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Journal d'une étudiante accueillie - Chapitre 126 (2ème partie) *Bonus*

 


Scarlett

Le lundi 24 février 2020

 

-    Je te dis qu’il y a un truc louche, Mike ! insistai-je, assise dans mon lit aux côtés de mon mari.

-    Justine s’est trompée, rien de plus, dit-il.

-    Justine a dit qu’il y avait eu deux mots, et monsieur Loup l’a redit par la suite ! Tu ne trouves pas ça bizarre ?

-    Eh bien…

-    Mike, on parle de Marie ! rappelai-je. Notre Marie !

-    Oui bon d’accord, je trouve ça étrange, admit-il. Mais Marie ne nous dira jamais la vérité donc on ne saura pas si elle nous a caché ce mot ou pas.

Cette histoire me travaillait beaucoup trop. Je me levai et enfilai ma robe de chambre.

-    Qu’est-ce que tu fais ?! me demanda mon mari.

-    Je vais fouiller la chambre de notre fille. Je veux en avoir le cœur net !

-    Il est plus de minuit, Scar ! se lamenta mon tendre époux. Tu ne veux pas qu’on fasse l’amour puis qu’on dorme, plutôt ? On verra ça demain !

-    Si tu crois que je vais avoir la tête à faire des galipettes en sachant que notre fille nous entourloupe, tu rêves ! répondis-je en nouant autour de ma taille la ceinture de ma robe de chambre en soie. Et je ne dormirai pas avant d’avoir eu le fin mot de cette histoire !

Michael enfouit son visage dans son oreiller et poussa un grognement mi-las mi-agacé.

-    Tu viens avec moi ou pas ? lui demandai-je en ouvrant la porte de notre chambre. Si on cherche à deux, on sera plus vite couchés !

-    Je ne sais même pas ce qu’on doit chercher ! se plaignit mon mari.

-    Tout ce qui peut prouver que Marie nous la met à l’envers depuis son entrée à Saint Nicolas ! dis-je en sortant de la chambre.

Je traversai le couloir et pénétrai dans la belle chambre rose de ma fille. Sa belle chambre rose complètement en bordel.

-    Il va falloir lui rappeler de ranger sa chambre car c’est un vrai capharnaüm ! commenta Mike en entrant dans la pièce derrière moi.

Si je suis très à cheval sur la propreté, mon mari est à cheval sur le rangement. Trouver la chambre de sa fille dans un tel état devait lui donner de l’urticaire !

       Et nous nous mîmes à chercher.

 

       Je trouvai aisément le carnet de liaison de ma fille, celui avec nos signatures et le mot qu’elle avait eu pour bavardages. En m’arrêtant sur ce fameux mot, j’appelai mon époux :

-    Mike, viens voir.

-    Qu’est-ce qu’il y a ? me demanda-t-il en venant à mes côtés.

-    Il ne te semble pas étrange, ce mot ?

-    Non, pourquoi ?

Je pris un carnet sur le bureau de Marie, carnet dans lequel elle avait écrit. En comparant les deux écritures, Michael tilta :

-    C’est l’écriture de notre fille ! Elle l’a un peu stylisée mais c’est bien elle qui a écrit ce mot-là ! Mais pourquoi ? Dans quel but aurait-elle fait ça ?

-    Quand je te dis qu’il y a anguille sous roche… insistai-je. Il faut découvrir pourquoi elle a elle-même écrit un mot dans son carnet !

Soudain, mon merveilleux mari mit sa main sur mon avant-bras en écarquillant les yeux. Il venait de comprendre.

-    Tu m’expliques ? lui demandai-je.

-    Tu te souviens que Marie avait perdu son carnet dès le premier jour ? me questionna-t-il.

-    Evidemment ! J’étais agacée au possible !

-    C’est parce qu’elle voulait en avoir deux, me dit Mike.

-    Deux ? m’étonnai-je.

-    Un pour ses profs et un pour nous.

Je compris. Je pris le temps d’accuser le coup puis déclarai :

-    Je n’y croirai que quand j’aurai trouvé ce deuxième carnet.

Après une heure de recherches, je finis par trouver le deuxième carnet de ma fille dans son dressing, entre deux vêtements.

