Lundi 2 mars 2020
- Marie chérie, il faut
que tu te réveilles, me chuchota Scarlett en me caressant tendrement la joue.
J’ouvris les yeux. Même si c’était super que ma
mère vienne me réveiller avec douceur, j’étais quand même bien handicapée par
l’absence de téléphone portable… Mon réveil ne marchant plus, mes parents
avaient refusé de m’en acheter un autre car c’était le troisième que je brisais
en tapant dessus le matin. Tant pis, mes parents viendraient me réveiller
chaque matin…
Après s’être assurée que j’étais bien éveillée,
ma mère sortit de ma chambre. Je m’assis douloureusement sur mon lit. En me
levant, je marchai jusqu’à mon miroir se trouvant à l’autre bout de ma chambre
et baissai mon bas de pyjama pour observer mes fesses. Elles arboraient toutes
deux un petit bleu, séquelles de la brosse. Bon, j’osai espérer qu’elles
guériraient vite ; de toute façon, je n’avais pas l’intention de reprendre
une fessée et ce, jusqu’à la fin de ma vie !
Ombrage
m’apporta mon médicament au petit déjeuner et je pris le repas que ma mère
m’avait préparé sans faire d’histoires.
- Zut, on a oublié de te
peser, Marie ! s’exclama Scarlett après avoir avalé la dernière bouchée de
son toast. Bon, il faudra y penser demain !
- Pourquoi tu veux me
peser ? demandai-je.
- Pour voir si tu as
mangé correctement chez tes parents biologiques la semaine dernière, me
répondit ma mère.
Je me mis à stresser. Si jamais j’avais perdu
trop de poids, ma mère me flanquerait une fessée. C’était certain ! Je
repris le cours de mon petit déjeuner, le ventre noué. Lorsqu’une larme
d’appréhension coula sur ma joue, papa me demanda :
- Ma princesse, qu’est-ce
qui se passe ?
- Si jamais j’ai trop
maigri demain matin, maman va croire que je n’ai pas assez mangé et elle va se
fâcher ! avouai-je.
Mes parents se regardèrent, sûrement
interloqués par ma réaction. Ils n’avaient sûrement pas pris l’ampleur de ma
mésaventure d’hier. Eux qui voulaient me calmer drastiquement, c’était chose
faite !
- Il t’arrive quoi,
là ?! me gronda Ana en me donnant un coup de coude. Depuis quand tu
pleures pour ça ?!
Je ne répondis pas et essuyai ma larme.
Scarlett me demanda :
- Marie chérie, tu as
mangé correctement la semaine dernière, n’est-ce pas ?
- Oui maman, répondis-je.
- Alors il n’y a aucune
raison que je me fâche, conclut-elle.
Je tentai de me rassurer. Mon père me caressa
les cheveux pour m’apaiser.
- Bon, puisqu’aujourd’hui
c’est la photo de classe, vous devez être impeccables ! s’enthousiasma
maman. Au niveau des coiffures…
- Moi je laisse mes
cheveux comme ça ! trancha Ana.
- Très bien, dit maman.
Tu peux les laisser lâches si tu le souhaites, en revanche il faut quand même
que tu mettes du lait capillaire pour bien les hydrater afin que tes boucles
soient magnifiques sur la photo !
Ana râla mais accepta.
- Marie-Christine va me
faire un chignon, dis-je.
- D’accord, mais il
faudra laisser tes mèches de devant libres, dit Scarlett.
- Je veux faire la même
coupe que Manou ! intervint Louise.
- Très bien, accepta
maman, mais avec un chignon un peu plus serré. Et toi Mayeul ?
- Ben j’sais pas…
répondit mon frère. On s’en fiche ! Ce n’est qu’une photo, non ?
- Bon, je vais m’occuper
de tes cheveux ! décréta maman.
- Chérie, n’en fais pas
toute une montagne… prévint papa.
- Je veux qu’ils soient
parfaits ! En plus, avec leurs uniformes bleu marine, ils vont être
magnifiques !
Si mes frère et sœurs
et moi avions évidemment tous le même uniforme, nous avions eu le choix entre
plusieurs logos sur nos blazers, tous reliés à une citation. Pour ma part,
j’avais choisi comme logo un blason accompagné de la devise « Tout
est possible. ».
