Mardi 19 novembre 2019
Monsieur John
Clémence
Je me rendis au
réfectoire pour le petit déjeuner, mon petit carnet A5 dans les mains. La
journée avait très mal commencé : j’étais sortie de la salle de bains
après m’être débarbouillée et habillée ; c’était là que Monsieur John
m’avait attrapée par le bras et m’avait grondée :
- Madame Natalia t’a
peut-être punie pour ta mare de glue, mais pas moi !
- Mais Mons…
- Silence ! Je ne
veux pas t’entendre ! Ces temps-ci, tu te comportes comme une gamine mal
élevée, Clémence ! Une mare de glue ! Franchement ! Une gamine
de sept ans aurait pu commettre cette bêtise ! Tout ça parce que tu
n’aimes pas la nouvelle ! C’est vraiment puéril, Clémence !
- Oui bah…
- Je t’ai dit que je ne
voulais pas t’entendre ! répéta Monsieur John en haussant davantage le
ton. Tu veux te conduire comme une enfant ?! Nous allons te traiter comme
une enfant ! Tous ! Jusqu’à ce que tu nous montres ta maturité, nous
allons nous comporter avec toi comme si tu n’avais pas plus de huit ans !
- Mais….
- Je ne veux rien
entendre !! réitéra mon père-référent en m’assénant une claque sur la
jupe. Tu n’as pas droit à la parole ! Tu es une petite fille qui n’écoute
rien et qui fait des bêtises ! Et pour ta bêtise d’hier avec Madame
Natalia, je vais te donner une fessée de petite fille !
Il m’attrapa par le bras et m’asséna cinq
claques sur ma jupe. Elles étaient bien moins costaudes que d’habitude et
heureusement ; sur mes fesses douloureuses, je n’aurais pas supporté des
claques plus fortes !
- Tu vas au coin, mains
sur la tête ! m’ordonna Monsieur John. Tu vas réfléchir un peu à tes
bêtises !
Je me retrouvai au coin quelques secondes plus
tard, me demandant bien ce qui venait de m’arriver. C’était quoi cette façon de
me réprimander, au juste ?! Et les claques que je venais de recevoir
n’avaient certes pas été très douloureuses mais elles étaient terriblement
infantilisantes. Humiliantes, même ! Bon sang, dans quel pétrin m’étais-je
fourrée ?!
- Viens ici, me dit le DA
après m’avoir laissée quelques minutes au coin. Est-ce que tu embêteras à
nouveau Madame Natalia ?
- Non Monsieur,
répondis-je en pensant surtout à la punition que la SG m’avait infligée la
veille.
- Bien ! Dans ce
cas, assieds-toi, je vais te coiffer.
- C’est une blague ?
m’exclamai-je.
- Pas du tout. Tu es une
petite fille, je dois donc m’occuper de toi.
- C’est bon, j’ai
compris ! lâchai-je. Je vais me comporter correctement !
- Tu n’as rien compris du
tout, Clémence. Ce n’est que le début de ton calvaire. Viens t’asseoir.
- Je sais me coiffer
toute seule ! protestai-je.
Monsieur John haussa les sourcils et
compta :
- Clémence, une
fois !
- C’est un sketch, ce
n’est pas possible…
- Deux fois !
continua-t-il.
- Je sais me coiffer
toute seule ! répétai-je.
- Trois fois !
annonça Monsieur John.
Il m’asséna deux claques sur la jupe et
m’emmena de force jusqu’à la chaise où il m’assit. Il attrapa ensuite une
brosse et un élastique en me grondant :
- Quand je te demande de
venir, c’est maintenant ! Tu obéis ! Sinon c’est la fessée ! Tu
entends, Clémence ?
- Oui Monsieur,
répondis-je les dents serrées.
La seule consolation que j’eus sur le moment
fut que Monsieur John me coiffa mieux que je n’aurais réussi moi-même. Je me
demandai bien où il avait appris ça étant donné qu’il n’avait pas
d’enfant !
Une fois mes longs cheveux impeccablement
tressés, mon père-référent me demanda :
- Tu t’es lavé le
visage ?
