Mercredi 19 février
2020
Nous
avions décidé tous les six d’un commun accord, de refuser le tournage d’un
reportage. Nous ne voulions pas que la France entière pénètre dans notre vie
intime. Suite à ce refus, papa et maman ont reçu une proposition pour devenir
chroniqueurs dans une émission télévisée destinée à conseillers les parents
d’accueil. Ils réfléchissent encore à la proposition, décidant qu’ils
rendraient leur réponse ce week-end, lorsque papa rentrerait de séminaire.
La journée avait
merveilleusement bien commencé : je m’étais réveillée en pleine forme,
j’avais pris un petit déjeuner acceptable selon les critères de ma mère, et je
travaillais sur le rattrapage de mes cours, assise à la table de la salle à
manger. Ana et Mayeul travaillaient avec moi, et maman cuisinait pour le
déjeuner. C’était presque trop parfait !
- Manou, tu peux me filer
une cartouche d’encre, s’il te plaît ? me demanda Ana.
- Bien sûr !
répondis-je avant de lui donner l’objet désiré.
- Je ne comprends pas
pourquoi vous vous entêtez à écrire au stylo plume ! dit Mayeul. Le stylo
bille est bien plus pratique !
- On fait ce qu’on veut,
nan ?! l’agressa Ana. C’est quoi ton problème ?!
- Les enfants, ne
commencez pas ! nous prévint maman qui entendait tout depuis la cuisine
ouverte.
Soudain, A Thousand Years, la chanson préférée
de maman, retentit, signe que quelqu’un l’appelait sur son téléphone portable.
Elle se lava les mains, décrocha et activa le haut-parleur, puis se relava les
mains avant de reprendre la popotte.
- Salut Justine !
lança maman.
- Salut Scar ! Ça va
bien ?
- Super et toi ?
- Ça va, répondit ma
tante. Je ne te dérange pas ?
- Non, non, je suis en
train de cuisiner !
- Comme toujours !
dit Justine. J’adorerais savoir aussi bien cuisiner que toi !
- Je peux te donner des
cours, si tu veux ! proposa maman.
- Pourquoi pas, ça
pourrait être sympa ! Mais ce n’est pas pour ça que je t’appelle.
- Dis-moi, je
t’écoute ! annonça maman d’un air beaucoup moins léger.
- Hier, quand vous êtes
repartis de la maison, j’ai pris mon traitement contre les angoisses comme je
le fais d’habitude…
Oh non. Mon cœur commença à
s’emballer.
- … et j’ai remarqué
qu’il me manquait deux comprimés. Bien sûr, Cal’ et moi avons interrogé les
enfants qui clament leur innocence ; et pour cause : les enfants
n’utilisent que la salle de bains de l’étage, et mon armoire à pharmacie se
trouve dans la salle de bains du rez-de-chaussée, qui n’est utilisée que par
Caleb et moi. Donc je t’appelle parce que je crois me souvenir que Marie est
allée dans cette salle de bains juste avant le repas pour aller aux toilettes.
N’aurait-elle pas pris de deux mes comprimés ? Anaïs aussi est allée aux
toilettes durant l’après-midi, donc il est également possible que ce soit elle…
Maman soupira puis demanda à Justine d’attendre
quelques secondes. Elle se lava à nouveau les mains, puis vint nous voir dans
la salle à manger. Elle se posta entre Ana et moi et s’accroupit à notre
hauteur. Scarlett se tourna vers Ana et lui demanda de la regarder droit dans
les yeux. Puis, elle la questionna :
- Anaïs, est-ce que c’est
toi qui as pris deux anxiolytiques à ta tante ?
- Non, maman, je n’ai
rien à voir avec ça ! répondit ma sœur, offusquée d’être accusée à tort.
Ma mère se tourna alors vers moi, son regard
bleu plongé dans le mien, et me posa exactement la même question qu’à ma sœur.
Imitant Ana, je me défendis :
- Moi non plus je n’ai
rien à voir avec ça !!
- D’accord, dit maman.
Elle se releva, retourna dans la cuisine près
de son téléphone et dit :
- Ju ? Tu es
toujours là ?
- Oui, oui !
répondit ma tante.
- Bon, tu as raison,
conclut maman. C’est Marie qui a pris tes comprimés. Je vais régler ça avec
elle.
Co…comment ?!?! Comment avait-elle pu
savoir ?!
- Ça me rassure !
dit Justine. Je craignais de m’être faite des films ! Bon, au moins
l’énigme est résolue !
- Oui ! J’aimerais
que tu m’envoies le nom du médicament par téléphone, s’il te plaît, demanda
maman. Je vais consulter la notice sur internet.