Mayeul avait choisi un livre ouvert avec comme
devise « Veritas et virtus », c’est-à-dire « Vérité et
vertu ». Je ne savais pas trop ce que cela signifiait mais après tout,
c’était son choix !
Ana avait porté son choix sur un blason
différent du mien accompagné de la devise « Je suis capable ».
Enfin, Louise avait choisi une espèce de
griffon (me faisant penser au blason de la maison Gryffondor dans Harry
Potter !) avec la devise « Chaque jour est une nouvelle
chance. ».
Nos quatre uniformes enfilés, nous montâmes en
voiture.
- J’ai trop hâte de
revoir Magda ! s’enthousiasma Louise sur le trajet.
- Magda ?
m’étonnai-je.
- Ben oui, elle est dans
notre classe ! me dit Loulou. Tu n’as pas vu son nom sur la liste ?!
- Je n’ai même pas
regardé la liste, avouai-je.
- Eh bien Magda est dans
notre classe, dit Louise.
- Pourquoi n’est-elle
plus chez les Sœurs ? demandai-je.
- Tristan a eu un
désaccord avec la Mère Supérieure, expliqua papa tout en conduisant.
- Je vous préviens les
enfants : ce n’est pas parce que Magda est dans votre classe qu’il va
falloir faire des bêtises !
- On sera sages !
m’exclamai-je immédiatement.
Mes sœurs me regardèrent en écarquillant les
yeux. Mayeul lui, me sourit. Assis à côté de moi dans la voiture, il posa sa
main sur mon avant-bras et me chuchota :
- Je suis désolé que tu
te sois fait pourrir hier soir. Bienvenue au club des enfants sages !
- Tu as une carte de
membre pour moi ? lui demandai-je.
- Pas besoin, me dit mon
frère. Ça m’étonnerait que tu aies besoin d’une carte pour te rappeler de te
tenir à carreaux !
Il n’avait pas tort.
Magdalena
nous sauta dans les bras, trop heureuse de nous retrouver.
- Quand mon père m’a dit
que je serais dans votre classe, j’étais trop soulagée ! avoua-t-elle.
Moi aussi j’étais très heureuse de la
retrouver.
Notre classe fut la
première à passer devant le photographe, dès huit heures et demie. Au moins,
nous n’aurions pas le temps de nous décoiffer et cela rassurerait maman !
Après la photo de groupe, ma cravate me serrait beaucoup trop le cou : je
choisis de la desserrer un peu en attendant de prendre la photo individuelle.
Evidemment, ce qui devait arriver arriva : j’oubliai de reboutonner ma
chemise et de resserrer ma cravate pour prendre la photo individuelle. De plus,
je n’avais même pas eu le temps de faire un beau sourire que la photo était
déjà prise ! Bon, tant pis. J’espérais que celles de mes frère et sœurs
seraient réussies, cela consolerait Scarlett !
- Vos parents les
recevront directement en format numérique à partir de ce midi ! annonça la
photographe en souriant.
Eh ben, c’était du rapide ! Comme tout
dans ce pays, désormais… En l’espace de six mois, j’étais passée d’une vie de
jeune adulte à une vie d’élève de primaire… Le bouton « Benjamin
Button » était enclenché !
- Allez les enfants, on
rentre en classe ! annonça monsieur Loup après que tous les portraits famille par famille eurent été pris.
Après la photo, il ne restait qu’une demi-heure
avant la récréation. Monsieur Loup profita de ce temps pour nous réexpliquer le
fonctionnement de la classe.
A la récréation, Louise
et Ana me demandèrent ce qui n’allait pas.
- Rien, mentis-je.
Pourquoi ?
- Tu te fiches de nous,
là ! réagit Louise. Hier soir, on a entendu maman hurler comme jamais elle
n’a hurlé, on a entendu les claques tomber, et ensuite tu es apparue en pyjama
au dîner muette comme une carpe ! Et depuis ce matin, tu t’es
transformée en fille modèle !
- Et donc vous ne faîtes
pas le lien ?! intervint Mayeul. Elle s’est fait défoncer comme jamais et
elle est tellement calmée qu’elle ne veut plus faire de vague !