- Monsieur,
arrêtez ! protestai-je. C’est bon j’ai compris.
- Tu t’es lavé le visage
ou pas ?
- Oui Monsieur,
répondis-je agacée.
- Ne me réponds pas sur
ce ton, prévint-il. Bon, j’ai quelque chose à te dire.
Quoi encore ?!
Il me remit un petit carnet et m’expliqua son
fonctionnement. J’avais l’impression de revenir à l’école élémentaire avec le
fonctionnement du cahier de liaison, ce cahier qui m’avait valu tellement
d’ennuis avec Côme et Célestine !
- Chaque soir, on
regardera ton carnet, m’expliqua Monsieur John d’un ton volontairement lent, ce
qui m’exaspéra. Si tu ne t’es pas tenue correctement, tu seras punie,
Clémence ! Tu écoutes bien ce que je te dis ?
- Oui Monsieur,
répondis-je.
- Bien. Allons prendre le
petit déjeuner, dans ce cas.
En arrivant dans le
réfectoire, je n’en menais pas large du tout. Si j’étais infantilisée de la
sorte devant toutes mes amies, ça n’allait vraiment pas le faire !
J’allai prendre mon plateau et me servis au
self, Monsieur John me suivant de près. Je pris du lait chaud dans un bol, puis
mis deux croissants dans mon assiette. C’est alors que mon père-référent
intervint :
- Non, Clémence. Je suis
d’accord pour que tu prennes un croissant mais pas deux. C’est beaucoup trop
calorique !
- Trop calorique ?!
rétorquai-je. Je suis une fine comme une brindille !
- Il faut que tu aies un
petit déjeuner équilibré pour tenir jusqu’au déjeuner, m’expliqua Monsieur
John. Prends plutôt du pain avec un peu de beurre et de la confiture.
Je ne pouvais même pas manger ce que je
voulais ?! Sérieusement ?! Cette situation commençait vraiment à me
taper sur le système… !
- Tu as fini de
manger ? me demanda Monsieur John à la fin du repas.
- Oui Monsieur,
répondis-je.
- Alors va débarrasser
ton plateau. Je t’attends à la sortie du réfectoire.
Mes copines me regardèrent d’un air bizarre, je
finis par leur avouer :
- Les Cinq ont décidé de
me traiter comme une gamine, alors ne soyez pas étonnés s’ils me parlent d’un
ton mielleux et tout le reste…
- Clémence, as-tu entendu
ce que je t’ai dit ? insista Monsieur John. Va débarrasser ton plateau,
s’il te plaît.
Je jetai un regard exaspéré à mes amies.
Certaines compatissaient, d’autres – comme Mathilde – étaient très amusées. Je
n’allais pas survivre longtemps à ce traitement !!
En
me rejoignant à la sortie du réfectoire, Monsieur John me dit :
- Aller, tu vas te
brosser les dents et ensuite on vérifiera si tu as bien pris toutes tes
affaires pour ta journée de cours.
Je ne répondis pas. J’étais bien trop exaspérée
pour ça !
En
sortant de la salle de bains après mon brossage de dents, je vis Monsieur John
en train de fouiller dans mon cartable.
- Qu’est-ce que vous
faîtes ?! aboyai-je.
- Je t’ai déjà dit de
changer de ton ! me gronda-t-il. Je vérifie que tu as bien toutes tes
affaires pour aujourd’hui.
Soudain, il sortit un bout de papier chiffonné
de mon sac : des lignes demandées par Madame Constance pour bavardages,
datant d’il y avait déjà plusieurs semaines.
- Qu’est-ce que c’est que
ça ?! me gronda-t-il.
- Madame Constance
m’avait demandé de rédiger cent lignes, répondis-je. Mais c’était il y a
longtemps, et elle a oublié de me les demander.
- Si tu es punie, c’est à
toi de rendre ta punition ! Ce n’est pas au professeur de te la
demander !
- Oui Monsieur, dis-je en
baissant les yeux au sol.
Je fus désagréablement surprise de recevoir
cinq fois la main de Monsieur John sur le derrière.
