah.

-    Quand je fais une bêtise, poursuivit ma sœur. Je crains plus le fait que papa et maman ne réagissent pas, plutôt que la fessée que je vais prendre. Plus papa et maman sont sévères et ne laissent rien passer, plus ils t’aiment. Alors remercie-les de s’occuper de toi et de te flanquer des roustes, car ils t’aiment de tout leur cœur.

-    Mais tu disais que Tom et Dana…

-    Tom et Dana étaient différents ! s’agaça Ana. Ils utilisaient leur statut de famille d’accueil pour assouvir un besoin pervers. On est juste mal tombées en allant chez eux, c’est tout. Mais chez Michael et Scarlett, on est vraiment en sécurité, aimés et choyés. Donc à chaque fois que papa et maman te tombent dessus, à chaque fois qu’ils vont te flanquer une énorme fessée, pense à les remercier. En réalité, ils prennent soin de toi.

Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle. Jusqu’à maintenant, j’étais très en colère contre maman : elle m’avait quand même sacrément punie ! Pourtant, avec ce que me disait ma sœur, je sentais tout doucement mon cœur s’adoucir. Je réfléchis quelques secondes puis dis :

-    Je ne crois pas que j’arriverai à les remercier.

-    Alors, va au moins t’excuser pour tes agissements. Une fois, j’ai donné une claque à mon petit frère parce qu’il avait fait exprès de déchirer mon devoir de maths. Ça m’a fendu le cœur de le voir pleurer ! Et ce n’était qu'une claque sur le pantalon d’un enfant de sept ans ! Imagine comme ça doit être dur pour papa et maman de nous sanctionner ! Quand tu aimes quelqu’un, c’est dur de le voir triste à cause de toi.

-    Mouais, dis-je, à moitié convaincue. Maman n’avait pas l’air peiné hier quand elle vous a filé quelques coups de planche à Mayeul et toi ! Je suis sûre qu’elle pensait que c’était mérité !

-    Elle pouvait être un peu énervée sur le moment, ça se comprend ! dit Ana. Et même si elle pensait que c’était mérité, ça n’empêche pas que ça lui a fait de la peine !

-    Mouais, répétai-je.

-    Apprends à t’excuser, Marie. De vraies excuses ! Pas des excuses à la va-vite pour éviter une fessée !

-    Je vais voir, grommelai-je.

-    A table !! entendîmes-nous.

 

Le repas se passa correctement. A la fin de celui-ci je décidai d’aller voir ma mère.

-    Qu’est-ce qui se passe, Marie chérie ?

-    Je te demande pardon, grommelai-je, les yeux rivés vers le sol. Pour avoir avalé les médicaments de tante Justine. Désolée.

Scarlett me prit immédiatement dans ses bras et me serra fort contre elle.

-    Oh mon petit cœur, me chuchota-t-elle dans l’oreille. Tu es toute pardonnée. La prochaine fois, viens me voir, ma puce ! Je serai toujours là pour toi, tu le sais ?

-    Oui maman, répondis-je.

Elle m’embrassa sur le front et me serra de plus belle contre elle.

 

       L’après-midi, nous allâmes faire du shopping, sans Mayeul qui préféra passer l’après-midi avec Benoît et Justin chez oncle Caleb et tante Justine.

 

       Cette après-midi entre filles fut merveilleuse. Le centre commercial était presque vide car les gens n’avaient pas osé sortir à cause de la neige. Nous pûmes faire nos achats sans pression et sans budget limite. Scarlett dépensa une somme astronomique pour nous et pour elle. Il fallait vraiment que je m’habitue à ce nouvel aspect de ma vie.

 

       Nous rentrâmes à la maison pour dix-neuf heures, après avoir récupéré Mayeul. Maman fit des pizzas maison, délicieuses.

 

       Après manger, nous fîmes une visio avec papa, visio que je dus écourter pour aller me coucher. Michael me réprimanda un peu, mais n’insista pas en sachant que sa femme avait réglé le problème.

       J’allai au lit sans faire d’histoires. Bizarrement, je m’endormis rapidement !

 

A suivre…

Commentaires

  1. Deuxième journée sans faute pour ''Super Maman'' 👍
    Grosse surprise ! Je pensais que la bêtise de Marie passerait inaperçue 😒
    Et malheureusement pour elle, on ne trompe pas Scarlett comme ça !
    Ana est de plus en plus surprenante et ... touchante. On comprend maintenant pourquoi elle préfère passer ses vacances avec ses merveilleux parents adoptifs 😊
    Ana qui raisonne Marie, on n'y aurait pas cru?!

    Espérons que la journée du lendemain laissera le derrière de Marie au repo🙏



    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?