- C’est vrai, Manou ?
s’inquiéta Ana. Mais, ils t’ont fait quoi papa et maman, sérieux ?!
- Douche froide, répondis-je
de façon automatique, puis fessée de la mort sur mes fesses mouillées, puis
fessée de la mort à la brosse, toujours sur mes fesses mouillées. Et puisque
vous l’avez entendue hurler, vous savez dans quel état maman était. Ah, et j’ai
pris une gifle aussi.
Mes sœurs gardèrent le silence un moment, puis
Ana finit par le briser :
- J’ai l’impression
d’avoir reçu pire le soir où je suis arrivée dans la famille. Papa et maman
m’avaient tuée pendant plusieurs jours parce que j’avais trafiqué vos bulletins
mensuels. Et pendant les vacances, j’ai pris une fessée pendant quatre jours,
le temps que Mayeul reprenne son rythme de sommeil…
- Ah bah ça par contre,
c’est bien fait pour toi ! intervint mon frère.
- Ferme ta gueule !
lui beugla Ana. J’t’ai pas parlé !
- Tu ne me parles pas
comme ça ! se défendit mon frère en bousculant Ana.
Et une bagarre éclata. Pour être sûre de ne pas
y être mêlée, je m’en reculai à bonne distance.
En
rentrant en classe, Ana et Mayeul furent tous les deux envoyés au coin, et
monsieur Loup marqua un mot dans leurs carnets respectifs.
- Une bagarre !
grondait-il. Non mais je rêve ! Je vous assure que la prochaine fois que
ça arrive, vous prendrez mon 42 aux fesses !
Papa et maman allaient se fâcher une fois de
plus dès ce midi… Heureusement, ce ne serait pas contre moi. En revanche,
j’avais comme l’impression que le club des enfants sages ne comptait désormais
plus qu’une seule et unique membre… A moins que je propose à Louise de
l’intégrer !
Le point
positif fut que monsieur Loup nous fit un incroyable cours d’histoire : il
nous raconta le bas Moyen-Âge comme si nous y étions ! Toute la classe
était suspendue à ses lèvres !
A
Saint-Nicolas, les parents doivent venir nous chercher au portail : le
directeur de l’école refuse catégoriquement que les familles prennent l’école
comme un Drive. Il souhaite qu’elles fassent l’effort de descendre de voiture
pour accompagner et venir chercher leurs enfants. Comme à l’école primaire
autrefois, le prof en charge de la sortie ne nous laisse pas sortir avant d’avoir
vu nos parents.
A
onze heures et demie, mes sœurs, mon frère et moi nous dirigeâmes donc vers la
sortie. Mayeul était muet comme une carpe et pour cause : s’il se taisait,
c’était parce qu’il appréhendait beaucoup la réaction de papa. Michael est plus
sévère avec Mayeul qu’avec ses filles.
Mon
frère obtint un peu de répit : ce fut maman qui vint nous chercher. Elle était
magnifiquement coiffée, habillée et maquillée… comme une star. Soudain, je
tiltai que c’était aujourd’hui qu’elle entamait son travail de chroniqueuse à
la télévision.
- Maman ! lui
dis-je, tout excitée. Comment ça s’est passé ? Ça a été ? Tu n’avais
pas trop le trac ? Les gens t’ont aimée ? Les producteurs de l’émission
étaient contents ? Tu étais à l’aise ? Tu…
- Une question à la fois,
Marie chérie ! s’amusa-t-elle. Que dirais-tu de rentrer à la maison ?
On pourra parler de mon nouveau travail en mangeant ! Ce sera plus
agréable que sur le parking de l’école…
- Oui, désolée !
dis-je en rougissant légèrement.
Louise ouvrit la portière de la voiture et
monta dans le véhicule. J’allais la suivre quand j’entendis maman gronder Ana et Mayeul :
- Le directeur a appelé
votre père il y a une heure pour l’informer de votre bagarre à la récréation !
Je croyais que votre guéguerre était terminée, mais non !
- C’est Ana qui a
commencé ! protesta Mayeul.