- Ça commence à faire
beaucoup de claques pour une petite fille, commentai-je.
- Tu veux une fessée cul
nu sur mes genoux pour t’apprendre à discuter ma façon de faire ?! me
gronda le DA.
- Non Monsieur,
répondis-je.
J’ignorais si cette déculottée allait être
adaptée à ma nouvelle condition d’enfant ou pas ; mais dans le doute, je
préférais ne pas tenter le diable.
- C’est ce que tu auras
la prochaine fois que tu me dissimules une punition écrite, Clémence ! Une
fessée cul nu !
C’était horrible. C’était exactement comme ça
que Côme et Célestine me menaçaient à partir de mes sept ans, lorsque j’ai
commencé à recevoir de vraies « fessées cul nu ». Le terme
« fessée déculottée » n’est arrivé que vers mes treize ans.
Il m’était insupportable que Monsieur John
m’infantilise de la sorte ! Il allait vraiment falloir que ça cesse !
Huit
heures. Le début des cours. Monsieur John fut remplacé par Monsieur Éric, ce
qui était déjà une petite délivrance. Enfin, c’est ce que je croyais. Avant
même que Monsieur Curtis n’entre en classe, le Directeur vint me voir et me
demanda :
- Tu as bien toutes tes
affaires, Clémence ?
- Oui Monsieur,
répondis-je.
- Tu as bien fait tes
devoirs ?
- Oui Monsieur.
- Montre-moi.
Je sortis mon cahier et montrai au Directeur la
dissertation à faire pour aujourd’hui en anglais. Il la regarda attentivement
dit :
- Je ne pense pas que ton
professeur apprécie ta formulation dans cette phrase car ce n’est pas
syntaxiquement correcte. Remplace « I wanna » par « I want
to ».
- C’est bon, il
comprendra ! m’exaspérai-je.
- Oui mais tu vas perdre
des points bêtement, dit-il. Je te demande de corriger, Clémence.
Je soupirai d’agacement et attrapai mon blanco
pour corriger. Une fois ceci fait, je lui demandai :
- Depuis quand êtes-vous
doué en anglais ?
- Je me débrouille,
répondit Monsieur Éric. Pour travailler avec la Fondation Farlane, je n’ai pas
vraiment le choix…
- Bonjour à toutes !
lança Monsieur Curtis en entrant dans la pièce.
Nous nous levâmes par respect. Le prof
d’anglais alla serrer la main du Directeur puis remonta sur l’estrade et débuta
son cours.
Monsieur
Éric n’eut rien à me reprocher ; et à la fin de la première heure de
cours, Monsieur Lionel prit son relais.
- Clémence, tu peux me
prêter ta gomme, s’il te plaît ? me chuchota Mathilde.
- Il fallait faire
l’exercice au stylo, pas au crayon à papier ! m’exclamai-je en regardant
le cahier de Mathilde.
- Tu es sûre ?
demanda mon amie.
- Oui ! répondis-je.
Il fallait que tu…
Je m’interrompis en pleine phrase, voyant
Monsieur Lionel attraper mon carnet sur le coin de ma table. Il regarda sa
montre connectée puis nota : « 9h56. Bavardages avec Mathilde en
cours d’anglais. M. Lionel. ». Il rangea ensuite son stylo dans la poche
de sa chemise, remit mon carnet sur le coin de ma table et alla se rasseoir. Je
me tus immédiatement.
Même s’il avait écrit une remarque, au moins
lui ne me traitait pas comme une enfant !
A
dix heures, Madame Natalia arriva. La voir me donna des frissons dans le dos.
Elle m’avait tellement punie hier que je me promis de me tenir à carreaux en sa
présence. Je fis promettre à Mathilde de ne pas me parler et fus aussi sage
qu’une image.
- Mademoiselle
Emma ! Je vous dérange, peut-être ?! intervint Monsieur Curtis alors
que ma camarade venait de sortir son vernis à ongles.
- Pas du tout,
Monsieur ! répondit-elle de façon insolente. Continuez, je vous en
prie !