Les stars du blog :

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 1)

Ça y est, nous y sommes. Mon pire cauchemar est arrivé. Monsieur X. a été élu à la Présidence de la République et il va appliquer son programme. Je m’appelle Marie, j’ai 18 ans, et je vais aller au bagne pour la première fois de ma vie. Enfin, au bagne... J'exagère légèrement. Je vais en fait aller en famille d’accueil, famille dans laquelle je vivrai la semaine ; je pourrai rentrer voir ma famille, dont l’homme de ma vie, le week-end. J’ai eu mon bac littéraire en juin dernier, mention très bien. J’ai décidé d’entamer une licence de Lettres afin de réaliser mon rêve : devenir professeure des écoles. Mais Monsieur le Président de la République l’a décrété : « Tous les étudiants de 18 à 25 ans seront accueillis en structure pour le bien de leurs études ». Pour le bien de nos études ? Pff, tu parles ! Encore des propos démagogues ! Alors me voilà inscrite à l’université Jules Verne de *****, dans laquelle je vais passer minimum trois ans, pour me former au métier de professeu...

Le tutorat de Little Princess (séance 3)

Comme vous avez pu le voir, j'ai changé le titre de cette rubrique. D'abord parce que je le trouvais trop long, ensuite parce qu'il devenait mensonger : Thomas n'est plus mon "nouveau" tuteur mais mon tuteur, tout simplement !   Nous ne nous étions pas vus depuis le lundi 7 décembre. Du 7 décembre au 6 janvier : un mois de « mise à l’épreuve » après la rouste de la dernière fois.   A peine deux jours après ce recadrage musclé, j’avais de nouveau testé Thomas, mais cette fois-ci je m’étais bien assurée que ce soit à distance. Jusqu’ici, toutes mes tentatives de rébellion avaient purement et simplement échouées, et j’en avais payé les frais. Restait ma toute dernière carte et j’hésitais vraiment à la jouer. Et puis tant pis, je me lançai.                 Depuis le début du semestre, ça ne passe pas avec ma prof d’histoire : je ne vous referai pas ici le récit de mon altercation v...

Le tutorat de Little Princess - Partie 3 (Préambule (3) - Et m*rde...)

                  Il paraît que c’est cela que l’on appelle « avoir sacrément merdé »…                     Lorsque ma mère était enceinte de ma sœur et moi, ce fut une grossesse difficile : déni de grossesse les quatre premiers mois, puis perte de ma jumelle. A six mois et demi, s’ils voulaient me donner une chance de vivre, il fallait accoucher ma mère.                   L’une des grosses conséquences de cette naissance très prématurée : de nombreuses malformations dues au fait que mes organes n’ont pas eu le temps de se placer correctement. Si la plupart sont bénignes, en revanche ma malformation intestinale pose problème. J’ai ce qu’on appelle un « mésentère commun complet ». Une malformation inte...

Journal d'une étudiante accueillie (Chapitre 26)

  Mercredi 9 octobre 2019.                   Pas de grasse matinée ce matin : Héloïse nous réveilla à neuf heures pour que nous puissions travailler un peu sur nos cours. J’étais grognon au possible en me réveillant, comme cela m’arrive rarement. En m’asseyant à table au petit déjeuner, je fus agacée par Anaïs, toujours pleine d’énergie et en forme le matin. Je déteste les gens du matin. Ou les gens. Ou le matin.                   Après m’être préparée et habillée pour la journée, je remontai dans ma chambre et me sentis toujours aussi grognon. Je ne savais pas encore pourquoi mais j’avais l’impression que cette journée allait être désagréable au possible. Personne n’avait intérêt à me voler dans les plumes : je m’étais levée du pied gauche !          ...

Nouvelle rentrée, nouvelle vie ! (Chapitre 17)

 Ce chapitre a été écrit par Marie, une fan du blog. Malgré mes quelques commentaires et réécritures, elle a fait un excellent travail ! Bravo à elle ! Mardi 17 septembre 2019.   Lorsque Monsieur Éric toqua à la porte pour nous réveiller, j’étais très motivée pour me lever (ce qui est très rare !). Aujourd’hui sera une belle journée : d’abord parce que le mardi reste la meilleure journée de la semaine grâce à Madame Kelly, la prof la plus adorable du Pensionnat ; ensuite parce que j’ai réfléchi à un plan pour me venger de Monsieur Jean et de Monsieur Nicolas. Ce sera discret (enfin autant que faire se peut), rapide et efficace. Je sais bien que lorsque nous nous ferons attraper la punition sera salée ; mais je ne supporte pas l’idée de laisser croire à nos professeurs qu’ils ont tout le pouvoir (même si ce n’est peut-être pas tout à fait faux). Pour mener à bien mon plan, il me faudrait l’aide de mes amies. Je vais tout faire pour les convaincre de me...