Mardi 3 mars 2020
Je
profitai de la récréation du matin pour faire connaissance avec mes camarades
de classe. En-dehors de ma cousine Adélaïde et de mon amie Magda, mes frère et
sœurs et moi avions neuf camarades de classe :
- Nicolas Brémont, que
Mayeul appréciait déjà,
- Killian et Kévan Garde,
des jumeaux fouteurs de trouble avec lesquels j’avais terriblement envie de
sympathiser,
- Enora et Joséphine Le
Jouy, que mes sœurs et moi appréciions déjà,
- Olivia et Esteban
Navarro, qui nous étaient tous les deux antipathiques au possible,
- Et Diane et Raphaël
Rioux. Si Raphaël était déjà un copain de Mayeul, je sentais en revanche que
Diane ne serait pas du tout mon amie !
En parlant tous les quinze durant la récré, je
découvris qu’il y avait une réunion collective des parents avec monsieur Loup
jeudi soir.
- Papa et maman ne
doivent pas être au courant car ils ne nous ont rien dit ! dis-je à ma
fratrie.
- Si, ils sont au
courant, réagit Louise. Maman m’en a parlé pas plus tard que ce matin. En plus,
papa veut se présenter pour être représentant des parents d’élèves !
Puisque le système est totalement repensé sous forme d’école primaire, il y a
de nouvelles élections chez les parents d’élèves…
- Sérieusement ?
s’étonna Ana. Papa, représentant des parents d’élèves ? C’est vraiment son
truc, ça ?
- En tout cas, il a envie
de s’investir ! dit Loulou.
- Encore faudrait-il
qu’il soit élu ! dit Diane. Il n’a absolument aucune chance contre ma
mère ! Elle est élue depuis le mois de septembre ; ça ne changera pas
parce qu’il y a de nouvelles élections ! De plus, elle ne sera pas battue
par le père de petits nouveaux qui viennent d’arriver !
- Arrête de faire ta
peste, Diane ! lui gronda son frère. De toute façon, ils vont élire deux
parents par classe, alors boucle-la !
Je comprenais pourquoi Mayeul appréciait
Raphaël. Il commençait à me plaire, à moi aussi !
En discutant un peu avec ce fameux Raphaël, j’appris que Diane et lui faisaient partie d’une fratrie de six enfants.
En
rentrant en classe, Raphaël ajouta :
- Les Webber, ne vous
formalisez pas de ce que Diane vous dira. C’est une pimbêche ! Elle ne
vous aime pas beaucoup parce que notre mère regarde toutes les émissions sur
les familles d’accueil, et qu’elle est tombée sous le charme de la vôtre durant
son premier passage télé hier. Diane n’est qu’une jalouse, c’est tout ! Ne
faîtes pas attention. De toute façon, je crois bien que notre mère est décidée
à se lier d’amitié avec la vôtre, vous rencontrerez bientôt mes quatre autres frère
et sœurs. Vous verrez, ils sont beaucoup plus sympas que Diane !
Raphaël avait
raison : lorsque nous déjeunâmes à la maison, papa et maman nous
annoncèrent que nous étions invités à boire l’apéritif chez les Rioux ce soir,
à dix-huit heures.
Durant la récréation de
l’après-midi, Louise et moi allâmes faire une pause pipi. Nous nous lavâmes
ensuite les mains et sortîmes des toilettes afin de rejoindre la cour. C’est
alors que, détournant le regard dans un recoin du couloir, je vis quelque chose
que si surprenant que je me stoppai net, écarquillant les yeux. Je donnai une
petite tape sur le bras de Louise pour qu’elle me confirme que je ne rêvais
pas. Ma sœur, encore plus surprise que moi, s’écria :
- Mayeul ?!
Magda ?!
Les deux tourtereaux décollèrent immédiatement
leurs lèvres les unes des autres.
- Vous sortez
ensemble ? demandai-je, enthousiaste. Depuis quand ?!
- Putain mais foutez-moi
la paix ! s’énerva Mayeul. Qu’est-ce que c’est énervant d’avoir des
sœurs !
- Continue de nous parler
sur ce ton et je raconte à tout le monde que tu sors avec Magda ! menaça
Louise.
- Fais ça et je t’arrache
les yeux !! gronda mon frère.
- Je ne comprends pas
pourquoi vous vous cachez, dis-je. C’est mignon, une petite amourette ! Je
veux tout-sa-voir !
- Punaise mais
dégagez !! tonna Mayeul. J’ai droit à un peu d’intimité dans cette famille
ou pas ?!