- Pas de souci, je te l’envoie
dès que je raccroche ! Bisous à toute la famille, et à Mike si tu l’as au
téléphone !
- Je n’y manquerai pas.
Bisous à vous !!
Tante Justine raccrocha. Ma mère, qui était en
train d’éplucher un concombre, me lança :
- Je finis d’éplucher ça,
et on va parler, Marie !
- Mais je n’ai rien à voir
avec tout ça, maman !! répétai-je.
- C’est ça, continue de
me mentir ! dit ma mère. Ça arrange ton cas !
Je gardai mon air ahuri, comme si je ne comprenais
pas pourquoi j’étais accusée à tort. En réalité, j’étais surtout ahurie car je
ne comprenais pas comment Scarlett avait pu deviner que c’était moi !
Le concombre entièrement épluché, maman se
passa les mains sous l’eau, les essuya sur une serviette et fonça sur moi. Elle
m’attrapa l’oreille pour me sortir de table tandis que je criais :
- Maman ! C’est pas
moi ! C’est pas moi, j’te dis !
Scarlett m’asséna deux bonnes claques sur les
fesses avant de me répondre :
- Mais bien sûr !
Continue de mentir à ta mère ancienne flic, spécialiste du langage corporel !!
Je peux analyser les moindres faits et gestes de quelqu’un ; alors quand
il s’agit de mes enfants avec lesquels je vis depuis plus de quatre mois, sois
sûre que je ne me trompe pas !!
Ma mère me traîna jusqu’au canapé. Je la priai :
- Maman, s’il te plaît !
J’ai encore mal à cause de la brosse ! S’il te plaît, maman !
- Encore un mensonge !
constata-t-elle en me grondant. Si tu avais vraiment mal, tu n’aurais pas fait
une bêtise plus grosse qu'un éléphant !!
Alors que ma mère m’allongeait sur ses genoux,
je pensai furtivement à ma vie d’avant.
Il y a six mois, personne
n’avait jamais levé la main sur moi. Il y a six mois, je ne savais même pas ce
que c’était que de recevoir une fessée. J’étais libre de pouvoir faire ce que
je voulais. Si j’avais avalé deux cachets anxiolytiques, personne ne m’aurait
grondée. Si j’avais voulu perdre du poids en mangeant moins, personne ne m’aurait
saoulée avec ça. Si j’avais eu des mots dans le carnet, mes parents m’auraient
juste dit : « Essaie de t’assagir un peu ! ». Il y a six
mois, je n’aurais jamais imaginé me retrouver allongée sur les cuisses de « Barbie
mère au foyer et ninja à ses heures perdues », prête à recevoir une fessée
devant mon frère adoptif, ma sœur adoptive et trois domestiques, dans un immense
manoir, juste pour avoir voulu faire taire une angoisse.
Je ne supporte pas
porter une ceinture. Je trouve ça particulièrement inconfortable. En
conséquence, je ne porte que des jeggings, ou des pantalons qui me vont comme
un gant, ne nécessitant pas de ceinture. Malheureusement, cela m’handicape en
cas de fessée ; car mon pantalon est alors bien facile à baisser.
J’étais donc allongée
sur les genoux de ma mère, mon jean baissé mais ma culotte encore en place.
- Je n’ai rien fait de
mal ! me défendis-je.
- Tu es sérieuse ?! me gronda ma mère. Tu
as avalé deux comprimés d’un médicament que tu ne connais même pas, sans avis
médical, et tu me dis que tu n’as rien fait de mal ?!
Scarlett débuta la fessée par-dessus ma culotte ;
mais j’avais déjà tellement mal à cause du passage de la brosse hier, que je
me débattais comme une folle ! Ma mère dut prendre cela comme un cas de
force majeure puisque je l’entendis enlever le cordon de la capuche de son sweat ;
puis elle attacha mes mains avec.
- Maman, je t’en prie !
Pitié, ne fais pas ça ! J’ai déjà trop mal aux fesses ! Maman, pitié !
Je suis désolée !
- Tu n’as pas fini d’être
désolée, Marie ! me gronda-t-elle en nouant la cordelette. Je te garantis
que tu vas la prendre cette fessée, et elle va être bonne !! Je t’ai dit
avant-hier que ta santé était un cas de force majeure ! Tu t’entêtes à
essayer de la bousiller, donc je m’entête à essayer de t’en dissuader !
Lorsque la cordelette fut correctement nouée, il
m’était totalement impossible de bouger mes bras ou mes mains. Mes avant-bras
avaient été noués ensemble dans le bras de mon dos : je ne pouvais plus les
bouger !