Le silence se fit dans toute la classe lorsque
Madame Natalia se leva et marcha en direction d’Emma. A part moi, personne ne
savait de quoi cette femme était capable. Intérieurement, je priai pour qu’Emma
puisse s’asseoir pour le reste de la journée…
- Rangez-moi ça, insista
la SG une fois arrivée à hauteur d’Emma.
- Pourquoi ? demanda
Emma. Le cours est ennuyeux, il faut bien que je m’occupe !
Elle voulait de toute évidence tester la
nouvelle arrivée, comme je l’avais fait pas plus tard qu’hier. Tant pis pour
elle.
Madame Natalia attrapa le vernis à ongles et le
reboucha avant de le mettre dans la poche de sa veste ; puis, elle attrapa
Emma par sa chemise au niveau de l’épaule et la fit sortir de table pour la
trainer jusqu’à l’estrade, sans se soucier de savoir si ma camarade tenait sur
ses jambes ou pas. Madame Natalia l’entraînait avec tellement de force qu’Emma
avait du mal à suivre le rythme !
En deux temps, trois mouvements, ma camarade se
retrouva sur l’estrade, allongée sur les genoux de la SG, les fesses à l’air.
Madame Natalia enleva son blazer et puis gronda :
- Le vernis à ongles est
interdit dans cet établissement. Où l’avez-vous eu ?
- Ça ne vous regarde
pas ! cracha Emma.
- Ça me regardera dans
quelques minutes, annonça Madame Natalia.
Et elle début la fessée. Comme pour moi hier, cela
dura longtemps. Nous pouvions voir les minutes défiler à cause de l’horloge
accrochée dans la classe. Au bout de deux minutes, Emma lâcha :
- Je l’ai eu au centre
commercial pendant les vacances !!
Madame Natalia ne répondit pas et poursuivit
son œuvre.
A la troisième minute, Emma commençait à ne
plus tenir en place. Madame Natalia la repositionna fermement sur ses genoux et
reprit les claques.
Ma camarade ne savait plus quoi faire pour
échapper à cette horrible tannée. Je ressentais sa détresse pour l’avoir vécue
hier !
Quatre minutes : la Surveillante Générale
ne s’arrêtait toujours pas. Emma était désormais en larmes et suppliait Madame
Natalia d’arrêter. Elle lui faisait toutes les promesses du monde mais la
nouvelle venue restait inflexible et continuait de claquer les fesses d’Emma.
Au bout de cinq minutes, Madame Natalia
s’arrêta et gronda Emma :
- Ça, c’était pour le
vernis à ongles. Maintenant, on va passer à l’insolence dont vous avez fait
preuve envers Monsieur Curtis ET envers moi !
Un murmure d’horreur se fit entendre dans la
classe.
La fessée d’Emma dura
douze minutes. Une minute de plus que la mienne. Même si elle avait provoqué
cette punition j’avais de la peine pour Emma ! Néanmoins, Madame Natalia
venait de calmer toute la classe Littéraire en une seule fois : toutes les
filles du D2 et toutes celles du D3. Presque la moitié des pensionnaires. Même
Monsieur Curtis était bouche bée !
Inutile de préciser que
le reste du cours de littérature anglaise se déroula dans un silence
monastique, même lorsque Matthieu prit le relais de Madame Natalia.
C’était très frustrant
de le savoir assis derrière moi. Je pouvais sentir son parfum composé de musc,
de cannelle, de pomme et d’une pointe de noix de muscade. J’avais terriblement
envie de l’embrasser dans le cou. Mais je me tins correctement : je ne
voulais pas qu’il ait à me donner une fessée « de petite fille ». Je
ne le supporterais pas !
Monsieur John fit son
retour à midi, l’heure du déjeuner, pour mon plus grand malheur.
Je suis du genre à manger plutôt vite. Mon
repas est généralement avalé en vingt/vingt-cinq minutes. J’avalais donc la
dernière bouchée de ma salade de fruits quand Monsieur John me dit :
- Aller, va te laver les
mains et file à la sieste.
- Quoi ?!
m’exclamai-je.