- Tu n’as pas très bien
choisi, Magda ! ajouta Louise. Non seulement il est colérique mais en plus
les asiatiques ont la réputation d’avoir…
Et Loulou agita son auriculaire droit, ce qui
nous fit pouffer de rire Magda et moi.
- Je vais vous
buter !!! cria Mayeul. Marie et Louise, je jure que je vais vous faire la
peau !!
- On le dira à
papa ! rétorqua Louise.
Mayeul blêmit. Puis, son visage reprit les
couleurs liées à la colère et mon frère prit sa petite amie par la main pour
l’emmener ailleurs.
- Vous êtes deux vraies pestouilles
avec votre frère ! nous dit Magda en rentrant en classe. Je vais vous
appeler Nellie et Nancy Oleson à partir de maintenant !!
Louise et moi rîmes. Néanmoins, j’allai tout de
même m’excuser auprès de mon frère pour n’avoir pas été très gentille. Mayeul
ne répondit pas. Bon, tant pis. Ça lui passera !
- C’est la dernière fois
que vous vous comportez de façon aussi méchante avec votre frère ! C’est
compris ?!
- Oui papa, répondîmes
Louise et moi.
En rentrant à la maison, Mayeul avait décidé de
prendre les devants et de filer dans le bureau de papa pour tout lui raconter.
- Je n’ai pas bien entendu !
insista papa. Est-ce que c’est compris ?!
- C’est compris papa, dit
ma sœur.
- Oui papa, enchaînai-je.
- Allez au coin !
ordonna Michael. Vous allez réfléchir un peu à votre attitude !
- Mais je me suis
excusée, déjà ! protestai-je.
- Au coin ! répéta
papa. Si je dois le dire une nouvelle fois, tu iras avec une fessée,
Marie !
Je rejoignis le coin dans la salle à manger en
bougonnant, tandis que Louise rejoignait le coin se trouvant à mon extrême
opposé. Mayeul jubilait de joie.
Papa nous laissa un bon quart d’heure au
coin avant de nous libérer et de nous faire promettre de ne plus être méchantes
avec notre frère. Il nous fit aussi promettre de laisser sa relation avec Magda
tranquille et de ne plus mettre notre grain de sel. Dommage. Ça aurait vraiment
pu être fun !
- Au fait, pourquoi on va
chez des gens qu’on ne connaît pas ? demanda Ana dans la voiture allant chez Raphaël et Diane.
- Parce qu’ils nous ont
invités et qu’on est polis, répondit papa.
- Et puis, deux de leurs
enfants sont dans votre classe, ajouta maman. Je veux savoir si ce sont des
gens bien.
- Donc… C’est une sorte
de test pour voir si on peut se fier à eux ? demandai-je.
- Absolument, répondit Michael.
Et si le feeling passe, ça nous fera de nouveaux amis !
La
maison des Rioux ressemblait à notre ancienne maison. De l’extérieur, elle
paraissait grande et spacieuse tout en étant très moderne. Le jardin comportait
également une piscine et un jacuzzi, comme chez nous. Il y avait également un
cerisier : je me promis de réclamer des cerises à Raphaël à la fin du
printemps !
Maman sonna à la porte pour dix-huit heures
piles. Elle tenait une magnifique composition florale dans les mains tandis
que papa portait une bouteille de grand cru.
- Bonsoir !
s’exclama madame Rioux. C’est un plaisir de vous recevoir ! Entrez, je
vous en prie !
- Bonsoir Charlotte,
répondit maman après être entrée.
Scarlett offrit les fleurs à la maîtresse de
maison. Cette dernière était rousse aux yeux couleur noisette. Elle possédait
des lunettes en écailles de tortue et était habillée comme les mères de famille
américaines des années 50. Malgré ses rondeurs, madame Rioux portait une robe
qui lui allait parfaitement bien.
- Bonsoir ! dit
monsieur Rioux en se joignant à nous.
Monsieur Rioux était un homme noir qui devait
approcher la cinquantaine. Il était un peu plus grand que papa et devait donc
mesurer dans les deux mètres ! Il avait les épaules larges et était rasé
de près, que ce soit au niveau de ses cheveux ou de sa barbe. Il était habillé
d’un pull bleu et d’un jean décontracté. Il remercia chaleureusement papa pour
la bouteille.
Je vis dans les yeux de mes parents que le
couple Rioux venait de leur faire bonne impression.
- J’ai retenu que vos
enfants s’appelaient Mayeul, Louise, Anaïs et Marie, dit la maîtresse de
maison. Si j’ai peu de doutes sur Mayeul, en revanche j’aimerais situer Louise,
Anaïs et Marie !