- Montez dans la voiture,
rétorqua maman. Ça va se régler à la maison avec votre père, cette histoire !
Pour éviter une autre querelle, Ana monta à l’avant
à côté de maman, tandis que Mayeul monta à l’arrière à côté de moi. Durant tout
le trajet, mon frère regarda par la vitre et pleura silencieusement. Il me fit
beaucoup de peine ! Je mis ma main sur sa cuisse pour tenter de le
réconforter.
En
arrivant à la maison, après avoir enlevé les manteaux, enfilé les chaussons et
lavé nos mains, il nous restait un quart d’heure avant le repas. En entrant dans
la pièce à vivre, nous sentîmes une bonne odeur de bacon : papa était en
train de préparer des pâtes à la carbonara. En nous voyant entrer, il lança un « Salut
les enfants ! » avant d’enlever le torchon qui était sur son épaule
et de se laver les mains. Maman le rejoignit dans la cuisine et l’embrassa
avant de prendre son relais pour la popotte.
Papa nous embrassa Louise et moi puis attrapa
Mayeul et Ana par le bras pour les emmener jusqu’au canapé où il les força à s’asseoir.
- Je n’aime vraiment pas
être appelé par le directeur de votre école le jour de la reprise ! leur
gronda-t-il. Vous vous êtes battus, donc ! Je veux des explications, et je
les veux tout de suite !
Louise et moi nous posâmes dans le canapé
opposé. Je lançai un regard rempli de compassion à Mayeul. Il me faisait penser
à moi pas plus tard qu’hier soir…
Mayeul et Ana se défendirent tant qu’ils le
purent mais papa ne fut pas convaincu. Il s’empara du paddle en bois et en
asséna cinq bons coups sur les fesses nues de mon frère, puis de ma sœur. Tandis
qu’ils se rhabillaient, papa continuait de gronder : « Y’en a assez
de votre guerre, les enfants ! Vous allez faire la paix, maintenant ! ».
- Nan ! cria Mayeul,
ce qui surprit tout le monde. Jamais je ne ferai la paix avec elle ! Je
la déteste !
Et il courut dans sa chambre. Papa resta là,
complètement décontenancé.
- J’y vais, annonça maman.
Elle réduit les feux, se lava les mains et partit
en direction de la chambre de son fils.
- Bon sang, mais qu’est-ce
qui a bien pu se passer entre vous deux ?! demanda papa à Ana. Il va falloir
que tu m’expliques, ma princesse, car ça ne va pas pourvoir continuer ainsi !
Anaïs se mura dans le silence.
Quelques
minutes plus tard, maman redescendit avec un Mayeul calmé et nous passâmes à
table. Bien que l’ambiance au repas fût légèrement tendue au départ, elle se
radoucit néanmoins lorsque Scarlett raconta son passage à la télé.
Forcément, une fois le repas terminé, nous nous
installâmes tous les six dans le salon pour regarder en replay le passage de
maman.
- Nous accueillons
aujourd’hui notre toute nouvelle chroniqueuse, Scarlett Webber, qui est mère de
quatre enfants : Louise qui a vingt ans, Mayeul qui a dix-neuf ans et
demi, et Anaïs et Marie qui viennent d’avoir dix-neuf ans. Scarlett est une mère
de famille chevronnée et très réputée. Elle nous fait le plaisir d’intégrer notre
émission pour vous aiguiller, chers téléspectateurs !
Cela faisait bizarre que l’on parle de moi, de
nous, à la télé. J’espérais de tout cœur que la notoriété ne pollue pas notre
vie de famille !
Elle
passait merveilleusement bien à la télé. Elle y était rayonnante et tout aussi
magnifique qu’au quotidien. La chronique de maman consistait à donner des conseils
aux familles d’accueil (ce matin, elle donnait des conseils sur : « comment
accueillir un nouvel enfant à la maison ? ») pendant une demi-heure
tout en interagissant avec ses collègues présents sur le plateau. La deuxième
demi-heure était consacrée aux questions posées par les familles d’accueil téléspectatrices.