- Tu es une petite fille,
Clémence. Les petites filles vont à la sieste.
- J’en ai déjà fait une
samedi, répondis-je. Je suis en pleine forme.
- A la sieste, insista le
DA.
- Et si je refuse ?
demandai-je.
Monsieur John haussa les sourcils et croisa les
bras sur sa poitrine. Mathilde me dit :
- Clémence, tu devrais
aller dormir…
- Oui, écoute-le, ajouta
Lucille.
- Je n’ai pas envie
d’aller dormir ! protestai-je.
Monsieur John se leva, me dégagea de ma chaise,
me flanqua cinq claques – plutôt bonnes ! – sur le derrière devant tout le
réfectoire, et me balança sur son épaule pour m’emporter jusqu’à ses
appartements. Il me posa à terre dans la cuisine et m’ordonna :
- Tu te laves les mains
tout de suite !
- Nan !
protestai-je.
Il voulait jouer à ça ?! Parfait ! Si
je ne craignais qu’une « fessée de petite fille », rien ne
m’empêchait de m’entêter !
- Clémence…
commença-t-il. Une fois.
- Non !
- Deux fois !
- J’ai dit non !
tins-je.
- Trois fois !
Monsieur John dégrafa ma jupe, baissa ma
culotte et m’asséna dix claques sur les fesses. Et elles n’étaient pas pour une
petite fille ! Je les sentis bien passer !
- Lave-toi les
mains ! Maintenant !
Je cédai et allumai l’eau.
En
me réveillant de ma sieste (je me détestais de m’être finalement endormie car
je donnais raison à Monsieur John !), je me rendis en cours de piano avec
Monsieur Éric sur mes pas. Tout se passa parfaitement bien : après le
recadrage de mon père-référent, je n’avais pas envie de faire de vague !
Comme
tout le reste de la classe, je me tins à carreaux durant le cours de
philosophie, Madame Natalia étant dans la pièce. Je crois que cela faisait bien
longtemps que Monsieur Yves n’avait pas eu un cours aussi studieux !
D’habitude, il y a toujours quelques élèves qui dessinent ou regardent par la
fenêtre ; mais avec la présence de la nouvelle SG personne ne bronchait.
De plus, Madame Natalia avait l’œil à tout ! Plusieurs fois, nous
l’entendîmes dire : « Noémie, tenez-vous correctement ! »,
« Lou, arrêtez de jouer avec ce stylo ! », « Astrid,
redressez-vous ! », « Lucille, vous pouvez écrire mieux que
ça ! », « Léa, votre professeur a demandé de sortir les
manuels ! Pressez-vous ! ». Personne n’avait envie d’avoir à
faire à la nouvelle, alors… Tout le monde obéissait.
Lorsque Matthieu prit
le relais, l’ambiance se détendit quelque peu. A peine quelques minutes après
l’arrivée de mon homme, je reçus un message : « Faîtes tomber vos
stylos à 16h12, 16h24 et 16h33 ! ». Je reconnus l’écriture d’Emilie,
elle qui n’appréciait pas du tout Monsieur Yves depuis que ce dernier lui eût
donné une fessée devant toute la classe il y a quelques temps. Elle voulait lui
jouer un tour. Pourquoi pas ! Après tout, faire tomber un stylo n’était
pas très grave…
A 16h12, je fis tomber
mon stylo à terre, comme la plupart de mes camarades. Seules Hélène, Louise et
Camille ne jouèrent pas le jeu.
- Qu’est-ce que ça
signifie ?! gronda Monsieur Yves.
Personne ne répondit.
Matthieu fronça les sourcils. Il se leva et
alla ramasser mon stylo. En me le donnant, il me fixa droit dans les yeux pour
tenter de déceler quelque chose.
- Merci Monsieur, lui
dis-je en prenant mon stylo.
Il me fixa encore, voyant que quelque chose
clochait. Ne trouvant rien, il décida d’aller se rasseoir.
Douze
minutes plus tard, nous fûmes dix-neuf à faire tomber nos stylos à nouveau.
- Qu’est-ce que vous
manigancez ?! gronda Monsieur Yves.