- Je suis Marie, dis-je
en levant la main.
- Louise, dit ma sœur en
m’imitant.
- Ben… Anaïs, ajouta mon
autre sœur.
- Parfait !
s’exclama Charlotte. Ravie de vous rencontrer, les enfants !
- Suivez-nous au salon,
nous allons vous présenter les nôtres ! annonça monsieur Rioux.
- Faut-il que nous nous
déchaussions ? demanda maman.
- Non, non ! dit
madame Rioux. Gardez vos chaussures !
- Vous êtes sûre ?
s’étonna maman. Avec la neige qui est en train de fondre, nos chaussures sont
humides…
- Le ménage est fait
chaque jour par nos deux excellentes employées, rétorqua la maîtresse de
maison. Ne vous en faîtes pas ! Et je pense qu’on peut passer au
tutoiement, non ?
- Oui, tu as
raison ! répondit maman.
Maman nous demanda quand même d’essuyer nos
chaussures du mieux que nous pûmes sur le tapis, puis nous suivîmes le couple
Rioux au salon. Pour y aller, nous dûmes emprunter un petit escalier et marcher le long d’un petit couloir. Pendant le trajet, les
deux couples discutaient.
En arrivant dans la pièce, les six enfants
Rioux (dont Diane et Raphaël) étaient assis dans le canapé à nous attendre.
- Nous vous présentons
nos enfants ! s’exclama fièrement Charlotte.
- Six ! dit maman.
Vous êtes courageux ! Nous avons déjà tant à faire avec quatre…
- Nous souhaitions avoir
une famille nombreuse, précisa le père de famille. Nous avons des triplés qui ont
vingt-sept ans et qui sont tous les trois étudiants en médecine à Poitiers.
- Des triplés !
s’exclama papa. Eh ben !
- Oui ! reprit
monsieur Rioux. Quand ils ont quitté le nid, ce fut très compliqué pour nous
alors nous avons décidé d’être famille d’accueil et de remplir notre
maison !
- Vous avez bien
raison ! dit papa.
- Les enfants connaissent
déjà Raphaël et Diane, poursuivit Charlotte en désignant ses enfants de la
main. Nous avons aussi Berthille, Judith, Mathias et Mallory.
Nous saluâmes les enfants Rioux. Puis, nos
hôtes nous invitèrent à nous asseoir dans leurs fauteuils ou dans leur immense
canapé. Ils nous servirent à boire. Papa fut le dernier des Webber à être
servi. Il prit sa bière en remerciant le père Rioux, l’appelant
« Bertrand ». Ça ferait un prénom de plus à retenir ! Bertrand,
Charlotte, Raphaël, Diane, Berthille, Judith, Mathias, Mallory… Piiou… ça en faisait
du monde !
- Et vous, qu’est-ce qui
vous a conduits à être famille d’accueil ? demanda Bertrand une fois que
tout le monde eut été servi.
- Nous ne voulions pas
d’enfant biologique car cela ne nous disait rien d’avoir un bébé ou un jeune
enfant, dit papa. Nous avons beaucoup pensé à adopter un adolescent… Et puis la
réforme est passée et nous avons postulé. Au départ, nous avions demandé deux
enfants : c’est ainsi que Louise et Marie sont arrivées dans notre
vie ! Et puis au fil du temps, Ana et Mayeul nous ont rejoint et
maintenant, nous sommes plus heureux et unis que jamais, même si ça demande du
travail !
- Oui, Scarlett en
parlait à la télé ! s’enthousiasma Charlotte. Je n’en reviens pas d’avoir
une chroniqueuse de « Le bonheur en famille » dans mon salon !
- C’est bon, c’est une
personne comme tout le monde ! intervint Diane.
- Tu es en train de
parler à ta mère, là ?! la gronda immédiatement Bertrand. Parce que si
c’est le cas, tu sais très bien que ton « C’est bon » est de
trop ! Excuse-toi tout de suite !
- Pardon maman,
bredouilla Diane.
- Je me fiche que tu aies
déjà les fesses toutes rouges, Diane ! poursuivit le père de famille. S’il
faut que je te donne une fessée devant tout le monde parce que tu ne
te tiens pas correctement, je vais le faire ! Tu m’entends ?!
- Oui papa, dit ma
camarade de classe.
- Alors tiens ta
langue ! poursuivit Bertrand. Tu n’interviens pas dans la conversation si
l’on ne t’a pas sonnée et tu parles correctement !
- Oui papa, répéta Diane.