Ma mère enleva son sweat, puis prit le chouchou
qu’elle avait autour du poignet et attacha ses cheveux avec. Ensuite, elle
maintint fermement ma taille avec son bras gauche, laissant à son bras droit –
et notamment à sa main droite ! – tout le loisir de me claquer le
postérieur. Enfin, elle baissa ma culotte.
- Maman, pitié !! la
suppliai-je en commençant à pleurer.
- On va reprendre depuis
le début, annonça-t-elle en ignorant totalement mes prières. Qu’est-ce que tu
as pris exactement ?
- Un médicament contre l’angoisse,
répondis-je, ayant toujours l’espoir d’éviter cette tannée.
- Nous sommes donc d’accords
que tu m’as menti jusqu’à présent ! conclut ma mère.
Je venais de me vendre toute seule. La
conséquence fut immédiate : Scarlett me claqua les fesses avec force et rigueur.
Les claques me faisaient déjà tellement mal que les larmes vinrent toutes
seules ! Je commençais déjà à émettre de petits cris de douleur. Cela n’augurait
rien de bon pour la suite !
- Où l’as-tu trouvé ?
me demanda ma mère après avoir cessé les claques.
- Dans l’armoire à pharmacie,
répondis-je entre deux larmes.
- Donc nous sommes
invités chez des gens, et tout ce que tu trouves à faire, c’est fouiller dans
leurs affaires ?! me gronda Scarlett.
Et elle reprit les claques, tout en me réprimandant :
- Qu’est-ce que c’est que
ce comportement ?! C’est inapproprié et malpoli de fouiller chez les gens !!
Est-ce que tu es malpolie, Marie ?!
- No…n ma…man… pleurai-je
en gigotant comme je le pouvais sous les claques.
- Alors pourquoi tu te
comportes ainsi ?! Tu n’as plus intérêt à refaire ça !! Tu as compris ?!
-
O…ui… mam…mam…an…
Elle s’arrêta de nouveau, ce qui introduisit
une nouvelle question :
- Quel médicament as-tu
avalé ?
- Un…un méd…ic…ament c…co…contre
l’an…goisse…
- Ça, tu me l’as déjà dit !
Je veux le nom du médicament !
- Hy…hy… euh…
- Tu ne sais même pas ce
que tu as pris !! vociféra Scarlett. Tu as pris de l’hydroxyzine !!
Est-ce qu’au moins tu connais ce médicament ?!
Je tentai de lui expliquer que ma mère biologique
en avait pris après son accident de voiture. Scarlett dut décoder entre les
pleurs mais elle comprit ma réponse. Elle me demanda :
- Et quels sont les
effets secondaires de ce médicament, Marie ?! Est-ce qu’au moins tu les
connais ?!
- N…on ma…m…an…
- Constipation, nausées,
vomissements, entre autres ! me gronda-t-elle. C’est compatible avec ta
maladie, non ? Tu ne trouves pas ?!
- Par…par…d…don…
- C’est à ton corps qu’il
faut demander pardon, Marie ! reprit ma mère. Tu prends des médicaments sans
regarder la notice ! Non mais franchement !! Je suis furieuse contre
toi !!
Je sentis immédiatement sa fureur tomber sur
mes pauvres fesses. J’eus horriblement mal. Ma mère me filait vraiment des
claques costaudes et mon fessier meurtri avait bien du mal à encaisser tout ça !
Au bout d’une nouvelle bonne minute – peut-être
fut-ce plus long ! – ma mère s’arrêta et me demanda :
- Pourquoi est-ce que tu as
ressenti le besoin de prendre ces cachets ?!
- J’étais angoissée à
cause du repas, répondis-je d’une traite, souhaitant éviter d’avoir un spasme.
- Et au lieu de venir m’en
parler, tu as préféré faire une énorme bêtise !!
- Je… je croyais que tu
allais me gronder…, mentis-je, en désespoir de cause.
- Ah non, Marie ! s’exclama
maman. Ne joue pas à ça avec moi ! A chaque fois que tu es venue me voir
pour me parler, j’ai toujours été ouverte, disponible et à l’écoute ! On
se serait isolées, on aurait parlé puis on aurait fait un exercice de respiration
pour t’aider à te calmer. Ne me fais surtout pas gober que tu craignais de venir
me voir !! La vérité, c’est que tu as choisi la facilité, comme toujours !
Et une fois de plus, où t’amène la facilité, Marie ?! Sur mes genoux !!
Je suis vraiment très en colère contre toi !!
Et les claques reprirent, fortes, impitoyables.