Sans répondre, nous ramassâmes toutes nos
stylos. Devant mon étonnement le plus complet, Matthieu ne dit rien cette
fois-ci, et ne bougea pas non plus.
Neuf
minutes passèrent avant que les stylos tombent à nouveau. Cette fois-ci,
Matthieu gronda d’une voix grave et impressionnante :
- Très bien :
levez-vous toutes ! Allez vous mettre face au mur, mains sur la
tête !
Nous nous exécutâmes tandis que je l’entendais
enregistrer un message sur son téléphone : « J’ai besoin de renfort
pour une fessée collective en T.L. ! ».
Monsieur Yves arrêta bien évidemment son cours.
Matthieu alla voir Hélène, Louise et Camille pour leur demander de sortir de
classe et d’aller en salle des devoirs pour travailler jusqu’à la sonnerie. Mon
homme avait un œil de lynx pour avoir repéré qui n’avait pas joué le jeu du
stylo !
Une fois mes trois camarades sorties de la
classe, il s’approcha de moi et me demanda en me chuchotant à l’oreille :
- Où est ton
carnet ?!
- …
Il m’asséna une claque sur la jupe qui me fit
lâcher un petit cri de douleur.
- Je t’ai posé une
question, Clémence ! insista-t-il.
- Sur ma table,
répondis-je. En-dessous de mon cahier. Pitié, Ma… Monsieur !
Heureusement, je m’étais reprise à temps,
espérant qu’aucune de mes camarades n’ait repéré mon début de lapsus.
Je l’entendis ouvrir le carnet et y écrire
quelque chose. C’était le deuxième mot de la journée. Je me mis à espérer que
Monsieur John me traite comme une petite fille ce soir afin d’éviter de
recevoir une trop grosse correction…
Quelques
secondes après avoir refermé mon carnet, nous entendîmes frapper à la
porte : Madame Natalia entra sans attendre l’autorisation. Oh non, pas
elle !!!
Matthieu congédia Monsieur Yves en lui
annonçant que malheureusement, le cours était terminé, au vu de notre
comportement. Nous étions dix-neuf à être face au mur, mains sur la tête, à
stresser pour ce qui allait nous arriver. Les deux SG étaient dans la classe,
ce qui n’augurait rien de bon. Certaines filles se mettaient déjà à pleurer,
comme Lou, Naomy ou Yéline ; d’autres tentaient de camoufler au mieux leur
stress. D’autres comme Mathilde et moi, étions malheureusement des habituées,
blasées de se retrouver dans ce genre de situation.
Nous entendîmes Matthieu faire un rapport à
Madame Natalia de ce qui s’était passé en classe. Puis, nous entendîmes la SG
prendre une chaise pour la poser sur l’estrade et dire à mon homme :
- Tu prends les filles du
D2 ou celles du D3 ?
J’appréhendais la réponse. Si j’avais à faire à
Madame Natalia, j’allais très certainement rejoindre Lou, Naomy et Yéline et me
mettre à pleurer sur le champ. Si j’avais à faire à Matthieu, je savais
d’avance qu’il ne serait pas tendre du tout avec moi. Dans les deux cas,
j’étais cuite !
- Les pensionnaires du D2
sont douze, dit Matthieu. Avec les trois minettes qui sont sorties, les
pensionnaires du D3 sont sept. Puisque tu punis moins intensément mais plus
longtemps que moi, autant que tu prennes les filles du D3. Je m’occupe de
celles du D2.
- Très bien, dit Natalia.
Matthieu s’adressa ensuite à toute la classe en
disant :
- Votre petit jeu
s’arrête maintenant, jeunes filles ! Vous avez joué, vous avez
perdu ! Vous avez voulu faire tourner votre professeur en bourrique, vous
avez toutes gagné une fessée !
Je tournai la tête vers Madame Natalia et la
vis consulter son téléphone avant d’appeler :
- Mesdemoiselles Léa,
Valentine, Laëtitia, Capucine, Salomé, Emma et Yéline, venez-vous mettre en
file indienne devant moi ! Immédiatement !