Vu la carrure de monsieur Rioux, ses fessées
devaient être aussi douloureuses que celles de mon père ; je compris
aisément pourquoi Diane ne se rebellait pas !
La tension redescendit et les adultes reprirent
leur conversation :
- Et à part être
chroniqueuse pour « Le bonheur en famille », que fais-tu dans la vie,
Scarlett ? se renseigna Charlotte.
- J’ai longtemps été
garde du corps aux Etats-Unis, puis j’ai intégré la police criminelle. Ensuite,
je suis devenue PDG de plusieurs salons de beauté… Quand nous sommes devenus
parents, j’ai un temps voulu reprendre une activité de policière avant de me
décider à devenir mère au foyer. Mis à part les trois chroniques hebdomadaires
dans l’émission, je m’occupe à plein temps de la maison et des enfants !
- Tu as un passé
palpitant ! s’exclama Bertrand. Et toi Michael ?
- C’est beaucoup moins
palpitant, ria papa. Je suis lead architecte en informatique. J’ai racheté ma
boîte tout récemment pour devenir mon propre patron. J’ai réduit mes heures de
travail pour être davantage présent pour ma famille ; mais je continue de
travailler lorsque les enfants sont à l’école. Et moi aussi j'apparaîtrai dans l'émission une fois par semaine ! Et toi Bertrand ? Que
fais-tu dans la vie ?
- Je suis militaire,
répondit le père de famille. Plus exactement, je suis Général d’armée.
- Ah oui, quand
même ! s’exclama papa. Armée de terre, donc ?
- Exact, dit Bertrand.
J’ai beaucoup de travail. Je suis chanceux que, comme Scarlett, ma femme ait
fait le choix de rester à la maison pour s’occuper des enfants. Quand je rentre
après une journée de travail, je suis content qu’elle ait tout géré ! Même
si je dois encore faire le père fouettard de temps en temps…
Il lança un regard à Diane qui baissa les yeux.
Le
couple Rioux posa des questions sur mes parents, mais aussi sur ma fratrie et
moi pour apprendre à nous connaître. Charlotte et Bertrand avaient l’air
vraiment gentils, même s’ils étaient stricts avec leurs enfants ! Ils
avaient l’air aussi stricts que papa et maman, ce qui, j’en étais persuadée,
plut à Michael et Scarlett.
Aux alentours de dix-neuf heures, maman
dit :
- Nous vous remercions
beaucoup pour votre accueil mais nous devons y aller : Marie doit manger à
heures fixes.
- Oh, mais restez manger,
voyons ! dit Bertrand.
- Oui, le repas est prêt,
ajouta Charlotte. J’en fais toujours une quantité monstre ! Il y en aura
bien assez pour quatorze ! C’est de la tartiflette, ça vous convient ?
- Eh bien oui, merci, ce
sera très bien ! répondit papa.
- Berthille, Mallory et
Mathias, allez mettre la table, ordonna Charlotte.
- Oui maman, répondirent
docilement les enfants.
Scarlett demanda à l’assemblée de l’excuser un
petit instant ; puis elle se leva, m’attrapa la main et m’emmena avec elle
dans le couloir. Je savais déjà ce qu’elle voulait me dire mais je l’écoutai
quand même :
- Marie chérie, pas de
caprice, s’il te plaît !
- Mais la tartiflette ça
fait grossir, maman ! protestai-je.
- Je t’ai déjà dit
qu’aucun aliment ne faisait grossir à lui tout seul !
- Mais maman, la
tartiflette, ce sont plein d’aliments ultra-caloriques mélangés ensemble !
- Marie, fais-moi
confiance : je rééquilibrerai ton menu de la semaine et tout ira
bien ! Je te le promets !
- Mais…
- Marie, je te promets
que ça ira et que tu perdras même un peu de poids cette semaine, m’assura
fermement maman. Néanmoins, puisque je te connais par cœur, je te préviens tout
de suite : si jamais tu me fais un caprice malgré tout ce que je viens de
te dire, je te mets sur mes genoux devant tout le monde ! Tu
entends ? Le message est clair ?
- Oui maman, dis-je, les
larmes aux yeux.
Scarlett me prit dans ses bras et me chuchota
dans l’oreille : « J’ai vraiment hâte que ces problèmes de nourriture
soient derrière nous ! ». Puis, elle m’embrassa sur le front et me
demanda de retourner au salon.
- Pardonnez ce petit
aparté, dit discrètement maman au couple Rioux. Marie a des troubles
alimentaires et c’est la croix et la bannière pour la faire manger
correctement !
- Pas de problème, dit
Bertrand. Ça ira pour le repas ?