Cette fois-ci, j’avais beau pleurer toutes les larmes de mon corps et crier pour
que ça s’arrête, Scarlett ne cédait pas. Elle me claqua les fesses pendant au
moins sept ou huit bonnes minutes, ce qui les rendit très certainement
écarlates. En tout cas, elles me brûlaient et étaient très, très douloureuses !!
A
la fin de cette salve, ma mère dénoua la cordelette autour de mes avant-bras,
ce qui me soulagea considérablement. Puis, elle me laissa me relever et me
rhabiller, avant de se lever à son tour. Elle m’attrapa le menton et me
gronda :
- C’est terminé, Marie !
Je ne veux plus que tu joues avec ta santé ! Je vais te surveiller comme
le lait sur le feu ! Tu as compris ?!
- Oui maman, répondis-je
alors que je me massais les fesses par-dessus mon jegging.
- C’est une grosse bêtise
que tu m’as faite, Marie ! continua-t-elle sans me lâcher. Pour la peine,
ce soir, demain soir et vendredi soir, tu iras au lit à vingt-et-une heures !
Tu es punie !
J’accusai l’annonce. L’avantage des vacances, c’était
justement de pouvoir se coucher à pas d’heure !! Bon, je me rattraperai la
semaine prochaine chez mes parents biologiques.
- De plus, ajouta
Scarlett, tu as vraiment intérêt à filer droit jusqu’à ce que tu t’en ailles samedi
matin ! Je te jure qu’à la moindre incartade, je te flanque une fessée !
Je vais être totalement intolérante avec toi, Marie ! J’ai été obligée de
te remettre d’équerre deux jours d’affilés, je pense que ça suffit, maintenant !
Tu entends ?!
- Oui maman, répondis-je
d’une voix encore tremblante.
- Prends tes affaires et
va dans ta chambre ! ordonna ma mère. Je t’ai assez vue pour ce matin !
Je me dépêchai de remballer toutes mes
fournitures et de me réfugier dans mon cocon. Je fermai la porte derrière moi,
jetai mes affaires sur mon bureau en désordre et allai m’allonger sur mon lit
pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Je n’en pouvais déjà plus de maman
et de sa sévérité à toute épreuve. Je voulais que papa revienne !
A
midi, on frappa à la porte : c’était Ana.
- Ça va ? me
demanda-t-elle.
J’haussai les épaules puis me rallongeai sur
mon lit. Elle entra dans ma chambre, fermant la porte derrière elle puis vint s’allonger
près de moi.
- J’en peux plus de cette
réforme, dis-je. Si seulement les châtiments corporels étaient illégaux comme avant…
- Ils vont plutôt dans le
sens inverse, malheureusement ! me rappela Ana. Au retour des vacances, on
va même se prendre la fessée à l’école !
Je laissai un moment de silence puis dis :
- Je crois que l’univers
a créé des gens qui peuvent être sages comme Louise, et des gens qui ne peuvent
pas être sages, comme moi. Je pense que je suis calibrée pour ne rien écouter.
Et puis de toute façon, si j’étais tout le temps sage, ma vie serait ennuyeuse
à mourir ! Regarde Louise : aux yeux de nos parents, c’est l’enfant
parfaite ! Elle est tout le temps sage ! C’est vraiment ennuyeux !
Ana ria, étant d’accord avec moi.
- Est-ce qu’il t’arrive
de penser à la vie que tu aurais eue s’il n’y avait pas eu la réforme ? lui demandai-je.
- Oui, ça m’arrive,
répondit ma sœur. Mes parents qui se disputent, ma mère biologique qui continue
de me détester, mes frères qui n’en ont toujours rien à foutre de moi, ma sœur qui
fait comme si elle ne me connaissait pas… Et mon père qui fait ce qu’il peut dans
tout ça. La vraie vie de merde, quoi !
- Ah ouais, murmurai-je.
Chaud.
- Ici au moins, mes
parents m’aiment et s’occupent vraiment de moi. Certes, il ne faut pas déconner ;
mais je te garantis que si tu avais vécu, comme moi, dans des familles qui n’en
ont rien à foutre de ta gueule, tu considérerais Michael et Scarlett comme des
sauveurs ! Certes, dans ces familles-là tu ne prends pas de trempe… mais
du coup, tu ne prends rien tout court. Tes parents s’en foutent que tu sois là ou
pas. Que tu manges ou pas. Que tu travailles à l’école ou pas… Ils s’en fichent
royalement que tu existes ou pas.
- Ah.