Après
le passage remarquable de maman à la télé – on aurait dit qu’elle avait fait ça
toute sa vie ! – nous allions repartir à l’école quand papa et maman
reçurent une notification sur leurs téléphones : nos photos étaient
arrivées. Scarlett ne put s’empêcher de les télécharger immédiatement et de les
envoyer sur la télé pour pouvoir les regarder plus en détails. Elle afficha
tout d’abord celle d’Ana :
La photo d’Ana était tout simplement sublime !
Papa et maman en furent ravis ! Puis, maman afficha la photo de Louise :
Tout
aussi sublime que celle d’Ana.
-
Merveilleux !!
s’exclama maman. Que vous êtes belles, mes pucinettes !
Ma
photo fut ensuite affichée :
- Marie chérie, tu es
toute débraillée ! se lamenta Scarlett.
- Je n’ai pas pensé à
reboutonner ma chemise et serrer ma cravate, avouai-je.
- Et tu ne souris pas !
ajouta maman.
- Je n’ai pas eu le temps !
La photographe a pris la photo trop vite !
- Tu es quand même très
jolie, ma princesse ! ajouta papa. On reconnait bien ton petit air malicieux !
Maman était visiblement déçue même si elle
tenta de ne pas trop le montrer. Bah, tant pis ! La photo serait plus
jolie au prochain semestre !
Mes parents terminèrent avec la photo de Mayeul :
- Qu’il est beau, mon fils !
s’exclama Scarlett.
- Oui, très beau !
ajouta papa.
Enfin, maman afficha la photo de notre fratrie :
- Magnifique !! s’exclama
maman avec les larmes aux yeux. Marie est toujours un peu débraillée mais on s’en
fiche : la photo est sublime ! Je vais la faire développer en grand
et l’accrocher dans notre chambre !
- Ah, j’aurais cru que tu
voudrais en faire une banderole à accrocher sur la façade de la maison… ria
papa.
- Arrête de te moquer de
moi ! lui reprocha maman en lui donnant une tape sur le bras. J’ai le
droit d’être fière de nos enfants, non ?!
- Bien sûr, ma chérie !
admit papa.
- Bon ! Je vais
aller les faire développer dès cette après-midi ! Vos photos individuelles
pour pouvoir les accrocher dans le hall, et la photo de fratrie pour l’accrocher
dans notre chambre. Et puis je vais en faire développer en petit format aussi,
pour envoyer à vos familles biologiques, et à vos oncles et tantes, et à vos
grands-parents… Ils seront ravis ! Ce sera ma mission de la journée !
- En attendant, il est l’heure
de repartir à l’école, annonça papa. En route !
L’après-midi se déroula
sans encombre pour nous quatre, même si monsieur Loup annonça que nous
recevrions nos bulletins mensuels à la fin de la semaine.
- Comment peuvent-ils
générer nos bulletins puisque nous avons changé d’école ? demanda Loulou.
- Ils ont récupéré nos
dossiers, pardi ! lui répondit Ana.
A la sortie de l’école,
maman vint nous chercher et récupéra également Magdalena dont le père était
retenu au travail et dont la nourrice s’était cassée la cheville. Nous étions
super contents d’avoir Magda à la maison et nous étions même prêts à faire
plein d’activités ! Mais maman et papa nous forcèrent à faire nos devoirs.
Je m’y pliai malgré mon envie d’aller nager un peu dans la piscine. Je ne
voulais pas contrarier mes parents : j’ai dit que je ne voulais plus
recevoir de fessée jusqu’à la fin de ma vie, et je comptais bien tenir parole !
Le soir venu, papa
vérifia que mes devoirs étaient correctement faits et que toutes mes affaires
étaient prêtes pour demain. Puis, se tournant vers moi, il me dit :
- C’est une bonne chose
que tu sois dans le groupe Diamant, ma puce. Tu te la coules douce depuis trop
longtemps alors que tu as de très bonnes capacités !
- Papa, est-ce que maman
et toi allez vous fâcher vendredi si je ne ramène pas un bon bulletin ?
demandai-je.
C’était en effet la question qui me trottait
dans la tête depuis l’annonce du rendu de ces papiers de malheur.
- On risque de ne pas
être contents s’il n’est pas bon, ça oui !
- Papa, ne me donnez pas
la fessée ! le priai-je. C’est bon, j’ai compris ! Je suis calmée !