- Oui, ça ira !
répondit maman. Elle sait qu’elle ne doit pas faire de caprice !
Scarlett me lança un regard ferme pour appuyer
son discours.
Après
le dessert, les parents poursuivirent leur discussion autour d’une boisson
chaude ; Raphaël et sa fratrie décidèrent de nous faire visiter la maison.
J’adore cela. J’adore visiter les maisons des
autres, voir comment ils vivent, comment ils ont aménagé leur espace de vie…
La maison Rioux était grande mais finalement
pas aussi spacieuse que notre ancienne maison ; et bien moins que le
manoir ! Il n’y avait pas de bibliothèque, pas de billard… Mallory et
Berthille étaient même obligées de partager la même chambre !
Lorsque nous arrivâmes devant la porte de la
chambre de Diane, celle-ci s’exclama :
- Hors de question !
Je refuse que des inconnus entrent dans ma chambre !
- Ce ne sont pas des
inconnus, ce sont des copains de classe ! rétorqua Raphaël. Laisse-les
voir ta chambre, où est le problème ?!
- Je n’ai pas
envie ! gronda Diane. C’est mon espace privé !
- Oh mais qu’est-ce
qu’elle est chiante, celle-là ! râla Anaïs.
- Et encore, tu ne vis
pas avec elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! ajouta Mallory. C’est
un vrai cauchemar !
Sans crier gare, Diane gifla Mallory. Immédiatement,
Berthille s’éclipsa. Diane eut envie de gifler Ana à son tour mais contre toute
attente, Mayeul s’interposa et lui dit :
- Y’a que moi qui ai le
droit de faire chier ma sœur ! Si tu la touches, t’es morte !
- Sans compter que notre
père va te démonter si tu touches à sa fille, ajouta Louise.
Au final, mon père n’avait même pas besoin
d’intervenir : Berthille réapparut quelques minutes plus tard suivie du sien. Diane reçut dix très bonnes claques sur les fesses, un savon bien
corsé, et fut sommée de s’excuser auprès de Mallory avant d’être envoyée à la
douche puis au lit.
Quand je disais que les Rioux fonctionnaient un
peu comme mes parents, je n’avais pas tort !
- Quelle chance que les
enfants n’aient pas d’école demain ! s’exclama Charlotte. Ça nous a permis
de passer une superbe soirée !
- Oui, la prochaine fois
ce sera à la maison ! dit papa. Et puis, on pourrait aussi se faire une
soirée à quatre : notre nounou est très performante, elle pourrait garder
les dix enfants sans problème !
- Nous avons également
une super nounou, réagit Bertrand. Nous n’allons quand même pas infliger dix
enfants à une seule personne !
Dix enfants qui, il y a encore un an, étaient
majeurs et vaccinés ? Je ne pense pas que ce soit un calvaire !
Néanmoins, je me retins de dire quoique ce soit.
- J’ai hâte de regarder
ta chronique demain, Scarlett ! Je peux connaître le thème ?
- Oui, c’est
« comment installer et préserver son autorité » ! répondit
maman.
- J’ai hâte ! répéta
Charlotte.
- Comme si tu avais
besoin de conseils, ma chérie ! lui dit Bertrand.
- On a toujours besoin de
conseils, rétorqua sa femme.
- Bien, nous devons y
aller pour ne pas décaler le sommeil de Mayeul, dit papa. Merci encore !
- Verdict ? demanda
Ana alors que nous étions dans la voiture en rentrant à la maison.
- Je crois qu’avec le
temps, ils vont devenir de très bons amis ! répondit maman.
- Tout à fait d’accord !
rebondit papa. Je les apprécie beaucoup !
Alors que nous montions
dans nos chambres, Louise lança à Mayeul :
- C’est con que tu n’aies
plus de téléphone ! Tu ne vas pas pouvoir envoyer des petits textos d’amour
à Magda !
- Papa !! cria Mayeul.
Louise se moque de moi à cause de Magda !!
- Louise, qu’est-ce que
je t’ai dit ?! gronda papa depuis le hall.
Nous nous l’entendîmes monter les escaliers.
Ana et moi regardâmes Louise se liquéfier et Mayeul jubiler une nouvelle fois. J’entrai
dans ma chambre avant d’assister à la suite, ne voulant pas voir Louise
pleurer.
En
me couchant, je pensai à Mathieu. Cela ne faisait que deux jours que je l’avais
quitté et il me manquait déjà. Mayeul, lui, pourrait voir sa petite amie tous
les jours… Il ne rendait même pas compte de la chance qu’il avait !!
A suivre…

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