- Quand je fais une
bêtise, poursuivit ma sœur. Je crains plus le fait que papa et maman ne
réagissent pas, plutôt que la fessée que je vais prendre. Plus papa et maman
sont sévères et ne laissent rien passer, plus ils t’aiment. Alors remercie-les
de s’occuper de toi et de te flanquer des roustes, car ils t’aiment de tout
leur cœur.
- Mais tu disais que Tom
et Dana…
- Tom et Dana étaient
différents ! s’agaça Ana. Ils utilisaient leur statut de famille d’accueil
pour assouvir un besoin pervers. On est juste mal tombées en allant chez eux, c’est
tout. Mais chez Michael et Scarlett, on est vraiment en sécurité, aimés et
choyés. Donc à chaque fois que papa et maman te tombent dessus, à chaque fois
qu’ils vont te flanquer une énorme fessée, pense à les remercier. En réalité,
ils prennent soin de toi.
Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.
Jusqu’à maintenant, j’étais très en colère contre maman : elle m’avait
quand même sacrément punie ! Pourtant, avec ce que me disait ma sœur, je
sentais tout doucement mon cœur s’adoucir. Je réfléchis quelques secondes puis
dis :
- Je ne crois pas que j’arriverai
à les remercier.
- Alors, va au moins t’excuser
pour tes agissements. Une fois, j’ai donné une claque à mon
petit frère parce qu’il avait fait exprès de déchirer mon devoir de maths. Ça m’a
fendu le cœur de le voir pleurer ! Et ce n’était
qu'une claque sur le pantalon d’un enfant de sept ans ! Imagine comme
ça doit être dur pour papa et maman de nous sanctionner ! Quand tu aimes
quelqu’un, c’est dur de le voir triste à cause de toi.
- Mouais, dis-je, à
moitié convaincue. Maman n’avait pas l’air peiné hier quand elle vous a filé
quelques coups de planche à Mayeul et toi ! Je suis sûre qu’elle pensait
que c’était mérité !
- Elle pouvait être un peu
énervée sur le moment, ça se comprend ! dit Ana. Et même si elle pensait
que c’était mérité, ça n’empêche pas que ça lui a fait de la peine !
- Mouais, répétai-je.
- Apprends à t’excuser,
Marie. De vraies excuses ! Pas des excuses à la va-vite pour éviter une fessée !
- Je vais voir,
grommelai-je.
- A table !! entendîmes-nous.
Le repas se passa
correctement. A la fin de celui-ci je décidai d’aller voir ma mère.
- Qu’est-ce qui se passe,
Marie chérie ?
- Je te demande pardon,
grommelai-je, les yeux rivés vers le sol. Pour avoir avalé les médicaments de
tante Justine. Désolée.
Scarlett me prit immédiatement dans ses bras et
me serra fort contre elle.
- Oh mon petit cœur, me
chuchota-t-elle dans l’oreille. Tu es toute pardonnée. La prochaine fois, viens
me voir, ma puce ! Je serai toujours là pour toi, tu le sais ?
- Oui maman, répondis-je.
Elle m’embrassa sur le front et me serra de
plus belle contre elle.
L’après-midi,
nous allâmes faire du shopping, sans Mayeul qui préféra passer l’après-midi
avec Benoît et Justin chez oncle Caleb et tante Justine.
Cette
après-midi entre filles fut merveilleuse. Le centre commercial était presque
vide car les gens n’avaient pas osé sortir à cause de la neige. Nous pûmes
faire nos achats sans pression et sans budget limite. Scarlett dépensa une
somme astronomique pour nous et pour elle. Il fallait vraiment que je m’habitue
à ce nouvel aspect de ma vie.
Nous
rentrâmes à la maison pour dix-neuf heures, après avoir récupéré Mayeul. Maman fit
des pizzas maison, délicieuses.
Après
manger, nous fîmes une visio avec papa, visio que je dus écourter pour aller me
coucher. Michael me réprimanda un peu, mais n’insista pas en sachant que sa
femme avait réglé le problème.
J’allai
au lit sans faire d’histoires. Bizarrement, je m’endormis rapidement !
A suivre…

Deuxième journée sans faute pour ''Super Maman'' 👍
RépondreSupprimerGrosse surprise ! Je pensais que la bêtise de Marie passerait inaperçue 😒
Et malheureusement pour elle, on ne trompe pas Scarlett comme ça !
Ana est de plus en plus surprenante et ... touchante. On comprend maintenant pourquoi elle préfère passer ses vacances avec ses merveilleux parents adoptifs 😊
Ana qui raisonne Marie, on n'y aurait pas cru?!
Espérons que la journée du lendemain laissera le derrière de Marie au repo🙏