- Les autres, vous restez
face au mur et je ne veux pas vous voir bouger ni vous entendre ! ajouta
Matthieu.
Léa se retrouva rapidement en travers des
cuisses de Madame Natalia ; et Lucille se retrouva allongée sur les
cuisses de Matthieu. Et les claques plurent.
Comme
je l’avais prédit sans difficulté, et comme l’avait également dit Matthieu, les
claques tombant sur les fesses des filles du D2 étaient vraiment costaudes –
Matthieu n’y allait vraiment pas de main morte ! – mais les filles du D3
restaient un temps interminable sur les genoux de Madame Natalia. Mon homme
avait déjà puni quatre élèves quand la nouvelle SG n’en était qu’à la deuxième.
Une
fois leur terrible fessée reçue, les filles étaient directement envoyées en
salle d’étude avec Hélène, Louise et Camille. Nous autres devions continuer
d’appréhender la suite des événements.
En
entendant Mathilde pleurer sur les genoux de Matthieu, mon cœur se serra pour
deux raisons : d’une part, ma meilleure amie me faisait de la peine ;
d’autre part, j’étais la prochaine sur la liste.
Du côté des filles du D3, c’était Emma qui
était sur les genoux de Madame Natalia et ce, pour la deuxième fois de la
journée. La nouvelle recrue ne manqua pas de le lui faire remarquer :
- Eh bien, je commence à
connaître ces petites fesses toutes rouges ! De toute évidence, la fessée
de ce matin ne t’a pas calmée, Emma !
- Si Madame ! pleura
Emma. S’il vous plaît, ne me punissez pas !
- Il fallait y réfléchir
avant de vouloir faire tourner ton professeur en bourrique ! lui répondit
la Surveillante Générale.
Emma vécut un véritable calvaire auquel je ne
pouvais que compatir pleinement. La pauvre !
- Clémence, viens
ici ! m’ordonna Matthieu.
J’étais tellement focalisée sur ma peine pour
Emma que je ne m’étais même pas rendue compte que Mathilde avait été
libérée !
- Monsieur, s’il vous
plaît ! le priai-je. Vous m’avez déjà mis un mot !
- Et donc ? Tu
devrais échapper à mon courroux parce que je t’ai déjà mis un mot ?
- Ben…
- Ne t’avise même pas de
me répondre par l’affirmative ! me gronda le SG.
- Mais…
- Chut ! Tu es logée
à la même enseigne que les autres, Clémence ! Le fait que tu prennes un doublon
ce soir de la part de ton père-référent m’importe peu ! Viens ici !
La fessée que je reçus de Matthieu fut difficilement
supportable au vu de mes nombreuses séquelles. Pourtant, je jurerais qu’il eût
été plus clément avec moi qu’avec les autres pensionnaires !
Entre
18h et 20h, je fus surveillée par Monsieur Lionel puis par Madame Natalia. J’étais
bien trop stressée par le bilan à venir avec Monsieur John pour faire des
miennes… Je me tins sage comme une image, ce qui me valut une réflexion de la nouvelle
venue : « Tu vois que tu peux être sage quand tu le veux, Clémence ! Il
te faut juste un peu de motivation ! ». Je rêvais de lui scotcher la
bouche. Ou de l’envoyer au coin. Ou qu’elle se prenne une rouste deux fois plus
longue que celles qu’elle nous inflige !
Lorsque
l’heure fatidique arriva et que je me retrouvai dans les appartements de
Monsieur John, en face de Monsieur John, je n’en menais pas large du tout. Il
avait attendu que je sois douchée et en pyjama pour régler les comptes.
- Vous allez encore me
traiter comme une petite fille ? lui demandai-je pour en avoir le cœur net.
- Donne-moi ton carnet, m’ordonna-t-il
froidement.
- Vous savez déjà qu’il y
a des mots dedans, dis-je.
- Donne-le-moi, Clémence.
Immédiatement.
- Mais puisque vous le
savez déjà, inutile de me le demander ! discutai-je.
- Ne m’oblige pas à te
donner une fessée cul nu en plus de celle que tu vas déjà prendre !