S’il te plaît…
- Il est vrai que tu as eu
un comportement exemplaire aujourd’hui, me répondit Michael. Néanmoins, cela
fait quatre mois que ta mère et moi te demandons de travailler correctement à l’école.
Si ton bulletin n’est pas bon, tu ne pourras t’en prendre qu’à toi-même !
Papa sortit de ma chambre et je me lamentai sur
mon sort avant de me dire que mon frère devait se sentir encore plus mal que
moi. J’attendis que nos parents nous croient tous les quatre endormis pour sortir
de ma chambre et me rendre dans celle de Mayeul.
- Marie ? Qu’est-ce
que tu fais là ?
- Je voudrais te parler, chuchotai-je.
Je m’approchai de lui puis me glissai dans son
lit à ses côtés.
- Si papa et maman nous
trouvent…
- Ne t’en fais pas, ils
sont en bas et ils font leur vie ! répondis-je. Bon, il faut que tu me
dises ce qui se passe avec Ana. Ne me fais pas croire que c’est parti d’un stupide
défi à la con. C’est plus profond que ça.
Mon frère garda le silence.
- Mayeul ! Dis-moi !
- Chut ! me
somma-t-il. Parle moins fort !
- Alors dis-moi ce qui se
passe ! insistai-je.
Mayeul soupira puis dit :
- Ça remonte au moment où
elle s’est plainte de sa mère biologique. Tu l’entends quand elle parle d’elle ?!
Elle la dénigre sans arrêt, c’est insupportable !
- Elle exprime ce qu’elle
ressent vis-à-vis de sa mère, dis-je.
- Oui mais au moins, elle
en a une, de mère ! cracha mon frère.
Je gardai le silence. C’était donc de là que
tout était parti ? Mayeul soupira puis reprit :
- Tu ne sais pas ô combien
j’aimerais la détester, ma mère ! J’aimerais qu’elle ait eu l’occasion de
me faire des crasses ou bien de m’ignorer ! Cela voudrait dire qu’elle
serait toujours vivante ! Mais non, elle est morte ! Morte et enterrée !
Alors entendre Anaïs se plaindre des problèmes qu’elle a avec la sienne, c’est
insupportable !
- Donc tu n’as pas
intérêt à te plaindre de ton père auprès de moi, dans ce cas ! le
grondai-je.
Mayeul se figea dans une expression de choc,
comme si je venais de le gifler. Je l’embrassai alors sur la joue et lui dis :
« Bonne nuit ! » avant de sortir de sa chambre.
Je marchai le long du couloir pour regagner ma
chambre quand je croisai papa, sortant du débarras. Il afficha immédiatement
une mine mécontente et s’avança vers moi.
- Papa, attends ! Je
vais t’expliquer ! C’était pour arranger les choses entre Mayeul et Ana !
Michael m’attrapa le bras et me fila une
puissante claque sur les fesses avant de m’ordonner :
- Au lit !
Je ne me le fis pas dire deux fois : je
retournai fiça dans ma chambre et grimpai dans mon lit. Après avoir frotté ma
fesse douloureuse, j’attendis que ma vexation passe puis m’endormis, Berlioz
ronronnant à mes côtés.
A suivre…






Première journée exemplaire pour Marie ... si on ne retient pas la sortie du lit après le coucher (il n'y a plus le babyphone avec caméra 🤔)
RépondreSupprimerMais c'était pour la bonne cause ...elle a obtenu une explication concernant la brouille entre Anaïs et Mayeul 👍qui se révèle plus sérieuse qu'une simple chamaillerie. Le paddle n'aurait pas réglé le problème !!! Il y a des situations où la punition n'est pas la solution ! Il serait bien que Mayeul et Ana arrivent à se confier à Michael et Scarlett🙏
Marie mettra-t-elle ses parents au courant ?
Les photos des enfants sont très belles et ... Marie se distingue 😆 sinon ce ne serait pas elle 🫢
Adorable Scarlett qui pense aux familles biologiques ☺️
Combien de temps Marie va-t-elle tenir sans s'attirer des ennuis ?
Le mode BC entrera-t-il en action ???