-    Chéri ! appelai-je. C’est bon, je l’ai !

Je rejoignis mon mari et nous regardâmes ensemble ce carnet. Il y avait bien deux mots pour bavardages ; et Marie avait grossièrement imité notre signature.

-    Elle a dû recopier le mot à la va-vite dans son autre carnet quand nous avons appris qu’elle en avait eu un, conclut mon père. Cela pour éviter d’éveiller nos soupçons.

-    Elle nous a trahis encore une fois, constatai-je avant de fondre en larmes.

-    Scar ! s’inquiéta Michael en me prenant dans ses bras. Mon amour ! Ça va aller, mon cœur !

-    Je n’en peux plus, chéri ! avouai-je en sanglotant. Cette gamine me rend folle ! Elle nous aura tout fait, Mike ! Tout ! Les bêtises à l’école, le vol à l’étalage, la fugue, les caprices pour la nourriture, l’insolence, l’irrespect, et maintenant ça ! Je t’assure que je vais vraiment finir par devenir violente ! Au moins, si je lui fais la tête au carré, elle n’aura plus aucun moyen de nous arnaquer !

-    Calme-toi mon cœur, me dit mon mari en me serrant dans ses bras. Tu sais très bien que notre fille est… Ce qu’elle est. Elle ne rentrera jamais totalement dans le rang… Il faut s’y faire. Pense à tout l’amour qu’elle nous apporte ! Ses câlins, ses sourires…

-    Ne me dis pas que tu cautionnes ce qu’elle a fait ! grondai-je en me libérant de l’étreinte de mon mari. Regarde-moi ces deux carnets !

-    Je suis très loin de cautionner cette bêtise, Scar ! se défendit Mike. Même si je reconnais que c’est ingénieux et très bien joué de sa part, je ne cautionne absolument pas cette magouille ! D’ailleurs, je vais lui donner une de ces volées dont elle se souviendra !

-    Non.

-    Non ? s’étonna mon époux. Je ne te comprends pas. Tu ne veux pas qu’elle soit sévèrement punie pour cette bêtise ?

-    Si, répondis-je froidement. Mais c’est moi qui vais m’en occuper.

-    Tu viens de me dire à l’instant que tu allais devenir violente, Scar… Je pense qu’il serait préférable que…

-    Je pense qu’il serait préférable qu’elle retienne la leçon ! le coupai-je. Or, Marie ne retient pas les leçons, du moins pas sur le long terme ! Alors pour cette bêtise avec les carnets, je vais lui flanquer une SEFM et ensuite, on va passer en mode BC.

-    Une SEFM, Scar ?! s’exclama Michael. On s’était toujours dit qu’on ne le ferait que si l’un de nos enfants dépassait les bornes des limites !

-    Tu n’as pas l’impression que ce soit le cas ? Avec tout ce que Marie nous fait vivre depuis plusieurs mois ?!

-    D’accord pour la SEFM, admit mon époux. Mais passer en mode BC, quand même…

-    Très bien. Dans ce cas, on attendra une semaine après la SEFM. Si elle se tient à carreaux et qu’on ne découvre rien de suspect, on reprendra sur le rythme actuel. En revanche, si elle refait une bêtise, on passe en mode BC. D’accord ?

-    D’accord.

-    Elle rentre à la maison dimanche, rappelai-je. Dès que ses parents partiront, nous lui montrerons notre découverte des deux carnets. Ensuite, je lui flanquerai une SEFM.

-    Scar, tu es sûre que tu ne veux pas que je m’en charge ? s’inquiéta Michael.

-    Non. Tu l’as grandement punie vendredi, c’est à mon tour de m’occuper personnellement de son cas. Elle cherche à nous faire sortir de nos gonds depuis deux semaines, elle va désormais voir se qui se passe quand elle y arrive !

 

A suivre…

Commentaires

  1. Michael serait-il naïf ? Non, je pense plutôt qu'il a peur de savoir !!!
    Scarlett, en fin limier ne se laisse pas avoir ... eh oui le métier !!!

    SEFM ?
    mode BC ?
    Le mystère est entier !

    Quel talent L.P. !!! 👍👍👍
    Le suspens augmente et que dire de l'impatience ???

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