Ah. Les termes « de grande » n’étaient
pas encore revenus à l’ordre du jour. Bon. Avec un peu de chance, je prendrais
une fessée de petite fille. J’ai le souvenir que mes fesses chauffaient drôlement
lorsque mon frère décidait de me flanquer une volée ; mais j’avais une
vision d’enfant. A dix-huit ans, ce serait sans doute moins terrible ! De
toute façon, il fallait que ce soit moins terrible. Matthieu m’avait déjà amoché
le derrière !
La voix de Monsieur John était assez froide et
ferme pour que je me dirige vers mon cartable, attrape mon carnet et le lui
donne. Il ouvrit à la première page puis me le montra en m’ordonnant :
- Lis !
- « 9h56. Bavardages
avec Mathilde en cours d’anglais. M. Lionel », m’exécutai-je.
Mon père-référent posa le carnet sous la table,
me pencha sous son bras, baissa mon bas de pyjama et ma culotte et m’asséna une
dizaine de claques puissantes. Je n’avais pas vu venir une volée aussi bonne !
Les larmes me montèrent aux yeux.
Monsieur John me remit le carnet sous les yeux
et me demanda à nouveau de lire. J’obéis avec appréhension :
- « 16h37. Clémence
fait tourner en bourrique son professeur avec ses camarades. M. Matthieu »
De nouveau, je me retrouvai penchée sous le
bras du Directeur-Adjoint et reçus dix puissantes claques sur mes fesses nues. Puis,
il me lâcha et me gronda :
- Je vais continuer de te
traiter comme petite fille ; en revanche, si tu as besoin de prendre une
fessée, je t’assure que tu la sentiras passer à chaque fois ! J’ai bien vu
que tu espérais que je ne te donne pas une fessée adaptée à ton âge : ce
plan tombe à l’eau ! Impossible que tu joues là-dessus ! Maintenant,
écoute-moi bien : si tu as le malheur de me ramener un mot demain, tu
prendras le double de ce que tu as pris ce soir, tu as compris ?!
- Oui Monsieur,
répondis-je en laissant échapper une larme.
J’avais les mains sur mon derrière et tentais
de le masser du mieux que je le pouvais.
- Demain, tu n’as pas école,
me rappela Monsieur John. Tu as cours de piano de 10h à 12h et après le
déjeuner, tu viendras passer l’après-midi dans mon bureau ! Tu feras la
sieste dans mon bureau, tes devoirs dans mon bureau et lorsque tes devoirs seront
terminés, tu écriras une lettre d’excuses à Monsieur Yves avant d’aller au coin
jusqu’au dîner ! Si j’entends une seule protestation de ta part, Clémence,
un seul soupir d’agacement ou que je te vois lancer un regard insolent, je te
flanquerai une bonne fessée ! Est-ce que tu as compris ?!
- Oui Monsieur, murmurai-je.
- Au lit !
En me couchant après ma prière, j’avais le cœur
lourd. Cependant, comme si Dieu avait entendu ma détresse, Monsieur John s’approcha
de moi alors que j’étais blottie sous la couette et me dit :
- Si tu tiens réellement
à faire des tiennes, je serai ton pire cauchemar, Clémence. Nous serons tous
les cinq ton pire cauchemar ! En revanche, si tu réussis à te tenir à carreaux
durant toute la journée de demain sans que personne n’ait quoique ce soit à te
reprocher, je te réserverai une bonne surprise. On est ok ?
- Oui Monsieur, répondis-je.
- Bonne nuit Clémence. A
demain.
A suivre…


Pensionnaire spécialement recalcitrante, prise en charge spéciale pour Clémence !
RépondreSupprimerQui va craquer le premier ?
Mr Éric s'était lassé de devoir sévir le soir au vu de la feuille de suivi 🤔
Triste mercredi dans le bureau de Mr John 😪
La promesse d'une récompense peut motiver la ''petite fille'' mais Clémence la rebelle va-t-elle tenir le coup ?
Moi j'ai envie de savoir de quoi il s'agit ???